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jeudi 11 décembre 2025

8 mai 1979 : un petit calédonien prenait position pour l'indépendance !

Vous lirez ci-après un article écrit en 1979 par un "petit calédonien", expression employée par Max Chivot, socialiste calédonien, pour désigner ces calédoniens non Kanak d'origines modestes qu'il ne voulait pas voir confondus avec la classe des grands propriétaires terriens ou des grandes "Maisons" de la Place de Nouméa qui dominaient l'économie calédonienne.
Je croyais et je m'entête à croire, au fond de moi, que cette Union Calédonienne de nos Pères et de nos Vieux, celle des "deux couleurs, un seul peuple", était le Mouvement politique où il fallait être ... et je pensais que c'est bien en "préparant l'indépendance" après une période d'autonomie interne qu'on arriverait à ce rêve. C'est ce qui m'a motivé à rejoindre l'UC en 1977, année ou malheureusement, après le congrès de Bourail, d'autres la quittaient ...
Et aujourd'hui, en l'honneur de la date anniversaire de la naissance de "L'Avenir Calédonien", hebdomadaire de l'UC, né le 11 décembre 1954 ( référence: "Contribution à l'histoire du Pays Kanak", Editions IKS), j'ai décidé de proposer cet article, publié précisément dans "L'Avenir" en 1979, et que j'avais écrit à la demande de Pierre Declercq dans le but d'expliquer pourquoi, en tant que "Calédonien Blanc", j'estimais que le choix de l'indépendance était légitime pour cette partie de la population dont je faisais partie.
Traduction en termes d'aujourd'hui, je dirais que: "les calédoniens de toutes origines devaient rejoindre le combat du Peuple Kanak, pour mettre fin à une situation coloniale aliénante pour tout le monde"; situation qui est toujours d'actualité !!!...
.../...
N.B.: Chère lectrice et cher lecteur (rares) de ce blog, je vous demande d'excuser cette insertion de photos ci-après de l'Avenir, de mauvaise qualité; je ne suis pas un champion de l'informatique !!!
Dans cet article qui date donc de mai 1979, vous devrez excuser également les termes employés qu'il faut contextualiser: Calédonien blanc, Mélanésien, entre autres ...
C'était il y a ... 46 ans !




jeudi 27 septembre 2012

A Charly Pidjot.

Il aimait à m'appeler par le terme "Vieux", avec respect. Cela me faisait tout drôle, je me sentais honoré. Je ne savais pas que nous avions dix années d'écart, je viens d'avoir soixante ans ! Il en avait cinquante, trop jeune !
Je réalisais alors que lorsque je suis entré à l'Union Calédonienne, en 1977, j'avais 25 ans, que je fréquentais la tribu de La Conception pour aller chez le Vieux député Rock Pidjot; il devait déjà être là, dans les "parages", dans les familles, encore bien jeune, à 15 ans.
Je regrette Charly, il avait une vision de l'avenir ! J'ai eu l'occasion de lui en faire la remarque en l'engageant à COMMUNIQUER sur sa vision; car une vision tient plus de l'intuition que du raisonnement rationnel ! Et tout le monde n'est pas censé accéder spontanément à une vision !
Il en va de même pour Pierre Frogier, d'ailleurs, dans cette histoire de drapeau et de partage des pouvoirs !
Charly marchait sur une ligne de crête, moralement fort, physiquement affaibli. Il a trébuché, il est tombé, Yasur a avalé un homme patient et déterminé, parfois coléreux, à juste titre !
Notre Vieux Parti est décapité, une fois de plus ... J'en suis malade !
Il s'en relèvera, c'est sûr, mais à quel prix.
Kanaky-Nouvelle-Calédonie est une fille "un peu perdue"; son jeune cerveau part dans tous les sens; et ses parents, toujours aussi séparés, ne maîtrisent plus grand'chose, tout en faisant semblant ...
Charly, tu es mort en colère, tu l'avais crachée, après l'élection d'un drôle de président au Congrès, comme le Yasur, au pied duquel tu t'étais réfugié, pour te soigner. tu t'es senti trahi par des hommes et des femmes politiques de peu de foi ... De peu de foi en Ton Pays; celui qui les accueille pourtant !
Quand la politique se fait manipulatrice, Charly, ta foi en un pays réconcilié n'y peut rien.
Comment te rendre hommage, Charly, peut-être en adhérant à nouveau à ce vieux Mouvement d'Union Calédonienne ? Comme pour faire la preuve que quelques uns avaient été touchés par ta démarche ... et celle de Pierre Frogier !
A bientôt, Charly, nous en reparlerons ensemble; repose-toi bien maintenant, tu as fait le job, merci !

lundi 21 février 2011

Vivre avec et dans l'incertitude en Nouvelle-Calédonie.

