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lundi 14 mars 2016
Hypocrisie ! Quand tu tiens la Calédonie ...
Hypocrisie: attitude qui consiste à déguiser son véritable caractère, à manifester des opinions, des sentiments, et spécialement des vertus qu'on a pas ... (Le Petit Robert)
Alors, sous cette définition, trop de choses deviennent hypocrisie en Notre Pays !
Massivement.
Les politiciens, hypocrites ! Un pléonasme ?
Les médias, hypocrites; une normalité ou suis-je sévère ?
Les familles, hypocrites ! Une vieille réalité.
Les clans Kanak hypocrites; s’en rendent-ils seulement compte; quand ils ferment les yeux sur ce qui ne va pas dans leurs clans, à moins qu'ils n'y peuvent plus rien ...
Les délinquants hypocrites ? La meilleure façon de ne pas assumer de responsabilités, qu'elle soient claniques ou citoyennes.
Les patrons hypocrites: argent, grosses maisons et grosses bagnoles ou véritables entrepreneurs, avec un rien d'abnégation !
Les syndicats hypocrites: jaloux, planqués, revanchards, non ? Ou constructifs, avec un rien d'abnégation !
...
Les enseignants, hypocrites ? Ben, voyons ... ils orientent, ils désorientent, et ... partent en vacances, indexées ! Dévoués ou pas vraiment impliqués ?
Les experts, hypocrites ? Mais non, ils arrivent avec tant de solutions dans leurs bagages que même les douaniers, à Tontouta, n'y voient que du feu ... de Bengale !
...
Les réseaux soi-disant "sociaux" hypocrites ? Mais non, voyons, la vérité s'installe ... Celle de Chacun (merci, Pirandello); oui, chacun y peut et y va, de son piédestal égocentrique et péremptoire, caché derrière un "pseudonymat", décrire, commenter, "analyser", an(privatif)-alyser, surtout !
...
C'est l'image que j'ai, ce soir, de mon pays, de la vie ... en Calédonie; d'un "sauve qui peut" massivement hypocrite !!!...
A désespérer !
...
La démonstration du contraire reste à faire...
Les sénateurs coutumiers évoquant "un Plan Marshall" pour la jeunesse Kanak par exemple, s'y risquent ... en ce domaine.
.../...
Décryptage personnel de ce billet amer; au 19 mars 2016:
Pourquoi tant de haines pourraient me dire mes (quelques) lecteurs fidèles, mes amis voire ma famille ?
Ce n'est pas de la haine aurais-je envie de rétorquer !
C'est du désenchantement !
Oui, du désenchantement.
J'ai 64 ans, je vais mourir bientôt, je veux dire, il me reste moins de tant à vivre que ce que j'ai vécu ... c'est la réalité, toute nue.
Sur ces 64 ans, 50 ans à m'interroger sur Mon pays, à m'angoisser, à insupporter ces relations faussement amicales ou convenues entre les différentes ethnies du pays, à me préoccuper de l'avenir du Peuple kanak, à m’inquiéter de notre avenir, nous, les descendants de colons ou pionniers, c'est selon l'appréciation des intéressés; oui, 50 ans !!!
Ce carnet de route en témoigne, ma vie n'a jamais été heureuse; j'aime le Peuple Kanak, j'aime notre "culture" caldoche, j'aime mes frères métros venus essayer de s'en sortir ici, j'aime nos frères Wallis, javanais, viets,j'aime ...
Mais où en est-on aujourd'hui ? Que-est-ce que je lègue à mes quatre enfants ? Que lègue-t-on à nos enfants ? L'INCERTITUDE ? la MÉFIANCE ? la DÉFIANCE ? Le RACISME ? La MÉDIOCRITÉ ? Tout cela à la fois ...
Alors je maintiens: c'est l'hypocrisie des discours, des attitudes, des solutions, ... que je rejette, que je condamne.
Pour cela, je convoque TOUS les acteurs de la Calédonie d'aujourd'hui cinquante ans en arrière, pour qu'ils refassent avec moi tout ce chemin !
Une sorte de voyage dans le temps, initiatique: à la fois retour dans le passé puis retour vers le futur ... qu'ils réalisent à quel point Notre Pays a mal des vertus qu'ils sont incapables de manifester et de mettre en œuvre aujourd'hui ...
Voilà; cher lecteur, j'ai mal à Mon Pays ! Mon Pays où la haine grise s'installe, insidieusement, sous le soleil.
.../...
Hypocrisie, égoïsme, médiocrité, jalousie, haine, racisme ... arrêtons de se voiler la face, de se replier derrière nos palissades, derrière ces sourires de façade, derrière ces "il est bon où quoi" du lundi matin ...
La Calédonie va mal, et ce n'est pas à cause du nickel ! Mais à cause de notre nullité ! Que l'on transmet allègrement à notre jeunesse.
.../...
Mais, Bon Dieu, nos enfants de kanaky-Nouvelle-Calédonie, devront-ils refaire, revivre, ces épreuves, ces déchirures morales, existentielles; que j'ai trop vécues ?
Ils y sont déjà ! Et j'enrage !!!
.../...
Commentaire complémentaire au 21 mars 2016:
Ce que je veux signifier ici, et dont, une fois de plus, ce blog en est l'expression ultime, c'est:
Qu'a-t-on fait de ces trente années pour en arriver aussi bas ? Sans s'élever, finalement.
Savez-vous qu'en 1985, ce n’est pas un tabou pour les connaisseurs, j'étais favorable à l'idée d'indépendance-association proposée par Edgar Pisani. Seul compromis acceptable, à mes yeux, entre la revendication fondamentale d'indépendance des Kanak dont "Les Evénements" ont été l'expression majeure, et la revendication du rester "dans la France coûte que coûte" des "Non-Kanak", essentiellement liée à leur "peur du Kanak" !
Trente ans plus tard, où en est-on ? Après les deux compromis qu'ont été les Accords de Matignon-Oudinot de 1988 puis de Nouméa de 1998 ?
Où en est-on ?
Politiquement, les choses ont avancé, les Kanak ont gagné en reconnaissance et en pouvoirs dans les communes, et les Provinces. Économiquement aussi, les Kanak ont gagné en niveau de vie et en pouvoir.
MAIS, la société calédonienne, paradoxalement, se retrouve plus déchirée que ne l'était la coloniale ! Du moins avec beaucoup plus d’ambiguïté !
L'obsession ou la facilité de rechercher (?) une SOLUTION POLITIQUE consensuelle a oblitéré la nécessité de fonder une SOCIÉTÉ CONSENSUELLE !
Nos politiques, ou politiciens, ET NOUS-MÊMES, sommes laissés bercés par la facilité; la politique et les élections, les pouvoirs et les compromis, le repos du guerrier pour les uns, les dents aiguisées pour les autres ... durant trente années.
Pendant ce temps, notre société calédonienne se liquéfiait, se délabrait, pourrissait ... s'éloignant du consensus sociétal.
Nos experts, locaux, internationaux, sociologues, historiens, intellectuels, n'y ont vu que du feu ... ou bien ils ont été complices !?
Je ne donne ici de leçon à personne, je constate !
On a "persiflé" sur l'engagement de Jean-Raymond Postic et moi-même, en 2002, aux élections législatives, chacun dans une circonscription de Nouvelle-Calédonie, sous l'étiquette et le mot d'ordre: "Pour réussir l'Accord de Nouméa" ... Jean-Raymond et Eric, connaisseurs intimes, peut-être naïfs et déchirés de Leur Pays, enthousiastes curieusement pour ces "Accords", souhaitaient prévenir !
Eh bien !
Où en-est-on aujourd'hui ?
Qu'est-ce qu'ont réussi nos politiciens ?
Où comptent-t-ils nous emmener ?
.../...
Vers plus de troupes de police, de gendarmerie ?
Vers plus de délinquances ?
Vers plus de haines ?
Vers plus de méfiances ?
Vers plus d'individualismes ?
Vers plus d'échecs (scolaires) ? Plus de squatters ? Plus de va-nu-pieds ?
Vers plus ...
D'hypocrisies.
Et vers moins de fraternités véritables !
.../...
Alors, sous cette définition, trop de choses deviennent hypocrisie en Notre Pays !
Massivement.
Les politiciens, hypocrites ! Un pléonasme ?
Les médias, hypocrites; une normalité ou suis-je sévère ?
