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lundi 14 mars 2016
Hypocrisie ! Quand tu tiens la Calédonie ...
Hypocrisie: attitude qui consiste à déguiser son véritable caractère, à manifester des opinions, des sentiments, et spécialement des vertus qu'on a pas ... (Le Petit Robert)
Alors, sous cette définition, trop de choses deviennent hypocrisie en Notre Pays !
Massivement.
Les politiciens, hypocrites ! Un pléonasme ?
Les médias, hypocrites; une normalité ou suis-je sévère ?
Les familles, hypocrites ! Une vieille réalité.
Les clans Kanak hypocrites; s’en rendent-ils seulement compte; quand ils ferment les yeux sur ce qui ne va pas dans leurs clans, à moins qu'ils n'y peuvent plus rien ...
Les délinquants hypocrites ? La meilleure façon de ne pas assumer de responsabilités, qu'elle soient claniques ou citoyennes.
Les patrons hypocrites: argent, grosses maisons et grosses bagnoles ou véritables entrepreneurs, avec un rien d'abnégation !
Les syndicats hypocrites: jaloux, planqués, revanchards, non ? Ou constructifs, avec un rien d'abnégation !
...
Les enseignants, hypocrites ? Ben, voyons ... ils orientent, ils désorientent, et ... partent en vacances, indexées ! Dévoués ou pas vraiment impliqués ?
Les experts, hypocrites ? Mais non, ils arrivent avec tant de solutions dans leurs bagages que même les douaniers, à Tontouta, n'y voient que du feu ... de Bengale !
...
Les réseaux soi-disant "sociaux" hypocrites ? Mais non, voyons, la vérité s'installe ... Celle de Chacun (merci, Pirandello); oui, chacun y peut et y va, de son piédestal égocentrique et péremptoire, caché derrière un "pseudonymat", décrire, commenter, "analyser", an(privatif)-alyser, surtout !
...
C'est l'image que j'ai, ce soir, de mon pays, de la vie ... en Calédonie; d'un "sauve qui peut" massivement hypocrite !!!...
A désespérer !
...
La démonstration du contraire reste à faire...
Les sénateurs coutumiers évoquant "un Plan Marshall" pour la jeunesse Kanak par exemple, s'y risquent ... en ce domaine.
.../...
Décryptage personnel de ce billet amer; au 19 mars 2016:
Pourquoi tant de haines pourraient me dire mes (quelques) lecteurs fidèles, mes amis voire ma famille ?
Ce n'est pas de la haine aurais-je envie de rétorquer !
C'est du désenchantement !
Oui, du désenchantement.
J'ai 64 ans, je vais mourir bientôt, je veux dire, il me reste moins de tant à vivre que ce que j'ai vécu ... c'est la réalité, toute nue.
Sur ces 64 ans, 50 ans à m'interroger sur Mon pays, à m'angoisser, à insupporter ces relations faussement amicales ou convenues entre les différentes ethnies du pays, à me préoccuper de l'avenir du Peuple kanak, à m’inquiéter de notre avenir, nous, les descendants de colons ou pionniers, c'est selon l'appréciation des intéressés; oui, 50 ans !!!
Ce carnet de route en témoigne, ma vie n'a jamais été heureuse; j'aime le Peuple Kanak, j'aime notre "culture" caldoche, j'aime mes frères métros venus essayer de s'en sortir ici, j'aime nos frères Wallis, javanais, viets,j'aime ...
Mais où en est-on aujourd'hui ? Que-est-ce que je lègue à mes quatre enfants ? Que lègue-t-on à nos enfants ? L'INCERTITUDE ? la MÉFIANCE ? la DÉFIANCE ? Le RACISME ? La MÉDIOCRITÉ ? Tout cela à la fois ...
Alors je maintiens: c'est l'hypocrisie des discours, des attitudes, des solutions, ... que je rejette, que je condamne.
Pour cela, je convoque TOUS les acteurs de la Calédonie d'aujourd'hui cinquante ans en arrière, pour qu'ils refassent avec moi tout ce chemin !
Une sorte de voyage dans le temps, initiatique: à la fois retour dans le passé puis retour vers le futur ... qu'ils réalisent à quel point Notre Pays a mal des vertus qu'ils sont incapables de manifester et de mettre en œuvre aujourd'hui ...
Voilà; cher lecteur, j'ai mal à Mon Pays ! Mon Pays où la haine grise s'installe, insidieusement, sous le soleil.