1960 (8 ans), 2010 (58 ans); cinquante ans d'incertitudes !
La certitude et l'incertitude se côtoient en Notre cher Pays, comme deux soeurs inséparables, nées de l'histoire bouleversée d'un archipel qui n'a pas échappé au grand mouvement de "découverte" du monde par une Europe dominatrice et assoiffée de conquêtes entre les 15ème et 20ème siècles.
L'installation de la France en Nouvelle-Calédonie en 1853 a enlevé toutes les certitudes que les Kanak avaient acquises au cours des quelques millénaires d'évolution à travers le Grand Océan.
Marginalisés tout en étant évangélisés: mythes ébranlés, organisations sociales déstabilisées, l'Incertitude est devenue leur compagne ...
Les colons chargés de "mettre en valeur" ce beau pays avaient des certitudes en quittant leurs régions d'origine, ils participaient au déploiement du progrès et de la civilisation (la seule envisageable en ce temps ...) dans le monde, ils allaient trouver une vie meilleure ... Puis l'incertitude le plus souvent survenait; abandonnés  par un pouvoir colonial lointain, ils ont vite déchanté; pour se forger la seule certitude qui pouvait les sauver: ne compter que sur eux-mêmes ... Pour faire face à l'incertitude de lendemains pas très enchanteurs !
Et ces histoires ainsi se sont faites, séparées; jusqu'à ce qu'un Mouvement (d'Union Calédonienne) au début des années cinquante rapproche ces lignes d'histoires incomplètes et vaguement incertaines !
Pour proposer une certitude avant-gardiste: s'il y a deux couleurs qui se côtoient depuis tant d'années en s'ignorant en fait, la seule voie envisageable est celle de constituer un Seul Peuple dont les fondements seront à écrire ...
Mais NON !
C'était sans compter les velléités néo-coloniales d'un gouvernement français malade de perdre son empire.
A cette époque (fin des années cinquante, début des années soixante) j'accédais à l'âge de raison:
1960: 8 ans ...
Je suis moi aussi tombé dans l'incertitude, au sortir d'une petite enfance broussarde. Une vie de doutes, de découvertes amères, d'incompréhensions fondamentales, de questionnements incessants ; entre la Brousse natale, la Ville pour apprendre; le village des "Blancs", la Tribu d'à côté méconnue; l'engagement politique ensuite, pour une certitude, les descendants de colons devront faire "amende honorable" et regarder si leurs voisins Kanak ne manquaient pas de ces terres que la colonie leur avait attribuées ...
Mais NON !
1977: 25 ans ...
Occupation de terre à Amoa, Poindimié.
La terre se dérobait sous les pieds des colons ! Comme une incertitude majeure.
Et pourtant, les colons avaient travaillé leurs terres et il n'y avait rien à céder ! C'était une certitude !
Ainsi, l'incertitude sur l'avenir d'un avenir harmonieux, "Deux couleurs un seul peuple", gagna du terrain. L'indépendance pointait son nez.
La certitude des uns, "les contre", contre la certitude des autres "les pour" faisait un boulevard à mon amie mauvaise "l'incertitude"; tout est devenu à nouveau incertain, fragile, radical.
Partir ou rester; vivre ou mourir; aimer ou haïr; les  choix étaient devenus tout d'un coup simples !
1984 ... Hienghène, des Kanak meurent sans avoir pu combattre !
1988 ... Ouvéa, des Kanak combattent et meurent !
Plus aucune certitude, rien à entrevoir restait à entre-vivre, peut-être, ou entre-mourir ?
1987: 35 ans ...
Dans cette vallée grise du Temps Des Evénements, l'incertitude régnait avec la peur, à quelques uns, nous marchions, une petite lampe électrique à la main comme seule certitude éclairante: il fallait dialoguer avec le Peuple Kanak, reconnu en tant que Peuple; ce fut l'Union des Calédoniens pour un Dialogue avec le Peuple Kanak (UCDPK). La Foa, Conception-Robinson, Népoui, etc. Des Calédoniens entrouvraient le chemin ... Celui du courage et de la générosité !
Mais, même l'Accord, signé en 1988, justement courageux et généreux, restait incertain.
La preuve, Jean-Marie en est mort ...
Le travail, auprès des jeunes collégiens me permit, un peu de certitude: l'intelligence était partout, chez mes élèves kanak comme caldoches, il suffisait de se pencher et d'y croire un peu pour la faire éclore ! Mais  dans ce collège que je dirigeais, sur la Côte Est, c'était sans compter les trahisons, de ces faux-amis et faux-moines (fausses nonnes aussi !) pas très catholiques, "toutes ethnies confondues", pour le pire...
Les mots de mes certitudes pédagogiques ont butté sur la certitude des préjugés (presqu'un pléonasme !) de "collègues" inexpérimentés, ignorants ou mauvais.
Puis;
1998: 46 ans ...
Les mots de mes certitudes politiques ont failli face aux maux d'une incertitude que l'Accord de Nouméa n'a pas effacée, reportant cette échéance impossible, 1998 (chut !!! Plus d'autodétermination ...).
Certitude et incertitude m'ont accompagné en 2002 (Législatives: "Pour Réussir l'Accord de Nouméa" était le slogan de Jean-Raymond Postic et de moi-même et 2004 pour les Provinciales: avec Jean-Marc Pidjo de Pouébo et Marie-Christine Hannequin de Koumac, nous avions voulu rêver) lors de deux engagements électoraux; issus de rien, sans moyens, nous espérions tout !
Et la citoyenneté calédonienne d'abord ! Toujours aussi improbable; c'est une certitude.
Enfin;
La promotion sociale, espérée libératrice et fondatrice d'un nouveau destin commun, sang de l'ADN, trébucha sur les certitudes de nos politiciens fondées sur des interprétations partisanes d'un Accord pourtant généreux pour tous; certitudes qui les conduisaient à s'affronter quand il fallait construire ensemble.
Confisqué, le rêve d'un emploi sûr et rémunérateur, confisqué sur l'autel d'un manque de formation (initiale et professionnelle) endémique pourvoyeur d'incertitudes pour nos jeunes !
Incertitude toujours d'un non avenir à vivre... C'est certain !
2010: 58 ans ...
Tout reste toujours à faire !
Incroyable ! Non ?
Cinquante années plus tard, l'incertitude de l'à venir fait que quelques uns s'accrochent toujours à leurs certitudes, forgées dans la peur ... De l'Autre !? Ou dans l'arrogance ... Du pouvoir !? Quand la certitude que rien n'est acquis continue de faire le lit de ... L'incertitude.

