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samedi 3 avril 2021

Drapeaux et destins désunis: un échec, une tristesse !

Je les aimais bien moi, ces deux drapeaux: le Bleu-blanc-rouge au côté du bleu-rouge-vert et sa flèche faîtière !
Ils forment ENSEMBLE, le totem de mon blog ... et j'en suis fier.
Parce qu'avant de créer un drapeau commun, leur juxtaposition pouvait faire une belle transition. Même si elle avait été dénigrée (rejetée !?) par Calédonie Ensemble.
Mais voilà où nous en sommes arrivés ces derniers mois: le Bleu-blanc-rouge CONTRE le bleu-rouge-vert et sa flèche faîtière ! La confrontation symbolisée par ces deux drapeaux.
Quelle misère. 
Le résultat le plus navrant des campagnes des deux référendums qui viennent d'avoir lieu.
Charly Pidjot doit se retourner dans sa tombe ! Et Pierre Frogier a compris qu'il n'est pas facile de prendre des risques même dans son propre camp; Jacques Lafleur l'avait déjà expérimenté puisque malgré son charisme, Nouméa avait voté majoritairement contre l'Accord de Matignon-Oudinot, le désavouant en quelque sorte ... et Jean-Marie Tjibaou était assassiné un an plus tard par un Kanak d'Ouvéa.
Charly et Pierre avaient osé renouveler le symbole de la poignée de main de Jacques et Jean-Marie pour relancer l'esprit du dialogue. Mais la fameuse "poignée de main" était arrivée à la fin d'un processus tandis que la montée des deux drapeaux se voulait le début d'un nouveau processus.
...
On aime bien se gargariser de mots chez nous, d'expressions pompeuses:
"Peuple calédonien, destin commun, LE vivre ensemble, toutes ethnies confondues, citoyenneté calédonienne" (eh oui, il y a 20 ans on en parlait beaucoup !), j'en passe et des meilleures; expressions, après toutes ces années devenues tellement creuses, vidées de leur sens.
La réalité ?
Affrontements verbaux de nos politiques (politiciens ?), affrontements physiques, barrages et contre-barrages, délinquance (ou rébellion ?) de notre jeunesse kanak; bref, malentendus majeurs dans une société calédonienne loin, très très loin d'être consensuelle ...
...
Et je regarde avec tristesse et perplexité ces deux drapeaux qui flottent encore côte à côte aux frontons de quelques institutions de Notre Pays.
Ont-ils encore une signification ???!!!...
J'en doute et j'en suis triste.

Petit retour en arrière: en plus de dix années, vous trouvez qu'on a avancé sur ces thèmes (drapeau commun, citoyenneté ?) ...

mercredi 4 novembre 2015

Système éducatif calédonien et destin commun: un colloque pour quoi faire ?!

Le titre de ce colloque: "Le système éducatif calédonien à l'heure du destin commun".
Belle ambition !
Par ce billet, je ne souhaite pas remettre en cause la démarche, ni la méthode, voire même le principe. Il y a derrière ce projet, des énergies, de la bonne volonté, de la foi peut-être !
Non, ma réflexion n'est pas sur ce registre ...

A l'occasion de ce colloque, c'est d'abord une étrange impression, une drôle de sensation qui s'impose à moi: celle qu'une grande partie de ma vie défile en accéléré, environ trente années passées à m'occuper d'éducation, d'enseignement !
Et puis, il y a ces mots, ces expressions, ces thèmes, récurrents, mille fois répétés, qui m'ont accompagné tout au long de ce parcours et qui reviennent sans plus rien me dire finalement:
École calédonienne, échec (de qui ?), réussite (pour qui ?), efficacité (ou efficience), adaptation (des programmes par exemple), interculturalité, multiculturalité, sens de l'école, orientation, décrochage, innovation, système éducatif, projet éducatif, projet pédagogique, (les sanglots longs de) l'école de la réussite pour tous, maîtrise de la langue française, FLE (français langue étrangère), FLS (français langue seconde), lutte contre (plein de choses ! L'échec scolaire, l'absentéisme, la déscolarisation, etc.), rythmes (scolaires, biologiques,etc.), culture(s), évaluation (de plein de choses ! Les élèves, les enseignants, les établissements, etc.) ...
...
Je suis entré dans l'enseignement en 1978, il y a bientôt quarante années (en tant que professeur à Touho; mais, en 1957 en tant qu'élève à l'école communale de Poindimié ...) ! Et en tant qu'ancien enseignant, directeur, formateur, parent (de quatre enfants/élèves), militant politique aussi, je ne suis pas certain que beaucoup de choses aient changé ! Je suis mal à l'aise avec tout cela !
Un coup de blues en quelque sorte ...
...
Il y a un malaise ! Non ?
Notre système éducatif a très peu évolué, sinon aux marges. Le nombre d'élèves a augmenté, de nouveaux établissements ont vu le jour, certes, suivant simplement en cela la courbe de l'évolution démographique, c'est quantitatif ! Il y a eu quelques adaptations; mais, qualitativement, c'est-à-dire, dans ses structures, dans ses méthodes, le système est stable. Stable dans ses "performances" à faire échouer et à marginaliser une part critique des enfants de Notre Pays; dans un environnement humain et social qui lui a changé, grandement... et qui reste potentiellement explosif !
...

Si on souhaite assigner la mission sublime à notre système éducatif de creuset du Destin Commun à l'école, je pose deux questions:
Quid de l'apprentissage obligatoire d'une langue du pays (*) par tous les enfants scolarisés (au collège, peut-être) ? Question simple.
Quelle place pour l'acculturation (au sens le plus noble du terme) à l'école (**) ? Question complexe.
Le reste n'est qu'affaire de techniques, de formation initiale des enseignants, de moyens financiers et matériels, de volonté politique ... et d'évolution des mentalités !
...
Les plus beaux projets sont comme les plus belles constitutions des pays et peuvent subir le même sort: rester lettres mortes (et ne pas empêcher l'avènement de dictatures pour les constitutions) !

(*) J'espère que le lecteur ne me fait pas l'offense de penser que je ne sais pas qu'il y a 28 langues kanak; cela n'est pas un obstacle, c'est une difficulté qui demanderait un peu de volonté et d'organisation pour être surmontée !
(**) Acculturation: "processus par lequel un groupe humain assimile tout ou partie des valeurs culturelles d'un autre groupe humain" (Le Petit Robert).
J'entends donc ici l'acculturation comme un processus d'échange équitable entre les différents groupes humains qui composent la (Kanaky-)Nouvelle-Calédonie. Rien à voir avec l'intégration ou l'assimilation par la culture dominante des autres cultures dont l’École actuelle est un vecteur privilégié !

vendredi 9 mai 2014

Provinciales 2014: fin du cycle des "Accords" et début d'un nouveau cycle, ouvert !

Il faut se rendre à l'évidence, nous vivons la fin d'un cycle: celui des "Accords", Matignon-Oudinot et de Nouméa.
Quelle que soit l'issue de ces élections, nous entrerons dans un nouveau cycle historique:
La génération Matignon-Oudinot des enfants nés après ces accords a vingt ans sans avoir connu "les événements", elle peut voter et infléchir dans un sens ou un autre l'avenir de Son Pays, Notre Pays.
Une nouvelle génération d'hommes et de femmes politiques accède aux responsabilités les plus hautes sans avoir vécu les "événements" ou en les ayant vécu par parents interposés, de loin, ou encore sans les avoir connus pour n'avoir pas été en Calédonie en ces temps-là.
Pour les uns et les autres, sans avoir vécu ces longues années de confrontation directe, dure, commencée par les occupations de terre dans les années soixante dix (*) et achevées en 1989 avec l'assassinat de Jean-Marie Tjibaou et Yéwéné Yéwéné.
C'est la réalité dans toute sa simplicité, sans fioriture !
Elle s'impose.
Les Anciens responsables politiques, doucement mais sûrement, contraints, forcés ou de leur plein gré, s'effacent ... Les anciens leaders sont fatigués mais leur mémoire, précieuse, est toujours vive, et leur expérience, unique. Celle d'une époque où la confrontation ne se faisait pas "à fleurets mouchetés"!!! ...
Certains s'accrochent encore, tandis que des nouveaux venus, opportunistes, ont compris que, peut-être, leur chance était arrivée ! Ils veulent s'affirmer ... Ils ont tant attendus à l'ombre de leurs anciens leaders !
Des femmes s'affirment aussi, nettement, avec plus ou moins de bonheur; l'ambition ne semble plus être l'apanage des hommes ! Tant mieux pour Notre Pays à qui la vision féminine (peut-être moins guerrière), manquait !
Aucune tendance, indépendantiste ou "loyaliste", n'échappe à cette règle.
Les nouvelles générations pointent leur nez donc, en votant pour les plus jeunes, ou en prenant les rênes des partis pour les quadras-quinquas.
...
C'est cette nouvelle classe politique qui aura à décider de notre sort. Sera-t-elle à la hauteur ?
En faisant "table rase du passé"? OU en s'appuyant sur notre histoire ?
En faisant preuve d'imagination et d'inventivité ? OU en répétant les erreurs du passé ?
En faisant preuve de générosité ? OU en s'imposant par la force ?
En dominant leurs égos ? OU en y étant soumis ?
A ce jour, tous prétendent sans sourciller avoir LA SOLUTION.
La modestie et l'humilité n'ont pas trop leur place dans la culture politique calédonienne actuellement.
Les slogans à l'emporte-pièce sont de sortie, massivement.
Brosser les électeurs dans le sens du poil devient un leitmotiv ! Pour ... gaaaaagneeeer !!!
...
Mais, après ces élections, quand les uns et les autres "se seront comptés" comme ils disent, sauront-ils s'élever au-dessus de la gangue politicienne, rien n'est moins sûr ...
Pourrons-nous compter sur Cynthia Ligeard, Sonia Lagarde, Gilbert Tyuienon, Jean-Pierre Djiaïwé, et sur tous ces nouveaux élus révélés avec bonheur aux dernières municipales, cette nouvelle génération qui a pris en main nombre de mairies; ou encore sur un Philippe Gomès finalement charismatique, en mal de reconnaissance "pays" ?
Nous appuierons-nous sur l'expérience des Anciens, ces Responsables politiques qui ont inventé et fait le cycle de paix des "Accords" qui s'achève ?
...
J'en suis convaincu (et le répéterai à l'envie ...), la voie est étroite, mais elle existe, pour sortir la (Kanaky-)Nouvelle-Calédonie par le haut de l'impasse où elle est en train de s'enfoncer à l'orée de ces élections et de cette "dernière mandature"!
A condition de dépasser tous ces discours jargonneux sur les référendums de sortie dont tous les qualificatifs ont été exploités !
Tant d'incompréhensions subsistent voire même refont surface ! Qu'il faudra du courage et de l'audace à ces nouvelles générations de citoyens et responsables politiques, femmes et hommes, pour inventer et assurer un avenir serein à Notre Pays et à ces habitants.
...
Oublier le passé, méconnaître le passé, ignorer les différences sociales, économiques, culturelles, laisser s'installer l'exclusion, encourager les égoïsmes, laisser courir l'injustice, sous-estimer l'insécurité, méconnaître la revendication propre au Peuple Kanak, etc. pénaliseront à coup sûr toute solution d'avenir. Mais, bon, tous les candidats à diriger Notre Pays prétendent, à les entendre, prendre en compte et combattre ces méfaits ...
Rendez-vous est pris.
Tous ces candidats, vont-ils faire mentir l'adage qui dit que toute promesse n'engage que celui qui l'écoute, pas celui qui l'émet ? Peut-on faire confiance à ces nouveaux "futurs leaders" ?
...
L'Histoire, je ne le sais toujours pas, à 62 ans, si elle se répète ou pas, mais ce que je sais c'est que les mêmes causes produisent les mêmes effets !
De cet avertissement, les générations montantes, ne pourront faire l'économie.
Il engage notre avenir, celui du nouveau cycle historique qui s'ouvre ...
...
Bonne réflexion avant de mettre votre bulletin dans l'urne ...