.../...
Hypocrisie, égoïsme, médiocrité, jalousie, haine, racisme ... arrêtons de se voiler la face, de se replier derrière nos palissades, derrière ces sourires de façade, derrière ces "il est bon où quoi" du lundi matin ...
La Calédonie va mal, et ce n'est pas à cause du nickel ! Mais à cause de notre nullité ! Que l'on transmet allègrement à notre jeunesse.
.../...
Mais, Bon Dieu, nos enfants de kanaky-Nouvelle-Calédonie, devront-ils refaire, revivre, ces épreuves, ces déchirures morales, existentielles; que j'ai trop vécues ?
Ils y sont déjà ! Et j'enrage !!!
.../...
Commentaire complémentaire au 21 mars 2016:
Ce que je veux signifier ici, et dont, une fois de plus, ce blog en est l'expression ultime, c'est:
Qu'a-t-on fait de ces trente années pour en arriver aussi bas ? Sans s'élever, finalement.
Savez-vous qu'en 1985, ce n’est pas un tabou pour les connaisseurs, j'étais favorable à l'idée d'indépendance-association proposée par Edgar Pisani. Seul compromis acceptable, à mes yeux, entre la revendication fondamentale d'indépendance des Kanak dont "Les Evénements" ont été l'expression majeure, et la revendication du rester "dans la France coûte que coûte" des "Non-Kanak", essentiellement liée à leur "peur du Kanak" !
Trente ans plus tard, où en est-on ? Après les deux compromis qu'ont été les Accords de Matignon-Oudinot de 1988 puis de Nouméa de 1998 ?
Où en est-on ?
Politiquement, les choses ont avancé, les Kanak ont gagné en reconnaissance et en pouvoirs dans les communes, et les Provinces. Économiquement aussi, les Kanak ont gagné en niveau de vie et en pouvoir.
MAIS, la société calédonienne, paradoxalement, se retrouve plus déchirée que ne l'était la coloniale ! Du moins avec beaucoup plus d’ambiguïté !
L'obsession ou la facilité de rechercher (?) une SOLUTION POLITIQUE consensuelle a oblitéré la nécessité de fonder une SOCIÉTÉ CONSENSUELLE !
Nos politiques, ou politiciens, ET NOUS-MÊMES, sommes laissés bercés par la facilité; la politique et les élections, les pouvoirs et les compromis, le repos du guerrier pour les uns, les dents aiguisées pour les autres ... durant trente années.
Pendant ce temps, notre société calédonienne se liquéfiait, se délabrait, pourrissait ... s'éloignant du consensus sociétal.
Nos experts, locaux, internationaux, sociologues, historiens, intellectuels, n'y ont vu que du feu ... ou bien ils ont été complices !?
Je ne donne ici de leçon à personne, je constate !
On a "persiflé" sur l'engagement de Jean-Raymond Postic et moi-même, en 2002, aux élections législatives, chacun dans une circonscription de Nouvelle-Calédonie, sous l'étiquette et le mot d'ordre: "Pour réussir l'Accord de Nouméa" ... Jean-Raymond et Eric, connaisseurs intimes, peut-être naïfs et déchirés de Leur Pays, enthousiastes curieusement pour ces "Accords", souhaitaient prévenir !
Eh bien !
Où en-est-on aujourd'hui ?
Qu'est-ce qu'ont réussi nos politiciens ?
Où comptent-t-ils nous emmener ?
.../...
Vers plus de troupes de police, de gendarmerie ?
Vers plus de délinquances ?
Vers plus de haines ?
Vers plus de méfiances ?
Vers plus d'individualismes ?
Vers plus d'échecs (scolaires) ? Plus de squatters ? Plus de va-nu-pieds ?
Vers plus ...
D'hypocrisies.
Et vers moins de fraternités véritables !
.../...
Alors, sous cette définition, trop de choses deviennent hypocrisie en Notre Pays !
Massivement.
Les politiciens, hypocrites ! Un pléonasme ?
Les médias, hypocrites; une normalité ou suis-je sévère ?
Les familles, hypocrites ! Une vieille réalité.
Les clans Kanak hypocrites; s’en rendent-ils seulement compte; quand ils ferment les yeux sur ce qui ne va pas dans leurs clans, à moins qu'ils n'y peuvent plus rien ...
Les délinquants hypocrites ? La meilleure façon de ne pas assumer de responsabilités, qu'elle soient claniques ou citoyennes.
