Consultations de ce blog depuis son ouverture:

Affichage des articles dont le libellé est Corps électoral gelé. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Corps électoral gelé. Afficher tous les articles

samedi 19 juillet 2014

Peut-on décoloniser DANS la France ? Un paradoxe calédonien de plus !

A l'orée de cette dernière mandature de l'Accord de Nouméa, pressés par une échéance qui approche irrémédiablement, leaders politiques calédoniens, membres du Gouvernement français, experts juridiques, s'échinent à ébaucher des solutions dans des termes non dichotomiques.

Je suis un peu perdu ! Et comme souvent, j'ai plus de questions que de réponses... Mais il n'y a pas de réflexion sans questionnement, n'est-ce-pas.

Oui, peut-on décoloniser DANS la France ?
Et puis, qu'est-ce que: "accéder à la pleine souveraineté", avec ou sans la France ?
Peut-on "partager la souveraineté" ?
Aurait-on résolu alors une sorte de "quadrature du cercle" sociopolitique ?

Un historien calédonien, Frédéric Angleviel, en fait le titre de la dernière partie de son livre: "Histoire illustrée de la Nouvelle-Calédonie"; la troisième partie: "Aujourd'hui, de l'autonomie à une décolonisation dans la France".
M. Gaël Yanno plaide au Comité de décolonisation des 24 de l'ONU pour une solution dans la France, tout en revendiquant une majorité de "Calédoniens" contre l'indépendance ! 
Quid de la revendication spécifique des Kanak ?
Accessoirement et implicitement, M. Yanno reconnaît ce Comité des 24 et reconnaît qu'il y a eu colonisation ...
Bref, tous les partis "anti-non-indépendantistes" prônent une sortie de l'Accord de Nouméa dans la France avec une grande imagination lexicale et quelques oxymores particulièrement intéressants ! 
De leur côté, les partis indépendantistes, pris entre revendication historique et pragmatisme, jonglent avec des mots qui ne veulent pas effrayer et une radicalité qui fonde leur existence et leur reconnaissance.

Nombre de questions submergent donc mon esprit:
Où s'arrête la décolonisation quand commence la néo-colonisation ?
Où s'arrête le colonialisme, quand commence le néocolonialisme ?
Où s'arrêtent les textes (les "Accords"), le Verbe (les discours politiques), quand les mentalités commencent-elles à évoluer ?
La Nouvelle-Calédonie est-elle toujours une colonie ... puisque tout le monde s'accorde à en évoquer la Décolonisation !
Peut-on décoloniser (dans la France) et laisser des flux migratoires sans contrôle ?
Vouloir construire un Destin Commun, n'est-ce-pas reconnaître qu'on en est loin ? Et subsidiairement que celui-ci passe par une décolonisation statutaire et des mentalités ?
Ces mentalités coloniales résurgentes, et récurrentes, n'ouvrent-elles pas la voie et la voix, comme un écho dialectique, à un discours anti-colonial primaire ou violent ! Sapant tout effort de dépassement de la contradiction et tout rapprochement original ...

Mais, au fait, revenons à la source des mots; qu'est-ce que décoloniser ?
Le Larousse dit: 
Décoloniser: "accorder l'indépendance à une colonie, la faire accéder au statut d'état".
Et, l'histoire des décolonisations se confond avec celle des indépendances. Réussies ou non, les indépendances ont accompagné les décolonisations !
Mais, la néo-colonisation et le néo-colonialisme a aussi succédé à de nombreuses indépendances ...

Quoiqu'il en soit, l'Etat français est bien engagé dans l'avenir de la Nouvelle-Calédonie; il n'est ni arbitre impartial, ni neutre, ni médiateur; il est puissance tutélaire, historiquement (et présentement ?) (ex-?) puissance coloniale !

Et pourtant, il me semble qu'une partie de la question, "peut-on décoloniser dans la France ?", a trouvé réponse et pourrait justifier sa forme affirmative!
L'originalité de Notre Pays, la Nouvelle-Calédonie, c'est que les Accords, Matignon-Oudinot et de Nouméa, ont ouvert une voie originale d'une forme de décolonisation:
Par le partage des pouvoirs avec les représentants du Peuple Kanak, organisé grâce au fait provincial et à la collégialité gouvernementale, entre autres dispositions statutaires et institutionnelles; autorisant les représentants du peuple Kanak à exercer ces pouvoirs selon leur vision de la chose publique.
Par l'accès des Kanak aux pouvoirs économiques et industriels.
Par la mise en place de dispositifs de formation destinés de manière préférentielle aux Kanak (400 cadres, Cadre Avenir);
Par la reconnaissance institutionnelle de l'organisation coutumière et de la culture du Peuple kanak.
Et bien d'autres mesures et dispositions ...