Il y a longtemps que j'ai perdu toute certitude.
Je fais semblant de croire, comme à l'existence de Dieu !
Ma dernière fille a eu en 2010 l'âge que j'avais en 1960. Comment vivra-t-elle, ainsi que tous les enfants de son âge, les 50 ans à venir ?
Dans l'incertitude ?


Précisions du 22 février 2011:
Je sais que la VIE et l'Incertitude sont indissociablement liées, comme une part de la nature de notre Nature (humaine). 
Fondamentalement, ce que je reproche à beaucoup trop de mes compatriotes ce sont toutes ces certitudes éructées lors de BBQ arrosés ou par ces seigneurs de la communication médiatico-politique (merci M. Brel); les uns comme les autres incapables de laisser place à cette zone d'incertitude qui, dans toute pensée, fonde notre humanité et nous rapproche des Autres.


PS. Merci à Heisenberg pour son principe d'incertitude ... Qui appliqué, aux sciences humaines, bouscule les certitudes !

jeudi 15 juillet 2010

Renouvellement du bureau du Congrès: quand la confusion devient la règle !

La confusion est donc devenue la règle au Congrès de la Nouvelle-Calédonie :
La (més)Entente Républicaine où les partenaires d'un jour deviennent adversaires du lendemain; se déchirant à qui mieux mieux sans politique cohérente et lisible !
Autant donc le dire: l'Entente Républicaine n'existe plus. Sauf à vouloir tromper le monde !
Le FLNKS, l'historique, celui qui regroupe l'UC, le Palika, l'UPM et le RDO, qui n'a plus de "Front" que le "F"; trop occupé à se déchirer pour nous proposer une vision commune de l'avenir !
Autant donc le dire: le FLNKS n'existe plus. Sauf à vouloir tromper le monde !
Mais la tromperie est trop souvent un mode de communication en politique... Comme dans la blague lue il n'y a pas longtemps et que je vous livre: "Comment savoir si un politicien ment ? Ses lèvres bougent !"