(*) 1975: "Communiqué de La Conception" revendiquant "l'Indépendance Kanak" et signé par une très large majorité des représentants des organisations politiques Kanak, des plus modérés aux plus radicaux.
1977: Occupation de la propriété Devillers à Amoa (Poindimié) ...
Ce n'était que le début d'un cycle de violences grandissantes culminant avec les événements de 1984-1989, le cycle d'une émergence radicale de la revendication Kanak.
Lisez ou relisez notre histoire moderne ...


jeudi 24 avril 2014

Provinciales 2014: le bateau ivre ! Un avenir qui se cherche, un peuple oublié ...

La Nouvelle-Calédonie m'apparaît comme un bateau ivre, à l'orée de la "dernière mandature" ! ...
Avec cette question qui me taraude l'esprit: le Peuple Kanak existe-t-il (*) ?
Le Peuple Kanak existait-il, à l'arrivée des premiers "blancs" sur cette Terre que Cook appela New Caledonia ?
le Peuple Kanak existe-t-il, politiquement parlant, en 2014
Cette question peut vous paraître saugrenue, et pourtant, comme les forces tectoniques qui couvent sous un volcan, elle fonde l'avenir de Notre Pays.
...
En avril 2014, à écouter quelques leaders politiques et nombreux citoyens de Nouvelle-Calédonie, la réponse est sans aucun doute: "un peuple kanak" ? Je ne l'ai pas encore rencontré ! C'est qui ? Ceux qui sont plus ou moins bronzés ? Quelle ethnie déjà ? Une communauté comme les autres, non ?...
Il y a quelque chose de tragique, dans ce que l'on vit à l'occasion de ces "dernières" élections après tant d'années de paix; "ils" (les anti-indépendantistes) ont tous leur solution, à condition d'oublier que les Kanak existent !
Et d'abord, péremptoirement et comme un éternel recommencement ..., de dire que les indépendantistes sont minoritaires !
"Ben ça" !
 ...
Oui, mais d'omettre de dire que ces indépendantistes sont essentiellement des Kanak !
En clair, opposer indépendantistes et loyalistes, c'est opposer les Kanak et des colons; ceux arrivés dans les temps historiques et ceux qui continuent d'affluer par la faiblesse bien ordonnée de l' Etat Français ! Et de ces alliés politiques plus ou moins "loyalistes" en Calédonie ...
C'est vrai, quelques Kanak mettent un peu de "couleur" sur les listes "dites loyalistes", et ce n'est pas leur faire offense que de le constater; mais est-ce significatif ?
Pour ceux qui refusent encore de voir la réalité en face, il leur suffit de constater que dans les Provinces ou les communes où les Kanak sont majoritaires, les partis indépendantistes sont très largement majoritaires !
Alors;
Référendum "éclairé" ...
Purger l'indépendance ...
Solution consensuelle ...
Nouvel accord pour une durée à déterminer (indéterminée ?) ...
N'importe quelle solution dans le cadre de la République Française ...
Majorité contre minorité ...
Tout est-il possible, du moment que l'on ne prononce pas le nom du Peuple Kanak et qu'on en fasse l'impasse pour le "confondre" au milieu de "toutes les ethnies (confondues)" ? ...
Pourquoi n'envisagerait-on pas un référendum destiné au Peuple Kanak, reconnu peuple premier, pour savoir dans quelle proportion il serait pour ... ou contre l'indépendance de ce qui reste, à priori, son pays !
Mais, à mon humble avis, néanmoins expérimenté, tout est possible, et tout est certainement envisageable pour l'avenir (même institutionnellement) à condition que l'on reconnaisse en paroles et en actes le peuple Kanak et ses représentants !
D'une façon audacieuse, la montée du drapeau de Kanaky a été un vrai geste de reconnaissance ! (**)
...
En 1998, on a gelé le corps électoral, non pas pour éliminer des gens qui n'étaient même pas encore arrivés (!) mais pour commencer à consolider un passé commun pour envisager "un destin commun" ! Rien de plus simple ! A priori ...
Mais "on" s'est disputé sur un corps électoral glissant ... Eh oui ! Pour entériner le fait que la Calédonie devait rester une terre de peuplement où tous ceux qui y débarquaient, avaient, de fait, des droits !
Et les leaders Kanak ont lutté (pacifiquement) pour obtenir le gel du corps électoral à 1998.
...
Pendant que d'autres ont préféré geler leur mémoire ! "Avant" n'est pas reconnu !
Et trop de nos propres enfants veulent "oublier" ce passé qu'ils n'estiment pas être le leur, pour imaginer un avenir idéalisé où, une fois de plus, toutes les ethnies seraient confondues, au pire; au mieux, elles cohabiteraient béatement, parce qu'on l'aurait décrété !!! ... (Tout le monde il est gentil, n'est-ce-pas ? ...).
...
Non ! La réflexion est gâchée par:
La volonté de pouvoir,
La conquête du pouvoir,
La soif de revanche,
L'exacerbation des égos,
L'utilisation des peurs,
Le mépris de la réalité,
Les manipulations en tous genres,
Voilà ce qui nous soumet aux diktats de quelques politiciens jeunes ou vieux, anciens ou récents, mous ou "aguerris", qui fondent leurs engagements sur l'ignorance aveuglante d'une trop grande partie de leurs compatriotes !
...
Le Peuple Kanak, existe-t-il ?
La Nouvelle-Calédonie reste-t-elle une terre de colonisation ?
Êtes-vous des colons ? Des colonisés ?
Souhaitez-vous une Calédonie paisible et consensuelle ?
La réponse à ces questions détermineront l'avenir serein ou conflictuel de la Nouvelle-Calédonie !
Le reste n'est que bavardages futiles, inutiles et dangereux ...
...
N'oublions pas, les Kanak, à travers leurs dirigeants ont opté pour l'arme du bulletin de vote, plutôt que celle du fusil ou du sabre ...
Parce que la citoyenneté et le corps électoral restreint associé ne faisait plus d'eux des colonisés en leur permettant d'espérer être maître de leur destin ... et ne faisait plus de nous des colonisateurs, puisque partageant leur destin !
...
En conclusion, la préparation de l'avenir de Notre Pays passe par beaucoup d'humilité de la part de nos leaders et de chaque citoyen, par l'abandon de la langue de bois, par l'exercice d'une Parole de Vérité, où la complexité remplacerait le dogmatisme et les slogans faciles; autant de postures où le rapport de force sous quelque forme qu'il soit (électoral, militaire, idéologique ...) est banni !
...
Ma vision (têtue, ce blog en témoigne) de l'avenir de Notre pays passe par cette reconnaissance enfin révélée du Peuple Kanak à partir de laquelle nous pourrons envisager de fonder autour de lui, une société véritablement consensuelle qui nous permettra de dépasser les clivages actuels et favoriser la résolution de tant de problèmes de société ( sécuritaires, éducatifs, sociétaux, sociaux, économiques, ...).
C'est mon utopie !
...
A bon entendeur; un éveilleur.

(*) Il semble que OUI, à ses propres yeux, en cette fin avril 2014, où le Peuple Kanak, à Ko-Wé-Kara, montre sa capacité d'adaptation et la vivacité de sa culture, en adoptant une charte écrite des valeurs fondatrices de leur culture ... Donc une présence revendiquée en douceur, mais fermement.
(**) La manière dont la propagande (prétendument "droit d'inventaire") de Calédonie Ensemble utilise la photo de la montée du drapeau kanak à côté du drapeau français au sénat coutumier, entourés de coutumiers et de responsables politiques calédoniens et français,  n'est pas digne (tout n'est pas bon pour gagner, surtout la bêtise). 
A contrario, cette photo illustre, de mon point de vue ce qu'il nous faudrait faire à l'échelle de Notre pays: une immense fête et un immense pilou qui rassemblerait toutes les communautés de Calédonie avec le Peuple Kanak qui danseraient autour de nos deux drapeaux ... une fête fondatrice du Destin Commun et d'un toujours improbable "Peuple Calédonien"!

jeudi 14 novembre 2013

POUR ou CONTRE l'indépendance ?

Au seuil du transfert ou non des compétences régaliennes, donc de l'accession ou non "à la pleine souveraineté", je m'interroge !

Préalable:
Est-ce que "pleine souveraineté" équivaut à "indépendance" ? Ces termes coexistent dans la panoplie du langage politique calédonien sans qu'il soit certain que nos hommes ou femmes politiques les remplissent du même contenu ... Le terme "indépendance" me semblant plus connoté négativement dans la population non indépendantiste car ressenti comme une vraie et totale rupture; tandis que "pleine souveraineté" fait plus "soft" et semble laisser percevoir, en filigrane, le maintien d'un lien avec la future "ex-mère patrie", vrai, faux ? ... Bref, les mystères de la sémantique politicienne ne sont pas, eux, accessibles aux citoyens de base ! Et les "experts" qui se sont penchés sur le berceau des futurs possibles du futur pays-nouveau-né ne m'ont pas particulièrement éclairé sur l’ambiguïté de cette coexistence des termes (quant aux statuts de "sortie" possibles, ces experts ont été limpides!).

