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vendredi 21 novembre 2008

Un faux-rhum de mauvaise cuvée ! En dehors du nickel, un salut ?

Le forum de M. Rosada sur TNC, pour ceux qui l'ont regardé pensant s'informer voire s'instruire un peu, a été du plus pur style: "plus nul je meurs...".
Le thème en était: le développement économique à l'horizon 2025 et les alternatives (!?) au nickel.
Seul M. Rosada a tenu la route, dans son rôle, ses invités étaient hors du chemin pratiquant platitude, langue de bois et lapalissade sans même s'en rendre compte ! En dehors du fait que, même dans leurs attitudes physiques, leurs postures, leurs manières de prendre la parole, déjà, on avait envie de "se sauver".
Même en écoutant attentivement et en étant concentré, je n'ai rien appris de nouveau ou d'original; aucune intervention approfondie ou construite ... Ces gens, dont l'une est notre "ministre" de l'économie, enfermée dans ses certitudes et dans celles de son "parti" plusieurs fois évoqué comme un paravent, un autre présenté comme "diplômé d'HEC" et qui, par sa prestation plus que médiocre, en a donné une bien pâle image, et les autres à peine moins mauvais, m'ont semblé subir la moiteur tropicale sans pouvoir donner une quelconque image dynamique et positive de l'avenir de Notre Pays.
D'abord, soyons clair -provocation ?- il n'y a pas d'alternative au nickel en Nouvelle-Calédonie pour les cent ans à venir. C'est dans la tête de personne. La Nouvelle-Calédonie, la vraie, n'y pense même pas, tout le reste c'est blabla et compagnie. Ceux qui croient le contraire, s'ils existent, soit font semblant, soit ne font pas partie des "générations-nickel-TEC" (Toutes Ethnies Confondues) qui ont traversé les cent cinquante dernières années de Notre pays.
Donc, le nickel est là et bien là avec son économie dont nous sommes tous fiers. Et c'est bien ce qui fait l'originalité de notre archipel. Je dirais même - provocation ?- son attrait ... Eh oui!
Accessoirement, il y a un superbe lagon, des îlots magnifiques, une barrière de corail exceptionnelle, des forêts exubérantes, des montagnes affirmées, des populations "exotiques" (kanak, caldoches, avec leurs cultures "authentiques"), des index de correction dilatés par la chaleur tropicale ...
Accessoirement, il y a des touristes, des éleveurs de bovins, des cultivateurs ...
... --- ...
Imaginez un tout petit moment, pas trop longtemps pour éviter le cauchemar - provocation ? - la Nouvelle-Calédonie ... Sans son nickel; allez, faîtes un effort, que serait-elle à l'heure actuelle ? Que seriez-vous ? Où seriez-vous ?
- Provocation ?- Moi, mes aïeux y sont arrivés avant Jules Garnier, comme coolie de paddon, ou pour cultiver la canne à sucre comme dans leur île d'origine, l'Ile Bourbon, alors le nickel ... Les Kanak utilisaient déjà les bienfaits du nickel, sans métallurgie ... Nickel qui "coulait" dans les plantes endémiques des massifs cuirassés ... Pour se soigner !
... --- ...
Je propose donc que nous pensions sans vergogne notre économie avec le nickel au "centre du dispositif" économique, ce qu'il est "naturellement". Penser cette économie nickel non plus comme une honte, mais comme une chance. Un nouveau paradigme économique, social et environnemental en quelque sorte, qui dépasserait les conflits d'intérêts, qui transcenderait notre vision du développement, nos lignes budgetaires, nos prévisions d'investissements, harmoniserait les relations entre les différents secteurs économiques.
Il s'agit de ne plus nous effaroucher de mettre l'économie nickel au centre du développement du siècle à venir, et partant de là, d'en penser les conséquences, bonnes et mauvaises, de ce choix et de les anticiper !
Le nickel est LA ressource de la Nouvelle-Calédonie, CELLE QUI PEUT NOUS DONNER LES MOYENS de faire vivre décemment sa population, de l'éduquer convenablement, de fonder une société socialement juste, de sauvegarder nos cultures ... Mais aussi, - sans provocation ?- de protéger son lagon, sa nature et de les partager avec nos visiteurs.

mercredi 5 novembre 2008

La Nouvelle-Calédonie voterait-elle "OBAMA" ?

Je voterais Barack OBAMA si l'occasion m'en était donnée...
Comme les trois-quarts des citoyens du Monde. Je ne voudrais pas en rajouter, tant il a été dit à ce sujet ! Et pourtant, en ce jour il m'était impossible de ne pas y aller, moi aussi, de mon point de vue.
Y-a-t-il un pays pour lequel une élection interne mobilise autant le monde entier ? Il n'y a que les USA qui peuvent produire un tel engouement. C'est significatif de l'impact ( économique, politique, culturel ...) de ce pays dans l'histoire moderne et récente de notre planète; qu'on le veuille ou non. Même l'élection de Nelson Mandéla à la présidence de l'Afrique Du Sud, portant pourtant tant de changements dans l'évolution des mentalités n'a eu autant de portée.
Cela est significatif de deux choses:
Un, la mondialisation est bien là et il n'est plus possible d'en vivre écarté; la leçon est qu'il nous est vitale d'apprendre à l'intégrer autant comme contrainte que comme ressource dans la vision que l'on souhaite développer de l'avenir de Notre pays.
Deux, notre monde ne va pas bien; pas bien du tout. Et les peuples de notre planète cherchent une issue que beaucoup ne trouvent pas. Alors, espérer OBAMA c'est tout ce qu'il leur reste.
Si OBAMA est élu, il portera tant de poids sur les épaules, ce poids le plus lourd qui soit: celui des espoirs de tant de citoyens du monde ... Que son pays, son peuple, le peuple américain devra en prendre conscience pour prendre sa part des attentes des peuples du monde entier. Curieusement, on lui demandera moins et plus d'interventionnisme , ce sera selon ... Guerre ou Paix, économie prédatrice ou solidaire, culture ouverte ou culture imposée ??? ...
Quoiqu'il en soit, ce pays, qu'on l'adore ou qu'on l'abhorre, capable du pire comme du meilleur, garde une incroyable capacité à nous étonner, à nous surprendre.
Good luck, Barack ! See you tommorrow, as President of the United States of America...

samedi 1 novembre 2008

Ode au(x) Pacifique(s) ...

Après deux ou trois billets tristes ou "colère", gris, fatigants; j'éprouve le besoin de changer d'air ... et de ton, de "penser bleu", comme le ciel ou la Mer de Corail, reposant.
C'est pourquoi je dédie ces quelques lignes (écrites et publiées il y a quelques années) à tous ceux qui aime l'Océanie, le Pacifique.

"Etre océanien. C'est être du Pacifique.
Je me sens du Pacifique.
Je sens le Pacifique.
Je suis Pacifique.
J'aime le Pacifique:
-les montagnes de ses îles, profondes et vertes,
-les vallées qui s'écoulent des montagnes de ses îles.
-les plages de ses îles, étroites et lumineuses,
-les rouleaux qui déferlent sur les plages de ses îles.
-la violence de ses cyclones,
-la douceur de ses alizés.
Le Pacifique est Homme et Femme.
Le Pacifique est métis.
Le pacifique est endémique.
Le Pacifique est "en-tropique".
Le Pacifique est hors du temps."

Ceux qui aiment Notre Profond Grand Océan ne peuvent qu'y trouver la meilleure inspiration pour conduire leur vie.

mercredi 29 octobre 2008

Provinciales 2009: Billet N°4; le "Parler Faux" des annexés !

"Enfonçage" de clous ...!!!
Vive le "parler faux" !
Plus de 19 000 électeurs sur le tableau annexe; et on ( médias, associations diverses) veut nous prendre pour des demeurés ... !
Ces 20 000 électeurs que l'on prétend écartés du vote des provinciales 2009 sont-ils Français ?
Car s'ils l'étaient, ils sauraient ou devraient connaître la Constitution Française, celle de LEUR pays !
En une dizaine d'années, près de 20 000 personnes (en gros) sont arrivées en Nouvelle-Calédonie ... Sans connaître le statut du pays où ils arrivaient ! mais, sont-ils Français pour méconnaître leur Loi Fondamentale à ce point ?

Sur ces 20 000 électeurs inscrits sur le tableau annexe, on nous assomme avec les quelques cas particuliers, présentés de manière récurrente sur tous les supports médiatiques comme des anomalies graves et révélatrices du caractère inique du dispositif; c'est de la manipulation, on instrumentalise quelques cas, on veut nous faire prendre des cas isolés pour des cas représentatifs des 20 000 inscrits sur le tableau annexe !!!
Inadmissible tromperie!
A moins que nous, TOUS, tous les Français et nos gouvernements, national et local ...
Acceptions une fois pour toutes que ces 20 000 "électeurs sacrifiés" à la décolonisation de Notre Pays soient les nouveaux colons du 21 ème siècle de la Nouvelle-Calédonie... Et qu'en l'occurence, il est injuste de les écarter des scrutins qui permettent aux peuples indigènes de s'exprimer sur leur avenir ! Tous les nouveaux arrivants auraient ainsi une nouvelle mission civilisatrice et colonisatrice: rendre minoritaire le Peuple Kanak et les populations associées séculairement à son histoire par l'Accord de Nouméa.

Ces 20 000 électeurs, arrivés pour la très très grande majorité, ces dix dernières années, représentant près de 10% de la population, n'ont de mon point de vue, qu'une seule alternative :
. Admettre qu'ils sont ces nouveaux COLONS, puisqu'ils perpétuent les années noires ou blanches de la période coloniale; ce que, par honnêteté intellectuelle les différentes associations de "résidents français" devraient annoncer.
. Reconnaître le statut spécifique et original de Notre pays, la Nouvelle-Calédonie, inscrit dans LA CONSTITUTION FRANCAISE, et décliné sous une loi organique dont l'Etat de leur, et notre pays, la France, est le garant; et participer à son développement tout en en tirant quelques avantages, pécuniers et de qualité de vie, certains.

Tant d'hypocrisie m'exaspère; au point de mettre en garde ceux qui jouent avec le feu.
Jean-Marie Tjibaou disait: "ne rendez pas méchants les gens gentils ..."
Il parlait des Kanak; je suis un homme gentil, "ne rendez pas les gens comme moi méchants ..."
Ou à l'avenir, je rejoindrai les Kanak bloquer le col de La Pirogue, comme il y a près de 30 ans lors de l'assassinat de Pierre Declerq;
Parce que je n'aurai plus rien à perdre, même pas l'avenir de mes enfants; ce qui me serait insupportable.

Mais;
Ne vous y trompez pas, cher lecteur, je suis convaincu que la Nouvelle-Calédonie n'a plus vocation à être une terre d'exclusion, ce qu'elle a été historiquement (bagne, Kanak mis en "réserves", travailleurs asiatiques sous contrats forcés). Elle a vocation à être terre d'accueil; simplement, le respect du pays d'accueil, de ses populations, de son histoire ne s'accomode pas du mépris du pays qui vous accueille, de ses populations et de son histoire.
Ne s'exclura que celui qui le voudra !
Venir travailler, vivre en Nouvelle-Calédonie est compatible avec le respect de Notre Pays, de sa spécificité institutionnelle, à condition de faire preuve d'un peu d'intelligence et d'esprit d'ouverture, ou simplement d'un peu d'humanité et d'humanisme, de sincérité et de hauteur d'esprit...