Les familles, hypocrites ! Une vieille réalité.
Les clans Kanak hypocrites; s’en rendent-ils seulement compte; quand ils ferment les yeux sur ce qui ne va pas dans leurs clans, à moins qu'ils n'y peuvent plus rien ...
Les délinquants hypocrites ? La meilleure façon de ne pas assumer de responsabilités, qu'elle soient claniques ou citoyennes.
Les patrons hypocrites: argent, grosses maisons et grosses bagnoles ou véritables entrepreneurs, avec un rien d'abnégation !
Les syndicats hypocrites: jaloux, planqués, revanchards, non ? Ou constructifs, avec un rien d'abnégation !
...
Les enseignants, hypocrites ? Ben, voyons ... ils orientent, ils désorientent, et ... partent en vacances, indexées ! Dévoués ou pas vraiment impliqués ?
Les experts, hypocrites ? Mais non, ils arrivent avec tant de solutions dans leurs bagages que même les douaniers, à Tontouta, n'y voient que du feu ... de Bengale !
...
Les réseaux soi-disant "sociaux" hypocrites ? Mais non, voyons, la vérité s'installe ... Celle de Chacun (merci, Pirandello); oui, chacun y peut et y va, de son piédestal égocentrique et péremptoire, caché derrière un "pseudonymat", décrire, commenter, "analyser", an(privatif)-alyser, surtout !
...
C'est l'image que j'ai, ce soir, de mon pays, de la vie ... en Calédonie; d'un "sauve qui peut" massivement hypocrite !!!...
A désespérer !
...
La démonstration du contraire reste à faire...
Les sénateurs coutumiers évoquant "un Plan Marshall" pour la jeunesse Kanak par exemple, s'y risquent ... en ce domaine.
.../...
Décryptage personnel de ce billet amer; au 19 mars 2016:
Pourquoi tant de haines pourraient me dire mes (quelques) lecteurs fidèles, mes amis voire ma famille ?
Ce n'est pas de la haine aurais-je envie de rétorquer !
C'est du désenchantement !
Oui, du désenchantement.
J'ai 64 ans, je vais mourir bientôt, je veux dire, il me reste moins de tant à vivre que ce que j'ai vécu ... c'est la réalité, toute nue.
Sur ces 64 ans, 50 ans à m'interroger sur Mon pays, à m'angoisser, à insupporter ces relations faussement amicales ou convenues entre les différentes ethnies du pays, à me préoccuper de l'avenir du Peuple kanak, à m’inquiéter de notre avenir, nous, les descendants de colons ou pionniers, c'est selon l'appréciation des intéressés; oui, 50 ans !!!
Ce carnet de route en témoigne, ma vie n'a jamais été heureuse; j'aime le Peuple Kanak, j'aime notre "culture" caldoche, j'aime mes frères métros venus essayer de s'en sortir ici, j'aime nos frères Wallis, javanais, viets,j'aime ...
Mais où en est-on aujourd'hui ? Que-est-ce que je lègue à mes quatre enfants ? Que lègue-t-on à nos enfants ? L'INCERTITUDE ? la MÉFIANCE ? la DÉFIANCE ? Le RACISME ? La MÉDIOCRITÉ ? Tout cela à la fois ...
Alors je maintiens: c'est l'hypocrisie des discours, des attitudes, des solutions, ... que je rejette, que je condamne.
Pour cela, je convoque TOUS les acteurs de la Calédonie d'aujourd'hui cinquante ans en arrière, pour qu'ils refassent avec moi tout ce chemin !
Une sorte de voyage dans le temps, initiatique: à la fois retour dans le passé puis retour vers le futur ... qu'ils réalisent à quel point Notre Pays a mal des vertus qu'ils sont incapables de manifester et de mettre en œuvre aujourd'hui ...
Voilà; cher lecteur, j'ai mal à Mon Pays ! Mon Pays où la haine grise s'installe, insidieusement, sous le soleil.
.../...
Hypocrisie, égoïsme, médiocrité, jalousie, haine, racisme ... arrêtons de se voiler la face, de se replier derrière nos palissades, derrière ces sourires de façade, derrière ces "il est bon où quoi" du lundi matin ...
La Calédonie va mal, et ce n'est pas à cause du nickel ! Mais à cause de notre nullité ! Que l'on transmet allègrement à notre jeunesse.
.../...
Mais, Bon Dieu, nos enfants de kanaky-Nouvelle-Calédonie, devront-ils refaire, revivre, ces épreuves, ces déchirures morales, existentielles; que j'ai trop vécues ?
Ils y sont déjà ! Et j'enrage !!!
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Commentaire complémentaire au 21 mars 2016:
Ce que je veux signifier ici, et dont, une fois de plus, ce blog en est l'expression ultime, c'est:
Qu'a-t-on fait de ces trente années pour en arriver aussi bas ? Sans s'élever, finalement.
Savez-vous qu'en 1985, ce n’est pas un tabou pour les connaisseurs, j'étais favorable à l'idée d'indépendance-association proposée par Edgar Pisani. Seul compromis acceptable, à mes yeux, entre la revendication fondamentale d'indépendance des Kanak dont "Les Evénements" ont été l'expression majeure, et la revendication du rester "dans la France coûte que coûte" des "Non-Kanak", essentiellement liée à leur "peur du Kanak" !
Trente ans plus tard, où en est-on ? Après les deux compromis qu'ont été les Accords de Matignon-Oudinot de 1988 puis de Nouméa de 1998 ?
Où en est-on ?
Politiquement, les choses ont avancé, les Kanak ont gagné en reconnaissance et en pouvoirs dans les communes, et les Provinces. Économiquement aussi, les Kanak ont gagné en niveau de vie et en pouvoir.
MAIS, la société calédonienne, paradoxalement, se retrouve plus déchirée que ne l'était la coloniale ! Du moins avec beaucoup plus d’ambiguïté !
L'obsession ou la facilité de rechercher (?) une SOLUTION POLITIQUE consensuelle a oblitéré la nécessité de fonder une SOCIÉTÉ CONSENSUELLE !
Nos politiques, ou politiciens, ET NOUS-MÊMES, sommes laissés bercés par la facilité; la politique et les élections, les pouvoirs et les compromis, le repos du guerrier pour les uns, les dents aiguisées pour les autres ... durant trente années.
Pendant ce temps, notre société calédonienne se liquéfiait, se délabrait, pourrissait ... s'éloignant du consensus sociétal.
Nos experts, locaux, internationaux, sociologues, historiens, intellectuels, n'y ont vu que du feu ... ou bien ils ont été complices !?
Je ne donne ici de leçon à personne, je constate !
On a "persiflé" sur l'engagement de Jean-Raymond Postic et moi-même, en 2002, aux élections législatives, chacun dans une circonscription de Nouvelle-Calédonie, sous l'étiquette et le mot d'ordre: "Pour réussir l'Accord de Nouméa" ... Jean-Raymond et Eric, connaisseurs intimes, peut-être naïfs et déchirés de Leur Pays, enthousiastes curieusement pour ces "Accords", souhaitaient prévenir !
Eh bien !
Où en-est-on aujourd'hui ?
Qu'est-ce qu'ont réussi nos politiciens ?
Où comptent-t-ils nous emmener ?
.../...
Vers plus de troupes de police, de gendarmerie ?
Vers plus de délinquances ?
Vers plus de haines ?
Vers plus de méfiances ?
Vers plus d'individualismes ?
Vers plus d'échecs (scolaires) ? Plus de squatters ? Plus de va-nu-pieds ?
Vers plus ...
D'hypocrisies.
Et vers moins de fraternités véritables !
.../...
mercredi 4 novembre 2015
Système éducatif calédonien et destin commun: un colloque pour quoi faire ?!
Le titre de ce colloque: "Le système éducatif calédonien à l'heure du destin commun".
Belle ambition !
Par ce billet, je ne souhaite pas remettre en cause la démarche, ni la méthode, voire même le principe. Il y a derrière ce projet, des énergies, de la bonne volonté, de la foi peut-être !
Non, ma réflexion n'est pas sur ce registre ...
A l'occasion de ce colloque, c'est d'abord une étrange impression, une drôle de sensation qui s'impose à moi: celle qu'une grande partie de ma vie défile en accéléré, environ trente années passées à m'occuper d'éducation, d'enseignement !