J'ai milité pour l'indépendance dans les années 70/80; et j'en suis fier. Cette revendication a été le seul vecteur politique de progrès dans une société néo-calédonienne encore très marquée, voire bloquée, dans son statut colonial où les Kanak étaient encore des "citoyens de seconde zone". Sans cette revendication, la Nouvelle-Calédonie n'aurait pas progressé; et c'est tout à l'honneur des militants de cette cause et à ses morts ...
Mais, en cette fin d'année 2013, je m'interroge, avec la sincérité que je dois à ces convictions qui m'ont animé durant des années, à mes amis politiques, à ma famille.
Suis-je prêt à franchir le Rubicon ? Cette feuille de "papier job" qui sépare la Nouvelle-Calédonie AUTONOME DANS la République Française DE la Kanaky(-Nouvelle-Calédonie ?) LIBRE et INDEPENDANTE ?
Pour savoir qu'entre deux points infiniment proches il existe un espace tout aussi infini, je sais que le pas à franchir peut être grand, très grand, trop grand ! Psychologiquement, par peur de l'avenir, par souci de sécurité (politique et économique), ou par manque d'ambition.
Mais, quel bonheur ce serait également de construire un pays libre plus juste, plus équilibré pour tous ses habitants, plus serein, avec une vraie interculturalité, par acculturation réciproque, fier d'apporter sa petite pierre originale et authentique dans le concert des nations pour une Terre Patrie (cf. Edgar Morin) meilleure. Bref, une sorte de modèle à construire ensemble !

Ainsi, j'ai décidé d'égrener pendant quelques temps et au fil de ce temps, des événements et de mes réflexions, les POUR et les CONTRE qui me feraient pencher vers l'option INDÉPENDANCE ou NON.

Attention!
Ce n'est pas le nombre de POUR ou de CONTRE qui ferait pencher la balance au moment du scrutin d'autodétermination, c'est la valeur de chaque POUR ou CONTRE, affectée d'un coefficient psychologique et sociologique, et pondérée par ce coefficient; l'un pouvant emporter la décision contre tous les autres ... Vous m'avez compris ?

POUR: Quand je vois le sort réservé aux "valeurs républicaines" en France:
Non respect de la commémoration du 11 novembre et des morts pour la France avec ces sifflets contre le Président de la République; je me dis que cette France-là n'est pas la mienne !
Ces faits, associés au racisme "anti-Taubira", étalé sans vergogne; NON, cette France-là je la quitte sans hésiter !
La France, à travers sa vie politique et médiatique actuelle, est loin d'incarner cette valeur cardinale qu'est le Respect, valeur que nous, les océaniens de toutes couleurs de Calédonie, appelons de nos vœux et faisons vivre malgré les difficultés ou les incompréhensions ...

POUR: Si on admet qu'il sera impossible de réussir une décolonisation de la Nouvelle-Calédonie (inscrite dans l'Accord de Nouméa) quand n'importe quel français ou européen peut venir s'y installer sans réserve ! La Nouvelle-Calédonie resterait donc une colonie(*) de peuplement pour laquelle la seule issue d'une réelle décolonisation serait l'indépendance avec un contrôle de l'immigration à ses frontières (aériennes et maritimes).
Problématique subsidiaire:
Peut-on décoloniser et permettre dans le même temps une installation sans réserve des populations du pays colonisateur dans le "futur-ex-pays-colonisé".
Résoudre ce paradoxe ! C'était bien là, il me semble, la fonction de la (trop) fameuse CITOYENNETÉ calédonienne, prévue dans l'Accord de 1998, et qui devait accoucher d'un Destin Commun; était-elle une fumisterie intellectuelle et une grosse tromperie politique ?
(*) Colonie: réunion de personnes parties d'un pays pour aller habiter, exploiter un autre (cf. Le Petit Robert).

CONTRE: Si on prévoit qu'après l'indépendance, les querelles politiciennes seront exacerbées dans un microcosme îlien et politicien où la course auX pouvoirS ne pourra plus être régulée par une puissance supérieure détenant entre ses mains la justice et l'armée ...
Donc, rester sous la protection de la Constitution Française garantirait la paix et la sécurité .Comme cela a été le cas durant ces 25 dernières années.

POUR: Si on continue à (con)fondre le Peuple Kanak dans une communauté au même titre que les autres communautés. La Nouvelle-Calédonie n'est pas la Réunion, ici il y a un peuple "premier"; ce que semble vouloir nier un certain discours populiste évoquant "à tour de mots" un peuple, LE peuple (*), "sui generis" comme ultime argument politique !
Trop d'hommes ou de femmes politiques, comme trop de calédoniens, citoyens ou non, se refusent encore à reconnaître que les Kanak forment un Peuple à part entière. C'est un malentendu majeur !
De mon point de vue, c'est cette reconnaissance, pleine et entière, authentique, qui peut fonder la communauté de destin au-delà des clichés.
Le Peuple Kanak dans sa totalité, que les Kanak soient indépendantistes ou non, souffre en silence de cette non reconnaissance, de ce déni d'existence. Et c'est pour cette raison fondamentale que plus des 3/4 du Peuple Kanak est en faveur de l'indépendance ...
(*) Un peuple, c'est comme une mayonnaise "maison", la somme de ses ingrédients ne suffit pas à la réussir, elle prend ou elle ne prend pas ! La réussite de la mayonnaise, tient à un coup de main, à la température, à l'atmosphère, en bref, tient du miracle ! Pas de la harangue ! (les cuisinières le savent bien, pas les politiciens ...).

A suivre ...

CONTRE: Si on considère que les flux financiers de la France vers la Nouvelle-Calédonie risquent de diminuer considérablement mettant en péril le niveau de vie des populations du pays, y compris celui des plus pauvres (?).

POUR: Peut-être l'indépendance est-elle le seul moyen de faire baisser le coût de la vie dans Notre Pays et de réduire les écarts indécents entre les plus hauts et les plus bas revenus ?
L'indépendance comme solution contre la vie chère ! (L'Intersyndicale "Vie Chère" y-a-t-elle pensé ?)
L'indépendance pour réussir la désindexation et revenir à une fourchette des salaires plus raisonnable !
ET
CONTRE: Car, l'écart entre les plus hauts revenus et les plus bas peut aussi se creuser considérablement dans un pays indépendant, et les inégalités devenir plus fortes encore, si les régulations s'effondrent et si la corruption s'installe.Ce genre de contre-exemple a malheureusement été fréquent au cours de l'histoire des décolonisations et indépendances.

A suivre ...

dimanche 15 septembre 2013

MA fête de la Citoyenneté: MES histoires oubliées et MA mémoire perdue.

Citoyennes, citoyens:
"Y'en a qui disent que...": 
"'faut oublier le passé, 'faut arrêter de regarder en arrière ..." 
Ceux-là, "ben", ils vont droit dans le mur de ... derrière !
Parce que c'est de la VIE réelle dont il s'agit lorsqu'on évoque le passé ou qu'on prépare l'avenir; pas d'un passé idéalisé ou rejeté, ni d'un avenir rêvé, sous la forme de slogans souvent inaccessibles; dont les plus malins font un usage politique "intensif" ou auxquels, les plus crédules s'accrochent ...
 Les gens qui ne veulent pas qu'on évoque le passé me fatiguent. Ils s'assoient sur nos souffrances ou nos souvenirs, bons et mauvais, pour nous donner mauvaise conscience et se construire une ... bonne conscience ! Et rater l'avenir de Notre Pays; en s'asseyant sur toutes ces petites histoires, de tout le monde et de chacun, dont, les miennes !
Peut-être, sont-ils contre toute commémoration ! Le 14 juillet, le 11 novembre, le 8 mai 45, Oradour, le Vel d'Hiv, ..., ou encore, en Nouvelle-Calédonie, le 24 septembre et le 26 juin !
Je ne pense pas comme "ces gens-là"; je crois que c'est parce qu'on n'oublie pas qu'on peut éviter que l'Histoire se répète; la Grande Histoire, celle dont on parle dans les livres et celle des grands historiens; ou, celles, petites histoires qui font nos vies au quotidien et qui peuvent nous la pourrir la vie.
Ainsi, dans cet article, j'évoquerai ces petites histoires dont ma mémoire garde quelques traces:
Histoires oubliées d'une mémoire (un peu) perdue !
Entre le 24 septembre 1853 et le 26 juin 1988, j'évoquerai ce que l'histoire commémorée oublie trop facilement à mon goût.

> Et d'abord, Hienghène, le guet-apens de décembre 1984, et la tuerie dont on parle si peu. "Hienghène, ou le désespoir calédonien" comme l'a si bien décrit Lionel Duroy dans son livre.
Ouvéa, 1988, c'était entre l'armée française et le FLNKS, dont acte.
Mais, Hienghène, 1984, c'était entre des colons, métisses ou assimilés, et des Kanak; et j'ai vu les photos par l'intermédiaire de mon ami militant Régis, j'ai vu les photos des cadavres des gens de Tiendanite morts ... ! Où en est-on du Grand Pardon entre la communauté "caldoche" et le peuple Kanak ?
Et nos chers "zoreilles" qu'y comprennent-ils ?

> Sans (?) rapport, il y a ces colons libres, arrivés avec le vent, ni bagnards, ni arabes, ni arrivés dans les frusques de Feuillet, ni viets, javanais et wallisiens, arrivés sous "contrats" forcés ... Non, simples migrants, fuyant la pauvreté, partis chercher "un avenir meilleur" (Philippe Lavil), comme cet arrière-grand-père, quittant un cirque de l'île Bourbon, Salazie, pour se poser au fond d'une grande vallée de la Côte Est. Il était pauvre et libre.
Pas intéressant ? Victimes de l'Histoire ou fabricants d'Histoire ?

> Il y a aussi le CACI (comité d'action contre l'indépendance), sorte d'OAS (organisation de l'armée secrète en Algérie) locale, qui sévissait pendant les événements; souvent sous forme de milices; comme à Poindimié, menaçant les (trop) sympathisants de la cause Kanak ... Je n'oublie pas ! ... Non, je n'oublie pas. Impossible. Mais peut-être, eux aussi avaient-ils peur ! Finalement, de toutes ces tribus qui "cernaient" les villages de la Côte Est. Jusqu'à quel point avaient-ils raison, d'avoir peur ?