Les patrons hypocrites: argent, grosses maisons et grosses bagnoles ou véritables entrepreneurs, avec un rien d'abnégation !
Les syndicats hypocrites: jaloux, planqués, revanchards, non ? Ou constructifs, avec un rien d'abnégation !
...
Les enseignants, hypocrites ? Ben, voyons ... ils orientent, ils désorientent, et ... partent en vacances, indexées ! Dévoués ou pas vraiment impliqués ?
Les experts, hypocrites ? Mais non, ils arrivent avec tant de solutions dans leurs bagages que même les douaniers, à Tontouta, n'y voient que du feu ... de Bengale !
...
Les réseaux soi-disant "sociaux" hypocrites ? Mais non, voyons, la vérité s'installe ... Celle de Chacun (merci, Pirandello); oui, chacun y peut et y va, de son piédestal égocentrique et péremptoire, caché derrière un "pseudonymat", décrire, commenter, "analyser", an(privatif)-alyser, surtout !
...
C'est l'image que j'ai, ce soir, de mon pays, de la vie ... en Calédonie; d'un "sauve qui peut" massivement hypocrite !!!...
A désespérer !
...
La démonstration du contraire reste à faire...
Les sénateurs coutumiers évoquant "un Plan Marshall" pour la jeunesse Kanak par exemple, s'y risquent ... en ce domaine.
.../...
Décryptage personnel de ce billet amer; au 19 mars 2016:
Pourquoi tant de haines pourraient me dire mes (quelques) lecteurs fidèles, mes amis voire ma famille ?
Ce n'est pas de la haine aurais-je envie de rétorquer !
C'est du désenchantement !
Oui, du désenchantement.
J'ai 64 ans, je vais mourir bientôt, je veux dire, il me reste moins de tant à vivre que ce que j'ai vécu ... c'est la réalité, toute nue.
Sur ces 64 ans, 50 ans à m'interroger sur Mon pays, à m'angoisser, à insupporter ces relations faussement amicales ou convenues entre les différentes ethnies du pays, à me préoccuper de l'avenir du Peuple kanak, à m’inquiéter de notre avenir, nous, les descendants de colons ou pionniers, c'est selon l'appréciation des intéressés; oui, 50 ans !!!
Ce carnet de route en témoigne, ma vie n'a jamais été heureuse; j'aime le Peuple Kanak, j'aime notre "culture" caldoche, j'aime mes frères métros venus essayer de s'en sortir ici, j'aime nos frères Wallis, javanais, viets,j'aime ...
Mais où en est-on aujourd'hui ? Que-est-ce que je lègue à mes quatre enfants ? Que lègue-t-on à nos enfants ? L'INCERTITUDE ? la MÉFIANCE ? la DÉFIANCE ? Le RACISME ? La MÉDIOCRITÉ ? Tout cela à la fois ...
Alors je maintiens: c'est l'hypocrisie des discours, des attitudes, des solutions, ... que je rejette, que je condamne.
Pour cela, je convoque TOUS les acteurs de la Calédonie d'aujourd'hui cinquante ans en arrière, pour qu'ils refassent avec moi tout ce chemin !
Une sorte de voyage dans le temps, initiatique: à la fois retour dans le passé puis retour vers le futur ... qu'ils réalisent à quel point Notre Pays a mal des vertus qu'ils sont incapables de manifester et de mettre en œuvre aujourd'hui ...
Voilà; cher lecteur, j'ai mal à Mon Pays ! Mon Pays où la haine grise s'installe, insidieusement, sous le soleil.
.../...
Hypocrisie, égoïsme, médiocrité, jalousie, haine, racisme ... arrêtons de se voiler la face, de se replier derrière nos palissades, derrière ces sourires de façade, derrière ces "il est bon où quoi" du lundi matin ...
La Calédonie va mal, et ce n'est pas à cause du nickel ! Mais à cause de notre nullité ! Que l'on transmet allègrement à notre jeunesse.
.../...
Mais, Bon Dieu, nos enfants de kanaky-Nouvelle-Calédonie, devront-ils refaire, revivre, ces épreuves, ces déchirures morales, existentielles; que j'ai trop vécues ?
Ils y sont déjà ! Et j'enrage !!!
.../...