Et puis, il y a ces mots, ces expressions, ces thèmes, récurrents, mille fois répétés, qui m'ont accompagné tout au long de ce parcours et qui reviennent sans plus rien me dire finalement:
École calédonienne, échec (de qui ?), réussite (pour qui ?), efficacité (ou efficience), adaptation (des programmes par exemple), interculturalité, multiculturalité, sens de l'école, orientation, décrochage, innovation, système éducatif, projet éducatif, projet pédagogique, (les sanglots longs de) l'école de la réussite pour tous, maîtrise de la langue française, FLE (français langue étrangère), FLS (français langue seconde), lutte contre (plein de choses ! L'échec scolaire, l'absentéisme, la déscolarisation, etc.), rythmes (scolaires, biologiques,etc.), culture(s), évaluation (de plein de choses ! Les élèves, les enseignants, les établissements, etc.) ...
...
Je suis entré dans l'enseignement en 1978, il y a bientôt quarante années (en tant que professeur à Touho; mais, en 1957 en tant qu'élève à l'école communale de Poindimié ...) ! Et en tant qu'ancien enseignant, directeur, formateur, parent (de quatre enfants/élèves), militant politique aussi, je ne suis pas certain que beaucoup de choses aient changé ! Je suis mal à l'aise avec tout cela !
Un coup de blues en quelque sorte ...
...
Il y a un malaise ! Non ?
Notre système éducatif a très peu évolué, sinon aux marges. Le nombre d'élèves a augmenté, de nouveaux établissements ont vu le jour, certes, suivant simplement en cela la courbe de l'évolution démographique, c'est quantitatif ! Il y a eu quelques adaptations; mais, qualitativement, c'est-à-dire, dans ses structures, dans ses méthodes, le système est stable. Stable dans ses "performances" à faire échouer et à marginaliser une part critique des enfants de Notre Pays; dans un environnement humain et social qui lui a changé, grandement... et qui reste potentiellement explosif !
...
Si on souhaite assigner la mission sublime à notre système éducatif de creuset du Destin Commun à l'école, je pose deux questions:
Quid de l'apprentissage obligatoire d'une langue du pays (*) par tous les enfants scolarisés (au collège, peut-être) ? Question simple.
Quelle place pour l'acculturation (au sens le plus noble du terme) à l'école (**) ? Question complexe.
Le reste n'est qu'affaire de techniques, de formation initiale des enseignants, de moyens financiers et matériels, de volonté politique ... et d'évolution des mentalités !
...
Les plus beaux projets sont comme les plus belles constitutions des pays et peuvent subir le même sort: rester lettres mortes (et ne pas empêcher l'avènement de dictatures pour les constitutions) !
(*) J'espère que le lecteur ne me fait pas l'offense de penser que je ne sais pas qu'il y a 28 langues kanak; cela n'est pas un obstacle, c'est une difficulté qui demanderait un peu de volonté et d'organisation pour être surmontée !
(**) Acculturation: "processus par lequel un groupe humain assimile tout ou partie des valeurs culturelles d'un autre groupe humain" (Le Petit Robert).
J'entends donc ici l'acculturation comme un processus d'échange équitable entre les différents groupes humains qui composent la (Kanaky-)Nouvelle-Calédonie. Rien à voir avec l'intégration ou l'assimilation par la culture dominante des autres cultures dont l’École actuelle est un vecteur privilégié !
Belle ambition !
Par ce billet, je ne souhaite pas remettre en cause la démarche, ni la méthode, voire même le principe. Il y a derrière ce projet, des énergies, de la bonne volonté, de la foi peut-être !
Non, ma réflexion n'est pas sur ce registre ...
A l'occasion de ce colloque, c'est d'abord une étrange impression, une drôle de sensation qui s'impose à moi: celle qu'une grande partie de ma vie défile en accéléré, environ trente années passées à m'occuper d'éducation, d'enseignement !
Et puis, il y a ces mots, ces expressions, ces thèmes, récurrents, mille fois répétés, qui m'ont accompagné tout au long de ce parcours et qui reviennent sans plus rien me dire finalement:
École calédonienne, échec (de qui ?), réussite (pour qui ?), efficacité (ou efficience), adaptation (des programmes par exemple), interculturalité, multiculturalité, sens de l'école, orientation, décrochage, innovation, système éducatif, projet éducatif, projet pédagogique, (les sanglots longs de) l'école de la réussite pour tous, maîtrise de la langue française, FLE (français langue étrangère), FLS (français langue seconde), lutte contre (plein de choses ! L'échec scolaire, l'absentéisme, la déscolarisation, etc.), rythmes (scolaires, biologiques,etc.), culture(s), évaluation (de plein de choses ! Les élèves, les enseignants, les établissements, etc.) ...
...
Je suis entré dans l'enseignement en 1978, il y a bientôt quarante années (en tant que professeur à Touho; mais, en 1957 en tant qu'élève à l'école communale de Poindimié ...) ! Et en tant qu'ancien enseignant, directeur, formateur, parent (de quatre enfants/élèves), militant politique aussi, je ne suis pas certain que beaucoup de choses aient changé ! Je suis mal à l'aise avec tout cela !
Un coup de blues en quelque sorte ...
...
Il y a un malaise ! Non ?
Notre système éducatif a très peu évolué, sinon aux marges. Le nombre d'élèves a augmenté, de nouveaux établissements ont vu le jour, certes, suivant simplement en cela la courbe de l'évolution démographique, c'est quantitatif ! Il y a eu quelques adaptations; mais, qualitativement, c'est-à-dire, dans ses structures, dans ses méthodes, le système est stable. Stable dans ses "performances" à faire échouer et à marginaliser une part critique des enfants de Notre Pays; dans un environnement humain et social qui lui a changé, grandement... et qui reste potentiellement explosif !
...
Si on souhaite assigner la mission sublime à notre système éducatif de creuset du Destin Commun à l'école, je pose deux questions:
Quid de l'apprentissage obligatoire d'une langue du pays (*) par tous les enfants scolarisés (au collège, peut-être) ? Question simple.
Quelle place pour l'acculturation (au sens le plus noble du terme) à l'école (**) ? Question complexe.
Le reste n'est qu'affaire de techniques, de formation initiale des enseignants, de moyens financiers et matériels, de volonté politique ... et d'évolution des mentalités !
...
Les plus beaux projets sont comme les plus belles constitutions des pays et peuvent subir le même sort: rester lettres mortes (et ne pas empêcher l'avènement de dictatures pour les constitutions) !
(*) J'espère que le lecteur ne me fait pas l'offense de penser que je ne sais pas qu'il y a 28 langues kanak; cela n'est pas un obstacle, c'est une difficulté qui demanderait un peu de volonté et d'organisation pour être surmontée !
(**) Acculturation: "processus par lequel un groupe humain assimile tout ou partie des valeurs culturelles d'un autre groupe humain" (Le Petit Robert).
J'entends donc ici l'acculturation comme un processus d'échange équitable entre les différents groupes humains qui composent la (Kanaky-)Nouvelle-Calédonie. Rien à voir avec l'intégration ou l'assimilation par la culture dominante des autres cultures dont l’École actuelle est un vecteur privilégié !
lundi 28 septembre 2015
De qui descendons-nous et d'où venons-nous vraiment, en Nouvelle-Calédonie ?
Généalogies, lignées, filiations ... et cousinades en Nouvelle-Calédonie.
Une mise au point sur quelques usages abusifs (pervers ?) de la généalogie.
C'est purement mathématiques ... et biologique:
Chacun de nous descend de deux (2) personnes à la 1 ère génération qui nous précède; c'est-à-dire que chacun de nous a deux (2) parents à la génération 1 (2 exposant 1 ou 2 puissance 1 si vous préférez); de quatre (4) grands parents à la 2 ème génération (2 exposant 2), toujours en amont de chacun d'entre nous; de huit (8) personnes (arrière-grands parents) à la 3 ème génération ( 2 exposant 3) ... etc.
Vous l'avez compris, le nom que je porte, est à la 3 ème génération, celui d'une personne sur les huit (8) dont je descends !!!
Impressionnant, non ?
Mais nous continuons à honorer celui-ci, en ignorant les sept autres à cette génération-là ... et, ignorant les 15 autres à la génération précédente, et ainsi de suite ...