Lutte d'égos à défaut de confrontation de programmes;
Lutte d'idéologies "bon marché" à défaut de confrontation d'idéaux et d'idées.
Car en analysant bien ce qu'il se passe depuis quelques temps dans notre landernau politique calédonien, c'est bien de cette double confrontation dont il s'agit:
Lutte d'égos car ce sont d'abord les querelles de personnes, de personnalités qui prédominent à travers ces jeux curieux du style "je t'aime moi non plus" ...
Lutte d'idéologies "de comptoir" car ces égos servent des positions politiques plus proches de l'idéologie au sens restrictif du terme que de propositions d'actions concrètes efficaces et surtout au service de l'intérêt général. Des idéologies sous forme de catalogues de propositions plus proches de la démagogie où le discours prétendra toujours servir l'intérêt général ou encore les plus pauvres quand il sert en réalité des intérêts particuliers, partisans ou de lobbies.

Messieurs et mesdames, hommes et femmes politiques; descendez de vos perchoirs,
Rejoignaient la vie réelle, l'économie réelle, la société réelle, la délinquance réelle, le désespoir réel, le travail réel, la maladie réelle, l'école réelle, les quartiers réels ou les tribus réelles.
Si vous aimez votre (Notre) Pays, oubliez vos programmes irréels, irréalistes, vos spécialistes et experts (ou du moins laissez-les là où ils doivent être, universités ou bureaux d'études).
Venez nous rejoindre ... Sur cette terre âpre !

Mais, que l'on ne se méprenne pas sur mon propos: je ne suis pas contre la société (la classe ?) politique; il y a des gens que j'estime parmi les politiques, mais, autant je respecte l'homme ou la femme derrière le politique, autant je déteste le JEU politique auquel certains se livrent avec trop de délectation ! Quelques uns semblent même préférer plus le jeu et ce qu'il peut leur rapporter que la mission qu'ils se sont engagés à remplir en se présentant aux élections !
A moins que certains de nos politiciens ne se sentent "élus" au sens divin et biblique de ce mot ! Ce serait encore plus grave ...

Alors, aujourd'hui, en cette journée un peu spéciale du renouvellement du Bureau du Congrès et du vote du voeu portant sur l'élévation du drapeau de Kanaky au côté de celui de la France, j'ai décidé de faire une petite liste de mes péférences, quitte à m'exposer un peu; ceci dit, j'en ai tellement pris dans la figure au cours de ma vie sociale, professionnelle et politique que ... Même pas peur ! J'ai même envie d'être provocateur.
Bien sûr cette petite liste d'appréciation m'appartient (tiens ce doit être une déformation professionnel d'ancien pédagogue), mais elle reste fondée sur quarante années de pratique politique consciente de la Calédonie de l'intérieur ou dans l'observation attentive; où j'ai vu émerger tant d'hommes (et un peu de femmes) politiques; sans jamais céder dans le sectarisme ni l'ostracisme, l'esprit d'ouverture restant pour ma part la quintessence de l'honnête homme politique !

Let's gooooo !
J'aime bien Caroline Machoro et Gilbert Tyuiénon, ces enfants de Canala dont l'histoire boulversée et mouvementée a rendu plus lucides sur ce qu'il reste à construire et la difficulté à le faire.
J'aime bien Harold Martin, homme de droite et anti-indépendantiste certes, mais un des meilleurs connaisseurs de Notre Pays, de ses gens et de leurs contradictions, qui a appris mieux que beaucoup d'autres l'art du compromis pour le bien de tous; et qui a su évoluer.
Je regrette Didier Leroux, vrai centriste, une gageure en Calédonie, mais aussi une qualité en Calédonie; homme d'affaires bien sûr mais avec un souci sincère des plus humbles et de vraies réflexions et propositions pour une modernisation de notre fiscalité indirecte (TVA) comme de notre économie.
J'estime aussi Louis kotra Urégueï, dont on dit tant de choses, mais parce qu'il fait tant de choses (affaires, syndicalisme, politique), en fait un homme aimable (si, si, j'insiste) en privé et avant tout défenseur de son peuple (Kanak) en public.
Et puis il y a ceux que je ne connais pas assez mais auxquels j'aurais envie de "faire un crédit" de confiance ... Jusqu'à preuve du contraire; comme Eric Gay ...
Il y a Pierre Frogier que je ne parviens toujours pas à cerner sans tomber dans la caricature: homme politique d'expérience et intègre ou homme d'appareil et d'opportunismes ? Mais sa dernière proposition de faire monter le drapeau de Kanaky à côté de celui de la France me ferait penser qu'il gagne en hauteur de vue reste pour lui à convaincre les membres de son parti et ses électeurs de le suivre sur cette voie.
Il y a Charlie (Pidjot) qui me semble vouloir maintenir une ligne qui serait celle de l'Union Calédonienne la plus authentique et historique, résultante de celle du Vieux Député Pidjot, de Jean-Marie Tjibaou et d'Eloi Machoro tout à la fois !
Il y a ceux que je nommerai pas pour ne pas les aimer !
Et il y a le Clan des Philippiens (Gomès, Michel, Germain, Dunoyer) qui me semblent trop s'agiter pour être honnêtes: ne chercheraient-ils pas à capter par tous les moyens ces électeurs inquiets devant un horizon politique dont ils ne comprennent rien (car l'électeur calédonien est trop souvent inculte qu'on peut lui faire gober n'importe quoi...)!
Il y a encore Paul Néaoutyine pour qui j'avais à une époque quelque admiration et dont le positionnement actuel me perturbe.