Commentaire complémentaire au 21 mars 2016:
Ce que je veux signifier ici, et dont, une fois de plus, ce blog en est l'expression ultime, c'est:
Qu'a-t-on fait de ces trente années pour en arriver aussi bas ? Sans s'élever, finalement.
Savez-vous qu'en 1985, ce n’est pas un tabou pour les connaisseurs, j'étais favorable à l'idée d'indépendance-association proposée par Edgar Pisani. Seul compromis acceptable, à mes yeux, entre la revendication fondamentale d'indépendance des Kanak dont "Les Evénements" ont été l'expression majeure, et la revendication du rester "dans la France coûte que coûte" des "Non-Kanak", essentiellement liée à leur "peur du Kanak" !
Trente ans plus tard, où en est-on ? Après les deux compromis qu'ont été les Accords de Matignon-Oudinot de 1988 puis de Nouméa de 1998 ?
Où en est-on ?
Politiquement, les choses ont avancé, les Kanak ont gagné en reconnaissance et en pouvoirs dans les communes, et les Provinces. Économiquement aussi, les Kanak ont gagné en niveau de vie et en pouvoir.
MAIS, la société calédonienne, paradoxalement, se retrouve plus déchirée que ne l'était la coloniale ! Du moins avec beaucoup plus d’ambiguïté !
L'obsession ou la facilité de rechercher (?) une SOLUTION POLITIQUE consensuelle a oblitéré la nécessité de fonder une SOCIÉTÉ CONSENSUELLE !
Nos politiques, ou politiciens, ET NOUS-MÊMES, sommes laissés bercés par la facilité; la politique et les élections, les pouvoirs et les compromis, le repos du guerrier pour les uns, les dents aiguisées pour les autres ... durant trente années.
Pendant ce temps, notre société calédonienne se liquéfiait, se délabrait, pourrissait ... s'éloignant du consensus sociétal.
Nos experts, locaux, internationaux, sociologues, historiens, intellectuels, n'y ont vu que du feu ... ou bien ils ont été complices !?
Je ne donne ici de leçon à personne, je constate !
On a "persiflé" sur l'engagement de Jean-Raymond Postic et moi-même, en 2002, aux élections législatives, chacun dans une circonscription de Nouvelle-Calédonie, sous l'étiquette et le mot d'ordre: "Pour réussir l'Accord de Nouméa" ... Jean-Raymond et Eric, connaisseurs intimes, peut-être naïfs et déchirés de Leur Pays, enthousiastes curieusement pour ces "Accords", souhaitaient prévenir !
Eh bien !
Où en-est-on aujourd'hui ?
Qu'est-ce qu'ont réussi nos politiciens ?
Où comptent-t-ils nous emmener ?
.../...
Vers plus de troupes de police, de gendarmerie ?
Vers plus de délinquances ?
Vers plus de haines ?
Vers plus de méfiances ?
Vers plus d'individualismes ?
Vers plus d'échecs (scolaires) ? Plus de squatters ? Plus de va-nu-pieds ?
Vers plus ...
D'hypocrisies.
Et vers moins de fraternités véritables !
.../...
samedi 19 juillet 2014
Peut-on décoloniser DANS la France ? Un paradoxe calédonien de plus !
A l'orée de cette dernière mandature de l'Accord de Nouméa, pressés par une échéance qui approche irrémédiablement, leaders politiques calédoniens, membres du Gouvernement français, experts juridiques, s'échinent à ébaucher des solutions dans des termes non dichotomiques.
Je suis un peu perdu ! Et comme souvent, j'ai plus de questions que de réponses... Mais il n'y a pas de réflexion sans questionnement, n'est-ce-pas.
Oui, peut-on décoloniser DANS la France ?
Et puis, qu'est-ce que: "accéder à la pleine souveraineté", avec ou sans la France ?
Peut-on "partager la souveraineté" ?
Aurait-on résolu alors une sorte de "quadrature du cercle" sociopolitique ?
Un historien calédonien, Frédéric Angleviel, en fait le titre de la dernière partie de son livre: "Histoire illustrée de la Nouvelle-Calédonie"; la troisième partie: "Aujourd'hui, de l'autonomie à une décolonisation dans la France".
M. Gaël Yanno plaide au Comité de décolonisation des 24 de l'ONU pour une solution dans la France, tout en revendiquant une majorité de "Calédoniens" contre l'indépendance !
Quid de la revendication spécifique des Kanak ?
Accessoirement et implicitement, M. Yanno reconnaît ce Comité des 24 et reconnaît qu'il y a eu colonisation ...