Interdit aux grossiers !
La Nouvelle-Calédonie est partie de la République Française, mais, la Nouvelle-Calédonie n'est pas la France.

dimanche 26 octobre 2008

Pour contacter vos députés, prenez une carte RUMP !?

Eh oui ! Mes chers concitoyens de la 1ère circonscription habitant les Iles Loyauté ou ceux de la 2ème circonscription habitant le nord ou l'est de la Grande Terre; si vous voulez contacter "vos" députés en Nouvelle-Calédonie, vous devez venir à Nouméa et plus encore (ou pire), aller au siège du Rassemblement UMP. Ou téléphoner au siège du RUMP, ou encore envoyer un mail dans le domaine du dit RUMP ...
Pour moi c'en est trop ! Cela frôle le détournement des fonds liés à la fonction de député au profit du seul parti dont ils sont membres. Que je sache, les parlementaires français perçoivent des indemnités importantes de l'Etat pour assurer au mieux leur fonction de représentant du Peuple, de tout le peuple de leur circonscription; pas de représentant de leur unique parti ! Il suffit d'aller sur le site de l'Assemblée Nationale pour apprendre qu'ils perçoivent une indemnité mensuelle à laquelle s'ajoute entre autres une enveloppe des frais de secrétariat et de mandat conséquente qui je cite "sert à payer ses frais de voiture, de loyer pour la permanence, frais de réception, d' habillement, de transport, etc. [ils] disposent en outre d'un crédit affecté à la rémunération de collaborateurs. Calculé en principe pour trois, il peut toutefois, [...] être versé au profit d'un nombre de personnes variant de un à cinq. [... et en outre, ils disposent d'] un crédit annuel égal, [...] pour les députés de [...] Nouvelle-Calédonie [...] au coût de seize passages en première classe entre Paris et la circonscription". Et je ne parle pas des autres avantages en nature dont ils bénéficient.

Ce qui me choque, ce n'est pas que la République mette à la disposition de NOS Députés les moyens de leur fonction, c'est l'utilisation qu'ils en font, c'est que CES députés-ci ne nous offrent aucun autre lieu pour les rencontrer que le siège de leur parti auquel peut-être (ou dont) ils payent le loyer, on peut honnêtement se poser la question ! Même le directeur de leur publication ( vulgaire quatre pages de propagande et d'autosatisfaction) est le secrétaire général du RUMP !?
Or, la FRANCE démocratique et républicaine qu'ils prétendent représenter si fort met à leur disposition (j'insiste) les finances nécessaires pour qu'ils se dotent des moyens humains et matériels leur permettant de tenir une permanence ouverte à TOUS les administrés de leur circonscription, et pas seulement à ceux de leur parti; sinon peut-on obliger TOUS leurs concitoyens à se rendre au siège du RUMP ?

En conclusion, c'est déjà pour cette raison qu'en 2002, alors candidats aux législatives dans la 2ème circonscription et écoeurés par certaines pratiques, ma colistière, Marie Poinri et moi-même, proposions de tenir deux permanences, l'une dans le sud-ouest et l'autre dans le nord-est de la dite circonscription:

mercredi 22 octobre 2008

Provinciales 2009, BILLET N°3: Les clowns tristes...

Soeur Emmanuelle vient de mourir, elle disait: "souris au monde et le monde te sourira".
Nos hommes politiques calédoniens ne savent pas sourire.
Regardez bien, d'un bord à l'autre de l'échiquier politique, nos hommes et nos femmes politiques ne sourient pas. Ils sont tristes.
Ils se présentent à nous, tous ou la plupart, la bouche en U renversé, l'air sévère. Quand ils sourient c'est une grimace qu'ils affichent, narquoise ou menaçante...
Vous comprenez, sourire ne fait pas sérieux, pas crédible...
Même leur haleine paraît fétide (ouf ! J'ai osé !).
Ils affichent, par leur mine grise, leur vision nécrosée de la VIE; de la vie de Notre Pays. Même, et plus grave, ils transmettent cette vision !
MAIS, ne vous y trompez pas, en 2009, toutes les affiches de propagande montreront, ostensiblement, de grands sourires ravageurs, dents blanches de sortie, haleines fraîches, semblant dire:" venez à moi, votez pour moi, mes petits agneaux, je vous connais, car je me nourris de vous, mon pouvoir se nourrit de votre crédulité, de votre ignorance ..."

Alors, je le redis, l'humour ou le rire, ou seulement le sourire, quand ils sont sincères (et cela se voit), sont des critères d'intelligence, parmi les meilleurs et les plus sûrs.
Combien, parmi nos hommes ou nos femmes politiques, sont intelligents, savent sourire, sans nous tromper par leurs grimaces, combien ... Et lesquels ?

A moins que Soeur Emmanuelle ne les inspire ... !!! ???

dimanche 19 octobre 2008

Je suis allé dormir près de mon père.

Pseudo-fiction; number one.

Vingt deux heures, je franchis le péage et file vers le Nord. Pleins phares, antibrouillards pour augmenter la clarté du halo des phares. Personne sur la route, en semaine à cette heure je suis tranquille. Et puis cette route que j'ai parcourue des centaines de fois, 300 kilomètres que je connais par coeur.
Marc Knopfler et Emmilou Harris, "All the roadrunning"...

J'ai les larmes aux yeux; gros coup de fatigue, de tout !

Il faut que je bouge, que je roule; route de nuit, celle que je préfère; cette route calédonienne que j'aime, qui me console et m'apaise; jamais elle ne me prendra, mais je la connais et je la respecte. Elle ne tue que les fous, ceux qui ne veulent pas la prendre comme elle est, belle, un peu rude, un peu sauvage, un peu enfermée, parfois tortueuse.
Elle ne blesse que ceux qui la méprisent, ceux qui la prennent pour ce qu'elle n'est pas.
Elle n'est qu'une petite route, d'une grande île, d'un petit pays; il faut la rouler avec douceur.

J'ai décidé d'aller dormir près de mon père, tout à côté de lui, sur cette montagne, dans cette vallée où il dort depuis sept années.

Mon pick-up est chargé, de tout et de rien; il roule bien, sans faiblir; une bonne cadence que j'appuie avec toujours les bons rapports, pour respecter les codes de cette route; ceux qui m'assurent sécurité, qui assurent le rythme, respectent les courbes, évitent les surprises.

Le col des roussettes me trouve avec encore les larmes aux yeux, mais calme, j'ai hâte de retrouver mon père; je garde la cadence; -random- sur "all the roadrunning" toujours, sans ennui, le volume haut pour mieux distinguer et apprécier chaque morceau et ses nuances.

La route en terre enfin; j'irai droit vers lui en arrivant, je ne passerai pas par la maison.

Une heure trente du matin, je descends ouvrir le portail, il fait frais ou froid, le ciel est clair, étoilé. J'enclenche les doubles tractions. Je passe le creek doucement, traverse la petite plaine propre, dérange quelques cerfs et monte vers mon père.
J'ouvre son petit jardin, recule le pick-up.

C'est fini; je suis en paix. Tout est tellement calme et paisible ici. Mon père ne parle pas; il a peu parlé, toujours. Je ne lui dis rien; on écoute les bruits de la forêt tout près, toute noire.
J'ai froid; je sors une bâche et l'étale sur l'herbe, m'enroule dans une serviette et me glisse dans la bâche.
A côté de mon père, à regarder les étoiles...
Je suis en paix, enfin.
Je sais que je retournerai, à Nouméa.
Demain.

mercredi 24 septembre 2008

24 septembre VS 14 juillet !

En ce 24 septembre 2008, la Calédonie médiatique, historique, politique et nous-mêmes, nous prenons les pieds dans le tapis du calendrier comémoratif. Quelle date représente symboliquement le mieux Notre Pays et mériterait d'être fériée et chômée: le 24 septembre !
Merci au "Comité 150 ans après" de s'entêter à en faire LA journée de la citoyenneté.
Je l'ai déjà affirmé ici, il faut défendre cette date; et je veux l'expliquer sous un autre angle. En faisant un parallèle avec le 14 juillet.
Que représente le 14 juillet, fête nationale française ?
La prise de la Bastille et la mise à bas d'un régime absolutiste et monarchique honni par le peuple. C'est-à-dire une date symbolisant tout sauf la douceur et la paix ! Mais une date qui a déterminé pour plusieurs siècles l'histoire de la France; une histoire faite de rages, de désespoirs (!), de luttes fratricides, de ... vous le savez mieux que moi ... mais cette date comme cette histoire fondent la France moderne.
Alors j'ose penser que, seule, la date du 24 septembre représente le mieux l'histoire de la Nouvelle-Calédonie faite de rages et de désespoirs (re-(!)), de luttes fratricides, de ... vous le savez mieux que moi ... C'est cette date-là qui fonde la Calédonie moderne, puisque c'est cette histoire-ci qui aboutit à la nécessité (enfin) bien (?) comprise de paix durable issus d'accords renouvelés et équilibrés !
Sans cette histoire, la Nouvelle-Calédonie ne serait pas ce qu'elle est !

Elle serait rhodésienne ou afrikaner;
Elle serait kanak mais sans les Autres; elle serait les Autres mais les Kanak dans les réserves;
Elle serait Libéria;
Elle serait Liban;
Elle serait Israël et Territoires occupés;
Elle serait Vanuatu;
Elle serait Fidji.
Notre Monde ne manque pas d'exemples ou de contre-exemples.
Vive le 24 septembre, vraie et meilleure date citoyenne et peut-être nationale (là, je prends des risques) !!!

P.S.1. Messieurs dames du gouvernement, quand la décrétez-vous fériée et chômée que je puisse assister et contribuer moi aussi aux festivités au même titre qu'un 14 juillet et sans "sacrifier" un jour de congé ?

P.S.2. J'avais raison,,,
Au Mont-Dore, et en ce jour, il y a eu un dépôt de gerbe digne d'un 14 juillet; comme quoi le 24 septembre inspire les cocardiers, les adeptes du tricolore (rouge, jaune, vert ? Non; bleu, blanc, rouge !), les répétiteurs de la prise de possession ! Faut-il s'en remettre à de telles contorsions (maux de dos assurés !) avec l'histoire pour montrer que l'on veut rester français et en arriver à confondre presque 14 juillet et 24 septembre !
En ce jour donc, (24 septembre) les descendants des révolutionnaires de 1789 étaient au monument aux morts de la commune du Mont-Dore ... Qu'en pensent les véléitaires de l'indépendance révolutionnaire kanak; un modèle vous est offert sur un plateau: célébrer une prise de possession comme une prise de la Bastille ?

Quelle Bastille le maire du Mont-Dore (lui) veut-il prendre ? La Maison Bleue ?

P.S.3. Merci aux grimoiriens du Mont-Dore; je souhaite que votre magie ne nous entraîne pas trop dans le noir !