Pour autant, la décolonisation est-elle achevée, ou sommes-nous au milieu d'un gué dont l'autre rive s'appelle "indépendance", "souveraineté" ?
Milieu du gué avec ces mesures inabouties ou controversées:
Celle, "révolutionnaire" par essence, comme la mise en place d'une citoyenneté du Pays pratiquement illisible (si ce n'est par quelque manifestation relevant plus du folklore), contrariant sûrement et pour un moment ce processus original de décolonisation !
Celle d'un corps électoral gelé ou restreint, incomprise et contestée par les tenants d'un continuum de peuplement exogène mettant en danger, avec le temps, la place déjà minoritaire du Peuple Kanak !
...
Ou la Nouvelle-Calédonie va-t-elle écrire une nouvelle page toujours originale de l'histoire mondiale des décolonisations ?

mercredi 13 mars 2013

La solution consensuelle est morte ! Vive les blocs opposés... l'affrontement, donc.

Etat des lieux un an avant les échéances de 2014.
Chacun fourbit ses armes ! C'est l'heure. 2014, c'est demain !
Et tous nos politiciens sont dans les "startings blocks". Quels qu'ils soient, malheureusement.
Je ne sais pas si je dois parler de Yanno, qui se prépare à (s')assurer un avenir (re-député, maire de Nouméa), pour continuer à vivre de la politique, sur le dos de quelques crédules franco-français ou de nouméens apeurés.
Je ne sais pas si je dois parler de Gomès, qui attend son heure, revanchard finalement assumé.
Je ne sais pas si je dois parler de Paul, qui gère sa province comme un état quasi indépendant ... dépendant pourtant des subsides de la France, des transferts des moyens avec celui des compétences, d'une clé de répartition favorable, de ses investissements en Corée, du nickel "pompé" à tout va !
Je ne sais pas si je dois parler de "Loulou", qui marque Gomès comme son ombre, avec raison (?), qu'il juge faire trop d'ombre à son peuple, Loulou qui sublime 2014 !
Je ne sais pas si je dois parler d'Harold, s'agrippant à son fauteuil, renaclant aux critiques dont il a été lui-même un fervent pourvoyeur.
Je ne sais pas si je dois parler de Pierre Frogier, inspiré tardivement, communiquant navrant, sur une corde raide.
Je ne sais pas si je dois parler de Daniel Goa, présidant, depuis peu, aux destinées de l'Union Calédonienne (!?). Saura-t-il, comme ses prédécesseurs inspirés, trouver la voie étroite pour sortir d'une impasse certaine.
Je ne sais pas si je dois parler de vous, de nous, de moi, égoïstes, gâtés par un si beau pays, incapables de nous élever à son image; peureux du lendemain et agrippés au jour le jour ... ou jouissant à l'idée d'y "foutre le bordel" !
...
La solution consensuelle est moribonde, elle a été usée jusqu'à la corde ... par des égos en mal d'être les premiers, les meilleurs (?), les éloquents, les riches, les potentats .. marchant sur nos têtes qui l'ont bien mérité. Plus de solution consensuelle pour l'avenir ! Normal, dans une société qui n'a rien de consensuelle !
OUI !
A partir de ce jour, la Solution Consensuelle Nouvelle est morte née.
...
Chacun de nos partis politiques fourbit ses armes pour 2014, et après ?
Quelques uns sont sur une stratégie de blocs, du rapport de force donc.
Yanno, c'est sûr !
Gomès de manière plus perverse, puisqu'il prétend représenter un "peuple calédonien" qui n'existe que dans son imaginaire démagogique comme ce drapeau commun revendiqué et tout aussi démagogique; mais à Calédonie Ensemble, aucune tête ne dépasse derrière la "tête-pensée-unique" du leader !
Au RUMP, Pierre Frogier semble vouloir réécrire l'histoire de la solution consensuelle, est-il armé (?!) pour l'imposer ?
D'autres, au FLNKS, ont une stratégie plus subtile, s'appuyant sur un corps électoral figé (une forme de rapport de forces), tellement figé et depuis si longtemps qu'il en est devenu "momifié" et complètement en contradiction avec une réalité qui l'a dépassé ... ou qui le dépassera ! Dans une stratégie institutionnelle courageuse, mais bien incertaine ... Si cette stratégie échouait, quelle serait l'alternative ?