C'est le paradoxe de ces "cousinades" qui rassemblent tous ceux qui "descendent" d'un "bonhomme"; choisi (?) pour sa représentativité, surtout en Calédonie, où la légitimité authentiquement "calédonienne" est toujours recherchée, ou suspecte !
Alors nous nous rassemblons sous la bannière de l'aïeul bagnard, ou kanak, ou chinois, ou malabar, ou réunionnais, ou arabe, ou japonais, ou zoreille (hem! rarement affiché comme tel ...), etc.
Oubliant, négligeant, allègrement, tous ces aïeux indignes (?) de reconnaissance, hommes et femmes, ayant croisé ou non le chemin de cet illustre huitième ou seizième de sang !!!
...
Personnellement, je me nomme "Douyère"; mais je ne veux pas ignorer tous ces aïeux qui m'ont précédé et ont contribué à me donner la vie, des femmes et des hommes dont le nom et l'histoire singulière s'évanouissent dans cette nuit des temps et des générations.
Et qui m'ont transmis peu ou prou leur ADN, à défaut de leur nom !
Une mise au point sur quelques usages abusifs (pervers ?) de la généalogie.
C'est purement mathématiques ... et biologique:
Chacun de nous descend de deux (2) personnes à la 1 ère génération qui nous précède; c'est-à-dire que chacun de nous a deux (2) parents à la génération 1 (2 exposant 1 ou 2 puissance 1 si vous préférez); de quatre (4) grands parents à la 2 ème génération (2 exposant 2), toujours en amont de chacun d'entre nous; de huit (8) personnes (arrière-grands parents) à la 3 ème génération ( 2 exposant 3) ... etc.
Vous l'avez compris, le nom que je porte, est à la 3 ème génération, celui d'une personne sur les huit (8) dont je descends !!!
Impressionnant, non ?
Mais nous continuons à honorer celui-ci, en ignorant les sept autres à cette génération-là ... et, ignorant les 15 autres à la génération précédente, et ainsi de suite ...
C'est le paradoxe de ces "cousinades" qui rassemblent tous ceux qui "descendent" d'un "bonhomme"; choisi (?) pour sa représentativité, surtout en Calédonie, où la légitimité authentiquement "calédonienne" est toujours recherchée, ou suspecte !
Alors nous nous rassemblons sous la bannière de l'aïeul bagnard, ou kanak, ou chinois, ou malabar, ou réunionnais, ou arabe, ou japonais, ou zoreille (hem! rarement affiché comme tel ...), etc.
Oubliant, négligeant, allègrement, tous ces aïeux indignes (?) de reconnaissance, hommes et femmes, ayant croisé ou non le chemin de cet illustre huitième ou seizième de sang !!!
...
Personnellement, je me nomme "Douyère"; mais je ne veux pas ignorer tous ces aïeux qui m'ont précédé et ont contribué à me donner la vie, des femmes et des hommes dont le nom et l'histoire singulière s'évanouissent dans cette nuit des temps et des générations.
Et qui m'ont transmis peu ou prou leur ADN, à défaut de leur nom !
samedi 19 juillet 2014
Peut-on décoloniser DANS la France ? Un paradoxe calédonien de plus !
A l'orée de cette dernière mandature de l'Accord de Nouméa, pressés par une échéance qui approche irrémédiablement, leaders politiques calédoniens, membres du Gouvernement français, experts juridiques, s'échinent à ébaucher des solutions dans des termes non dichotomiques.
Je suis un peu perdu ! Et comme souvent, j'ai plus de questions que de réponses... Mais il n'y a pas de réflexion sans questionnement, n'est-ce-pas.
Oui, peut-on décoloniser DANS la France ?
Et puis, qu'est-ce que: "accéder à la pleine souveraineté", avec ou sans la France ?
Peut-on "partager la souveraineté" ?
Aurait-on résolu alors une sorte de "quadrature du cercle" sociopolitique ?
Un historien calédonien, Frédéric Angleviel, en fait le titre de la dernière partie de son livre: "Histoire illustrée de la Nouvelle-Calédonie"; la troisième partie: "Aujourd'hui, de l'autonomie à une décolonisation dans la France".
M. Gaël Yanno plaide au Comité de décolonisation des 24 de l'ONU pour une solution dans la France, tout en revendiquant une majorité de "Calédoniens" contre l'indépendance !
Quid de la revendication spécifique des Kanak ?
Accessoirement et implicitement, M. Yanno reconnaît ce Comité des 24 et reconnaît qu'il y a eu colonisation ...
Bref, tous les partis "anti-non-indépendantistes" prônent une sortie de l'Accord de Nouméa dans la France avec une grande imagination lexicale et quelques oxymores particulièrement intéressants !
De leur côté, les partis indépendantistes, pris entre revendication historique et pragmatisme, jonglent avec des mots qui ne veulent pas effrayer et une radicalité qui fonde leur existence et leur reconnaissance.
Nombre de questions submergent donc mon esprit:
Où s'arrête la décolonisation quand commence la néo-colonisation ?
Où s'arrête le colonialisme, quand commence le néocolonialisme ?
Où s'arrêtent les textes (les "Accords"), le Verbe (les discours politiques), quand les mentalités commencent-elles à évoluer ?
La Nouvelle-Calédonie est-elle toujours une colonie ... puisque tout le monde s'accorde à en évoquer la Décolonisation !
Peut-on décoloniser (dans la France) et laisser des flux migratoires sans contrôle ?
Vouloir construire un Destin Commun, n'est-ce-pas reconnaître qu'on en est loin ? Et subsidiairement que celui-ci passe par une décolonisation statutaire et des mentalités ?
Ces mentalités coloniales résurgentes, et récurrentes, n'ouvrent-elles pas la voie et la voix, comme un écho dialectique, à un discours anti-colonial primaire ou violent ! Sapant tout effort de dépassement de la contradiction et tout rapprochement original ...
Et, l'histoire des décolonisations se confond avec celle des indépendances. Réussies ou non, les indépendances ont accompagné les décolonisations !
Mais, la néo-colonisation et le néo-colonialisme a aussi succédé à de nombreuses indépendances ...
Quoiqu'il en soit, l'Etat français est bien engagé dans l'avenir de la Nouvelle-Calédonie; il n'est ni arbitre impartial, ni neutre, ni médiateur; il est puissance tutélaire, historiquement (et présentement ?) (ex-?) puissance coloniale !
Et pourtant, il me semble qu'une partie de la question, "peut-on décoloniser dans la France ?", a trouvé réponse et pourrait justifier sa forme affirmative!
L'originalité de Notre Pays, la Nouvelle-Calédonie, c'est que les Accords, Matignon-Oudinot et de Nouméa, ont ouvert une voie originale d'une forme de décolonisation:
Par le partage des pouvoirs avec les représentants du Peuple Kanak, organisé grâce au fait provincial et à la collégialité gouvernementale, entre autres dispositions statutaires et institutionnelles; autorisant les représentants du peuple Kanak à exercer ces pouvoirs selon leur vision de la chose publique.
Par l'accès des Kanak aux pouvoirs économiques et industriels.
Par la mise en place de dispositifs de formation destinés de manière préférentielle aux Kanak (400 cadres, Cadre Avenir);
Par la reconnaissance institutionnelle de l'organisation coutumière et de la culture du Peuple kanak.
Et bien d'autres mesures et dispositions ...
Pour autant, la décolonisation est-elle achevée, ou sommes-nous au milieu d'un gué dont l'autre rive s'appelle "indépendance", "souveraineté" ?
Milieu du gué avec ces mesures inabouties ou controversées:
Celle, "révolutionnaire" par essence, comme la mise en place d'une citoyenneté du Pays pratiquement illisible (si ce n'est par quelque manifestation relevant plus du folklore), contrariant sûrement et pour un moment ce processus original de décolonisation !
Celle d'un corps électoral gelé ou restreint, incomprise et contestée par les tenants d'un continuum de peuplement exogène mettant en danger, avec le temps, la place déjà minoritaire du Peuple Kanak !
...
Ou la Nouvelle-Calédonie va-t-elle écrire une nouvelle page toujours originale de l'histoire mondiale des décolonisations ?
Je suis un peu perdu ! Et comme souvent, j'ai plus de questions que de réponses... Mais il n'y a pas de réflexion sans questionnement, n'est-ce-pas.