> Et puis, il y a encore, de manière anecdotique (?) ces pâturages améliorés sur la Côte Ouest, dont certains éleveurs, dans les années 70/80, se faisaient les adeptes tout en défonçant méthodiquement toute trace de présence kanak en labourant dans tous les sens les anciens billons d'ignames ou tarodières visibles ... Disparu, le premier occupant; j'en ai été le témoin, un peu abasourdi !

Ce n'est pas fini ...

> Toutes ces violences durant les "Evénements" dont les kanak n'avaient pas l'exclusivité, loin de là ! Combien de familles kanak en gardent le souvenir, pourchassés dans les rues de Nouméa ou dans des villages, parfois terrorisés, subissant la nomadisation militaire dans les tribus ...
Mais violences subies aussi par des caldoches ou des "métros": comme le vieux cousin de mon père, Julien et sa femme, séquestrés à Tchamba par des "cagoulés" ... ou mon ami Paul, "métro" trop proche des Kanak au goût de certains, menacé par quelques caldoches et "pieds noirs" ou autres débarqués d'anciennes colonies françaises ! C'était à à Poindimié.

> Curieusement, et dans un tout autre registre, je me souviens, quand j'étais pensionnaire à Nouméa, des sirènes annonçant les prises de quarts à la SLN, rythmant la vie de toute la ville, et de tant de familles. Me rappelant avec force que cette vieille usine nous a marqué dans notre chair, comme elle a accompagné la vie de tant de calédoniens.
Alors, la balancer d'un revers de mot, la rejeter comme un vieil os rongé dont on ne supporte plus l'odeur ... Un peu facile, non ?

> Et puis, dans la petite histoire, et comme un anachronisme, un curieux épisode de la vie calédonienne me vient en mémoire: CABREL, dont une part de la population souhaitait boycotter la venue pour montrer sa désapprobation quant à certaines des prises de positions du chanteur, jugées trop en faveur des indépendantistes et des Kanak ... Finalement le chanteur avait annulé sa tournée en Calédonie. Drôle de victoire pour tous ces "blancs", par ailleurs très attachés à la liberté, l'égalité, la fraternité dans la République française ! Mais en Calédonie, on n'est pas à une contradiction près.

Pas de dépôt de gerbes pour mes histoires oubliées, pas de député, ni de gouverneur ou de ministre, ni de président de province, de gouvernement pour commémorer ces petites histoires oubliées; juste ces quelques petites fleurs déposées sur ma mémoire (un peu) perdue !

Mes enfants, comme les vôtres, vivent, certes, à l'heure d'internet et de la mondialisation, mais ils vivent, circulent, dorment, vont à l'école ... en Nouvelle-Calédonie, et en ... chair et en os, pas virtuellement. 
"Hic et nunc" ! 
Alors il est interdit d'oublier; sous peine de voir l'histoire se répéter et nos mémoires, comme les leurs, continuer à engranger de la douleur ... 
Pour éviter que la "Terre Violente" de Jacqueline Sénès, ne se rappelle à notre bon (?) souvenir.

Lucidité et principe de réalité doivent accompagner le rêve et l'idéal !

A suivre ...

Postscriptum du 25 septembre 2013:
Après avoir constaté à travers les compte-rendus des médias, écrits, parlés et télévisuels de ce week-end prolongé du 24 septembre, à quel point la volonté de beaucoup de monde de "ne pas oublier" était vive, je me suis pris à penser que je "radotais" un peu avec mes "histoires oubliées" ... 
Mais, après réflexion, j'ose croire que non ! Car, la vraie question reste: que fait-on de ces rappels de mémoires ? Quelle est la portée de ces "commémorations" en tous genres ?
L'esprit de mon billet est de rappeler (mais comment le faire bien ?) que cette histoire est encore récente, notre mémoire bien souvent encore à vif et que ces souvenirs, douloureux ou non, nous ont marqués psychologiquement et physiquement, nous ont construits et parfois "déconstruits" ...
Alors nous devons tous faire preuve d'inventivité pédagogique pour transmettre cette histoire et faire en sorte qu'elle féconde l'invention de notre avenir !
Le quotidien vécu nous montre de manière têtue à quel point il y a loin des slogans, même les plus généreux, à la réalité !!!
...

mercredi 13 mars 2013

La solution consensuelle est morte ! Vive les blocs opposés... l'affrontement, donc.

Etat des lieux un an avant les échéances de 2014.
Chacun fourbit ses armes ! C'est l'heure. 2014, c'est demain !
Et tous nos politiciens sont dans les "startings blocks". Quels qu'ils soient, malheureusement.
Je ne sais pas si je dois parler de Yanno, qui se prépare à (s')assurer un avenir (re-député, maire de Nouméa), pour continuer à vivre de la politique, sur le dos de quelques crédules franco-français ou de nouméens apeurés.
Je ne sais pas si je dois parler de Gomès, qui attend son heure, revanchard finalement assumé.
Je ne sais pas si je dois parler de Paul, qui gère sa province comme un état quasi indépendant ... dépendant pourtant des subsides de la France, des transferts des moyens avec celui des compétences, d'une clé de répartition favorable, de ses investissements en Corée, du nickel "pompé" à tout va !
Je ne sais pas si je dois parler de "Loulou", qui marque Gomès comme son ombre, avec raison (?), qu'il juge faire trop d'ombre à son peuple, Loulou qui sublime 2014 !
Je ne sais pas si je dois parler d'Harold, s'agrippant à son fauteuil, renaclant aux critiques dont il a été lui-même un fervent pourvoyeur.
Je ne sais pas si je dois parler de Pierre Frogier, inspiré tardivement, communiquant navrant, sur une corde raide.
Je ne sais pas si je dois parler de Daniel Goa, présidant, depuis peu, aux destinées de l'Union Calédonienne (!?). Saura-t-il, comme ses prédécesseurs inspirés, trouver la voie étroite pour sortir d'une impasse certaine.
Je ne sais pas si je dois parler de vous, de nous, de moi, égoïstes, gâtés par un si beau pays, incapables de nous élever à son image; peureux du lendemain et agrippés au jour le jour ... ou jouissant à l'idée d'y "foutre le bordel" !
...
La solution consensuelle est moribonde, elle a été usée jusqu'à la corde ... par des égos en mal d'être les premiers, les meilleurs (?), les éloquents, les riches, les potentats .. marchant sur nos têtes qui l'ont bien mérité. Plus de solution consensuelle pour l'avenir ! Normal, dans une société qui n'a rien de consensuelle !
OUI !
A partir de ce jour, la Solution Consensuelle Nouvelle est morte née.
...
Chacun de nos partis politiques fourbit ses armes pour 2014, et après ?
Quelques uns sont sur une stratégie de blocs, du rapport de force donc.
Yanno, c'est sûr !
Gomès de manière plus perverse, puisqu'il prétend représenter un "peuple calédonien" qui n'existe que dans son imaginaire démagogique comme ce drapeau commun revendiqué et tout aussi démagogique; mais à Calédonie Ensemble, aucune tête ne dépasse derrière la "tête-pensée-unique" du leader !
Au RUMP, Pierre Frogier semble vouloir réécrire l'histoire de la solution consensuelle, est-il armé (?!) pour l'imposer ?
D'autres, au FLNKS, ont une stratégie plus subtile, s'appuyant sur un corps électoral figé (une forme de rapport de forces), tellement figé et depuis si longtemps qu'il en est devenu "momifié" et complètement en contradiction avec une réalité qui l'a dépassé ... ou qui le dépassera ! Dans une stratégie institutionnelle courageuse, mais bien incertaine ... Si cette stratégie échouait, quelle serait l'alternative ?
...
Nous n'avons plus personne sur qui compter !
...
Je suis Néo-Calédonien, et je suis sans avenir, je vis sans avenir, je prépare mes enfants à assurer leur avenir sans trop compter sur l'avenir ...
Et mes frères Kanak, depuis quand sont-ils sans avenir ?
Et tous ces métros, venus chercher un avenir (meilleur ?) en Calédonie, ne brouillent-ils pas notre avenir ? Celui des Kanak ? Finalement, le leur (*)!
Et ces Wallisiens ici, comme chez eux, avec leurs chefferies; accepteraient-ils que nous, (Kanak, Caldoches, Métros) allions assurer notre avenir en nous installant par milliers à Wallis et Futuna (par exemple après l'indépendance de la Calédonie !) comme eux, le font ici !
Et, tant d'aveuglement traverse ces communautés.
Avons-nous, tous, ensemble, les uns et les autres, les uns contre les autres, les uns avec les autres, un avenir ?
...
L'avenir ?
Nouvelle solution consensuelle, rapports de force, statu-quo, référendums (**), indépendance, partition, etc. ?
Beaucoup de bavardages mais, aucune lisibilité, aucune visibilité pour l'avenir !
La (Kanaky-)Nouvelle-Calédonie fonce à tombeau ouvert, dans le brouillard, vers un avenir complètement incertain.
...
OUI !
Rien n'est bon ! L'avenir sent mauvais !
Il sent l'égoïsme mauvais, il sent le pouvoir mauvais, il sent l'argent mauvais, il sent la méfiance et la défiance mauvaises, il sent la dispute mauvaise... L'avenir sent mauvais.
Notre Pays nous échappe ! Lui avons-nous jamais appartenu ? Préférant qu'il nous appartienne ...
...
La démagogie va régner en maîtresse pensée !
...
Manque de capacité de réflexion, manque d'imagination, manque d'éducation (tout court ou) politique, manque d'analyse, manque d'affection, manque d'émotion ? Et manque de lucidité; cette lucidité qui permet de faire face à la réalité avec courage, responsabilité et humilité (trois mots qui n'ont pas trop leur place dans le verbe politique calédonien).
...
Il nous manquait Marine Le Pen, pour comble de tout, c'est fait !
...
Et pourtant, il y a tant de belles choses qui se font au quotidien, tant de progrès déjà accomplis, tant de bonheur à partager nos différentes cultures et de plaisir à vivre ensemble ! Comment préserver, voire approfondir tout cela ?
En s'affrontant ?
...
P.S. Je sais être critique vis-vis de nos politiciens, politiciennes; mais n'ont-ils pas voulu ou prétendu  s'occuper de notre avenir en se présentant aux élections, ne sont-ils pas (bien) payés en tant qu'élus pour cela ?
...
(*) Au fait, que tout ce beau monde arrête de prétendre à intégrer le corps électoral spécial sous prétexte qu'ils participent à la richesse du Pays. Index de correction, enrichissement personnel, etc. ; ne profitent-ils pas largement de la Calédonie ? Et puis, ça ne gêne personne que nombre d'entre eux, comme de calédoniens, investissent massivement ailleurs, en France, en Australie, en Nouvelle-Zélande ! L'argent n'a pas de frontière et s'en"fout" des nationalités ! Qu'ils arrêtent de nous "bassiner" avec cet argument qui ne convainc qu'eux-mêmes et les crédules.