...
Nous n'avons plus personne sur qui compter !
...
Je suis Néo-Calédonien, et je suis sans avenir, je vis sans avenir, je prépare mes enfants à assurer leur avenir sans trop compter sur l'avenir ...
Et mes frères Kanak, depuis quand sont-ils sans avenir ?
Et tous ces métros, venus chercher un avenir (meilleur ?) en Calédonie, ne brouillent-ils pas notre avenir ? Celui des Kanak ? Finalement, le leur (*)!
Et ces Wallisiens ici, comme chez eux, avec leurs chefferies; accepteraient-ils que nous, (Kanak, Caldoches, Métros) allions assurer notre avenir en nous installant par milliers à Wallis et Futuna (par exemple après l'indépendance de la Calédonie !) comme eux, le font ici !
Et, tant d'aveuglement traverse ces communautés.
Avons-nous, tous, ensemble, les uns et les autres, les uns contre les autres, les uns avec les autres, un avenir ?
...
L'avenir ?
Nouvelle solution consensuelle, rapports de force, statu-quo, référendums (**), indépendance, partition, etc. ?
Beaucoup de bavardages mais, aucune lisibilité, aucune visibilité pour l'avenir !
La (Kanaky-)Nouvelle-Calédonie fonce à tombeau ouvert, dans le brouillard, vers un avenir complètement incertain.
...
OUI !
Rien n'est bon ! L'avenir sent mauvais !
Il sent l'égoïsme mauvais, il sent le pouvoir mauvais, il sent l'argent mauvais, il sent la méfiance et la défiance mauvaises, il sent la dispute mauvaise... L'avenir sent mauvais.
Notre Pays nous échappe ! Lui avons-nous jamais appartenu ? Préférant qu'il nous appartienne ...
...
La démagogie va régner en maîtresse pensée !
...
Manque de capacité de réflexion, manque d'imagination, manque d'éducation (tout court ou) politique, manque d'analyse, manque d'affection, manque d'émotion ? Et manque de lucidité; cette lucidité qui permet de faire face à la réalité avec courage, responsabilité et humilité (trois mots qui n'ont pas trop leur place dans le verbe politique calédonien).
...
Il nous manquait Marine Le Pen, pour comble de tout, c'est fait !
...
Et pourtant, il y a tant de belles choses qui se font au quotidien, tant de progrès déjà accomplis, tant de bonheur à partager nos différentes cultures et de plaisir à vivre ensemble ! Comment préserver, voire approfondir tout cela ?
En s'affrontant ?
...
P.S. Je sais être critique vis-vis de nos politiciens, politiciennes; mais n'ont-ils pas voulu ou prétendu  s'occuper de notre avenir en se présentant aux élections, ne sont-ils pas (bien) payés en tant qu'élus pour cela ?
...
(*) Au fait, que tout ce beau monde arrête de prétendre à intégrer le corps électoral spécial sous prétexte qu'ils participent à la richesse du Pays. Index de correction, enrichissement personnel, etc. ; ne profitent-ils pas largement de la Calédonie ? Et puis, ça ne gêne personne que nombre d'entre eux, comme de calédoniens, investissent massivement ailleurs, en France, en Australie, en Nouvelle-Zélande ! L'argent n'a pas de frontière et s'en"fout" des nationalités ! Qu'ils arrêtent de nous "bassiner" avec cet argument qui ne convainc qu'eux-mêmes et les crédules.

(**) A propos de référendum et pour ceux qui n'ont pas la mémoire nécessaire, le dernier référendum d'autodétermination ("pour" ou "contre" l'indépendance) en Nouvelle-Calédonie date du 13 septembre 1987 (avec une condition restrictive de résidence de 3 ans). Il avait vu le "non" à l'indépendance l'emportait à 98,3% pour une participation de 59,1%. Le FLNKS  avait appelé à boycotté ce référendum. Résultat sur le terrain, les violences avaient redoublé !

mardi 14 juin 2011

Le Peuple Calédonien existe ... Je l'ai rencontré.

Pseudo-fiction number calib'12 ... Euh ! Twelve (Pardooon ...).

Le Peuple Calédonien existe,
Et je crois le croiser un peu tous les jours.

Le Peuple Calédonien existe,
Mais il l'ignore lui-même !

Le Peuple Calédonien existe,
Le souhaite-t-il vraiment ?

Le Peuple Calédonien existe,
Il est subliminal !

Le Peuple Calédonien existe,
Trop souvent comme une incantation ...