29 septembre 2011 ...
Trois ans après !
Le maire du Mont Dore est vice-président de la Province Sud; mais c'est un détail de cette histoire même si je l'en félicite.
Le drapeau de la France flotte à côté de celui de Kanaky; presqu'un incroyable revirement de notre histoire calédonienne récente !
Mais, le plus important à mes yeux est dans ces cérémonies et festivités qui ont eu lieu à Balade. Je n'y étais pas, mais j'ai ressenti beaucoup d'émotions positives, en écoutant les discours des autorités coutumières kanak et en particulier du Grand Chef. Décidément, malgré les vicissitudes de l'histoire et ses difficultés d'aujourd'hui, le Peuple Kanak reste un Grand Petit Peuple ! Merci à lui, et aux aux Responsables Calédoniens participant à cette initiative, de persévérer à tenter de rassembler ce qui, à priori, reste encore difficile à rapprocher. Merci d'enfin rassembler Notre Histoire commune sous ces deux drapeaux ... En attendant mieux, peut-être.

mardi 23 septembre 2008

Maux tus et bouche ... bée.

Etats alternatifs néo-calédoniens:

Alternative psychologique:
Crise d'optimisme (peut-on associer crise et optimisme ? Moi, j'aime !) VS euphorie pessimiste ( pareil, et c'est Mon Pays qui m'occasionne bien souvent ces mots et maux ou bienfaits contradictoires ...) !!!

Alternative touristique:
S'évader (de quoi ? Pourquoi "évader", sommes-nous enfermés, encore une histoire de "condamnés" ?) VS se ressourcer (où ? Où est cette source à laquelle nous devons revenir ?) ?


Alternative économique et sociale:
Prolonger un état de fait (lequel ? Résister à tout changement, à toute innovation ?) VS se projeter dans le futur (attention pas trop forte la projection, inventer, imaginer, oser)?

Alternative politicienne:
Tromper (les politiciens font-ils profession de professer des messages trompeurs ou sont-ils sincères ?)VS se tromper (les politiciens se trompent-ils souvent ou les électeurs se trompent-ils souvent ?) !

Alternative diététique et sportive:
Buvez (quoi ? L'eau, l'alcool ? Combien quotidiennement ?) VS éliminez (quoi ou qui ? L'eau, l'alcool, les piétons, la voiture d'en face ou les chauffards ?).

Alternative historique:
Faire acte de mémoire ... grise (je suis fort là-dessus ! Garder mémoires, transmettre une mémoire) VS les grimoires de l'histoire (nous avons d'excellents grimoiriens ... Des magiciens ou des sorciers, spécialistes de l'histoire tordue)
... ... ...
Si vous vous demandez ce que ce message fait là, c'est que vous n'avez pas d'état d'âme (comme) ... Eric !
Alors passez votre chemin bloggique;
Dans le cas contraire, peut-être aurez-vous envie de soumettre quelqu'autre état alternatif courant ...
Branchez-vous !

mardi 2 septembre 2008

Si ya pas toi ...

Le Centre Culturel Tjibaou a célébré la fameuse poignée de main entre Tjibaou et Lafleur par des manifestations variées et originales; il a clôturé cette période de très belle manière avec le concert qui s'est tenu au Centre.
Bravo !
Mais ...
Le seul bémol que j'émets, puisque l'on évoque à travers l'art et la musique, le passé et l'avenir de Notre Pays, c'est ce slogan: "si ya pas toi, ya pas moi" !
J'ai eu beaucoup de mal avec ce slogan. Car il est doublement négatif, doublement exclusif ... A l'image des mentalités les plus répandues dans le pays; contre lesquelles nous devons tous lutter si nous voulons que la notion de "Destin Commun" ne reste pas creuse.
Ce slogan est à l'image des ces expressions négatives qui encombrent notre paysage politico-linguistique; exemples:
Celle-ci, favorite chez nos politiciens: nous sommes "condamnés à vivre ensemble" ... Eh oui, condamnés ! A croire que c'est un atavisme local né de la nature même de l'histoire de la Calédonie, définitivement ... terre de condamnés ! Et si, peut-être, nous étions quelques uns à être HEUREUX de vivre ensemble.
Celle-là, favorite chez nos syndicalistes locaux, que ce soient les leaders de l'USTKE, l'USOENC ou la CSTNC ( écoutez bien, vous verrez, enfin, vous entendrez...) qui évoquent à tours de bras "CE pays", en insistant sur le CE, comme s'ils n'en faisaient pas partie, comme s'ils n'étaient pas partie prenante de ce qui s'y joue, comme s'ils cherchaient à chaque prise de parole à mettre le plus de distance entre eux et ... leur propre pays ! ... Un peu de nationalisme que diable; parlez un peu de NOTRE Pays, qui est un peu VOTRE Pays.
Je suis peut-être un peu naïf, mais soyons cohérent !
A l'image du Destin Commun (expression positive), proposé par nos hommes et femmes politiques dans l'Accord de Nouméa pour donner du sens à notre histoire commune;
A l'image de la Citoyenneté Calédonienne (idée positive), imaginée pour rassembler des communautés qui s'affrontaient sur des bases ethniques;
A l'image de la Collégialité (concept positif) du gouvernement calédonien, inventée pour contraindre des partis politiques qui s'opposaient, à travailler ensemble;
Ne peut-on, enfin, concevoir de parler "POSITIF", CONSTRUCTIF quoi ! ?

C'est ce que j'aurais souhaiter pour illustrer le chemin parcouru en lieu et à la place du "Si ya pas toi, ya pas moi"; quelque chose comme ... "Ya toi et, Ya moi" !!!

Mais bon, le fruit n'est pas encore mûr... A dans dix ans (peut-être)!

samedi 30 août 2008

Plaidoyer pour le marathon.

Dimanche 24 août avait lieu le 26ème marathon de Nouméa; j'y ai participé pour la 15ème fois, je l'ai fini pour la 15ème fois ! D'un point de vue purement sportif j'ai vaincu le signe indien: je me suis à nouveau mis à progresser !!! Successivement 4H22, 4H32, 4H56 pour mes trois derniers marathons, 4H28 cette fois-ci, loin de mes 3H17 de 1991, mais qu'importe, avec 17 ans de plus, c'est un super résultat. Bref, ce message n'est pas motivé par un quelconque orgueuil, simplement par le désir de témoigner en faveur de cette épreuve mythique qu'est le marathon: 42,195 km sur route.
Témoigner parce que depuis que le marathon existe à Nouméa, vingt six ans, le nombre de participants n'a pas progressé !!! Toujours autour d'une centaine avec des pointes à 130. Et si on enlève les participants japonais, régulièrement entre 30 et 40 %, voyez ce que cela donne en nombre de participants locaux. Alors que le nombre de sportifs de toutes sortes a explosé dans Notre Pays, comme son nombre d'habitants.
Et je ne peux m'empêcher de penser à l'évolution du nombre de touristes en Calédonie ... Toujours aux alentours de 100 000 années après années. Alors que dans ce cas-ci les montants consacrés à la promotion du tourisme ont explosé !
Bon j'arrête là le parallèle.
Le Marathon ferait-il peur aux sportifs calédoniens ? 
Alors qu'en France et dans un très grand nombre de pays du monde les participations aux marathons explosent ! Et le nombre de marathons aussi...
Le marathon, la plus grande épreuve d'athlétisme, rude et exigeante certes, mais accessible à tout sportif régulier, quelque soit son niveau, voire son âge.
Quand on court un marathon, on se bat contre le chrono, contre le temps qui file entre nos pieds;
Dans un raid on se bat contre la nature, le profil du terrain, ou l'état de ce même terrain; 
En marathon, on lutte contre l'envie de marcher, de s'arrêter, sans aucune excuse;
Dans un raid, celle du paysage à admirer et nous autorise à souffler un peu, celle du dénivelé qui en lui-même impose de marcher, sans celle de nos jambes qui font mal; 
Mais, dans un marathon, quel bonheur de sentir la "machine" qu'est notre corps fonctionner, comme un métronome, parce que notre volonté la commande, et ce coeur qui bat sans s'emballer, toujours battre, ces jambes qui résistent à la douleur pour nous porter jusqu'au bout, jusqu'à la ligne d'arrivée sur l'hypodrome où (on n'achève bien les chevaux ?!)... 
Où ? Où, il n'y a presque plus personne, même quand on met moins de cinq heures ... Cette ligne d'arrivée où on s'excuse presque d'être "en retard". Cette arrivée où on nous tend un T-shirt XXL ( qui correspond à très peu de gabarit dans un marathon !? A moins que ce soit des fins de stock ?!); cette arrivée où on nous tend un pochon avec des prospectus touristiques en anglais !!! Une fois de plus, cherchez l'erreur !
Bon, décidément, en Calédonie ...
Mais aucun vrai marathonien ne court pour une de ces "récompenses terrestres", quoiqu'il en faudrait peut-être de plus consistantes pour attirer les "autres" sportifs.
Notre bonheur sera toujours d'en avoir terminé, d'avoir dominé ce monstre de la course à pied que reste le MARATHON.

jeudi 28 août 2008

Un gouvernement qui travaille.

Tout le monde "ne s'amuse pas", notre Gouvernement de Nouvelle-Calédonie travaille.
Les travaux pour un schéma d'aménagement et de développement de la Nouvelle-Calédonie, "Nouvelle-calédonie 2025"; un ambitieux projet et de nature consensuelle, mais pour quel destin ?
Le schéma de mise en valeur des richesses minières dit "shéma minier" adopté; enfin, comme quoi tout arrive !
Les travaux sur le "dialogue social"; qui continuent envers et contre tout !
Les réglementations concernant la sécurité routière qui s'étoffent; pour arrêter le "bain de sang" sur nos routes.
Les signes identitaires qui émergent; un accouchement difficile !
...
Il me semble, en dehors de toute polémique, que nous avons un gouvernement calédonien qui travaille. Je ne suis pas payé pour l'écrire ... Mais peut-être faut-il que nous sachions aussi le reconnaître et envoyer à nos élus, responsables gouvernementaux (que je ne confonds pas avec certains de nos (ir-)responsables politiques), quelque signe positif qui les encourage à poursuivre dans ce sens.
Je ne suis pas non plus payé pour distribuer des "bons points", mais je crois que le président Harold Martin parvient finalement à rendre concrète cette "fameuse" collégialité, peut-être pas si "fumeuse" que l'on prétend, (moi le premier!); Harold aurait-il trouvé le secret d'une collégialité active ?
Déwé Gorodey, Gérald Cortot, Jean-Claude Briault, me semblent s'entêter à marquer de leur empreinte leur champ d'action respectif avec une réussite certaine.
...
Y- aura-t-il un AVANT et un APRES ce gouvernement Martin ? Qui aura été moins bruyant que celui de Marie-Noelle Thémereau, mais peut-être plus efficace et sûrement plus collégial.
Reste énormément de pain sur la planche (pas celle de l'éco-pain, d'abord !); le dossier controversé de la TVA sur lequel avait avancé Didier Leroux en est un exemple.
Finalement;
Au fil du déroulement de l'Accord de Nouméa, depuis 1998, Notre Pays et nos gouvernants atteindraient-ils la maturité ?
Et les citoyens de Nouvelle-Calédonie ont-ils atteint la maturité ???
...
Chers lecteurs, ceci n'est pas un publi-reportage ! Juste un peu de sérénité et de lucidité dans un monde politique de brutes ...

mercredi 27 août 2008

Blog évolution. Commentaires réactions.