Oui, peut-on décoloniser DANS la France ?
Et puis, qu'est-ce que: "accéder à la pleine souveraineté", avec ou sans la France ?
Peut-on "partager la souveraineté" ?
Aurait-on résolu alors une sorte de "quadrature du cercle" sociopolitique ?
Un historien calédonien, Frédéric Angleviel, en fait le titre de la dernière partie de son livre: "Histoire illustrée de la Nouvelle-Calédonie"; la troisième partie: "Aujourd'hui, de l'autonomie à une décolonisation dans la France".
M. Gaël Yanno plaide au Comité de décolonisation des 24 de l'ONU pour une solution dans la France, tout en revendiquant une majorité de "Calédoniens" contre l'indépendance !
Quid de la revendication spécifique des Kanak ?
Accessoirement et implicitement, M. Yanno reconnaît ce Comité des 24 et reconnaît qu'il y a eu colonisation ...
Bref, tous les partis "anti-non-indépendantistes" prônent une sortie de l'Accord de Nouméa dans la France avec une grande imagination lexicale et quelques oxymores particulièrement intéressants !
De leur côté, les partis indépendantistes, pris entre revendication historique et pragmatisme, jonglent avec des mots qui ne veulent pas effrayer et une radicalité qui fonde leur existence et leur reconnaissance.
Nombre de questions submergent donc mon esprit:
Où s'arrête la décolonisation quand commence la néo-colonisation ?
Où s'arrête le colonialisme, quand commence le néocolonialisme ?
Où s'arrêtent les textes (les "Accords"), le Verbe (les discours politiques), quand les mentalités commencent-elles à évoluer ?
La Nouvelle-Calédonie est-elle toujours une colonie ... puisque tout le monde s'accorde à en évoquer la Décolonisation !
Peut-on décoloniser (dans la France) et laisser des flux migratoires sans contrôle ?
Vouloir construire un Destin Commun, n'est-ce-pas reconnaître qu'on en est loin ? Et subsidiairement que celui-ci passe par une décolonisation statutaire et des mentalités ?
Ces mentalités coloniales résurgentes, et récurrentes, n'ouvrent-elles pas la voie et la voix, comme un écho dialectique, à un discours anti-colonial primaire ou violent ! Sapant tout effort de dépassement de la contradiction et tout rapprochement original ...
Mais, au fait, revenons à la source des mots; qu'est-ce que décoloniser ?
Le Larousse dit:
Décoloniser: "accorder l'indépendance à une colonie, la faire accéder au statut d'état".Et, l'histoire des décolonisations se confond avec celle des indépendances. Réussies ou non, les indépendances ont accompagné les décolonisations !
Mais, la néo-colonisation et le néo-colonialisme a aussi succédé à de nombreuses indépendances ...
Quoiqu'il en soit, l'Etat français est bien engagé dans l'avenir de la Nouvelle-Calédonie; il n'est ni arbitre impartial, ni neutre, ni médiateur; il est puissance tutélaire, historiquement (et présentement ?) (ex-?) puissance coloniale !
Et pourtant, il me semble qu'une partie de la question, "peut-on décoloniser dans la France ?", a trouvé réponse et pourrait justifier sa forme affirmative!
L'originalité de Notre Pays, la Nouvelle-Calédonie, c'est que les Accords, Matignon-Oudinot et de Nouméa, ont ouvert une voie originale d'une forme de décolonisation:
Par le partage des pouvoirs avec les représentants du Peuple Kanak, organisé grâce au fait provincial et à la collégialité gouvernementale, entre autres dispositions statutaires et institutionnelles; autorisant les représentants du peuple Kanak à exercer ces pouvoirs selon leur vision de la chose publique.
Par l'accès des Kanak aux pouvoirs économiques et industriels.
Par la mise en place de dispositifs de formation destinés de manière préférentielle aux Kanak (400 cadres, Cadre Avenir);
Par la reconnaissance institutionnelle de l'organisation coutumière et de la culture du Peuple kanak.
Et bien d'autres mesures et dispositions ...
Pour autant, la décolonisation est-elle achevée, ou sommes-nous au milieu d'un gué dont l'autre rive s'appelle "indépendance", "souveraineté" ?
Milieu du gué avec ces mesures inabouties ou controversées:
Celle, "révolutionnaire" par essence, comme la mise en place d'une citoyenneté du Pays pratiquement illisible (si ce n'est par quelque manifestation relevant plus du folklore), contrariant sûrement et pour un moment ce processus original de décolonisation !
Celle d'un corps électoral gelé ou restreint, incomprise et contestée par les tenants d'un continuum de peuplement exogène mettant en danger, avec le temps, la place déjà minoritaire du Peuple Kanak !
...
Ou la Nouvelle-Calédonie va-t-elle écrire une nouvelle page toujours originale de l'histoire mondiale des décolonisations ?
jeudi 14 novembre 2013
POUR ou CONTRE l'indépendance ?
Au seuil du transfert ou non des compétences régaliennes, donc de l'accession ou non "à la pleine souveraineté", je m'interroge !
Préalable:
Est-ce que "pleine souveraineté" équivaut à "indépendance" ? Ces termes coexistent dans la panoplie du langage politique calédonien sans qu'il soit certain que nos hommes ou femmes politiques les remplissent du même contenu ... Le terme "indépendance" me semblant plus connoté négativement dans la population non indépendantiste car ressenti comme une vraie et totale rupture; tandis que "pleine souveraineté" fait plus "soft" et semble laisser percevoir, en filigrane, le maintien d'un lien avec la future "ex-mère patrie", vrai, faux ? ... Bref, les mystères de la sémantique politicienne ne sont pas, eux, accessibles aux citoyens de base ! Et les "experts" qui se sont penchés sur le berceau des futurs possibles du futur pays-nouveau-né ne m'ont pas particulièrement éclairé sur l’ambiguïté de cette coexistence des termes (quant aux statuts de "sortie" possibles, ces experts ont été limpides!).
J'ai milité pour l'indépendance dans les années 70/80; et j'en suis fier. Cette revendication a été le seul vecteur politique de progrès dans une société néo-calédonienne encore très marquée, voire bloquée, dans son statut colonial où les Kanak étaient encore des "citoyens de seconde zone". Sans cette revendication, la Nouvelle-Calédonie n'aurait pas progressé; et c'est tout à l'honneur des militants de cette cause et à ses morts ...
Mais, en cette fin d'année 2013, je m'interroge, avec la sincérité que je dois à ces convictions qui m'ont animé durant des années, à mes amis politiques, à ma famille.
Suis-je prêt à franchir le Rubicon ? Cette feuille de "papier job" qui sépare la Nouvelle-Calédonie AUTONOME DANS la République Française DE la Kanaky(-Nouvelle-Calédonie ?) LIBRE et INDEPENDANTE ?
Pour savoir qu'entre deux points infiniment proches il existe un espace tout aussi infini, je sais que le pas à franchir peut être grand, très grand, trop grand ! Psychologiquement, par peur de l'avenir, par souci de sécurité (politique et économique), ou par manque d'ambition.
Mais, quel bonheur ce serait également de construire un pays libre plus juste, plus équilibré pour tous ses habitants, plus serein, avec une vraie interculturalité, par acculturation réciproque, fier d'apporter sa petite pierre originale et authentique dans le concert des nations pour une Terre Patrie (cf. Edgar Morin) meilleure. Bref, une sorte de modèle à construire ensemble !
Ainsi, j'ai décidé d'égrener pendant quelques temps et au fil de ce temps, des événements et de mes réflexions, les POUR et les CONTRE qui me feraient pencher vers l'option INDÉPENDANCE ou NON.
Attention!
Ce n'est pas le nombre de POUR ou de CONTRE qui ferait pencher la balance au moment du scrutin d'autodétermination, c'est la valeur de chaque POUR ou CONTRE, affectée d'un coefficient psychologique et sociologique, et pondérée par ce coefficient; l'un pouvant emporter la décision contre tous les autres ... Vous m'avez compris ?
POUR: Quand je vois le sort réservé aux "valeurs républicaines" en France:
Non respect de la commémoration du 11 novembre et des morts pour la France avec ces sifflets contre le Président de la République; je me dis que cette France-là n'est pas la mienne !
Ces faits, associés au racisme "anti-Taubira", étalé sans vergogne; NON, cette France-là je la quitte sans hésiter !