Le peuple Calédonien existe,
Jamais ne sera l'otage d'un parti politique,
Ni d'aucune cause ...  politique.

Le Peuple Calédonien existe,
Il ne se confond pas avec toutes les ethnies,
Il est chaque ethnie ...
Et aucune, singulièrement.

Le Peuple Calédonien existe,
Il est le Peuple Kanak ...
Et tous ces agrégats étranges,
Et étrangers les uns aux autres
Venus du ciel ... Ou par la mer.
Forcés ou libres
Agrégés par l'histoire
Sur ce bout de terre rouge et verte,
Entourée du bleu profond du Pacifique.
Comme un drapeau !
Baigné de soleil ...
Quand il ne pleure pas.

Le Peuple Calédonien existe,
Comme Jésus, il marche à côté de nous !
Sans qu'on le sache ...

Le Peuple Calédonien existe:
Il n'est ni Noir, ni Blanc, ni Noir et Blanc.
Il n'a pas de couleur, même pas arc-en-ciel !
Il est lumière, éclair ou tonnerre, il est entrevu, parfois.
Produit du choc et de l'amalgame de ses éléments constituants:
Races et Cultures (!), Histoires et Conflits;
Attractions et Répulsions, Orages et Paix;
Tout cela à la fois,
Mais pas seulement à La Foa !

Partout en Calédonie je rencontre le peuple Calédonien,
Aux Iles de la Loyauté, dans les quartiers, dans les tribus,
Dans les repas de famille, à la plage, en pique-nique,
A la chasse ou à la pêche, au boulot aussi,
A l'église ou au temple, aux kermesses des écoles,
Devant les collèges, dans les classes des lycées ...
Sur les piquets de grève !

le Peuple Calédonien c'est tout ça;
Et c'est Mon Peuple !

Le Peuple Calédonien existe ...
Dans ma tête et dans mon coeur, 
"Ben ça, c'est sûr" !

Le Peuple Calédonien existe,
Car je n'en ai pas d'autre.
Et s'il se résume à un singleton, un peu paumé,
Je serais fier d'en être le représentant.

Le Peuple Calédonien existe ...
Peut-être !!!

Nabwé !
Et merci de m'avoir lu ...

mercredi 30 mars 2011

Les mentalités n'ont pas changé ... Ou un problème de transmission !