(**) A propos de référendum et pour ceux qui n'ont pas la mémoire nécessaire, le dernier référendum d'autodétermination ("pour" ou "contre" l'indépendance) en Nouvelle-Calédonie date du 13 septembre 1987 (avec une condition restrictive de résidence de 3 ans). Il avait vu le "non" à l'indépendance l'emportait à 98,3% pour une participation de 59,1%. Le FLNKS  avait appelé à boycotté ce référendum. Résultat sur le terrain, les violences avaient redoublé !

mercredi 5 décembre 2012

Retour aux cases de départ ... Celles qui n'étaient pas dans la ville !

J'ai préféré ne pas réagir "à chaud" à toutes les péripéties qui ont entouré l'implantation, l'occupation puis la destruction des cases construites dans Nouméa à l'occasion des fêtes de la citoyenneté de septembre dernier (drôle de fête et drôle de citoyenneté).
Beaucoup (trop ?) de choses ont été dites et écrites sur le sujet. Alors pour ma part je voulais simplement évoquer une période de l'histoire récente de Notre Pays; récente pour moi, lointaine pour d'autres et ignorée pour beaucoup, voire enterrée !
Cette période, à la fin des années soixante-dix et au début des années quatre-vingt, c'est celle des "cases symboliques" que les Kanak construisaient sur les terres des colons (*) pour afficher leur revendication. Ces "occupations de terres" ont bouleversé la Brousse Calédonienne, la vie des colons et la relation de ces derniers avec leurs voisins "les indigènes" (comme ils les nommaient à l'époque).

Cette évocation m'est venue sans forcer, naturellement, accompagnée du souvenir d'une prise de conscience brutale à l'époque: la TERRE représentait LE contentieux majeur entre le Peuple Kanak et les Calédoniens non kanak (descendants de colons "blancs", javanais, etc).
En cette période, Nouméa continuait à vivre sur son petit nuage ... Et je me souviens avoir pensé: "un jour ou l'autre, Nouméa n'échappera pas à la revendication kanak, sous une forme ou une autre, peut-être sociale ou culturelle, voire économique". Trente ans après les premières revendications de terres, au début des années 2000, avec les revendications dures de l'USTKE, Nouméa a commencé à réaliser que les Kanak existaient dans le domaine social et économique, en tout cas ils voulaient exister. Le contentieux entre Kanak et Non-Kanak s'est déplacé ... Pour porter sur le TRAVAIL ?
L'histoire continuait ...
Et, cette année des "cases symboliques" kanak ont occupé La Ville ...!!!
Et, l'histoire de la Nouvelle-Calédonie continue à bégayer ...

Juste retour des choses ? Ou plutôt juste une nouvelle étape de la longue lutte des Kanak pour affirmer leur identité, pour conquérir leur juste place dans un pays, le leur, que trop de gens à la mentalité rabougrie, leur dénient encore, ouvertement ou de manière subliminale ...

Mais, NOUS, ceux dont les terres ont été revendiquées ou leurs descendants, nous qui avons souffert en ces périodes troublées, nous qui n'avions pas toujours compris la revendication kanak, nous qui avions compris que Notre Pays ne pouvait plus rester en l'état, nous qui essayons d'oublier ...
NOUS, nous espérions de la Citoyenneté Calédonienne prévue dans l'Accord de Nouméa, comme un rêve pour dépasser et transcender nos différences ... Qu'est-elle devenue, qu'en ont-ils fait, qu'en avons-nous fait ?
RIEN.
Et le "Destin Commun" est devenu un véritable cache-misère !

(*) Pour mes lecteurs non au fait de l'histoire calédonienne, le sens du terme de "colon" tel que je l'emploie ici ne doit pas être confondu avec celui qui est employé à l'heure actuelle en Israël et en Palestine ... A moins que ... A moins qu'avec tout ce monde qui débarque sans qu'une véritable, authentique et régulatrice Citoyenneté Calédonienne ne soit mise en place, on aboutisse à une nouvelle colonisation de la Nouvelle-Calédonie (en tout cas, les Kanak pourraient recevoir comme tel ce phénomène)! Et là, Notre Pays aurait du souci à se faire: la période de paix des accords serait révolue, l'instabilité serait à prévoir (dont l'insécurité latente est une forme), le retour en arrière serait assuré.

Sur des thèmes semblables (histoire, mémoire, mentalité, citoyenneté), consulter:
http://chroniquekanakynouvellecaledonie.blogspot.com/2010/11/de-la-memoire-de-la-memoire-et-des.html
http://chroniquekanakynouvellecaledonie.blogspot.com/2011/03/les-mentalites-nont-pas-change-ou-un_30.html
http://chroniquekanakynouvellecaledonie.blogspot.com/2009/03/delinquance-avant-il-y-avait-moins-de.html
http://www.chroniquekanakynouvellecaledonie.blogspot.com/2009/10/la-citoyennete-comme-un-solution.html

vendredi 12 août 2011

Maré: une si grande tristesse ! Et une leçon pour tous.

Maré,
J'ai mal à mon Pays.
Tant de familles endeuillées;
Tant de pleurs;
Tant de colères contenues;
Tant d'incompréhensions;
Maré,
Tant de Calédoniens se sentent aujourd'hui Maréens.

Je me sentais fatigué, avec l'envie très forte d'arrêter ce carnet de bord, à quoi bon, devant l'inutilité ou la vanité de la tâche, la puérilité voire la futilité de l'expression face à cette réalité calédonienne impossible à circonscrire...
Et pourtant, difficile de s'abstraire de la réalité trop souvent douloureuse de Notre Pays ... Quand on l'aime, lui et ses gens !

Je n'ai pas de leçon à donner et n'en donnerai pas; mais il y a une fois de plus UNE leçon que je tire de ces événements douloureux et dont, en toute modestie, ce blog se veut une expression têtue; une leçon pour TOUS, acteurs politiques, économiques, sociaux, ou encore intellectuels, qu'ils soient simples citoyens "de base", ou en charge de responsabilités de tous niveaux: c'est que nous devons aborder les problèmes de Notre Pays avec beaucoup de simplicité (posture synonyme pour moi d'humilité où l'égo se fait discret) et dans leur complexité (en termes d'analyse et de résolution de problèmes en termes également de solutions à proposer).
Le drame de Maré en est une illustration où se téléscopent nombre des problématiques de la société calédonienne...
Et je dédie cette réflexion à nos frères et soeurs de Maré comme à nos gouvernants, responsables politiques, économiques, coutumiers, syndicaux, éducatifs et religieux ... Et à tout un chacun, cet anti-chacun antithèse de celui du "chacun pour soi" ou "du chacun chez soi" !


La situation calédonienne est complexe; les "Faut qu'on", "Ya qu'à", "Si l'on" et "Pitucé"(*) ne devraient pas y avoir leur place ! Ils nous submergent pourtant dans les médias ou les conversations privées ...

Car rien n'est simple en Nouvelle-Calédonie. Quelques exemples "survolés" (par nécessité du genre présent) de cette complexité des questions ou problématiques qui traversent Notre Pays:
Les conflits de légitimité des pouvoirs en tout premier lieu.
Dans un royaume le pouvoir vient du sang; dans une dictature il vient de la force (armée). En démocratie, le pouvoir vient de celui qui le délègue, l'électeur mais parfois, insidieusement, de l'argent; dans une chefferie kanak le pouvoir vient du sang mais aussi de la terre. Et peut-être pourrait-on se poser la question du pouvoir dans la famille, oui mais quelle famille ? Et pour certains, beaucoup, de nos jeunes, quel(s) pouvoir(s) sont-ils prêts à reconnaître ? ...
Les conflits de légitimité des pouvoirs minent la société calédonienne.
Les conflits d'intérêts économiques et de développements.
Le "tout nickel" qui fonde l'essentiel de la richesse de la Calédonie avec les transferts financiers de l'Etat dont l'index de correction est un avatar coûteux ...  Trois usines sur notre petit archipel, dame Nature est généreuse dans sa terre rouge, mais tous ses "enfants" endémiques, verts forêts ou bleus lagons, vont souffrir ! Comment les (ré)concilier ? Imagine-t-on sérieusement d'autres développements alternatifs possibles ?
Les conflits d'intérêts économiques sapent le développement économique équilibré de la Nouvelle-Calédonie.
Les confusions entre des genres parfois (souvent ?) contradictoires.
Etre homme (ou femme) politique élu et grand patron par exemple; être chef coutumier et leader politique (choix cornélien de l'électeur qui est sujet !); être responsable syndical et patron; etc. ... Même si ces genres parfois contraires sont recevables, leur confusion participe grandement à rendre encore plus complexes voire inextricables nombre de situations politiques, sociales, économiques ou "sociétales" en Nouvelle-Calédonie.
Toutes ces confusions entre les genres troublent la vision politique de Notre Pays.
Les juxtapositions parfois confrontations de cultures et d'histoires.
Nous n'avons pas de culture commune, il faut bien le reconnaître. Même si l'Ecole transmet "de" la culture française ! Peu d'acculturation(**) en réalité, j'évoque celle qui ne se satisfait pas d'un week-end "découverte" même si cette démarche est utile d'un point de vue purement touristique ... Doit-on continuer à se satisfaire de cultures qui se côtoient même pacifiquement (ce qui n'est déjà pas si mal j'en conviens) ? Le constat reste que la richesse issue d'une diversité culturelle exceptionnelle ne parvient pas à générer une "créolité kanako-néo-calédonienne" qui serait le meilleur gage d'un destin partagé ...
Ces confrontations de cultures différentes en Nouvelle-Calédonie freinent encore trop l'essor d'une culture commune. 
Les rapports sociaux tendus.
Les conflits sociaux ne sont-ils pas avant tout des conflits de société(S) ... Quand ils ne dégénèrent pas en conflit de personnes !
Des rapports sociaux tendus par des écarts de revenus inconsidérés trop peu compensés par des fiscalités, directe et indirecte, équitables qui feraient payer plus aux plus fortunés pour une meilleure répartition de la richesse produite par le Pays ou une meilleure redistribution au profit de tous !
Et donc (dans le cas du conflit d'Aircal) une prise en compte par le Pays et non par une seule collectivité ou une entreprise de la continuité territoriale (je parle de la vraie, celle qui concerne les déplacements à l'intérieur de notre archipel).
Des rapports sociaux tendus sur le marché du travail où la problématique de l'emploi local butte sur une citoyenneté en berne et une formation initiale incapable d'élever le niveau de compétences de l'ensemble des jeunes calédoniens, et en particulier de ceux qui ont le plus besoin ...
Des rapports sociaux, donc, souvent tendus en Calédonie et qui continuent à perturber la recherche d'une harmonie sociale; comme un rêve impossible à réaliser ?
Les paradigmes éducatifs si divers et différents.
Tant de questions sur ce plan-ci ! Et tant de réponses diverses parfois opposées ...
Les valeurs transmises au sein des familles, petites ou grandes, métropolitaines, wallisiennes, kanak, caldoches, vietnamiennes, etc., au sein des clans aux Iles ou sur la Grande Terre, sont-elles les mêmes ? Met-on les mêmes gestes, les mêmes mots derrière le mot "respect" par exemple et en infra celui de "politesse" ?
Et, jusqu'à quel point l'Ecole déforme-t-elle plus qu'elle ne forme en termes éducatifs ? Quand la scolarisation entraîne la désocialisation (pour un enfant kanak qui quitte sa tribu par exemple) et quand l'échec de la "socialisation scolaire" entraîne une déscolarisation destructive ...
Ces paradigmes éducatifs parfois trop différents qui rendent difficiles la compréhension de l'Autre et l'ouverture vers l'Autre ...