Bref, tous les partis "anti-non-indépendantistes" prônent une sortie de l'Accord de Nouméa dans la France avec une grande imagination lexicale et quelques oxymores particulièrement intéressants !
De leur côté, les partis indépendantistes, pris entre revendication historique et pragmatisme, jonglent avec des mots qui ne veulent pas effrayer et une radicalité qui fonde leur existence et leur reconnaissance.
Nombre de questions submergent donc mon esprit:
Où s'arrête la décolonisation quand commence la néo-colonisation ?
Où s'arrête le colonialisme, quand commence le néocolonialisme ?
Où s'arrêtent les textes (les "Accords"), le Verbe (les discours politiques), quand les mentalités commencent-elles à évoluer ?
La Nouvelle-Calédonie est-elle toujours une colonie ... puisque tout le monde s'accorde à en évoquer la Décolonisation !
Peut-on décoloniser (dans la France) et laisser des flux migratoires sans contrôle ?
Vouloir construire un Destin Commun, n'est-ce-pas reconnaître qu'on en est loin ? Et subsidiairement que celui-ci passe par une décolonisation statutaire et des mentalités ?
Ces mentalités coloniales résurgentes, et récurrentes, n'ouvrent-elles pas la voie et la voix, comme un écho dialectique, à un discours anti-colonial primaire ou violent ! Sapant tout effort de dépassement de la contradiction et tout rapprochement original ...
Et, l'histoire des décolonisations se confond avec celle des indépendances. Réussies ou non, les indépendances ont accompagné les décolonisations !
Mais, la néo-colonisation et le néo-colonialisme a aussi succédé à de nombreuses indépendances ...
Quoiqu'il en soit, l'Etat français est bien engagé dans l'avenir de la Nouvelle-Calédonie; il n'est ni arbitre impartial, ni neutre, ni médiateur; il est puissance tutélaire, historiquement (et présentement ?) (ex-?) puissance coloniale !
Et pourtant, il me semble qu'une partie de la question, "peut-on décoloniser dans la France ?", a trouvé réponse et pourrait justifier sa forme affirmative!
L'originalité de Notre Pays, la Nouvelle-Calédonie, c'est que les Accords, Matignon-Oudinot et de Nouméa, ont ouvert une voie originale d'une forme de décolonisation:
Par le partage des pouvoirs avec les représentants du Peuple Kanak, organisé grâce au fait provincial et à la collégialité gouvernementale, entre autres dispositions statutaires et institutionnelles; autorisant les représentants du peuple Kanak à exercer ces pouvoirs selon leur vision de la chose publique.
Par l'accès des Kanak aux pouvoirs économiques et industriels.
Par la mise en place de dispositifs de formation destinés de manière préférentielle aux Kanak (400 cadres, Cadre Avenir);
Par la reconnaissance institutionnelle de l'organisation coutumière et de la culture du Peuple kanak.
Et bien d'autres mesures et dispositions ...
Pour autant, la décolonisation est-elle achevée, ou sommes-nous au milieu d'un gué dont l'autre rive s'appelle "indépendance", "souveraineté" ?
Milieu du gué avec ces mesures inabouties ou controversées:
Celle, "révolutionnaire" par essence, comme la mise en place d'une citoyenneté du Pays pratiquement illisible (si ce n'est par quelque manifestation relevant plus du folklore), contrariant sûrement et pour un moment ce processus original de décolonisation !
Celle d'un corps électoral gelé ou restreint, incomprise et contestée par les tenants d'un continuum de peuplement exogène mettant en danger, avec le temps, la place déjà minoritaire du Peuple Kanak !
...
Ou la Nouvelle-Calédonie va-t-elle écrire une nouvelle page toujours originale de l'histoire mondiale des décolonisations ?
Je suis un peu perdu ! Et comme souvent, j'ai plus de questions que de réponses... Mais il n'y a pas de réflexion sans questionnement, n'est-ce-pas.
Oui, peut-on décoloniser DANS la France ?
Et puis, qu'est-ce que: "accéder à la pleine souveraineté", avec ou sans la France ?
Peut-on "partager la souveraineté" ?
Aurait-on résolu alors une sorte de "quadrature du cercle" sociopolitique ?
Un historien calédonien, Frédéric Angleviel, en fait le titre de la dernière partie de son livre: "Histoire illustrée de la Nouvelle-Calédonie"; la troisième partie: "Aujourd'hui, de l'autonomie à une décolonisation dans la France".