Les souffleurs de braise sont de retour !
40 ans après !
Ils sont caldoches ou approchant; ils ont de 30 à 40 ans; ils n'ont rien appris, ou on ne leur a rien transmis ... De l'histoire vécue de leur Pays.
C'est vraiment dur pour moi de revivre, aujourd'hui ces appels à manifester sur ces thèmes mille fois éculés, comme tous ceux qui l'ont précédés; cette fois-ci sous couvert d'un drapeau commun, soi-disant rassembleur, pour ceux qui, soit sont arrivés il n'y a pas si longtemps en Calédonie, soit n'ont rien compris de Notre Histoire parce qu'on ne leur a rien transmis de cette histoire.
C'est de notoriété que les mentalités changent moins vite que l'organisation sociale ou économique, quoique ... Les mentalités kanak ont grandement évolué, et les jeunes kanak ou moins jeunes, malgré tous les problèmes auxquels ils sont confrontés font montre d'une adaptation, en trente années, exemplaire; quand la mentalité de trop de jeunes "caldoches" ou "calzors" reste au niveau de celle d'il y a trente ans !
A entendre la rhétorique de ces derniers, qui me renvoie trente à quarante ans en arrière, j'en suis malade !
Comment peut-on penser, à moins d'être bête ou étranger à notre pays, qu'il suffit de dire qu'on est tous frère et qu'on va s'embrasser sur la bouche pour que cela soit vrai ! Eux le croient ou font semblant, pour manipuler les crédules !
C'est ce genre de mentalité "à deux sous" qui a déjà tué plusieurs fois notre pays et qui s'apprête à le faire encore avec ces annonces à manifester pour un drapeau commun alors qu'ils ne reconnaissent pas l'existence du Peuple Kanak, ramené à une "communauté" comme une autre !
La proposition de Pierre Frogier va pourtant dans le "bon" sens (avec du bon sang, celui qui ne saurait mentir), celui de la reconnaissance de la légitimité kanak à travers son drapeau.
Mais il y a toujours, bien sûr, ces vieux caciques entourés de murs au fond de l'Anse-Vata ou barricadés dans leur résidence, ou encore enfermés dans leur ignorance comme certains broussards,  pour encourager ces nouveaux défenseurs d'une "Entente-Toutes-ethnies-Confondues" de trop vielle date; ceux-là n'ont rien transmis à leurs enfants que leur peur. Celle qui déjà à l'époque faisait de "l'anti-kanakisme primaire" !
...---...
M. Blaise semble s'effaroucher d'une contre-manifestation quand il ne fait que reproduire des pratiques de ses aînés qui ont conduit les caldoches de brousse à se faire étriper quand ces mêmes aînés étaient planqués dans leurs quartiers nouméens protégés par leurs milices !
Je me souviens ... Lui est trop jeune et "on" ne lui a rien appris, c'est le plus grave !
Il serait temps de d'arrêter de pratiquer ce "crypto-anti-kanakisme primaire" sous des prétextes qui ne trompent personne, car c'est bien cela qui ressort de toutes ces contorsions verbales.
C'est nul, c'est dangereux, c'est idiot ! Et c'est facile ... Plus facile que de reconnaître que les Kanak forment un Peuple, celui qui occupait cette Terre il n' y a pas si longtemps.
Et reconnaître cette évidence (?), c'est suivre les pas de Pierre Frogier dans la démarche qu'il a initiée; pour préserver un avenir commun.
...---...
Sachez:
Aussi paradoxal que cela pourrait paraître, que je fais partie de ces calédoniens de souche, les colons, qui seront toujours à côté du Peuple Kanak !
Comme nos anciens l'ont été, en brousse, même s'ils méconnaissaient ce peuple parce que les mentalités DE L'EPOQUE ne leur permettaient pas de l'appréhender dans toute son humanité et sa globalité.
Mais;
Que dire de ces nouveaux calédoniens ou pseudos, ceux du 21ième siècle qui n'ont rien compris et nous ramènent en arrière, surfant sur des mentalités d'un autre siècle, malgré leurs "bacs-plus-plus" ... !
Ce serait comme si en France, on niait le gaullisme contre le pétainisme, la résistance contre la collaboration ... Quarante ans après !
Qu'ont-ils appris de l'histoire de leur (?) pays ?
...---...
Ces démarches (d'un pseudo "collectif-fondation-républicaine-calédonie-ensemble-wallisiens-anti-squats, etc.") sont contre-productives, à l'inverse de celle (courageuse et porteuse d'un vrai rapprochement) du Rassemblement-UMP et de l'Etat Français, vis-à-vis du drapeau de Kanaky.
C'est simple:
Soit ils sont manipulés ... Soit ils nous (vous) manipulent !
Ce signe identitaire, le drapeau "commun", il n'y avait pas urgence à en faire un "casus belli" (sauf à avoir quelqu'intention cachée et inavouable ... Mais bien visible !).
En Calédonie, certains, sages, savent que chaque chose doit arriver en son temps, et quand le temps est venu ...

A bon entendeur: un éveilleur néo-calédonien (très mal entendu (!) et un peu lassé par toutes ces histoires).

Post-scriptum:
Je souhaite renvoyer mon lecteur à un précédent billet sur le même thème ... Qui lui-même renvoyait à un écrit que j'avais commis encore plus avant concernant une période encore plus ancienne: décidément rien ne change dans beaucoup trop de nos têtes calédoniennes !  
http://chroniquekanakynouvellecaledonie.blogspot.com/2009/08/je-nai-pas-marche-je-ne-marche-plus-je.html

mardi 23 novembre 2010

De La Mémoire, de la mémoire, et ... Des mémoires calédoniennes !

Les mémoires; de quoi parle-t-on ?
De la faculté de conserver et de rappeler des états de conscience passés et ce qui s'y trouve associé.
De l''esprit, en tant qu'il garde le souvenir du passé.
De l'aptitude à se rappeler spécialement certaines choses.
De la conservation dans le cerveau d'impressions qui continuent à influer sur notre comportement sous formes d'habitudes.
De la faculté collective de se souvenir.
Et aussi:
De la mémoire affective, la mémoire sélective, la mémoire à court terme, la perte de mémoire, les troubles de la mémoire et ... De l'amnésie, par opposition.
(Extraits du Petit Robert).
Et gardez en mémoire ces définitions pendant que vous lisez la suite, pour que cette suite ait tout son sens jusqu'au bout !