La complexité est partout présente en Nouvelle-Calédonie, au niveau des individus et dans les relations qu'ils entretiennent jusqu'au niveau de la gouvernance de Notre Pays. Toutes les problématiques, politiques, économiques, sociales ou sociétales, éducatives, culturelles, relationnelles, doivent l'intégrer pour promouvoir une société calédonienne plus équilibrée et juste, plus sereine enfin.
La complexité est partout présente mais trop de solutions apportées à ces problématiques ne sont que des solutions partielles, ou simplistes ... On ne traite quasiment systématiquement que les symptômes ou les conséquences rarement les causes des maux calédoniens ... Alors, l'impression de piétiner ou de retour en arrière persiste et plombe notre moral.

Et pourtant, les Accords de Matigon-Oudinot et l'Accord de Nouméa sont des modèles de solutions politiques complexes répondant à une situation politique calédonienne complexe !
Face aux problèmes de la société calédonienne qui perdurent, j'ai bien l'impression que c'était TROP GRAND ! Nos responsables politiques et nous-mêmes, citoyens de base, n'avons pas été à la hauteur du défi que comportait ces Accords !

C'est ce qui avait motivé ce blog que j'avais voulu illustrant cette complexité pour prendre mes distances, autant avec les experts "en tout et n'importe quoi" (***), qu'avec la politique, trop politicienne ("pirandellienne"(****)) à mon goût. 
Engagé en politique je n'ai jamais pu penser que j'avais et mon parti avec moi, complètement raison et les partis adverses complètement tort ... C'est dur de faire de la politique avec une telle posture intellectuelle et c'est pourquoi j'assume mes contradictions (je les cultive même, et certains billets en sont un témoignage ...) comme une part vécue de ma réalité calédonienne. Mais aussi comme une porte ouverte sur la complexité des choses calédoniennes et son appréhension.
CAR;
Pour une complexité bien comprise:
La complexité ne signifie pas la complication des choses;
La complexité n'entraîne pas l'inertie, ni l'inaction;
La complexité, c'est l'approche globale des choses selon Edgar Morin.
La complexité c'est le paradigme du LIEN et de la mise en RELATION.
La complexité engendre l'ouverture d'esprit et nécessairement une attention à l'Autre;
la complexité enrichit l'action !

(*) "Héros" d'une petite bande dessinée du journal "Le Monde" il y a de nombreuses années.
(**) Acculturation : processus par lequel un groupe humain assimile tout ou partie des valeurs culturelles d'un autre groupe humain.
(***) Depuis le temps que ces experts nous étudient et nous scrutent ainsi que la société calédonienne que nous formons pour proposer des solutions à nos problèmes, le paradis ne devrait plus être loin ! 
(****)De "Pirandello" qui a écrit une pièce de théatre: "Chacun sa vérité".

mardi 14 juin 2011

Le Peuple Calédonien existe ... Je l'ai rencontré.

Pseudo-fiction number calib'12 ... Euh ! Twelve (Pardooon ...).

Le Peuple Calédonien existe,
Et je crois le croiser un peu tous les jours.

Le Peuple Calédonien existe,
Mais il l'ignore lui-même !

Le Peuple Calédonien existe,
Le souhaite-t-il vraiment ?

Le Peuple Calédonien existe,
Il est subliminal !

Le Peuple Calédonien existe,
Trop souvent comme une incantation ...

Le peuple Calédonien existe,
Jamais ne sera l'otage d'un parti politique,
Ni d'aucune cause ...  politique.

Le Peuple Calédonien existe,
Il ne se confond pas avec toutes les ethnies,
Il est chaque ethnie ...
Et aucune, singulièrement.

Le Peuple Calédonien existe,
Il est le Peuple Kanak ...
Et tous ces agrégats étranges,
Et étrangers les uns aux autres
Venus du ciel ... Ou par la mer.
Forcés ou libres
Agrégés par l'histoire
Sur ce bout de terre rouge et verte,
Entourée du bleu profond du Pacifique.
Comme un drapeau !
Baigné de soleil ...
Quand il ne pleure pas.

Le Peuple Calédonien existe,
Comme Jésus, il marche à côté de nous !
Sans qu'on le sache ...

Le Peuple Calédonien existe:
Il n'est ni Noir, ni Blanc, ni Noir et Blanc.
Il n'a pas de couleur, même pas arc-en-ciel !
Il est lumière, éclair ou tonnerre, il est entrevu, parfois.
Produit du choc et de l'amalgame de ses éléments constituants:
Races et Cultures (!), Histoires et Conflits;
Attractions et Répulsions, Orages et Paix;
Tout cela à la fois,
Mais pas seulement à La Foa !

Partout en Calédonie je rencontre le peuple Calédonien,
Aux Iles de la Loyauté, dans les quartiers, dans les tribus,
Dans les repas de famille, à la plage, en pique-nique,
A la chasse ou à la pêche, au boulot aussi,
A l'église ou au temple, aux kermesses des écoles,
Devant les collèges, dans les classes des lycées ...
Sur les piquets de grève !

le Peuple Calédonien c'est tout ça;
Et c'est Mon Peuple !

Le Peuple Calédonien existe ...
Dans ma tête et dans mon coeur, 
"Ben ça, c'est sûr" !

Le Peuple Calédonien existe,
Car je n'en ai pas d'autre.
Et s'il se résume à un singleton, un peu paumé,
Je serais fier d'en être le représentant.

Le Peuple Calédonien existe ...
Peut-être !!!

Nabwé !
Et merci de m'avoir lu ...

lundi 21 février 2011

Vivre avec et dans l'incertitude en Nouvelle-Calédonie.

1960 (8 ans), 2010 (58 ans); cinquante ans d'incertitudes !
La certitude et l'incertitude se côtoient en Notre cher Pays, comme deux soeurs inséparables, nées de l'histoire bouleversée d'un archipel qui n'a pas échappé au grand mouvement de "découverte" du monde par une Europe dominatrice et assoiffée de conquêtes entre les 15ème et 20ème siècles.
L'installation de la France en Nouvelle-Calédonie en 1853 a enlevé toutes les certitudes que les Kanak avaient acquises au cours des quelques millénaires d'évolution à travers le Grand Océan.
Marginalisés tout en étant évangélisés: mythes ébranlés, organisations sociales déstabilisées, l'Incertitude est devenue leur compagne ...
Les colons chargés de "mettre en valeur" ce beau pays avaient des certitudes en quittant leurs régions d'origine, ils participaient au déploiement du progrès et de la civilisation (la seule envisageable en ce temps ...) dans le monde, ils allaient trouver une vie meilleure ... Puis l'incertitude le plus souvent survenait; abandonnés  par un pouvoir colonial lointain, ils ont vite déchanté; pour se forger la seule certitude qui pouvait les sauver: ne compter que sur eux-mêmes ... Pour faire face à l'incertitude de lendemains pas très enchanteurs !
Et ces histoires ainsi se sont faites, séparées; jusqu'à ce qu'un Mouvement (d'Union Calédonienne) au début des années cinquante rapproche ces lignes d'histoires incomplètes et vaguement incertaines !
Pour proposer une certitude avant-gardiste: s'il y a deux couleurs qui se côtoient depuis tant d'années en s'ignorant en fait, la seule voie envisageable est celle de constituer un Seul Peuple dont les fondements seront à écrire ...
Mais NON !
C'était sans compter les velléités néo-coloniales d'un gouvernement français malade de perdre son empire.
A cette époque (fin des années cinquante, début des années soixante) j'accédais à l'âge de raison:
1960: 8 ans ...
Je suis moi aussi tombé dans l'incertitude, au sortir d'une petite enfance broussarde. Une vie de doutes, de découvertes amères, d'incompréhensions fondamentales, de questionnements incessants ; entre la Brousse natale, la Ville pour apprendre; le village des "Blancs", la Tribu d'à côté méconnue; l'engagement politique ensuite, pour une certitude, les descendants de colons devront faire "amende honorable" et regarder si leurs voisins Kanak ne manquaient pas de ces terres que la colonie leur avait attribuées ...
Mais NON !
1977: 25 ans ...
Occupation de terre à Amoa, Poindimié.
La terre se dérobait sous les pieds des colons ! Comme une incertitude majeure.
Et pourtant, les colons avaient travaillé leurs terres et il n'y avait rien à céder ! C'était une certitude !
Ainsi, l'incertitude sur l'avenir d'un avenir harmonieux, "Deux couleurs un seul peuple", gagna du terrain. L'indépendance pointait son nez.
La certitude des uns, "les contre", contre la certitude des autres "les pour" faisait un boulevard à mon amie mauvaise "l'incertitude"; tout est devenu à nouveau incertain, fragile, radical.
Partir ou rester; vivre ou mourir; aimer ou haïr; les  choix étaient devenus tout d'un coup simples !
1984 ... Hienghène, des Kanak meurent sans avoir pu combattre !
1988 ... Ouvéa, des Kanak combattent et meurent !
Plus aucune certitude, rien à entrevoir restait à entre-vivre, peut-être, ou entre-mourir ?
1987: 35 ans ...
Dans cette vallée grise du Temps Des Evénements, l'incertitude régnait avec la peur, à quelques uns, nous marchions, une petite lampe électrique à la main comme seule certitude éclairante: il fallait dialoguer avec le Peuple Kanak, reconnu en tant que Peuple; ce fut l'Union des Calédoniens pour un Dialogue avec le Peuple Kanak (UCDPK). La Foa, Conception-Robinson, Népoui, etc. Des Calédoniens entrouvraient le chemin ... Celui du courage et de la générosité !
Mais, même l'Accord, signé en 1988, justement courageux et généreux, restait incertain.
La preuve, Jean-Marie en est mort ...
Le travail, auprès des jeunes collégiens me permit, un peu de certitude: l'intelligence était partout, chez mes élèves kanak comme caldoches, il suffisait de se pencher et d'y croire un peu pour la faire éclore ! Mais  dans ce collège que je dirigeais, sur la Côte Est, c'était sans compter les trahisons, de ces faux-amis et faux-moines (fausses nonnes aussi !) pas très catholiques, "toutes ethnies confondues", pour le pire...
Les mots de mes certitudes pédagogiques ont butté sur la certitude des préjugés (presqu'un pléonasme !) de "collègues" inexpérimentés, ignorants ou mauvais.
Puis;
1998: 46 ans ...
Les mots de mes certitudes politiques ont failli face aux maux d'une incertitude que l'Accord de Nouméa n'a pas effacée, reportant cette échéance impossible, 1998 (chut !!! Plus d'autodétermination ...).
Certitude et incertitude m'ont accompagné en 2002 (Législatives: "Pour Réussir l'Accord de Nouméa" était le slogan de Jean-Raymond Postic et de moi-même et 2004 pour les Provinciales: avec Jean-Marc Pidjo de Pouébo et Marie-Christine Hannequin de Koumac, nous avions voulu rêver) lors de deux engagements électoraux; issus de rien, sans moyens, nous espérions tout !
Et la citoyenneté calédonienne d'abord ! Toujours aussi improbable; c'est une certitude.
Enfin;
La promotion sociale, espérée libératrice et fondatrice d'un nouveau destin commun, sang de l'ADN, trébucha sur les certitudes de nos politiciens fondées sur des interprétations partisanes d'un Accord pourtant généreux pour tous; certitudes qui les conduisaient à s'affronter quand il fallait construire ensemble.
Confisqué, le rêve d'un emploi sûr et rémunérateur, confisqué sur l'autel d'un manque de formation (initiale et professionnelle) endémique pourvoyeur d'incertitudes pour nos jeunes !
Incertitude toujours d'un non avenir à vivre... C'est certain !
2010: 58 ans ...
Tout reste toujours à faire !
Incroyable ! Non ?
Cinquante années plus tard, l'incertitude de l'à venir fait que quelques uns s'accrochent toujours à leurs certitudes, forgées dans la peur ... De l'Autre !? Ou dans l'arrogance ... Du pouvoir !? Quand la certitude que rien n'est acquis continue de faire le lit de ... L'incertitude.