La France, à travers sa vie politique et médiatique actuelle, est loin d'incarner cette valeur cardinale qu'est le Respect, valeur que nous, les océaniens de toutes couleurs de Calédonie, appelons de nos vœux et faisons vivre malgré les difficultés ou les incompréhensions ...
POUR: Si on admet qu'il sera impossible de réussir une décolonisation de la Nouvelle-Calédonie (inscrite dans l'Accord de Nouméa) quand n'importe quel français ou européen peut venir s'y installer sans réserve ! La Nouvelle-Calédonie resterait donc une colonie(*) de peuplement pour laquelle la seule issue d'une réelle décolonisation serait l'indépendance avec un contrôle de l'immigration à ses frontières (aériennes et maritimes).
Problématique subsidiaire:
Peut-on décoloniser et permettre dans le même temps une installation sans réserve des populations du pays colonisateur dans le "futur-ex-pays-colonisé".
Résoudre ce paradoxe ! C'était bien là, il me semble, la fonction de la (trop) fameuse CITOYENNETÉ calédonienne, prévue dans l'Accord de 1998, et qui devait accoucher d'un Destin Commun; était-elle une fumisterie intellectuelle et une grosse tromperie politique ?
(*) Colonie: réunion de personnes parties d'un pays pour aller habiter, exploiter un autre (cf. Le Petit Robert).
CONTRE: Si on prévoit qu'après l'indépendance, les querelles politiciennes seront exacerbées dans un microcosme îlien et politicien où la course auX pouvoirS ne pourra plus être régulée par une puissance supérieure détenant entre ses mains la justice et l'armée ...
Donc, rester sous la protection de la Constitution Française garantirait la paix et la sécurité .Comme cela a été le cas durant ces 25 dernières années.
POUR: Si on continue à (con)fondre le Peuple Kanak dans une communauté au même titre que les autres communautés. La Nouvelle-Calédonie n'est pas la Réunion, ici il y a un peuple "premier"; ce que semble vouloir nier un certain discours populiste évoquant "à tour de mots" un peuple, LE peuple (*), "sui generis" comme ultime argument politique !
Trop d'hommes ou de femmes politiques, comme trop de calédoniens, citoyens ou non, se refusent encore à reconnaître que les Kanak forment un Peuple à part entière. C'est un malentendu majeur !
De mon point de vue, c'est cette reconnaissance, pleine et entière, authentique, qui peut fonder la communauté de destin au-delà des clichés.
Le Peuple Kanak dans sa totalité, que les Kanak soient indépendantistes ou non, souffre en silence de cette non reconnaissance, de ce déni d'existence. Et c'est pour cette raison fondamentale que plus des 3/4 du Peuple Kanak est en faveur de l'indépendance ...
(*) Un peuple, c'est comme une mayonnaise "maison", la somme de ses ingrédients ne suffit pas à la réussir, elle prend ou elle ne prend pas ! La réussite de la mayonnaise, tient à un coup de main, à la température, à l'atmosphère, en bref, tient du miracle ! Pas de la harangue ! (les cuisinières le savent bien, pas les politiciens ...).
A suivre ...
CONTRE: Si on considère que les flux financiers de la France vers la Nouvelle-Calédonie risquent de diminuer considérablement mettant en péril le niveau de vie des populations du pays, y compris celui des plus pauvres (?).
POUR: Peut-être l'indépendance est-elle le seul moyen de faire baisser le coût de la vie dans Notre Pays et de réduire les écarts indécents entre les plus hauts et les plus bas revenus ?
L'indépendance comme solution contre la vie chère ! (L'Intersyndicale "Vie Chère" y-a-t-elle pensé ?)
L'indépendance pour réussir la désindexation et revenir à une fourchette des salaires plus raisonnable !
ET
CONTRE: Car, l'écart entre les plus hauts revenus et les plus bas peut aussi se creuser considérablement dans un pays indépendant, et les inégalités devenir plus fortes encore, si les régulations s'effondrent et si la corruption s'installe.Ce genre de contre-exemple a malheureusement été fréquent au cours de l'histoire des décolonisations et indépendances.
A suivre ...
Préalable:
Est-ce que "pleine souveraineté" équivaut à "indépendance" ? Ces termes coexistent dans la panoplie du langage politique calédonien sans qu'il soit certain que nos hommes ou femmes politiques les remplissent du même contenu ... Le terme "indépendance" me semblant plus connoté négativement dans la population non indépendantiste car ressenti comme une vraie et totale rupture; tandis que "pleine souveraineté" fait plus "soft" et semble laisser percevoir, en filigrane, le maintien d'un lien avec la future "ex-mère patrie", vrai, faux ? ... Bref, les mystères de la sémantique politicienne ne sont pas, eux, accessibles aux citoyens de base ! Et les "experts" qui se sont penchés sur le berceau des futurs possibles du futur pays-nouveau-né ne m'ont pas particulièrement éclairé sur l’ambiguïté de cette coexistence des termes (quant aux statuts de "sortie" possibles, ces experts ont été limpides!).
J'ai milité pour l'indépendance dans les années 70/80; et j'en suis fier. Cette revendication a été le seul vecteur politique de progrès dans une société néo-calédonienne encore très marquée, voire bloquée, dans son statut colonial où les Kanak étaient encore des "citoyens de seconde zone". Sans cette revendication, la Nouvelle-Calédonie n'aurait pas progressé; et c'est tout à l'honneur des militants de cette cause et à ses morts ...
Mais, en cette fin d'année 2013, je m'interroge, avec la sincérité que je dois à ces convictions qui m'ont animé durant des années, à mes amis politiques, à ma famille.
Suis-je prêt à franchir le Rubicon ? Cette feuille de "papier job" qui sépare la Nouvelle-Calédonie AUTONOME DANS la République Française DE la Kanaky(-Nouvelle-Calédonie ?) LIBRE et INDEPENDANTE ?
Pour savoir qu'entre deux points infiniment proches il existe un espace tout aussi infini, je sais que le pas à franchir peut être grand, très grand, trop grand ! Psychologiquement, par peur de l'avenir, par souci de sécurité (politique et économique), ou par manque d'ambition.
Mais, quel bonheur ce serait également de construire un pays libre plus juste, plus équilibré pour tous ses habitants, plus serein, avec une vraie interculturalité, par acculturation réciproque, fier d'apporter sa petite pierre originale et authentique dans le concert des nations pour une Terre Patrie (cf. Edgar Morin) meilleure. Bref, une sorte de modèle à construire ensemble !
Ainsi, j'ai décidé d'égrener pendant quelques temps et au fil de ce temps, des événements et de mes réflexions, les POUR et les CONTRE qui me feraient pencher vers l'option INDÉPENDANCE ou NON.
Attention!
Ce n'est pas le nombre de POUR ou de CONTRE qui ferait pencher la balance au moment du scrutin d'autodétermination, c'est la valeur de chaque POUR ou CONTRE, affectée d'un coefficient psychologique et sociologique, et pondérée par ce coefficient; l'un pouvant emporter la décision contre tous les autres ... Vous m'avez compris ?
POUR: Quand je vois le sort réservé aux "valeurs républicaines" en France:
Non respect de la commémoration du 11 novembre et des morts pour la France avec ces sifflets contre le Président de la République; je me dis que cette France-là n'est pas la mienne !
Ces faits, associés au racisme "anti-Taubira", étalé sans vergogne; NON, cette France-là je la quitte sans hésiter !
La France, à travers sa vie politique et médiatique actuelle, est loin d'incarner cette valeur cardinale qu'est le Respect, valeur que nous, les océaniens de toutes couleurs de Calédonie, appelons de nos vœux et faisons vivre malgré les difficultés ou les incompréhensions ...
POUR: Si on admet qu'il sera impossible de réussir une décolonisation de la Nouvelle-Calédonie (inscrite dans l'Accord de Nouméa) quand n'importe quel français ou européen peut venir s'y installer sans réserve ! La Nouvelle-Calédonie resterait donc une colonie(*) de peuplement pour laquelle la seule issue d'une réelle décolonisation serait l'indépendance avec un contrôle de l'immigration à ses frontières (aériennes et maritimes).
Problématique subsidiaire:
Peut-on décoloniser et permettre dans le même temps une installation sans réserve des populations du pays colonisateur dans le "futur-ex-pays-colonisé".