Je suis né au siècle dernier, au début des années cinquante.
Je ne suis pas né avec l'électronique; ni avec un ordinateur entre les mains.
En 1986, je m'initiais à l'informatique sur un "Commodore 64". Un dinosaure dans ce domaine.
Aujourd'hui je m'initie à la communication internautique et plus encore au langage bloggique.
... ... ...
En consultant d'autres bogs, je me suis rendu compte du chemin qui me restait à parcourir, mais je suis prêt à le faire, un peu.
J'ai eu du mal au début avec ce blog, comme avec un cheval rude; maintenant, je crois l'avoir amadoué. Alors, j'ai décidé d'aller un peu plus loin: réagir aux commentaires. Je réalise qu'ils peuvent me permettre de préciser ma pensée en partant de ce qui y est dit.
C'est ce que j'ai commencé à faire depuis un ou deux commentaires, et que je poursuivrai.
... ... ...
Une nouvelle expérience dans ce champ tellement ouvert, libre, autant inconsistant qu'empli de consistance qu'est "la toile".
Une "toile" qui permet tout, sans retenue; pour moi qui vient d'un temps où la communication prenait du temps, se contraignait du temps; mais aussi, exigeait encore le contact physique !

mardi 19 août 2008

Elections provinciales 2009: BILLET N°2.

Il y a huit jours, le 12 août, Les Nouvelles Calédoniennes rendaient compte d'une conférence de presse du Rassemblement-UMP sous le titre: "on travaille pendant que les autres s'amusent".
Moi, je m'amuse à voir comment certains pensent ... Y en a marre, mais vraiment marre de la manière arrogante de faire de la politique de la part des dirigeants de ce parti; et pour mes quelques lecteurs je vais remettre la petite pendule cérébrale de ces mêmes dirigeants à l'heure d'aujourd'hui.
Première remarque:
Le RPCR devenu Rassemblement a été il n'y a pas si longtemps, le champion de l'exclusion, même de leur chef historique, de la scission, de la fracture, des départs et que sais-je encore dans le genre "casse-toi"; et cela dès le début, pas si lointain, de ce nouveau siècle. Messieurs Lafleur, Louéckotte, Martin, Gomès, excusez du peu, en sont un témoignage ... sans parler d'autres moins célébrissimes !
Deuxième remarque:
Là je vais être mauvais-méchant ... Cette photo dans le journal centrée sur quatre dirigeants "blancs" donnent franchement à penser, soit que les "autres ethnies" ne sont plus vraiment le souci du Rassemblement, soit que les "autres ethnies" commencent à devenir rares au "rassemblement"; en particulier que les représentants charismatiques Kanak le sont devenus (rares).
Troisième remarque:
Monsieur Frogier n'a pas intégré que les temps ont changé ! Evoquer le nombre de groupes ou tendances politiques actuels comme "des schémas que nous avons déjà connus et qui ont mené la Calédonie à des événements douloureux" est une mystification de l'histoire de Notre Pays; voire une fumisterie, et je pèse mes mots. Monsieur Frogier ne s'est pas rendu compte que l'on n'est pas dans la même situation qu'en 1977, ni dans celle de 1984; monsieur Frogier ne s'est pas rendu compte qu'il n'est pas Jacques Lafleur; qu'il n'a peut-être pas les moyens de s'identifier à son ancien chef. Parce que 1977, j'y étais ! 1984, j'y étais ! 2008, j'y suis ! Et je ne vois pas comment on peut rapprocher et comparer ces périodes. Monsieur Frogier abuse de tels raccourcis historiques pour asseoir son futur électorat sur une peur que lui-même n'a peut-être même pas connu en ces époques-là!
Dernière remarque:
Monsieur Frogier fait, du mépris, une politique ! Mépris de l'histoire, mépris de nos institutions, mépris des ses concitoyens qu'il a la facheuse tendance à prendre pour des citoyens cons... Mépris aussi de nos jeunes, ceux qui sont nés après 1977, après 1984, dont les références sont peut-être ailleurs, les rêves peut-être différents ... En ce début de 21ème siècle.

Non, monsieur Frogier, à la veille des élections provinciales de 2009, la diversité des propositions politiques actuelle est un gage de démocratie, de diversité, de choix, de liberté pour tous les citoyens de Calédonie. S'il y a crise politique c'est dans le jeu des partis, oui; mais de là à évoquer un péril en la demeure politique calédonienne, je le conteste.
L'urgence et le péril seraient dans la crise sociale, dans la crise des revenus et du pouvoir d'achat pour une grande part de notre population, dans la crise de l'accession à la propriété, dans la quête d'une identité qui nous serait propre et dans laquelle notre jeunesse et toutes nos jeunesses se reconnaîtraient ... !!!

Messieurs les dirigeants du Rassemblement-UMP, continuez à travailler fort, vous en avez vraiment besoin pour progresser et nous offrir une proposition politique enfin digne de Notre pays, digne de Ses Gens, digne de Notre Histoire, digne de Notre Avenir ...
Merci !

lundi 4 août 2008

Etrange pays, étrange ville; étrange société ...

Dimanche matin 8 heures, plage de Magenta, départ du trail "interurbain" auquel je vais participer.

Le départ est prévu à 9 heures. Il doit avoir lieu en face de l'aéroclub.
On apprend que le départ sera déplacé 500 m plus avant en face de l'université car le bord de mer en face de l'aéroclub est "chaud": plusieurs dizaines d'individus ennivrés y sont stationnés et les organisateurs, sur les conseils de la police, ont préféré déplacer la ligne de départ "pour éviter tout ennui ou toute provocation".
Ces "individus" sont essentiellement des Kanak dont beaucoup sont encore présents, buvant et écoutant de la musique autour de voitures.
Le peloton de coureurs s'étoffe petit à petit et s'échauffe avant le départ; sillonnant l'endroit dans tous les sens.
... ... ...
J'éprouve une étrange sensation d'incongruité; mais qui est incongru ?
Les uns s'éclatent dans le sport, les autres s'éclatent dans l'alcool ! Il fait beau, ce sera une belle journée.

... ... ...
Mais où j'habite ?
Trois d'entre ces jeunes passent à côté de moi et de mon épouse pendant que l'on s'échauffe, tangant un peu, une bière à la main... Et un peu dans le vague. On les salue, ils nous souhaitent "bonne chance et bon courage" ! Nous les remercions.
Mais où j'habite ?
Dans le peloton des coureurs apparaît un groupe de jeunes Kanak et métis venus participer à ce "trail urbain", pas quelques unités, non, un groupe d'une vingtaine de coureurs.
Nous nous croisons les uns les autres.
Mais où j'habite ?
... ... ...
Cette coéxistence est paradoxale, non ? Non.
... ... ...
Je suis content, j'en suis arrivé au bout et à bout.
J'applaudis les autres coureurs, j'échange avec les jeunes (kanak et métis dont je parlais plus haut) venus courir...
Mais où j'habite ?
... ... ...
Euh ! A part ça;
Belle course, je la recommande !
... ... ...
J'habite en Kanaky et en Nouvelle-Calédonie, un peu en France, peu nulle part, un peu partout !

Le goût de l'effort! le plaisir de courir! Merci à vous d'avoir participé à ce beau moment de sport !

jeudi 31 juillet 2008

Journée mondiale des peuples autochtones: contribution.



(*)
Samedi 9 août était décrétée "journée mondiale des peuples autochtones" par l'ONU.
A Nouméa cette journée était relayée sur la place du Mwaka par le CNDPA, le Conseil National du Peuple Autochtone.
J'ai voulu contribuer à cette journée de deux manières: la première en re-publiant ci-dessus un chapitre de mon second essai(*) qui rendait hommage à la lutte du Peuple Kanak; la deuxième en partageant ci-après mes interrogations sur le sens même de cette manifestation en Nouvelle-calédonie, alors que des avancées fondamentales sont dors et déjà inscrites dans l'Accord de Nouméa, et mises en oeuvre.
Peut-être y-a-t-il quelque frustration profonde qui s'exprime dans la revendication "d'autochtonie" qui ne trouve pas écho dans celle du FLNKS voire dans la revendication d'indépendance?
Si c'est le cas, il faut y être attentif et s'y pencher.

Toujours est-il que pour les "non-Kanak", "non-autochtones", peut-être aussi "non-indigènes" et pour moi donc, c'est un peu la confusion !
Si le Peuple Kanak, le peuple autochtone, le peuple indigène ne font qu'un, pourquoi ces trois termes et ces trois revendications ? Que recouvrent-elles exactement ?
J'ai suivi quelques débats et interventions sur Radio Djiido, ils ne m'ont pas éclairé sur cette question !
Il y a le FLNKS qui revendique représenter le Peuple Kanak, le CNDPA qui revendique représenter le peuple autochtone, le CRI (Comité pour la revendication indigène) dont on parle moins qui revendique néanmoins représenter le peuple indigène, le Sénat Coutumier qui est censé représenter les Kanak et leurs aires coutumières dans le cadre de l'Accord de Nouméa; et aussi tous les partis politiques Kanak ... Avouez qu'il y de quoi s'y perdre et le Kanak d'abord !

Et les "non-Kanak-non-autochtones-non-indigènes-non-coutumiers" dont je suis, de s'interroger . J'arrivais, après un long bout de chemin à côté et avec le Kanak, à une compréhension la plus grande possible, la plus complète, la plus complexe aussi de mon voisin Kanak, et voilà qu'il me faille à nouveau repartir en quête d'une nouvelle réalité apparue au détour des 20ème et 21ème siècle !
Dur, dur ...

L'autochtonie, l'indigénéité, recouvrent-elles des réalités kanak non prises en compte par l'Accord de Nouméa ? A moins qu'elles ne fondent une revendication plus radicale, plus fondamentale, non ou mal exprimée ni prise en compte voire étouffée dans cette ambiance politiquement lénifiante actuelle. Une revendication qui dépasserait voire subimerait la revendication d'indépendance politique ?

(*) Extrait de "L'avenir de la Nouvelle-Calédonie en question(s)" publié aux Editions Ile de Lumière en 2000.



lundi 28 juillet 2008

Il n'y a pas "crise", il y a "vie", politiques !