M. Gaël Yanno plaide au Comité de décolonisation des 24 de l'ONU pour une solution dans la France, tout en revendiquant une majorité de "Calédoniens" contre l'indépendance !
Quid de la revendication spécifique des Kanak ?
Accessoirement et implicitement, M. Yanno reconnaît ce Comité des 24 et reconnaît qu'il y a eu colonisation ...
Bref, tous les partis "anti-non-indépendantistes" prônent une sortie de l'Accord de Nouméa dans la France avec une grande imagination lexicale et quelques oxymores particulièrement intéressants !
De leur côté, les partis indépendantistes, pris entre revendication historique et pragmatisme, jonglent avec des mots qui ne veulent pas effrayer et une radicalité qui fonde leur existence et leur reconnaissance.
Nombre de questions submergent donc mon esprit:
Où s'arrête la décolonisation quand commence la néo-colonisation ?
Où s'arrête le colonialisme, quand commence le néocolonialisme ?
Où s'arrêtent les textes (les "Accords"), le Verbe (les discours politiques), quand les mentalités commencent-elles à évoluer ?
La Nouvelle-Calédonie est-elle toujours une colonie ... puisque tout le monde s'accorde à en évoquer la Décolonisation !
Peut-on décoloniser (dans la France) et laisser des flux migratoires sans contrôle ?
Vouloir construire un Destin Commun, n'est-ce-pas reconnaître qu'on en est loin ? Et subsidiairement que celui-ci passe par une décolonisation statutaire et des mentalités ?
Ces mentalités coloniales résurgentes, et récurrentes, n'ouvrent-elles pas la voie et la voix, comme un écho dialectique, à un discours anti-colonial primaire ou violent ! Sapant tout effort de dépassement de la contradiction et tout rapprochement original ...
Mais, au fait, revenons à la source des mots; qu'est-ce que décoloniser ?
Le Larousse dit:
Décoloniser: "accorder l'indépendance à une colonie, la faire accéder au statut d'état".Et, l'histoire des décolonisations se confond avec celle des indépendances. Réussies ou non, les indépendances ont accompagné les décolonisations !
Mais, la néo-colonisation et le néo-colonialisme a aussi succédé à de nombreuses indépendances ...
Quoiqu'il en soit, l'Etat français est bien engagé dans l'avenir de la Nouvelle-Calédonie; il n'est ni arbitre impartial, ni neutre, ni médiateur; il est puissance tutélaire, historiquement (et présentement ?) (ex-?) puissance coloniale !
Et pourtant, il me semble qu'une partie de la question, "peut-on décoloniser dans la France ?", a trouvé réponse et pourrait justifier sa forme affirmative!
L'originalité de Notre Pays, la Nouvelle-Calédonie, c'est que les Accords, Matignon-Oudinot et de Nouméa, ont ouvert une voie originale d'une forme de décolonisation:
Par le partage des pouvoirs avec les représentants du Peuple Kanak, organisé grâce au fait provincial et à la collégialité gouvernementale, entre autres dispositions statutaires et institutionnelles; autorisant les représentants du peuple Kanak à exercer ces pouvoirs selon leur vision de la chose publique.
Par l'accès des Kanak aux pouvoirs économiques et industriels.
Par la mise en place de dispositifs de formation destinés de manière préférentielle aux Kanak (400 cadres, Cadre Avenir);
Par la reconnaissance institutionnelle de l'organisation coutumière et de la culture du Peuple kanak.
Et bien d'autres mesures et dispositions ...
Pour autant, la décolonisation est-elle achevée, ou sommes-nous au milieu d'un gué dont l'autre rive s'appelle "indépendance", "souveraineté" ?
Milieu du gué avec ces mesures inabouties ou controversées:
Celle, "révolutionnaire" par essence, comme la mise en place d'une citoyenneté du Pays pratiquement illisible (si ce n'est par quelque manifestation relevant plus du folklore), contrariant sûrement et pour un moment ce processus original de décolonisation !
Celle d'un corps électoral gelé ou restreint, incomprise et contestée par les tenants d'un continuum de peuplement exogène mettant en danger, avec le temps, la place déjà minoritaire du Peuple Kanak !
...
Ou la Nouvelle-Calédonie va-t-elle écrire une nouvelle page toujours originale de l'histoire mondiale des décolonisations ?
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