Résoudre ce paradoxe ! C'était bien là, il me semble, la fonction de la (trop) fameuse CITOYENNETÉ calédonienne, prévue dans l'Accord de 1998, et qui devait accoucher d'un Destin Commun; était-elle une fumisterie intellectuelle et une grosse tromperie politique ?
(*) Colonie: réunion de personnes parties d'un pays pour aller habiter, exploiter un autre (cf. Le Petit Robert).
CONTRE: Si on prévoit qu'après l'indépendance, les querelles politiciennes seront exacerbées dans un microcosme îlien et politicien où la course auX pouvoirS ne pourra plus être régulée par une puissance supérieure détenant entre ses mains la justice et l'armée ...
Donc, rester sous la protection de la Constitution Française garantirait la paix et la sécurité .Comme cela a été le cas durant ces 25 dernières années.
POUR: Si on continue à (con)fondre le Peuple Kanak dans une communauté au même titre que les autres communautés. La Nouvelle-Calédonie n'est pas la Réunion, ici il y a un peuple "premier"; ce que semble vouloir nier un certain discours populiste évoquant "à tour de mots" un peuple, LE peuple (*), "sui generis" comme ultime argument politique !
Trop d'hommes ou de femmes politiques, comme trop de calédoniens, citoyens ou non, se refusent encore à reconnaître que les Kanak forment un Peuple à part entière. C'est un malentendu majeur !
De mon point de vue, c'est cette reconnaissance, pleine et entière, authentique, qui peut fonder la communauté de destin au-delà des clichés.
Le Peuple Kanak dans sa totalité, que les Kanak soient indépendantistes ou non, souffre en silence de cette non reconnaissance, de ce déni d'existence. Et c'est pour cette raison fondamentale que plus des 3/4 du Peuple Kanak est en faveur de l'indépendance ...
(*) Un peuple, c'est comme une mayonnaise "maison", la somme de ses ingrédients ne suffit pas à la réussir, elle prend ou elle ne prend pas ! La réussite de la mayonnaise, tient à un coup de main, à la température, à l'atmosphère, en bref, tient du miracle ! Pas de la harangue ! (les cuisinières le savent bien, pas les politiciens ...).
A suivre ...
CONTRE: Si on considère que les flux financiers de la France vers la Nouvelle-Calédonie risquent de diminuer considérablement mettant en péril le niveau de vie des populations du pays, y compris celui des plus pauvres (?).
POUR: Peut-être l'indépendance est-elle le seul moyen de faire baisser le coût de la vie dans Notre Pays et de réduire les écarts indécents entre les plus hauts et les plus bas revenus ?
L'indépendance comme solution contre la vie chère ! (L'Intersyndicale "Vie Chère" y-a-t-elle pensé ?)
L'indépendance pour réussir la désindexation et revenir à une fourchette des salaires plus raisonnable !
ET
CONTRE: Car, l'écart entre les plus hauts revenus et les plus bas peut aussi se creuser considérablement dans un pays indépendant, et les inégalités devenir plus fortes encore, si les régulations s'effondrent et si la corruption s'installe.Ce genre de contre-exemple a malheureusement été fréquent au cours de l'histoire des décolonisations et indépendances.
A suivre ...
dimanche 15 septembre 2013
MA fête de la Citoyenneté: MES histoires oubliées et MA mémoire perdue.
Citoyennes, citoyens:
"Y'en a qui disent que...":
"'faut oublier le passé, 'faut arrêter de regarder en arrière ..."
Ceux-là, "ben", ils vont droit dans le mur de ... derrière !
Parce que c'est de la VIE réelle dont il s'agit lorsqu'on évoque le passé ou qu'on prépare l'avenir; pas d'un passé idéalisé ou rejeté, ni d'un avenir rêvé, sous la forme de slogans souvent inaccessibles; dont les plus malins font un usage politique "intensif" ou auxquels, les plus crédules s'accrochent ...
Les gens qui ne veulent pas qu'on évoque le passé me fatiguent. Ils s'assoient sur nos souffrances ou nos souvenirs, bons et mauvais, pour nous donner mauvaise conscience et se construire une ... bonne conscience ! Et rater l'avenir de Notre Pays; en s'asseyant sur toutes ces petites histoires, de tout le monde et de chacun, dont, les miennes !
Peut-être, sont-ils contre toute commémoration ! Le 14 juillet, le 11 novembre, le 8 mai 45, Oradour, le Vel d'Hiv, ..., ou encore, en Nouvelle-Calédonie, le 24 septembre et le 26 juin !
Je ne pense pas comme "ces gens-là"; je crois que c'est parce qu'on n'oublie pas qu'on peut éviter que l'Histoire se répète; la Grande Histoire, celle dont on parle dans les livres et celle des grands historiens; ou, celles, petites histoires qui font nos vies au quotidien et qui peuvent nous la pourrir la vie.
Ainsi, dans cet article, j'évoquerai ces petites histoires dont ma mémoire garde quelques traces:
Histoires oubliées d'une mémoire (un peu) perdue !
Entre le 24 septembre 1853 et le 26 juin 1988, j'évoquerai ce que l'histoire commémorée oublie trop facilement à mon goût.
> Et d'abord, Hienghène, le guet-apens de décembre 1984, et la tuerie dont on parle si peu. "Hienghène, ou le désespoir calédonien" comme l'a si bien décrit Lionel Duroy dans son livre.
Ouvéa, 1988, c'était entre l'armée française et le FLNKS, dont acte.
Mais, Hienghène, 1984, c'était entre des colons, métisses ou assimilés, et des Kanak; et j'ai vu les photos par l'intermédiaire de mon ami militant Régis, j'ai vu les photos des cadavres des gens de Tiendanite morts ... ! Où en est-on du Grand Pardon entre la communauté "caldoche" et le peuple Kanak ?
Et nos chers "zoreilles" qu'y comprennent-ils ?
> Sans (?) rapport, il y a ces colons libres, arrivés avec le vent, ni bagnards, ni arabes, ni arrivés dans les frusques de Feuillet, ni viets, javanais et wallisiens, arrivés sous "contrats" forcés ... Non, simples migrants, fuyant la pauvreté, partis chercher "un avenir meilleur" (Philippe Lavil), comme cet arrière-grand-père, quittant un cirque de l'île Bourbon, Salazie, pour se poser au fond d'une grande vallée de la Côte Est. Il était pauvre et libre.
Pas intéressant ? Victimes de l'Histoire ou fabricants d'Histoire ?
> Il y a aussi le CACI (comité d'action contre l'indépendance), sorte d'OAS (organisation de l'armée secrète en Algérie) locale, qui sévissait pendant les événements; souvent sous forme de milices; comme à Poindimié, menaçant les (trop) sympathisants de la cause Kanak ... Je n'oublie pas ! ... Non, je n'oublie pas. Impossible. Mais peut-être, eux aussi avaient-ils peur ! Finalement, de toutes ces tribus qui "cernaient" les villages de la Côte Est. Jusqu'à quel point avaient-ils raison, d'avoir peur ?
> Et puis, il y a encore, de manière anecdotique (?) ces pâturages améliorés sur la Côte Ouest, dont certains éleveurs, dans les années 70/80, se faisaient les adeptes tout en défonçant méthodiquement toute trace de présence kanak en labourant dans tous les sens les anciens billons d'ignames ou tarodières visibles ... Disparu, le premier occupant; j'en ai été le témoin, un peu abasourdi !
Ce n'est pas fini ...
> Toutes ces violences durant les "Evénements" dont les kanak n'avaient pas l'exclusivité, loin de là ! Combien de familles kanak en gardent le souvenir, pourchassés dans les rues de Nouméa ou dans des villages, parfois terrorisés, subissant la nomadisation militaire dans les tribus ...
Mais violences subies aussi par des caldoches ou des "métros": comme le vieux cousin de mon père, Julien et sa femme, séquestrés à Tchamba par des "cagoulés" ... ou mon ami Paul, "métro" trop proche des Kanak au goût de certains, menacé par quelques caldoches et "pieds noirs" ou autres débarqués d'anciennes colonies françaises ! C'était à à Poindimié.
> Curieusement, et dans un tout autre registre, je me souviens, quand j'étais pensionnaire à Nouméa, des sirènes annonçant les prises de quarts à la SLN, rythmant la vie de toute la ville, et de tant de familles. Me rappelant avec force que cette vieille usine nous a marqué dans notre chair, comme elle a accompagné la vie de tant de calédoniens.