Je vais être résolument optimiste pour une fois.
A écouter, voir, lire les médias, les commentateurs divers, ou même les hommes politiques, la vie politique en Calédonie est en crise !
Mais non, c'est tout le contraire !
Il n'y a pas CRISE politique en Nouvelle-Calédonie à l'heure actuelle, il a VIE politique, il y a exercice de la démocratie ce qui est particulièrement intéressant pour le citoyen de base.
Il n'y a pas "éclatements, scissions, divisions", il y a manifestations du pluralisme, parfois excessives, certes, mais qui s'en plaint; QUI (cherchez bien ...) ? Si les nuances apparaissent enfin au grand jour, à l'intérieur des grands blocs politiques. Même le Front National local n'est pas épargné (lui qui se divise ... pour promouvoir l'union...des loyalistes, cherchez l'erreur!) c'est dire ! Et le Parti Travailliste qui vient titiller le FLNKS ! L'Avenir Ensemble où quelques uns sont plutôt Ensemble pour l'Avenir; le Rassemblement UMP dont les têtes ont du mal à rester toutes derrière une seule tête... Et Simon(-Pierre) qui quittent le Père pour tenter d'éxister...
Peut-être que les années noires des BLOCS sont terminées, peut-être! ... Ces années crispantes, ces ANNEES FROIDES calédoniennes où les monolithes politiques (hommes ou partis) faisaient leur loi politique, gouvernaient nos consciences, imposaient leurs lignes de démarcation !
Enfin !
C'est peut-être maintenant que la Parole se libère, à travers un jeu politique plus ouvert et plus complexe aussi mais dans lequel le citoyen de base peut lire plus facilement, dénicher les impostures et les imposteurs, les démagogies et les démagogues, les fabricants de peurs et les partisans non avoués de l'immobilisme ... Mais aussi les honnêtes femmes et hommes politques attachés à proposer des voies originales, constructives "un peu" audacieuses. Et ce, d'un bout à l'autre de l'échiquier politique calédonien.
Je le répète, c'est le citoyen qui est gagnant. Ne nous laissons pas leurrer, profitons-en, sanctionnons, récompensons, critiquons, reprenons le pouvoir qui est le nôtre, celui d'élire, ou de ne pas élire; n'ayons plus peur enfin de construire Notre Pays avec des hommes et des femmes que nous choisissons en tout état de cause, qui valent la peine que nous nous donnons dans notre vie quotidienne sur notre Caillou.
Alors, j'en suis convaincu, il ne ressortira que du BON de ce remue-ménage qui contraindra notre cirque politique à un vrai remue-méninges.
A bon entendeur ...

lundi 21 juillet 2008

Elections Provinciales 2009: BILLET N°1.


A partir de ce jour et de ce premier "billet", je me propose de traiter des élections provinciales de 2009.
... ... ...
S'il est un sujet à polémique, c'est bien celui de la liste électorale spéciale des électeurs amenés à y participer à condition d'avoir dix ans et plus de présence en Nouvelle-Calédonie et d'être inscrits dans le tableau annexe.
Et, tout "naturellement" je m'attaque à ce sujet sans détours.
En introduction donc à cette série de "billets", j'ai scanné ce que j'avais écrit "il y a dix ans" (*) déjà, et déjà en colère face à certaines réactions incompréhensibles du point de vue de l'Histoire de la Calédonie et de ses habitants. Parler à l'époque, en 1998, d'exclusion, alors que le corps électoral spécifique englobe le Peuple Kanak et toutes les populations arrivées jusqu'à la veille du référendum de 1998, me semblait et me semble toujours d'une outrance inacceptable.
Des réactions incompréhensibles et une incompréhension fondamentale de la part de beaucoup de ceux qui justifient leur indignation face à cette "exclusion" dans une théorie de la tectonique des plaques qui fait de la Calédonie un bout de terre française ayant dérivé de 20 000 km depuis la prise de possession en 1853 !!!
A moins qu'ils ne justifient leur indignation face à leur exclusion par leur adhésion à la théorie historique faisant de la Calédonie une colonie de peuplement, et qu'ils en soient eux-mêmes les nouveaux colons !!!
A moins encore que le principe "un homme une voix" ne soit l'arme fatale des grands défenseurs de la démocratie moderne pour nier voire anihiler toute vélléité du Peuple Kanak et des populations qui ont partagé la dernière partie de son histoire à prendre en charge cette même récente histoire commune !!!
Je dédie donc cet extrait ci-dessus à tous les Nouveaux Colons des Temps Modernes "injustement exclus" des élections provinciales 2009 !
(*) Extrait de "L'avenir de la Nouvelle-Calédonie en questions(s)" publié aux Editions Ile de Lumière en 2000.

mercredi 16 juillet 2008

"J'ai des doutes" ! Comme Alain Bashung dans "Bleu pétrole".

J'ai des doutes sur ce que je ressens de mon Pays;
J'ai des doutes sur CE que je vois et CEUX que je vois de mon Pays;
J'ai des doutes sur le temps qu'il fait ... et qu'il fera ou ne fera pas;
J'ai des doutes quant à l'avenir de mon Pays, mon avenir, celui de mes enfants;
J'ai des doutes quant à l'avenir de ma terre qui n'a pas toujours été mienne;
J'ai des doutes quant à la patience, l'impatience des Jeunes et moins jeunes de Kanaky;
J'ai des doutes à propos du prix du nickel, sur son maintien à un haut niveau;
J'ai des doutes à propos de la vie chère, pour qui et pourquoi ?
J'ai des doutes à propos de la répartition de la richesse produite en Nouvelle-Calédonie;
Je doute de la capacité de mes compatriotes à saisir ce qui se joue envers et contre nous;
Je doute de notre Gouvernement local collégialisé;
Je doute du Gouvenement Central français;
Je doute de moi-même et de ce que j'ose penser, affirmer et avancer.
J'ai des doutes que je revendique;
J'ai des doutes que je redoute, sans aucun doute;

En doutez-vous ?

Bien sûr ce n'est pas ce que chante le Grand Bashung même si sa chanson "Le secret des banquises" m'a inspiré, où humour et dérision font un ménage décapant.
Mais, franchement, le dernier CD d'Alain Bashung, "Bleu pétrole" est une merveille. Sa voix, l'orchestration, le rythme, le jeu de paroles ... A écouter sans modération !

jeudi 10 juillet 2008

A quand l'éco-carburant ?

Daniélo B. travaille avec moi. Un salarié touchant un petit salaire, bien dans sa peau et au sens de l'humour chevillé au corps. C'est lui qui m'a fait cette réflexion qui m'a beaucoup plu !
le Gouvernement de Nouvelle-Calédonie "communique" beaucoup sur l'éco-riz. Il y avait eu déjà "l'éco-cartable", il y a aussi "l'éco-pain" toujours dans le même ordre d'idée: lutter contre la flambée des prix.
Je trouve l'idée de Daniélo très pertinente. Car, le service du transport en commun est tellement déplorable que la voiture particulière est indispensable pour se déplacer correctement et dans des délais raisonnables (bon ! Enfin à Nouméa, les embouteillages, c'est pas vraiment raisonnable ...). A Nouméa, donc, dans le Grand Nouméa, en interurbain, à l'intérieur des communes de l'Intérieur (entre les tribus et les villages), tous ces déplacements sont tellement problématiques pour les gens qui ont peu de moyens. La mise en place d'un éco-carburant serait le bienvenu pour conforter le panier des "éco-prix". Son financement ne devrait pas poser de problème en cette période d'abondance ...
Ici le préfixe "éco-" signifie prix économique, pas cher quoi ! Bien sûr ce n'est pas une mesure très "éco"-logique, ni une mesure qui ferait faire de économies d'énergie à la Calédonie. Mais, bon, avant les prochaines élections provinciales cela pourrait payer ... et les électeurs auraient moins à payer de leur personne pour se déplacer ... quoiqu'il faudra bien que quelqu'un en paye le prix !!!
Allez !
Beaucoup de petits revenus ont des petites voitures à essence? L'éco-essence à 100 F !
Beaucoup de famille ont des mini-bus et les petits artisans ou agriculteurs des pick-up doubles cabines? L'éco-gasoil à 85 F !
La différence prise en charge par l'opération "éco-prix" du gouvernement. Par exemple en taxant les grosses cylindrées...
A moins que l'on se décide vraiment à développer un réseau de transport en commun partout en Calédonie, adapté, dense, respectueux des usagers, propre; et qu'on y mette les moyens bord.. !

mardi 8 juillet 2008

Louis Kotra Uregeï ne baissera pas la garde !

J'ai écouté l'interview de Louis Kotra Uregeï sur Radio Djiido la semaine dernière. "Loulou" est président d'honneur de l'USTKE et membre du directoire du Parti Travailliste.
Je ne savais pas si j'allais en parler au risque de perdre encore quelques (éventuels) lecteurs...
Mais tant pis, j'assume !
Eh bien, je suis toujours impressionné par cet homme quand il parle. On l'aime ou on ne l'aime pas, c'est sûr, mais pour moi, ce n'est pas si simple.
Je crois comprendre un aspect du fond de sa pensée; et je ne suis pas loin de l'y rejoindre: Le Peuple Kanak ne doit pas baisser la garde ou se laisser endormir par les avancées réelles certes qu'il a obtenu par sa résistance, mais qui peuvent être remises en causes (quoiqu'en disent les "optimistes") par des gouvernements, des majorités ... ou des coups de force. L'histoire de la Nouvelle-calédonie (et là, je me répète) a tellement connu de tels rebondissements que la méfiance reste nécessaire !
Alors Louis Kotra Urégeï continue à marteler qu'il n'acceptera jamais que son peuple, le Peuple Kanak subisse le même sort que celui d'autres peuples indigènes , les Aborigènes en Australie particulièrement. La volonté de "faire du blanc" ou du "Wallis" en Nouvelle-Calédonie pour noyer les Kanak, si elle n'est plus exprimée sur la place publique (comme il y a quelques années et parce qu'il y a l'Accord de Nouméa) reste subliminale pour trop de gens (ir-)responsables politiques ou non, ici ou en France.
Et le FLNKS, attaché à faire vivre les institutions qu'il dirige dans le Nord et aux Iles, attaché à faire vivre la collégialité dans le gouvernement local, n'a peut-être plus la vigilance nécessaire et l'attention vigoureuse que demande le dossier des "flux migratoires". Son combat pour le gel du corps électoral gagné, il a peut-être "oublié" cette réalité et son influence (inéluctable ?) sur la composition démographique, sociologique voire culturelle de la Nouvelle-Calédonie: le Peuple Kanak est de plus en plus minoritaire et risque de se voir confisquer "démocratiquement" son propre pays, tout au moins, un tel ressenti reste vivace chez les Kanak.
Et c'est sur ce dossier que "Loulou" est le plus virulent; qu'il est déjà entendu par les militants du Parti Travailliste et qu'il le sera par de futurs électeurs.
Virulence aussi sur le dossier d'un rééquilibrage plus substantiel des richesses produites par la Nouvelle-Calédonie en faveur des populations autochtones et océaniennes (j'inclus sous ce terme tous les océaniens dont les océaniens blancs comme moi). Dans ce domaine aussi un gros travail reste à faire pour plus d'équité.
Attention !
Il est des progrès qui portent en germes des risques de régression.
Les accords de Matignon et de Nouméa ont apporté de grands progrès au plan politique, institutionnel et économique! Ils ont apporté la paix !
Mais cette paix, certains ne l'ont comprise que comme un blanc(!)-seing autorisant à nouveau toutes les dérives et perversions qui nous ont amené dans le mur plusieurs fois déjà au cours de notre histoire calédonienne!
Alors ?
Eh bien il faut écouter "Loulou" et prendre au sérieux ses inquiétudes.

dimanche 6 juillet 2008

Il y a dix ans Eric Tabarly disparaissait en mer.