Il y a longtemps que j'ai perdu toute certitude.
Je fais semblant de croire, comme à l'existence de Dieu !
Ma dernière fille a eu en 2010 l'âge que j'avais en 1960. Comment vivra-t-elle, ainsi que tous les enfants de son âge, les 50 ans à venir ?
Dans l'incertitude ?


Précisions du 22 février 2011:
Je sais que la VIE et l'Incertitude sont indissociablement liées, comme une part de la nature de notre Nature (humaine). 
Fondamentalement, ce que je reproche à beaucoup trop de mes compatriotes ce sont toutes ces certitudes éructées lors de BBQ arrosés ou par ces seigneurs de la communication médiatico-politique (merci M. Brel); les uns comme les autres incapables de laisser place à cette zone d'incertitude qui, dans toute pensée, fonde notre humanité et nous rapproche des Autres.


PS. Merci à Heisenberg pour son principe d'incertitude ... Qui appliqué, aux sciences humaines, bouscule les certitudes !

jeudi 11 novembre 2010

Vivre l'Avant "Après 2014" comme l'Avant 1998 ???

Ca y est, c'est parti ! Tous les partis (qui ne sont pas partis) s'activent. Avec le départ de Dassonville (qui lui, est parti, donc) et l'arrivée de Dupuy, la Machine de "l'Après 2014" est lancée.
Les "Ennemis de Trente Ans", tous ces hommes et femmes politiques, élus ou non, qui se connaissent depuis si longtemps, qui se sont af-FRONT-és ou con-FRONT-és, (FRONTs comme: F-I, F-ULK, F-LNKS, F-N, F-Républicain, F-Calédonien), mais aussi qui se sont réconciliés, "partenairiarisés", unis, désunis ... Ces "Ennemis de trente Ans" vont maintenant plancher sur "Après 2014".
Expertises (encore et une fois de plus), études et voyages d'études je suppose, réunions (secrètes) et côôllooooques, vont aller bon (ou mauvais) train pour nous concocter LA solution !
Peut-être sera-t-elle, une fois de plus la bonne ! Car de mon point de vue, les Accords de Matigon-Oudinot de 1988 comme ceux de Nouméa de 1998, malgrè des défauts incontestables (plus dans leurs mises en oeuvre que dans leurs lettres), resteront des modèles de compromis historiques et justes (toujours dans leurs lettres).
"Dans leurs lettres", car celles-ci sont imprimées, lisibles, incontestables !
C'est l'esprit de ces accords souvent (trop !) sujet à débats, interprétations et contestations qui ne fait pas l'unanimité. Chacun des signataires, et finalement chacun d'entre nous, citoyens ou non calédoniens, interprète ce qu'il a signé ou voté (lors des référendums) selon ce qu'il veut bien admettre dans son for(t ?!) intérieur.
MAIS,
Au quotidien, dans la VRAIE VIE, celle des quartiers, des villages, des tribus, des collèges et lycées, dans les rues et sur la route, sur la plage de Magenta ou à Nouville, à Bourail ou à Houaïlou, sur les mines ou dans les usines, sur les chantiers, dans les entreprises ...
Comment allons-nous vivre cet Avant "Après 2014" ?
Parce que ces années qui passent sont des années de vie, de nos vies ! La peur de l'Autre, la crainte de l'Avenir, les domineront-elles, nos vies, en attendant cet "Après" , si incertain ?
...---...
Je n'ai pas trop envie de vivre un Avant "Après 2014" comme j'ai vécu l'Avant 1998 !
(Et avant Avant, un Avant Evénements ...!!!)
Je me souviens,
En 1996, 1997, 1998, les élèves du collège que je dirigeais sur la Cote Est, qui déstabilisaient leurs professeurs à coup de " Madame, en 1998, c'est l'indépendance, vous allez partir "!
Ou ces supporters des équipes adversaires de l'équipe de France de foot-ball, pour marquer ostensiblement leur choix politiques !
Ou ces autres qui se voyaient déjà reprendre des terres qu'abondonneraient inévitablement des colons (au sens calédonien, s'entend).
Certains aussi, caillassages qui pouvaient être mis sur le dos de cette perspective ... Comme d'autres exactions.
C'était essentiellement le fait de Kanak, tout le monde l'a compris ! Et ce n'est pas insultant que de l'affirmer ! Au contraire ! Mais, tout le monde le comprend-il ? Tout le monde comprend-il un Malaise Certain chez les Kanak, Nos Frères ... Combien même, certains d'entres eux ont ... Réussi ! Se sont enrichis, ou occupent des postes importants et bien payés, dans des administrations publiques, ou de grandes entreprises !
...---...
En sera-t-il différemment dans cette période d'Avant "Après 2014" qui s'ouvre ?
Ces actes de délinquance kanak ou d'incivilités, jamais bien loin d'une forme de rebellion politique fondamentale, parfois même revendiquée à la barre du Tribunal !
Le rejet du système scolaire par certains jeunes et dont les Kanak sont l'échec majeur ...
La squatterisation d'une population dont les aspirations et les idéaux ne sont pas pris en compte par les promoteurs privés ou institutionnels en termes d'habitats (chocs psychosociologiques assurés pour des habitants agglutinés dans des cages à lapin quand la nature même de leur vie est liée à l'espace).
Ces Kanak parfois même montrés du doigt comme des étrangers en Province Sud, un comble !
Et bien d'autres distorsions majeures de la Société Calédonienne dont les Kanak, jeunes ou moins jeunes souffrent.
...---...
Alors, pour finir, aborder cet Avant "Après 2014" sans prendre en compte La Contradiction Fondamentale qui subsiste (persiste ?) après vingt ans d'Accords Matignon et de Nouméa entre le Peuple Kanak et le Reste de la Population Calédonienne conduira inévitablement à la déception. Cette contradiction qui tiraille tous les compartiments de la société calédonienne.

Cette contradiction "Kanak/ Non Kanak" dont le dépassement reste l'essence même de l'Avenir du Destin Commun.
Quoiqu'en disent ceux qui se voilent la face.

Post-sciptum du 13/11/2010:
Et cette contradiction sociétale calédonienne en recouvre une autre bien connue, de contradiction sociétale, plus universelle aussi, à méditer pour l'avenir:
La violence est d'autant plus présente qu'une société est inégalitaire !
Post-scriptum du 16/11/2010:
Précision. Evoquer une "contradiction" ici signifie que la société calédonienne porte en son sein des éléments qui au mieux sont différents, au pire divergent voire s'opposent ! Tout projet de société calédonienne harmonieuse et apaisée (comme celui plus ou moins explicite que porte l'idée de "communauté de destin"), devra résoudre (la dépasser, donc) cette contradiction c'est-à-dire trouver les moyens de rapprocher ses termes: réduire les frustrations, apaiser les craintes et les peurs, diminuer les écarts sociaux et économiques, favoriser les rapprochements culturels, garantir une éducation scolaire efficiente pour tous ... Non seulement en termes de mots, mais surtout d'actions dont les effets seront mesurables au niveau des individus et des groupes humains auxquels elles s'appliqueront.

dimanche 18 juillet 2010

Merci, Monsieur le Premier Ministre Fillon ! Pour votre visite digne et honnête.