La Mémoire que j'aime:
La mémoire, c'est parfois cette plage sur laquelle les vagues viennent s'étaler , pour en effacer les traces laissées par quelqu'histoire ...
La mémoire ce sont ces anticlinaux et ces synclinaux qui racontent l'évolution géologique mouvementée de la terre.
La mémoire ce sont ces fossiles où la vie rencontre la matière pour être transmise aux générations futures.
La mémoire c'est cette lumière qui nous vient du fond de l'Infini du ciel pour nous donner à voir ce que nous ne pourrons jamais voir "en vrai" et nous raconter l'Univers ... Et nous ramener à notre humaine petitesse.
La mémoire nous échappe parfois, elle est libre, autonome, elle se rappelle à nous la nuit, dans les rêves ou les cauchemars.
La mémoire nous oublie souvent; elle nous perd, elle égare nos mots ou nos pensées !
La mémoire se raconte par Nos Vieux, déformée, reformée, réformée, sublimée.
La mémoire, c'est UN mémoire, pour donner à réfléchir sans fléchir, une pensée organisée, structurée et fondée.

Que dire de la Mémoire et des mémoires dans notre pays, la Nouvelle-Calédonie ?
Que dire de ces impressions qui ont été conservées dans les cerveaux Calédoniens
Que dire de l'aptitude à se rappeler spécialement certaines choses en Nouvelle-Calédonie ?
Que dire de la faculté collective de se souvenir en Nouvelle-Calédonie ?
QUI se souvient de QUOI, en Nouvelle-Calédonie ?
Cette dernière question, comme les trois précédentes ne sont pas si anodines qu'elles paraissent.
Démonstration:
Un homme de soixante ans, est né en 1950, il peut se rappeler ce qu'il a vécu ces cinquante cinq dernières années, en Nouvelle-Calédonie ( ou ailleurs pour certains), il peut se rappeler aussi ce que son père, peut-être né en 1910, a pu lui raconter de ce qu'il a lui-même vécu, et se souvenir de ce que son grand-père né en 1870 lui disait de sa propre vie.
Cela signifie que les impressions laissées par leur passages peuvent être encore fortes dans les têtes des uns et des autres. Les souvenirs des colons et de leurs descendants peuvent être encore vifs ... Ceux des Kanak actuels, descendants des Vieux Kanak, vifs également; d'autant plus que la tradition orale conforte cette aptitude à se rappeler spécialement les choses.
Les épisodes de l'histoire calédonienne imprègnent probablement encore beaucoup de cerveaux actuels et vivants, jeunes par transmissions, moins jeunes ou vieux par transmission et par vécu :
Les dégâts de la colonisation causés chez les Kanak;
La dureté de la vie des colons éparpillés en Brousse;
Le bagne;
Les spoliations foncières;
Les insurrections kanak et leurs répressions comme la peur qu'elles ont pu susciter chez les colons;
Le travail forcé des javanais dans les caféries et celui des Vietnamiens sur les mines
Mais aussi:
Des traditions kanak ou néo-calédoniennes;
Les cultures;
Les petites histoires et les souvenirs.
Tout cela n'est pas si loin que nous ne les avons effacés de notre cerveau ! Ces souvenirs, ces impressions, ces habitudes de penser, sont toujours vivaces.

Que fait-on de Ces Mémoires, individuelles ou collectives, en ce début de 21ème siècle ? 
C'est sur ces strates de mémoires que la Citoyenneté aurait pu (dû ?) être fondée !
Et c'est aussi ici qu'intervient la problématique du volume des flux migratoires (qu'ils soient d'origine métropolitaines ou domtomiennes) ! Comment sont prises en compte ces Mémoires Anciennes quand ceux qui les portent sont (ou se sentent ?) noyés par un nombre proportionnellement important de "Mémoires Courtes", c'est-à-dire de mémoires qui ne recouvrent qu'un instant historique court de la Nouvelle-Calédonie. On veut construire un pays, mais "les approches pays", c'est-à-dire cette sensibilité "locale", née d'une prise en compte de ces mémoires vécues et vivantes, sont-elles valorisées ?
Le modernisme, le progressisme, le mondialisme justifient-ils le sacrifice de ces pans de mémoires installées dans des petits coins de notre cerveau ?
Nous avons un gros problème en Nouvelle-Calédonie avec "ça" ! Nous n'avons pas de Mémoire Commune. Et nous ne savons pas ou ne voulons pas reconnaître UNE mémoire commune sur laquelle nous bâtirions notre avenir; ou du moins nous avons chargé "le Destin Commun" ou cette "Communauté de Destin" de devenir cette mémoire commune qui nous manque tant.
En quelque sorte nous avons assigné au Destin Commun le devoir de construire et de devenir avant même d'exister, notre passé commun !!!
Paradoxal: l'oeuf-Destin Commun devient la poule-mémoire commune qui crée l'oeuf-destin commun qui crée la poule ...!
N.B. Je ne confonds pas dans ce billet La Mémoire des femmes et des Hommes de Notre Pays avec l'histoire de la Nouvelle-Calédonie enseignée à l'école ... L'évocation du passé n'est pas de la même nature pour l'une et pour l'autre.