Eric Tabarly a disparu en mer dans la nuit du 12 au 13 juin 1998 alors qu'il naviguait au large de l'Irlande, sur son voilier fétiche, le Pen Duick qui affichait un siècle !
A cette occasion j'ai eu envie de partager avec Mon Pays quelques réflexions profondes de ce très grand marin. Quelques pincées de pensées salées pour donner du goût à nos vies (elles sont tirées de "Mémoires du large" d'Eric Tabarly et rapportées par Ouest France):
> "L'expérience, c'est la somme des conneries à ne pas refaire"
> "La confiance est un élément majeur: sans elle, aucun projet n'aboutit".
> "L'homme a besoin de passion pour exister".
> "Le temps se rétrécit ou semble s'accélérer à mesure qu'approche la date du but à atteindre".
> "C'est pataud un homme, quand il est ému, il ne sait pas exprimer ses sentiments, par pudeur virile".
> "Baisser les bras dans une compétition sous prétexte qu'on ne peut terminer premier est incompatible avec l'esprit du sport".
> "Naviguer est une activité qui ne convient pas aux imposteurs. Dans bien des professions, on peut faire illusion et bluffer en toute impunité. En bateau, on sait ou on ne sait pas".
J'ai admiré cet homme de mer, solide comme un roc, humble face à la mer; comme Bernard Moitessier, autre homme de folie marine et d'écrits aussi profonds que la mer qu'ils survolaient. ils m'ont accompagné dans ma période "mer et voile" autour de la Grande Terre, ou plutôt, en la circonstance, autour de notre "grande île" à un moment où je ne savais plus à quel Saint Politique me vouer.

jeudi 3 juillet 2008

Nous avons deux députés de l'Anse Vata.

Nous avons pu lire, cette semaine, dans les Nouvelles Calédoniennes une super interview de M. Yanno député de la 1ère circonscription pour sa première année à l'Assemblée Nationale, " J'apprends mon métier".
Première observation:
Il faut savoir que le découpage électoral pour les élections des députés est particulièrement inique en Nouvelle-Calédonie: Une première circonscription regroupant Nouméa et les Iles Loyautés, une deuxième avec Grand Nouméa et le reste de la Grande Terre. il n'y avait pas meilleur moyen pour empêcher "démocratiquement" toute possibilité de représentation à l'Assemblée Nationale Française des Kanak (indépendantistes à plus de 80% et très majoritaires dans les Iles Loyautés et dans l'Intérieur de la Grande Terre).
Nous avons ainsi deux députés élus par Nouméa et sa très proche banlieue ! Et habitant à proximité de leurs électeurs à Nouméa !! Deux députés Blancs de l'Anse Vata* (quartier chic de Nouméa au bord de mer) en quelque sorte !!!
Je me demande ce que ces deux députés connaissent de la réalité quotidienne de la vie des habitants de leur circonscription, en dehors des habitants de Nouméa, et encore, des plus favorisés ! C'est tout simplement un détournement de la représentation démocratique. Oh! Bien sûr, lors des campagnes électorales, on monte dans les bennes des pick-ups en Brousse, on s'assied sur les nattes aux Iles. Il faut salir un peu son pantalon pour se rapprocher du peuple. Merci la démagogie bon marché.
Deuxième observation:
La politique est un métier (!?). Donc les politiciens ont leurs écoles (Sciences Po, ENA ...) ou font carrière et se forment sur le tas, justifiant à postériori leur maintien "puisqu'ils ont acquis l'expérience". Deuxième détournement de la représentation démocratique: une fois élu, il faut tout faire pour durer, "car c'est comme cela qu'on apprend et qu'on devient efficace"; oui, mais pour qui ? Pour quoi ? Pour conserver le plus longtemps possible tous les avantages liés à ces fonctions électives et servir certains intérêts ?
Merci pour le renouvellement du "personnel" politique.

(* Il est de bon ton de prendre un ou une suppléante Kanak pour faire bonne figure et montrer que l'on prend en compte "les spécificités de la communauté kanak" - Oh! Que je n'aime pas cette expression !)

mercredi 2 juillet 2008

Les mots "fourre-tout"... pour experts en tout.

Après le sujet sur les mots piégés du langage des "experts" en politique, il est d'autres mots qui méritent un peu d'attention tant ils peuvent être utilisés pour tout et rien expliquer. Quelque soit le type de communication d'ailleurs, politique, économique, sociale, éducative, affective, etc.

Echantillon (absurde bien sûr!) :
"Le problème c'est que cette contrainte est un véritable obstacle qui entraînera beaucoup de difficultés ... et bla, bla,bla ..."
Problème, contrainte, obstacle, difficulté, sont des termes très souvent utilisés pour ... noyer le problème, oublier la contrainte, ignorer l'obstacle ou mésestimer la difficulté.

Eclaircissements:
Un problème: je le pose et je le résous; et cela ne s'improvise pas ! Il faut de la méthode (des méthodologies de résolution de problèmes existent aussi rigoureuses que variées).
Une contrainte: je l'intègre après l'avoir appréciée; elle peut très souvent devenir une ressource, il faut juste un peu (ou beaucoup selon les cas) d'imagination.
Un obstacle: je le contourne; sans états d'âme ... car enfin, un obstacle reste un obstacle, par définition ! "On ne déplace pas les montagnes (quoique ...)!
Une difficulté ? Je la surmonte après l'avoir évaluée; bien souvent cela demande un effort qui peut être physique, technique ou intellectuel.
Cependant, il peut y avoir glissement du sens d'un terme vers celui d'un autre à partir du moment où il y a analyse à priori et à froid de l'objet faisant problème, contrainte, obstacle ou difficulté: une difficulté peut devenir obstacle, une contrainte ingérable, un problème insoluble, un obstacle ne plus en être un, etc...
Mais, il restera toujours la nécessité avant toute chose de discriminer au mieux l'emploi de ce vocabulaire.

Si vous êtes un peu attentifs vous serez vite confrontés à la (l'im ?)pertinence de l'usage de ces mots; comme de beaucoup d'autres, les plus fréquemment utilisés par beaucoup de "communiquants".

lundi 30 juin 2008

MON EXPERTISE de Kanako-Néo-Calédonien...

Au point où j'en suis arrivé et du haut de mes 56 ans qui font de moi un jeune Vieux, je voudrais expliquer et donner à comprendre le sens de ce blog.
J'ai tant vécu la Calédonie et ses gens, j'ai tant vécu ses joies et ses peines, tant vécu ses espoirs et ses déchirures;
J'ai tant réfléchi la Calédonie et ses gens, dans ma tête, dans les livres, dans mes écrits;
J'ai tant "agi la Calédonie" et ses gens, dans mes militances, dans mes jobs;
J'ai tant essayé de comprendre, les gens, les faits, les dits et les non dits;
J'ai tant aimé la Calédonie et ses gens, mon beau pays sous les tropiques, malmenés l'une comme les autres; comme moi-même, et ceux qui se reconnaîtront dans ce que j'exprime, l'ont été.
Je ne ressors pas indemne de ce demi siècle de conscience de Mon Pays !
Je porte en moi Mon Pays, autant dans mon coeur que dans mes tripes, dans ma tête aussi ... J'en porte beaucoup de ses contradictions et de ses cicatrices.J'ai cotoyé les Kanak, travaillé avec eux, milité avec eux; j'ai cherché à les comprendre, j'ai partagé leur "quête du tertre originel", leur quête de dignité humaine et économique ...
Je suis Caldoche et j'ai continué à partager la vie des Caldoches même quand je ne partageais pas certains de leurs points de vue rétrogrades ou dépassés à mes yeux, j'ai beaucoup d'affection pour les Broussards, trop souvent invoqués comme pionniers, ou mal aimés comme colons, manipulés comme électeurs...Caricaturés aussi.
Comme ces Wallisiens et Futuniens que j'ai appris à connaître à Païta, bien souvent manipulés eux aussi et dont trop peu comprennent le sens de la lutte du Peuple Kanak. Eux dont l'origine géographique océanienne est si proche...
J'ai vécu la brousse, la ville, le village, la tribu.
J'ai vécu aussi l'Eglise ! J'ai vécu la colère contre l'Eglise !
J'ai enseigné ces jeunes Kanak, Caldoches, Océaniens, j'ai eu mal à leurs échecs, eux dont je lisais l'intelligence dans le regard, eux dont je connaissais l'intelligence sitôt sortis des quatre murs de la classe; au point que j'ai souvent remis en cause ce put... de système soi disant éducatif !
J'ai remis sur le métier l'ouvrage de la didactique des mathématiques et je suis parti à la découverte de pédagogies renouvelées, audacieuses voire subversives.

Je me suis formé et re-formé, je me suis transformé.J'ai formé des femmes et des hommes.
J'ai osé la politique, toujours, jamais celle du mouton; pour me ramasser de belles gamelles !
J'ai osé l'USTKE où j'ai de bons amis; parce que je partageais sa colère face à l'injustice sociale, en particulier celle que subissent beaucoup trop de Kanak.
J'ai couru aussi, après la vie, et ... des marathons, j'ai couru Poindimié-Koné par la grande transversale pour célébrer le 24 septembre, mon "Mwaka" à moi...
Et puis, j'ai cherché;J'ai cherché dans "Tristes Tropiques de Claude Lévi-Strauss", dans "Le Capital de Karl marx", dans "Humanisme et Terreur ", dans "Anthropologie structurale", dans "La Relativité", dans "La Pensée sauvage", dans les "Mémoires de Géronimo", dans "L'idiot du Voyage", dans le "Traité d'économique politique de Raymond Barre", dans le "Que Faire de Lénine", dans "Pédagogies des Opprimés", dans "Un monde sans hivers; les Tropiques, nature et sociétés de Francis Hallé", dans "L'Héritage de Saussol", dans "Hienghène, le desespoir calédonien", dans "Eclaircissements de Michel Serres", dans "Changdang, les Tonkinois de Calédonie au temps colonial", dans "Colonialisme et Contradictions en Nouvelle-calédonie", dans "Géopolitique du chaos", dans les "Fables de La Fontaine", dans "Tjibaou le Kanak", dans "La Constante macabre";
Oui, toujours j'ai cherché dans "Les Blancs sont venus", dans "Le piège de la mondialisation", dans "Mourir à Ouvéa de Plénel", dans "Malaise dans la civilisation de Freud", dans "Une brève histoire du temps de stéphen Hawking", dans "Economie assistée et changement social en Nouvelle-Calédonie", dans "Nations indiennes, nations souveraines", dans "Main basse sur l'Afrique", dans "Le Socialisme et l'homme";
J'ai cherché encore dans "Des astres, de la vie et des hommes" ...
J'ai cherhé et je cherche un sens à cette petite vie de petit calédonien, un sens à ma rebellion permanente, un sens à l'Espoir d'une Calédonie toujours (un peu) meilleure ...!!!???
C'est pourquoi je ne suis pas et ne serai jamais un "ancien combattant", parce que la lutte pour une liberté renouvelée en Calédonie, pour l'égalité retrouvée en Calédonie, pour une fraternité décomplexée en Calédonie, cette lutte est loin d'être terminée; le sera-t-elle jamais ... "Tant qu'il y aura des hommes" !
Voilà MON EXPERTISE; celle de toute une demie vie, intense, réfléchie et "agie".
Je la revendique; elle est Unique; elle est ma Force; elle est ma Science; elle est ma Conscience; elle est ma Peine et elle est ma Joie; elle est ma richesse et elle est ma faiblesse.