J'aime en fait ceux qui ne me semblent pas trop soumis au chef, à l'idéologie, au pouvoir, à l'argent (par désintérêt, ou ... parce qu'ils en ont déjà beaucoup !).
Je n'aime pas tous ces médiocres, apparatchiks, suivistes, courtisans, ambitieux (pour eux-mêmes), ceux qui ne connaissent rien ou si peu en fait de Notre (Leur) Pays profond mais qui prétendent le contraire !

jeudi 12 juin 2008

Un grand MERCI, Caro !

Caroline MACHORO était interviewé hier soir par Gonzague De La Bourdonnaye sur Télé Nouvelle-Calédonie, à l'occasion des 20 ans de la signature des Accords matignon-Oudinot mais surtout en tant que signataire des dits accords. Elle a fait partie de la délégation du FLNKS qui a entouré Jean-Marie TJIBAOU pour négocier avec l'Etat et le RPCR après les événements de 1984-1988 et le combat tragique d'Ouvéa.
Pour moi, ça a été un moment fort. Caroline MACHORO a dit les choses de manière si simple, si forte, si lucide, si actuelle que j'en ai été vraiment impressionné.
Elle a parlé autant comme une Kanak, comme une militante, comme une maman que j'en ai été bouleversé.
Elle a parlé politique, histoire, avenir mais à la manière d'une femme.
C'est peut-être là toute la différence; quand elle parle, elle est l'essence de ce qu'elle dit.

Et puis il y avait ce petit bout de femme sur le plateau, Kanak et moderne, fragile et forte, sérieuse et souriante. Une sorte de synthèse d'Eloi MACHORO et de Jean-Marie TJIBAOU ... en femme.

Merci Caro, pour ce que tu es, ce que tu représentes, ce que tu dis ...
J'aimerais t'entendre et te voir plus souvent à la radio ou à la télé ... Cela ferait du bien à tout le monde, dans tous les sens de cette expression ...

mardi 27 mai 2008

C'était il y a 29 ans ... le 8 mai 1979 ...j'avais 27 ans

Cette fois j'ai scanné un article écrit en 1979 et paru dans le bulletin de l'Union Calédonienne: "l'Avenir Calédonien" N°773:
Bon, puisque l'on est dans les anniversaires et les commémorations et les conférences, je continue moi aussi mes évocations. Je suis jalououououx!!! Michel ROCARD est accueilli en héros, l'homme des Accords Matignon-Oudinot a donné une conférence à guichet fermé, tout le monde voulait l'écouter, certains aussi avaient besoin de se "faire montrer" comme on dit ici auprès de lui ... Peut-être sont-ils déjà en campagne pour les élections provinciales de 2009 !
Pouvoir revendiquer être le meilleur défenseur de l'Accord de Nouméa, ce sera important!
En tout cas, je conteste à Michel Rocard, comme l'a fait le Parti Travailliste, le droit de dire que le concept d'indépendance n'a plus de sens ou de raison d'être, peu importe, effacer ainsi des décennies de luttes et d'avancées dont font partie les accords Matignon et de Nouméa, c'est un peu court ... Lui-même ne serait pas venu faire cette conférence sur les dits accords si le Peuple Kanak ne luttait pas pour l'indépendance ! Lutte qui a contraint l'état français et les anti-indépendantistes locaux à négocier! Maintenant de dire qu'il n'y a plus de véritable indépendance dans un monde interdépendant ... c'est un peu facile et occulte trop vite le droit fondamental de tout peuple à disposer de lui-même, à l'autodétermination !
Mais, Moi, je veux témoigner et illustrer par des éléments concrets comme mes propres écrits en l'occurrence, ce qu'il se passait dans la tête de quelques Calédoniens de bonne volonté, courageux et un peu précurseurs...