Post-scriptum du 1er décembre 2010:
Dans cette évocation des mémoires j'ai omis volontairement la période dite des "Evénements" de 1984/1988; non pas qu'ils soient absents de mes souvenirs, bien au contraire, mais leur rappel fréquent finit par occulter, ou les renvoyer dans les limbes d'une mémoire vague, ces périodes plus anciennes dans nos mémoires et qui ont peut-être engendré ces "Evénements".

jeudi 30 juillet 2009

Quelle destinée pour le "Destin Commun": 4ème réflexion.

J'avais rêvé d'une petite nation authentiquement du Pacifique, pacifique, multicolore, métissée, constituée autour du Peuple d'Origine, le Peuple Kanak ...
J'avais rêvé !
C'est pour militer en faveur de la réalisation de ce ce rêve que j'ai adhéré et milité dans l'Union Calédonienne dès 1977.
Mon rêve sera-t-il brisé contre les récifs de l'histoire calédonienne? L'est-il déjà ?
Et un de ces récifs est constitué par une immigration récente importante.

En quoi l'arrivée massive d'immigrants (j'évoque ici toutes les immigrations de toutes origines) en Nouvelle-Calédonie peut-elle avoir une influence sur la construction d'une communauté de destin ?
20 000 personnes arrivées en 10 années ! Et si on y ajoute celles arrivées entre 1988 et 1998 ...
On a à la louche plus de 30 000 personnes arrivées dans les 20 dernières années sur le Territoire pour une population évaluée à 230 000 habitants à l'heure actuelle. En paraphrasant Max Chivot qui avait étudié "l'impact d'un investissement massif sur une économie de petite taille" en rapport avec l'économie du nickel en Nouvelle-Calédonie je poserais la question sous un angle similaire: Quel peut être l'impact d'une immigration massive sur une population de petite taille ?
Ces mouvements migratoires ramenés à la population française se monteraient à presque 10 millions de personnes en quelques années ! Ce serait énorme, mais l'impact resterait moins important relativement aux 66 millions d'habitants de la France.
Des arrivées de population en Nouvelle-Calédonie, il y en a toujours eues; c'est de leur importance en effectif dont il s'agit ici, dans des périodes de temps relativement courtes et en rapport avec une population locale peu nombreuse. C'est cet impact-là qui me fait réfléchir; impact mis en relation avec les ambitions affichées de la classe politique locale et du gouvernement central de permettre la construction d'un"Destin Commun" à toutes les communautés du Pays ... Ce n'est que dans ce sens que cette immigration peut poser un problème, pas pour ce qu'elle peut constituer comme espoir d'une vie meilleure pour ces hommes et ces femmes qui arrivent en Nouvelle-Calédonie.
La responsabilité de l'Etat Français dans la situation actuelle est grande, très grande.
Il semblerait que celui-ci ait toujours considéré la Nouvelle-Calédonie comme une colonie de peuplement, même si ces mots sont maintenant bannis de son vocabulaire ou de celui de ses représentants ou du vocabulaire politique local !
En Nouvelle-Calédonie, la France a depuis 40 ans tenu un double langage et pratiqué la double action: Reconnaître la large autonomie politique du Territoire néo-calédonien, voire même la développer tout en favorisant l'arrivée de populations métropolitaine, wallisienne et futunienne, tahitienne ou encore asiatique.
Rappel:
Dans les années soixante et soixante dix, le "Boum" du nickel a vu débarquer nombre de ces populations venues chercher fortune. Dans ces années-là déjà et jusqu'à la fin du Service Militaire Obligatoire, les jeunes militaires français, d'active ou Volontaires à l'Aide Technique, ont débarqué en masse à Nouvelle-Calédonie accomplir leurs obligations militaires ... Et y rester leur service accompli ! Avec la bénédiction du Gouvernement français je suppose. L'Education Nationale a été l'autre grande pourvouyeuse de peuplement récent: Avec la scolarisation de plus en plus d'enfants en particulier kanak dans l'enseignement public et le développement des collèges à Nouméa mais surtout, et c'était nouveau, dans l'intérieur et les îles, les enseignants métropolitains sont arrivés "en masse", pour des périodes contractuelles de quatre ans renouvelables avant de se transformer en enseignants résidents pour y terminer leur carrière indexée. Après des années 90 plus calmes (les Evénements étaient passés par là), l'Accord de Nouméa établi pour 20 ans a de nouveau dopé le courant migratoire vers la Nouvelle-Calédonie; alors même que l'Etat Français et ses partenaires RPCR et FLNKS concevaient une citoyenneté calédonienne rassurant les indépendantistes, mais peut-être aussi les endormant; tout à la gestion des deux provinces qu'ils dirigent quasiment sans partage. Comme celle du sud l'est par les loyalistes.