Elle est aussi MA COLERE face à la bêtise et l'ignorance, contre la prétention et l'orgueuil, d'où qu'ils viennent.
Elle est mémoire, connaissance et vision d'avenir !
Alors, un blog? Pourquoi pas ?
Une nouvelle forme du (toujours) même combat !

mercredi 25 juin 2008

Les 25 et 26 juin 1878 Ataï et ses guerriers attaquaient La Foa.

A tous ceux qui auront du temps de libéré et tous ceux qui (comme moi) vont travailler ce 26 juin 2008, à tous nos élus politiques, aux représenants du gouvernement français, en mémoire de tous ceux qui ont lutté depuis plus de 150 ans pour que la Nouvelle-Calédonie devienne une terre de liberté, d'égalité et de fraternité, à tous ceux qui sont arrivés il n'y a pas longtemps, et enfin à tous les enfants de Nouvelle-Calédonie qui n'auront pas d'école ce jour-là, je dédie ces quelques lignes en guise de leçon d'histoire extraites d'un article du site du Vice-Rectorat de Nouvelle-Calédonie (une manière de faire travailler le V-R puisqu'il n'y aura personne dans les établissements scolaires le 26 juin) :
"Les 25 et 26 juin [1878], Ataï et ses guerriers attaquent La Foa et Bouloupari et libèrent les chefs [arrêtés suite à l'assassinat du libéré Chêne, de sa femme mélanésienne et de leur fils le 19 juin 1878]. Ils massacrent aussi une centaine d'Européens et détruisent tout sur leur passage.[...].
Bilan de la révolte [un an plus tard]. Plus de 1000 morts dont 200 européens et 800 à 1000 Canaques. Plus de 1500 d'entre eux sont déportés, certains à Tahiti.
Beaucoup de colons sont ruinés et les autorités s'interrogent un moment sur l'avenir de la colonie."
A l'heure actuelle, comment qualifierait-on ces faits ?
Mais, bon, c'est vrai, c'était il y a 130 ans exactement.
Et puisque trop de monde s'exalte sur les 10 ou 20 ans passés, je revendique de commémorer à ma manière cet autre événement qui, à mes yeux et avec le recul, a autrement plus d'importance pour Notre Histoire. Célébrer les accords de Matignon et de Nouméa, c'est bien ... Mais n'en faisons pas trop, s'il vous plaît ! En 56 ans, j'ai trop de souvenirs de ces périodes "formidables" qui ont mal fini...
Car rien n'est acquis, RIEN ! Tout reste à faire, TOUT !
Et fondamentalement, l'essentiel: favoriser l'émergence d'une véritable SOCIETE CONSENSUELLE au sens sociologique de l'expression. Et, s'approprier TOUS, toute Notre Histoire, y contribuera.
On en est loin, TRES LOIN;
Quand on entend certains, trop, de nos (ir)responsables politiques, "ça craint vraiment" ! Peut-être faudrait-il purger certains cerveaux. Peut-être faudrait-il demander à d'autres d'arrêter les incantations subliminales sur le "destin commun".
Bon ! Moi aussi j'arrête...

lundi 23 juin 2008

Mots trompeurs, mots piégés pour candidats AUX POUVOIRS

A l'approche des élections provinciales de 2009, nous, le Peuple des citoyens, aurons de plus en plus besoin de s'armer de lucidité littéraire pour lutter contre l'invasion des slogans, des contrevérités, des simplifications outrancières, des raccourcis démagogiques ou des programmes "papiers glacés", CD-rhum (?!) à faire tourner nos pauvres têtes, quand ce ne seront pas tout simplement de vrais mensonges.
Face au fatras des mots politiques, au brouhaha de nos politiciens, à la cacophonie médiatique, il faudra à tout un chacun beaucoup de clairvoyance... Et parfois se boucher les oreilles !
Echantillon:
Indépendance, indépendantiste, anti-indépendantiste, loyaliste, autodétermination, droit des peuples, communautés, ethnies, dans la France, sans la France, avec la France, pour la France, partisans ( de la france ou de l'indépendance), indépendance association, souveraineté et souveraineté partagée, liste électorale spéciale, tableau annexe, citoyenneté (laquelle ?), décolonisation, vivre ensemble, communauté de destin et destin commun, honnêteté, loyauté, franchise, sens de l'abnégation (?!), intérêt général, intérêt particulier, mondialisation, protection, identité, culture, développement (comment déjà ?) ... durable (!), pollution, environnement, immigration(s), BAC cocotier, endémisme, un homme une voix, écarté du scrutin, référendum, consultation, purger (c'est vrai, la Calédonie est "fin malade" ...), nickel, usines, et, et ... milliaaaaaards ( euh... pour qui ?), équité, justice (impartiale), l'Etat, état associé, la Frônce, la Métrôpole... Programmes, 2025, consensus, majorité, avenir de "nozônfônts", Peuple Kanak, Caldoches, Métros, les Autres, Noirs, Blancs, Jaunes, Marrons, Métisses, "toutezethniesconfondues", "ômploi lôcâl", marché de l'emploi, compétences (in)égales, experts indépendants, Notre Jeunesse ... et puis, 2011, sports, équipements sportifs ...Chers amis citoyens( pas trop cons), à vos dictionnaires et surtout à votre sens de l'humour, pour éviter les maux (pardon, les mots) de tête.
Double sens, contre sens, faux sens ... voire sens interdits (!) nous attendent au tournant sur la route de la (l'in)compréhension politique pavées de toutes les meilleures mauvaises intentions du monde de nos politiciens professionnels. Dérapages verbaux incontrôlés et ivresses linguistiques n'ont pas fini de rendre nos routes politiques dangereuses.
Il faudra à tous ces candidats au (maintien ?) pouvoir, tout dire et sans en dire trop, redécouvir la vérité sans trop la découvir, jouer avec et sur les mots, surfer sur les vagues de mots ( avec les mots les plus vagues possibles).
Allez;
Bonne écoute à tous!

jeudi 19 juin 2008

La Calédonie a changé, Simon Louéckhote change !

J'ai apprécié l'interview de notre sénateur (UMP) Simon louéckhote sur Radio Djiido ce jour. M. Louékhote n'a peut-être pas dévoilé toutes ses intentions, mais il n'a pas pratiqué la langue de bois. D'une certaine manière, j'avais l'impression qu'il voulait autant se convaincre que convaincre son auditoire, tant il a insisté et martelé: "la Calédonie a changé, j'ai changé; comme la France et ses dirigeants ont changé..."
Et il a raison d'insister, car ce n'est pas une évidence pour tout le monde.
Ces changements justifient à ses yeux son éloignement à la fois du RPC (mort-né ?) de Jacques Lafleur et du Rassemblement-UMP de Frogier (plus démago que jamais !), et la création de son parti "Le Mouvement de la Diversité".
Réaliste, M. Louékhote rappelle que la Calédonie est située à 20000 km de la France !
Enfonçant le clou, et plus pragmatique encore, M. Louékhote en appelle à une Calédonie AVEC la France et non plus DANS la France !
J'ai aimé ce discours, à l'heure actuelle le plus ouvert, le plus réaliste, le plus courageux aussi de tous les discours de la mouvance dite "loyaliste", qui va du FN aux deux "Avenir ensemble" en passant par le Rassemblement-UMP. Un discours qui ouvrent des perspectives de convergence voire de consensus pour l'avenir de Notre Pays.
Reste à connaître un peu plus le contenu du projet de M. Louékhote en matière sociale, et économique en particulier. J'y serai attentif.
Mais je souhaite qu'il puisse rassembler autour de lui tous les "loyalistes" intelligents et ouverts qui oeuvrent sincèrement pour un avenir commun.
Et qu'enfin, les autres dirigeants dits "loyalistes" arrêtent avec leur discours bornés, rétrogrades et dépassés; ces dirigeants qui, tout en profitant de l'autonomie de plus en plus grande de la Calédonie et du pouvoir qu'elle leur donne, délivrent toujours les mêmes slogans simplistes !!!

mercredi 18 juin 2008

26 juin, déni d'Histoire ?

Dans l'euphorie des anniversaires politico-historiques, on a trouvé un nouveau truc:
Déclarer le 26 juin férié voire chômé pour célébrer les vingt ans des Accords de Matignon-Oudinot ! Cet accord est une avancée fondamentale, mais on en a vu d'autres de ces avancées qui au bout de quelques années ont tourné court ...
Cela illustre à l'absurde ce que je dénonce depuis des années, la maladie de la mémoire courte, une forme d'égocentrisme chronique qui consiste à penser que ce que l'on vit est ce qu'il y a de plus important, de plus fort, de plus extraordinaire, ...
Cette maladie touche d'ailleurs plus les hommes politiques d'origine européenne (question d'égos surdimensionnés ...) que Kanak, elle touche naturellement tous les nouveaux arrivants dont beaucoup ramène la durée de l'histoire de la Nouvelle-Calédonie à celle de leur présence dans le Pays (fusse-t-elle de 20 ou 30 ans ...);
Désolé ! Mais ...
Il y a autant de raisons de célébrer les dits accords que de fêter la Loi Cadre de 1957, l'abolition du Code de l'indigénat, l'ouverture des écoles publiques aux Kanak, la mise en place de la parité homme-femme dans les éléctions en Nouvelle-Calédonie (cette dernière étant peut-être plus porteuse de vrai progrès dans notre Pays) ... J'en passe et certainement des meilleures.
J'évoquerais à peine le 24 septembre, date qui n'arrive pas à être consensuelle dans tout ce qu'elle représente ou a représenté. C'est pourtant, la date la plus chargée en symboles positifs et négatifs, celle qui, lorsqu'elle aura fait consensus, représentera le mieux l'Histoire de Notre Pays: prise de possession d'une île déjà habitée, confirmation du caractère français de cette colonie du Pacifique, célébration du travail des pionniers, objet de contestation fondamentale dans la lutte du Peuple Kanak, jour de deuil Kanak, mais aussi date revendiquée pour marquée la volonté d'un Destin Commun ...
Alors, franchement, le 26 juin (!?) pourquoi particulièrement cette date qui, aux yeux de tous et particulièrement de nos enfants qui n'iront pas à l'école, raccourcit l'histoire et ampute notre mémoire ???
Nos enfants apprennent mieux l'histoire de Leur Pays à l'école, alors n'allons surtout pas le 26 juin, planter un arbre qui cachera la forêt de notre (déjà longue) Histoire !
Le 26 juin j'irai travailler.

jeudi 12 juin 2008

Un grand MERCI, Caro !