Je voudrais illustrer, par les images de l'article scanné ci-dessus, le fait que la volonté de prendre en compte la revendication légitime d'indépendance du Peuple Kanak et la volonté de construire un "Destin Commun", ne datent pas d'aujourd'hui.

Ainsi, je veux rendre hommage aux gens qui comme moi ont toujours lutté pour rendre justice au peuple d'origine, le Peuple Kanak et ont lutté pour plus de justice dans Notre Pays. Ces gens, qui ont fait cette démarche en toute simplicité, sans se renier, ni renier ce qu'ils sont, des descendants de colons certes ... mais pas tous des co...! Loin de là.
Des gens dont la Parole est trop peu écoutée par tous ceux qui, quelle que soit leur origine sociale, ethnique ou politique, pensent avoir toute légitimité pour exprimer la vérité du Pays alors que leur mémoire est parcellaire, tronquée ou courte tout simplement!
Qui est capable de faire la synthèse du savoir, de la mémoire et du pouvoir ?

mardi 13 mai 2008

Anniversaires politiques et historiques en série...

Antescriptum: Il y a dix ans (1998), j'écrivais un essai publié aux éditions "Ile de Lumière": "l'avenir de la Nouvelle-Calédonie en question(s)". A cette occasion, j'offre en dédicace à mes lecteurs Kanak la postface ci-dessus que j'ai scannée et qui fermait cette contribution.

Il y a dix ans (1998) l'Accord de Nouméa était signé puis adopté par le Parlement Français et les "populations concernées" de Nouvelle-Calédonie.
Le Centre Culturel Tjibaou voyait le jour.
Il y a vingt ans (1988) quatre gendarmes, deux militaires et dix neuf militants FLNKS d'Ouvéa étaient tués lors des événements liés à la lutte du Peuple Kanak pour l'indépendance.
Les Accords de Matignon et Oudinot étaient adoptés prévoyant un référendum d'autodétermination en 1998.
Il y a trente ans (1978) L'Union Calédonienne, dans sa motion de politique générale du congrès de Maré (j'y étais!), prenait clairement position pour l'indépendance; en prônant l'autonomie interne en vue de la préparer.
Il y a quarante ans (1968) en France, mai 68 battait son pavé, j'étais en première à Nouméa et j'essayais de comprendre ce qui se passait là-bas si loin aux antipodes. Ici c'était calme (politiquement), par contre économiquement, le "Boum du Nickel" faisait gronder les bulls et les camions sur les mines...sans retenues !
Il y a cinquante ans (1958) la Loi Cadre sur l'Autonomie Interne du Territoire de Nouvelle-calédonie fêtait sa première année avec un Gouvernement présidé par Maurice Lenormand entouré de plusieurs ministres Kanak et Calédoniens...
Chaque année on pourra égrainner, "fêter", commémorer, des dates anniversaires, pour quoi faire ? Quel sens donner à toute cette histoire, à toutes ces histoires ?
J'ai vieilli avec des idéaux qui m'ont porté et enthousiasmé, avec des idéologies qui ont structuré mon désir d'agir, avec des lectures qui ont contribué à me forger des grilles d'analyse du réel ... Pour finalement me laisser sur le bord de la route, plein d'amertume pour les gâchis du passé et d'inquiétude pour cet avenir illisible.
Car c'est bien de cela qu'il s'agit ici, la Nouvelle-Calédonie n'a pas d'avenir, si ce n'est celui à courte vue de beaucoup de nos politiciens locaux reflétant en cela une vision timorée de l'avenir, vision entretenue et partagée avec leurs concitoyens électeurs ! Petites visions pour grande ambition: se maintenir au pouvoir le plus longtemps possible pour en tirer les meilleurs bénéfices...
Alors;
Dans dix ans (2018), on repart pour un nouvel Accord ? On fête les 20 ans du CCT ! Et puis quoi encore ???
Postscriptum: A titre personnel, je n'accepterai pas de repartir, ENCORE (!?), pour un nouvel accord à terme; c'est-à-dire, pour une période donnée qu'elle soit de 10, 20, 30 ans ... Un accord définitif, OUI, un accord à échéance, NON.
Vivre à court terme, ça-suf-fit !!!