Double langage-double action ! Toujours.

Ce petit rappel de notre histoire récente pour expliquer que Notre Pays continue à vivre une course de lenteur effrénée où les indépendantistes obtiennent de réelles avancées de l'Etat Français pendant que celui-ci encourage (ou les laisse se développer) des dispositifs piégeux pour un avenir harmonieux de la Nouvelle-Calédonie. Dispositifs (le dernier en date étant la pseudo "continuité territoriale" (laissant croire que la France et la Calédonie sont un seul et même territoire !!!) qui permet de faire prendre en charge par l'Etat une partie du coût d'un billet d'avion entre la France et la Nouvelle-Calédonie), dispositifs donc sur lesquels surfent sans vergogne les tenants de "La Droite dite Locale"; qui s'est appropriée sans sourciller toutes les avancées autonomistes conquises par les indépendantistes tout en fustigeant les mêmes tenants de l'indépendance.
Et l'Accord de Nouméa est devenu un énorme piège !
Comme cela a été le cas au terme des Accords de Matignon-Oudinot où les populations arrivées en Nouvelle-Calédonie entre 1988, début de l'Accord, et 1998, ont été intégrées dans le corps électoral spécial; il faudra bien tenir compte de tous ces nouveaux arrivés entre 1999 et 2019 (déjà quasi 20 000 personnes) et leurs descendants, de quelle manière ? ...
Ce ne sont pas ces gens-là "le piège" (à moins qu'ils décident d'alimenter des milices comme on en a connues dans les années 80), c'est la situation considérablement compliquée dans laquelle nous allons nous trouver de nouveau (et une fois de plus pour moi qui en ait connue que trop) ...
L'impact de cette récente immigration massive s'exprime en termes d'impossibilités d'intégration de la culture des nouveaux arrivants (voire d'incompatiblités) à une culture commune à peine esquissée entre les plus anciennes communautés !
Et contrairement à ce qui pourrait faire fausse interprétation, j'évoque ici les cultures migrantes autant métropolitaine que wallisienne et futunienne ou autre "domtomienne".

Et trop de ces gens sont chargés d'organiser Notre Vie dont ils ne connaissent RIEN, prenant toute référence dans ce qu'ils savent et sont, étranges étrangers; quand les anciens colons et leurs descendants se sont acculturés, vivant les cases en terre battue, les conflits avec leurs voisins kanak, la proximité houleuse ou bonenfant; quand les kanak ont pris le temps de cerner ces derniers, pour mieux les appréhender ...

La boucle est bouclée et mon rêve s'étiole ... L'impact de cette grosse et longue vague est déjà dévastatrice.
Sur quels fondements culturels va s'établir cette soi-disant communauté de destin, quand chaque communauté voudra assurer sa prééminence, sa survie, son droit "inaliénable", sa culture ...
La France, dans son immense mansuétude, en a décidé autrement; la Nouvelle a été terre de bagne, de colonisation, d'enfermement, d'enrichissement individuel, de rayonnement (à la Kouchner ?), de luttes âpres; elle le restera, dans l'intérêt supérieur de l'Etat (français).

J'avais cru en l'Accord de Matignon, envisagé le rêve de Jean-Marie Tjibaou; j'avais accepté l'Accord de Nouméa, en espérant ...
Que ferons-nous de ces dix années qui restent ? De quoi seront (in)capables ces jeunes (déjà vieux) dans leur tête et leur posture) apparatchiks aperçus dans le forum "2025" sur TNC, jeudi 23 août dernier, nuls, mais champions de la langue de bois, qui devront inventer notre futur ?
.../...
Cette réflexion sur le Destin Commun sera peut-être la dernière ! Continuer à l'alimenter c'est faire croire qu'il est encore possible.
LEURRE !
C'est foutu ! La Calédonie restera un pays d'échecs et de chocs, de méfiances et de défiances.

P.S. La lutte est loin d'être finie !