Caroline MACHORO était interviewé hier soir par Gonzague De La Bourdonnaye sur Télé Nouvelle-Calédonie, à l'occasion des 20 ans de la signature des Accords matignon-Oudinot mais surtout en tant que signataire des dits accords. Elle a fait partie de la délégation du FLNKS qui a entouré Jean-Marie TJIBAOU pour négocier avec l'Etat et le RPCR après les événements de 1984-1988 et le combat tragique d'Ouvéa.
Pour moi, ça a été un moment fort. Caroline MACHORO a dit les choses de manière si simple, si forte, si lucide, si actuelle que j'en ai été vraiment impressionné.
Elle a parlé autant comme une Kanak, comme une militante, comme une maman que j'en ai été bouleversé.
Elle a parlé politique, histoire, avenir mais à la manière d'une femme.
C'est peut-être là toute la différence; quand elle parle, elle est l'essence de ce qu'elle dit.

Et puis il y avait ce petit bout de femme sur le plateau, Kanak et moderne, fragile et forte, sérieuse et souriante. Une sorte de synthèse d'Eloi MACHORO et de Jean-Marie TJIBAOU ... en femme.

Merci Caro, pour ce que tu es, ce que tu représentes, ce que tu dis ...
J'aimerais t'entendre et te voir plus souvent à la radio ou à la télé ... Cela ferait du bien à tout le monde, dans tous les sens de cette expression ...

jeudi 29 mai 2008

De (l'éco)pain et des jeux(bilés) ...

Je vais encore passer pour un rabat joie face à l'ambiance euphorique actuelle en Nouvelle-Calédonie ( sur le plan médiatique, économique, politique - avec toutes ces commémorations) !!!...
Deux millénaires plus tard, quelque part dans le Pacifique, la formule romaine "du pain et des jeux" fait toujours recette.
En effet, face à la montée irrésistible des prix en particulier du pain et du riz et à la stagnation des salaires (non indexés), le pouvoir trouve la plus vieille des parades:
Mettre en place un pain spécifique destiné aux petits revenus, l'écopain, et, dans le même ordre d'idée, un écoriz.
Faire oublier toutes ces "petites misères" en encourageant médiatiquement et financièrement, le jubilé de Christian Karembeu.
Christian Karembeu a été un grand joueur de foot calédonien et en 1998, (presque) toute la Calédonie a soutenu l'équipe de France. Oui, "presque" toute, car:
Je me souviens très bien qu'à Ponérihouen ou Poindimié par exemple, quand la France jouait contre le Brésil, ou une équipe d'Afrique, beaucoup de jeunes soutenaient les équipes adversaires de la France. Vous devinez pourquoi !?
Je me souviens aussi des mots d'ordre du FLNKS, pendant une longue période dans les années 80, demandant à tous ses militants et sympathisants de ne plus participer aux tournois sportifs ou autres manifestations sportives officiels; avec comme première conséquence une baisse très importante des licenciés dans des disciplines comme le foot-ball ou le volley-ball. Les responsables politiques indépendantistes ne voulaient plus que le sport devienne un prétexte pour détourner le Peuple Kanak de ses revendications fondamentales.

Qu'une équipe de footballeurs retraités milliardaires viennent en Calédonie ne me dérange pas; que ces "lumières brillantes" éblouissent les yeux des enfants calédoniens me gêne un peu; qu'on nous fasse croire que toutes les communautés du Pays sont unies face à cette célébration, je dis STOP! Le sport, j'aime, j'en fais (pas devant la télé, je cours tous les ans le marathon de Nouméa !); MAIS, l'utilisation crypto politique du sport, NON !

Le lendemain de cette superbe tournée, déchanterons-nous face aux difficultés de trop de monde à boucler ses fins de mois, face aux difficultés de nourrir sa famille, face aux difficultés de payer son loyer, face aux difficultés de payer le crédit de sa voiture ... quand on touche moins de 150 000 francs CFP par mois ?

mardi 27 mai 2008

C'était il y a 29 ans ... le 8 mai 1979 ...j'avais 27 ans

Cette fois j'ai scanné un article écrit en 1979 et paru dans le bulletin de l'Union Calédonienne: "l'Avenir Calédonien" N°773:
Bon, puisque l'on est dans les anniversaires et les commémorations et les conférences, je continue moi aussi mes évocations. Je suis jalououououx!!! Michel ROCARD est accueilli en héros, l'homme des Accords Matignon-Oudinot a donné une conférence à guichet fermé, tout le monde voulait l'écouter, certains aussi avaient besoin de se "faire montrer" comme on dit ici auprès de lui ... Peut-être sont-ils déjà en campagne pour les élections provinciales de 2009 !
Pouvoir revendiquer être le meilleur défenseur de l'Accord de Nouméa, ce sera important!
En tout cas, je conteste à Michel Rocard, comme l'a fait le Parti Travailliste, le droit de dire que le concept d'indépendance n'a plus de sens ou de raison d'être, peu importe, effacer ainsi des décennies de luttes et d'avancées dont font partie les accords Matignon et de Nouméa, c'est un peu court ... Lui-même ne serait pas venu faire cette conférence sur les dits accords si le Peuple Kanak ne luttait pas pour l'indépendance ! Lutte qui a contraint l'état français et les anti-indépendantistes locaux à négocier! Maintenant de dire qu'il n'y a plus de véritable indépendance dans un monde interdépendant ... c'est un peu facile et occulte trop vite le droit fondamental de tout peuple à disposer de lui-même, à l'autodétermination !
Mais, Moi, je veux témoigner et illustrer par des éléments concrets comme mes propres écrits en l'occurrence, ce qu'il se passait dans la tête de quelques Calédoniens de bonne volonté, courageux et un peu précurseurs...

Je voudrais illustrer, par les images de l'article scanné ci-dessus, le fait que la volonté de prendre en compte la revendication légitime d'indépendance du Peuple Kanak et la volonté de construire un "Destin Commun", ne datent pas d'aujourd'hui.

Ainsi, je veux rendre hommage aux gens qui comme moi ont toujours lutté pour rendre justice au peuple d'origine, le Peuple Kanak et ont lutté pour plus de justice dans Notre Pays. Ces gens, qui ont fait cette démarche en toute simplicité, sans se renier, ni renier ce qu'ils sont, des descendants de colons certes ... mais pas tous des co...! Loin de là.
Des gens dont la Parole est trop peu écoutée par tous ceux qui, quelle que soit leur origine sociale, ethnique ou politique, pensent avoir toute légitimité pour exprimer la vérité du Pays alors que leur mémoire est parcellaire, tronquée ou courte tout simplement!
Qui est capable de faire la synthèse du savoir, de la mémoire et du pouvoir ?

jeudi 22 mai 2008

Attention! La Calédonie "pônse" fort! "On" réfléchit à l'avenir ...

Colloques, conférences, assises, séminaires, missions et voyages d'études, rapports d'experts, consultations de spécialistes, ...
Je serais curieux de savoir si un pays nous bat dans ce domaine, en heures et coûts rapportés par tête d'habitant !
Depuis quelques années, Notre Pays est devenu un véritable eldorado pour tout ce qui compte de vendeurs de ces marchandises intellectuelles ... pour quelle valeur ajoutée ?
Connaissons-nous si peu Notre Pays, son histoire, sa géographie, son économie, sa composition sociale ?
Sommes-nous incapables de réfléchir par nous-mêmes ?
Manquons-nous tant que cela de cerveaux ?
Sommes-nous incapables de poser nous-mêmes nos problématiques ?
Sommes-nous incapables de méthodologie ?
Mais au fait, le "nous", qui représente-t-il ?
Ce que je veux dire ici, c'est que je vois autour de moi des gens de tous âges, de tous horizons, qui ont une expérience et une connaissance intimes de Notre Pays, qui ont des compétences avérées, qui ont le désir de s'investir pour Leur Pays; mais qui d'une certaine manière, voire d'une manière certaine, sont exclus, écartés de ces réflexions de fond qui les concernent au premier chef ... C'est de ces "nous"-là dont je veux parler !
Ce que je veux dire aussi, c'est qu'ici, la jalousie entre gens du Pays, la crainte que l'autre d'à côté ne prenne notre place, la peur qu'une position durement acquise ne soit remise en question par ce même autre, conduit à faire appel à un autre de "l'extérieur" qui lui saura brosser tout le monde dans le sens du poil, faire le beau, pour mieux s'incruster et imposer sa façon de voir ...!!!???

mardi 13 mai 2008

Anniversaires politiques et historiques en série...

Antescriptum: Il y a dix ans (1998), j'écrivais un essai publié aux éditions "Ile de Lumière": "l'avenir de la Nouvelle-Calédonie en question(s)". A cette occasion, j'offre en dédicace à mes lecteurs Kanak la postface ci-dessus que j'ai scannée et qui fermait cette contribution.

Il y a dix ans (1998) l'Accord de Nouméa était signé puis adopté par le Parlement Français et les "populations concernées" de Nouvelle-Calédonie.
Le Centre Culturel Tjibaou voyait le jour.
Il y a vingt ans (1988) quatre gendarmes, deux militaires et dix neuf militants FLNKS d'Ouvéa étaient tués lors des événements liés à la lutte du Peuple Kanak pour l'indépendance.
Les Accords de Matignon et Oudinot étaient adoptés prévoyant un référendum d'autodétermination en 1998.
Il y a trente ans (1978) L'Union Calédonienne, dans sa motion de politique générale du congrès de Maré (j'y étais!), prenait clairement position pour l'indépendance; en prônant l'autonomie interne en vue de la préparer.
Il y a quarante ans (1968) en France, mai 68 battait son pavé, j'étais en première à Nouméa et j'essayais de comprendre ce qui se passait là-bas si loin aux antipodes. Ici c'était calme (politiquement), par contre économiquement, le "Boum du Nickel" faisait gronder les bulls et les camions sur les mines...sans retenues !
Il y a cinquante ans (1958) la Loi Cadre sur l'Autonomie Interne du Territoire de Nouvelle-calédonie fêtait sa première année avec un Gouvernement présidé par Maurice Lenormand entouré de plusieurs ministres Kanak et Calédoniens...
Chaque année on pourra égrainner, "fêter", commémorer, des dates anniversaires, pour quoi faire ? Quel sens donner à toute cette histoire, à toutes ces histoires ?
J'ai vieilli avec des idéaux qui m'ont porté et enthousiasmé, avec des idéologies qui ont structuré mon désir d'agir, avec des lectures qui ont contribué à me forger des grilles d'analyse du réel ... Pour finalement me laisser sur le bord de la route, plein d'amertume pour les gâchis du passé et d'inquiétude pour cet avenir illisible.
Car c'est bien de cela qu'il s'agit ici, la Nouvelle-Calédonie n'a pas d'avenir, si ce n'est celui à courte vue de beaucoup de nos politiciens locaux reflétant en cela une vision timorée de l'avenir, vision entretenue et partagée avec leurs concitoyens électeurs ! Petites visions pour grande ambition: se maintenir au pouvoir le plus longtemps possible pour en tirer les meilleurs bénéfices...
Alors;
Dans dix ans (2018), on repart pour un nouvel Accord ? On fête les 20 ans du CCT ! Et puis quoi encore ???
Postscriptum: A titre personnel, je n'accepterai pas de repartir, ENCORE (!?), pour un nouvel accord à terme; c'est-à-dire, pour une période donnée qu'elle soit de 10, 20, 30 ans ... Un accord définitif, OUI, un accord à échéance, NON.
Vivre à court terme, ça-suf-fit !!!