Je vous ai suivi, de loin, ne faisant pas parti de tous ces assoifés de reconnaissance qui vous ont collé aux basques.
J'ai apprécié votre posture, élevée et simple à la fois.
Vos interventions, sans langue de bois, auxquelles nos élus ne nous ont pas habitués.
Mais, il est vrai que vous êtes le Premier Ministre de la France !
Et que ceux qui se sont évertués à se montrer proches de vous lors de votre séjour, ne sont que de petits élus locaux d'un pays de 250 000 habitants (à peine le trois millième de la France) ! Certains semblables à cette grenouille qui voulait être plus grosse que le boeuf !
On avait parfois l'impression qu'ils étaient les élus d'un très pays trop grand pour eux... Celui de leur rêve de puissance. Heureusement qu'il y avait nos Vieux et nos Vieilles Kanak comme ceux qui vous ont accueilli à Tiendanite avec fierté et simplicité.
Grande a été votre prise de position, simple et sans ambiguïté aussi, pour l'élévation du drapeau de Kanaky au côté de celui de la France.
Votre intervention ce soir sur TNC a montré toute votre classe dans ce dossier;
Tellement éloignée des réticences, des marchandages, des magouilles, des frustrations, de mes compatriotes. Plus cons que patriotes en l'occurrence sur ce sujet du drapeau de Kanaky flottant au côté de celui de la France.
Ce drapeau que même les médias ne savent pas comment présenter (entendu: drapeau kanak, drapeau des kanak, drapeau du FLNKS, drapeau des indépendantistes, drapeau tâché de sang ...), à croire qu'ils sont étrangers à Notre Pays, ou qu'ils n'étaient pas là quand Jean-Marie Tjibaou l'a élevé au nom de Kanaky).
C'est bien le drapeau de Kanaky qui est élevé, ce pays rêvé par tout un peuple en quête d'une reconnaissance qu'encore quelques abrutis de mes patriotes cons, caldoches ou métros venus chercher et trouver fortune (indexée ou dans les affaires) lui refusent !
Les Kanak dérangent, M. le premier Ministre, et ils les "emmerdent" (je le sais depuis trop longtemps, à en être malade); mais vous, étranger à notre petit pays, vous les reconnaissez, c'est un comble !
Mais rassurez-vous, ces aigris ne pèsent pas lourd dans votre avenir politique, comme les afrikaneers n'ont rien empêché de l'évolution de l'Afrique du Sud, même s'ils ont pris le temps de lui faire du mal, continuez votre chemin, celui de la grandeur de la France que trop de Français de Calédonie méconnaissent !
Merci Monsieur Fillon !
Le petit Peuple Kanak est grand et intelligent, ses élus, certes, peinent à être à la hauteur de son destin, mais les autres, caldoches, métros, wallisiens et futuniens, tahitiens, réunionnais, antillais, indonésiens, vietnamiens, chinois, qu'attendent-ils pour lui reconnaître au moins son droit à voir son drapeau flotter à côté de celui de la France, quand eux-mêmes sont fiers du leur ... Chez eux !!!
Un drapeau pas plus entâché de sang que celui que la France a fait couler ici et ailleurs !!!
Messieurs les censeurs, marre de votre arrogance et de votre ignoble ignorance ...
Aujourd'hui, la France est grande, ses enfants calédoniens sont encore petits.
VIVE LA FRANCE, VIVE KANAKY, VIVE LA NOUVELLE-CALEDONIE, VIVE LA FRATERNITE DE NOS PAYS ET DE LEURS PEUPLES !


Post scriptum:
Et arrêtons cette agitation (masturbation ?) intellectuelle sur un drapeau commun qui relève plus de la quadrature du cercle que de la proposition réaliste (à ce jour s'entend ) ! Quand bien même il reste un idéal à atteindre.
Et puis, au moins, les joueurs de l'équipe de foot-ball de la Nouvelle-Calédonie (quasiment tous kanak) pourront agiter le drapeau de Kanaky en cas de victoire comme ils l'ont fait aux jeux précédents sans choquer (puisqu'il sera devenu l'un des nôtres - à coté du "Bleublancrouge" !) ... !!!


Post scriptum du 19 juillet:
Confirmation d'une incompréhension et d'une inculture politique mageures:
La toile fourmille de messages transférés par les uns ou les autres pour rejeter le drapeau du Peuple Kanak;
Au nom d'une soi-disant identité calédonienne commune ou d'une volonté des "jeunes" (sic) de voir un drapeau "neutre", ou encore au nom de l'Accord de Nouméa, car certains découvrent enfin cet Accord !  "12 ans après" le début de son application; que ne l'ont-ils lu plus tôt !
Douze années pendant lesquels rien n'a avancé sur la question du drapeau;
Peut-être que tous ces "jeunes" qui se réveillent aujourd'hui auraient pu se manifester, à l'Université, dans les lycées, pour, "toutes ethnies confondues" (re-sic), faire des propositions et solliciter nos politiques !
A tous je redis ma conviction:
La reconnaissance du drapeau du Peuple Kanak est une étape essentielle et incontournable, qui favorisera la construction d'un destin commun sur des bases authentiques. (Et non pas sur des incantations ...).

A bon entendeur ... Un éveilleur néo-calédonien.

lundi 17 mai 2010

Le Destin Commun, la Tour de Babel et le Père Rock Apikaoua.

Dimanche après-midi, de retour de Tchamba,
J'écoute Radio Djiido, en direct de Nathalo, Lifou,
Le Père Rock Apikaoua s'exprime.
Je dresse l'oreille:
Il parle du Point d'interrogation ?
Des Points de suspension ...
Qu'il voudrait mettre au début
De la parole !
Je suis comme Lui,
J'aime ces ponctuations
Qui font parler l'écrit.
Quand il évoque La Tour de Babel,
Je monte le son.
Il vient de glisser vers le Destin Commun;
Il n'évoque pas La Tour de Babel
Comme une issue fatale au Destin Commun.
Ce que j'ai retenu,
Peut-être pas ce qu'il a voulu exprimer,
C'est l'image biblique.
Extrêmement pertinente.
Du probable destin du "Destin Commun"
Si on n'y prenait garde.
...
Nouméa dimanche soir,
TNC:
Babel,
Encore:
D'Alejandro Gonzalès Inarritu.
Un film prenant,
M'hypnotisant,
Par sa force simple !
Incroyable rencontre
De destins qui n'avaient rien de commun.
A priori !
Tragique.
...
Improbable coincidence
Un dimanche ordinaire;
Babel quand tu nous tiens
De quelle(s) destinée(s) nous parles-tu ?
...

mardi 27 avril 2010

Des destins communs brisés: leçon d'histoire belge...Rwandaise, yougoslave !

Leçon d'histoires passées et présentes:
En Belgique, à l'heure actuelle, ils sont tous "blancs" ... Avec des langues différentes et un seul roi; ils se déchirent !
Au Rwanda, au tournant du siècle, ils étaient tous "noirs" ... Avec des histoires différentes celles des Tutsis et des Hutus, ils se sont déchirés !
En Yougoslavie, dans les années 90, ils étaient tous "blancs ou presque" ... Avec des religions différentes et un état fort, ils se sont déchirés !
Comme beaucoup d'autres pays de par le monde ... Qui ont voulu ou pour lesquels "on" a voulu mettre en place un "Destin Commun". Ce "on" pouvant être aussi varié qu'une institution internationale, une ancienne puissance coloniale, un homme charismatique ... Ou le hasard !
Et ces trois pays ci-dessus, ont rompu les fragiles équilibres élaborés avec force imagination juridico-constitutionnelle, ou par la force d'un seul homme, ou encore avec une force ... Armée !
Pour finir écrabouillés par leurs propres démons !
La preuve que rien est acquis parce qu'on l'a dit, écrit, ou encadré ... Si les hommes et femmes du pays n'ont pas fait leur, au plus profond d'eux-mêmes, dans leurs tripes autant que dans leur coeur cette aspiration à une communauté de destin. Et encore !!!
Chez nous "on" entretient l'illusion d'une paix, en fait toujours fragile au-delà des apparences, et celle d'un destin commun possible, que j'imagine plus par la force des choses -"condamnés à vivre ensemble"- en étant  l'expression consacrée, que par une "folle envie de vivre ensemble", Kanak, Caldoches, Zoreilles ou Wallisiens... Et autres ethnies "confondues" !

Messieurs, Frogier, Néaoutyine, Gomès, Tuyénon, Martin, Wamytan, Leroux, Pidjot, Michel, Mapou, Jodar, Uréguéï, Guénant;
Mesdames, Thémereau, Guanéré, Lagarde, Deteix, Ohlen, Goyetche, Robineau, Gorodey, Daly, Eurisouké, Voisin, Machoro;
Mesdames, Messieurs, mes concitoyens, citoyens ou non du Pays Nouvelle-Calédonie, TOUS, nous sommes interpellés par la question suivante:
Avons-nous la même appréhension et compréhension du destin commun pour (Kanaky-)Nouvelle-Calédonie ?
Rappelons-nous donc:
Les Hutus et les Tutsis au Rwanda, où une ethnie dominante devait garantir l'unité;
Les Wallons et les Flamands en belgique, où un régime de monarchie parlementaire devait garantir l'unité;
Les Serbes, Croates ou Bosniaques en Yougoslavie, où un régime de parti unique et une idéologie "forte" devaient garantir l'unité;
Unités et communautés de destin  qui ont volé en éclats !
Et, soit dit en passant, l'ECOLE dans ces pays, même après plusieurs générations d'écoliers, n'a pas empêché la déchirure, ni la fracture, voire la guerre !
Ce n'est donc pas l'ECOLE qui, en Nouvelle-Calédonie fera ou bâtira une communauté de destin mais notre projet COMMUN et CONSENSUEL de vivre ensemble dans une même société MULTICULTURELLE !
Il s'agit bien ici d'un projet commun de société ... Si nous en avons l'envie, pas parce que nous y sommes condamnés ! 
Or, en Nouvelle-Calédonie, les écarts entre les idéologies des différents partis politiques et des différentes parties (les Hommes et les Femmes, les cultures,etc.) en présence, sont si grands qu'un rapprochement en vue d'un consensus sur une vision commune d'une société kanako-néo-calédonienne multiculturelle me semblent une utopie ... A ce jour ! Je n'évoque pas ici un accord politique que nos hommes et femmes politiques sauront probablement trouver.
Car, précisément, ce que nous apprend l'histoire des trois pays évoqués ici, c'est que:
Tout accord politique restera superficiel avec des équilibres fragiles, tant que l'on ne s'attaquera pas aux fondations d'une véritable communauté de destin ! Là où tout reste à faire. 

P.S. Il suffit de constater à quel point nous sommes partagés sur une question qui pourrait être anecdotique ... Celle du drapeau !