Alors, la balancer d'un revers de mot, la rejeter comme un vieil os rongé dont on ne supporte plus l'odeur ... Un peu facile, non ?
> Et puis, dans la petite histoire, et comme un anachronisme, un curieux épisode de la vie calédonienne me vient en mémoire: CABREL, dont une part de la population souhaitait boycotter la venue pour montrer sa désapprobation quant à certaines des prises de positions du chanteur, jugées trop en faveur des indépendantistes et des Kanak ... Finalement le chanteur avait annulé sa tournée en Calédonie. Drôle de victoire pour tous ces "blancs", par ailleurs très attachés à la liberté, l'égalité, la fraternité dans la République française ! Mais en Calédonie, on n'est pas à une contradiction près.
Pas de dépôt de gerbes pour mes histoires oubliées, pas de député, ni de gouverneur ou de ministre, ni de président de province, de gouvernement pour commémorer ces petites histoires oubliées; juste ces quelques petites fleurs déposées sur ma mémoire (un peu) perdue !
Mes enfants, comme les vôtres, vivent, certes, à l'heure d'internet et de la mondialisation, mais ils vivent, circulent, dorment, vont à l'école ... en Nouvelle-Calédonie, et en ... chair et en os, pas virtuellement.
"Hic et nunc" !
Alors il est interdit d'oublier; sous peine de voir l'histoire se répéter et nos mémoires, comme les leurs, continuer à engranger de la douleur ...
Pour éviter que la "Terre Violente" de Jacqueline Sénès, ne se rappelle à notre bon (?) souvenir.
Lucidité et principe de réalité doivent accompagner le rêve et l'idéal !
A suivre ...
Postscriptum du 25 septembre 2013:
Après avoir constaté à travers les compte-rendus des médias, écrits, parlés et télévisuels de ce week-end prolongé du 24 septembre, à quel point la volonté de beaucoup de monde de "ne pas oublier" était vive, je me suis pris à penser que je "radotais" un peu avec mes "histoires oubliées" ...
Mais, après réflexion, j'ose croire que non ! Car, la vraie question reste: que fait-on de ces rappels de mémoires ? Quelle est la portée de ces "commémorations" en tous genres ?
L'esprit de mon billet est de rappeler (mais comment le faire bien ?) que cette histoire est encore récente, notre mémoire bien souvent encore à vif et que ces souvenirs, douloureux ou non, nous ont marqués psychologiquement et physiquement, nous ont construits et parfois "déconstruits" ...
Alors nous devons tous faire preuve d'inventivité pédagogique pour transmettre cette histoire et faire en sorte qu'elle féconde l'invention de notre avenir !
Le quotidien vécu nous montre de manière têtue à quel point il y a loin des slogans, même les plus généreux, à la réalité !!!
...
"Y'en a qui disent que...":
"'faut oublier le passé, 'faut arrêter de regarder en arrière ..."
Ceux-là, "ben", ils vont droit dans le mur de ... derrière !
Parce que c'est de la VIE réelle dont il s'agit lorsqu'on évoque le passé ou qu'on prépare l'avenir; pas d'un passé idéalisé ou rejeté, ni d'un avenir rêvé, sous la forme de slogans souvent inaccessibles; dont les plus malins font un usage politique "intensif" ou auxquels, les plus crédules s'accrochent ...
Les gens qui ne veulent pas qu'on évoque le passé me fatiguent. Ils s'assoient sur nos souffrances ou nos souvenirs, bons et mauvais, pour nous donner mauvaise conscience et se construire une ... bonne conscience ! Et rater l'avenir de Notre Pays; en s'asseyant sur toutes ces petites histoires, de tout le monde et de chacun, dont, les miennes !
Peut-être, sont-ils contre toute commémoration ! Le 14 juillet, le 11 novembre, le 8 mai 45, Oradour, le Vel d'Hiv, ..., ou encore, en Nouvelle-Calédonie, le 24 septembre et le 26 juin !
Je ne pense pas comme "ces gens-là"; je crois que c'est parce qu'on n'oublie pas qu'on peut éviter que l'Histoire se répète; la Grande Histoire, celle dont on parle dans les livres et celle des grands historiens; ou, celles, petites histoires qui font nos vies au quotidien et qui peuvent nous la pourrir la vie.
Ainsi, dans cet article, j'évoquerai ces petites histoires dont ma mémoire garde quelques traces:
Histoires oubliées d'une mémoire (un peu) perdue !
Entre le 24 septembre 1853 et le 26 juin 1988, j'évoquerai ce que l'histoire commémorée oublie trop facilement à mon goût.
> Et d'abord, Hienghène, le guet-apens de décembre 1984, et la tuerie dont on parle si peu. "Hienghène, ou le désespoir calédonien" comme l'a si bien décrit Lionel Duroy dans son livre.
Ouvéa, 1988, c'était entre l'armée française et le FLNKS, dont acte.
Mais, Hienghène, 1984, c'était entre des colons, métisses ou assimilés, et des Kanak; et j'ai vu les photos par l'intermédiaire de mon ami militant Régis, j'ai vu les photos des cadavres des gens de Tiendanite morts ... ! Où en est-on du Grand Pardon entre la communauté "caldoche" et le peuple Kanak ?
Et nos chers "zoreilles" qu'y comprennent-ils ?
> Sans (?) rapport, il y a ces colons libres, arrivés avec le vent, ni bagnards, ni arabes, ni arrivés dans les frusques de Feuillet, ni viets, javanais et wallisiens, arrivés sous "contrats" forcés ... Non, simples migrants, fuyant la pauvreté, partis chercher "un avenir meilleur" (Philippe Lavil), comme cet arrière-grand-père, quittant un cirque de l'île Bourbon, Salazie, pour se poser au fond d'une grande vallée de la Côte Est. Il était pauvre et libre.
Pas intéressant ? Victimes de l'Histoire ou fabricants d'Histoire ?
> Il y a aussi le CACI (comité d'action contre l'indépendance), sorte d'OAS (organisation de l'armée secrète en Algérie) locale, qui sévissait pendant les événements; souvent sous forme de milices; comme à Poindimié, menaçant les (trop) sympathisants de la cause Kanak ... Je n'oublie pas ! ... Non, je n'oublie pas. Impossible. Mais peut-être, eux aussi avaient-ils peur ! Finalement, de toutes ces tribus qui "cernaient" les villages de la Côte Est. Jusqu'à quel point avaient-ils raison, d'avoir peur ?
> Et puis, il y a encore, de manière anecdotique (?) ces pâturages améliorés sur la Côte Ouest, dont certains éleveurs, dans les années 70/80, se faisaient les adeptes tout en défonçant méthodiquement toute trace de présence kanak en labourant dans tous les sens les anciens billons d'ignames ou tarodières visibles ... Disparu, le premier occupant; j'en ai été le témoin, un peu abasourdi !
Ce n'est pas fini ...
> Toutes ces violences durant les "Evénements" dont les kanak n'avaient pas l'exclusivité, loin de là ! Combien de familles kanak en gardent le souvenir, pourchassés dans les rues de Nouméa ou dans des villages, parfois terrorisés, subissant la nomadisation militaire dans les tribus ...
Mais violences subies aussi par des caldoches ou des "métros": comme le vieux cousin de mon père, Julien et sa femme, séquestrés à Tchamba par des "cagoulés" ... ou mon ami Paul, "métro" trop proche des Kanak au goût de certains, menacé par quelques caldoches et "pieds noirs" ou autres débarqués d'anciennes colonies françaises ! C'était à à Poindimié.
> Curieusement, et dans un tout autre registre, je me souviens, quand j'étais pensionnaire à Nouméa, des sirènes annonçant les prises de quarts à la SLN, rythmant la vie de toute la ville, et de tant de familles. Me rappelant avec force que cette vieille usine nous a marqué dans notre chair, comme elle a accompagné la vie de tant de calédoniens.
Alors, la balancer d'un revers de mot, la rejeter comme un vieil os rongé dont on ne supporte plus l'odeur ... Un peu facile, non ?
> Et puis, dans la petite histoire, et comme un anachronisme, un curieux épisode de la vie calédonienne me vient en mémoire: CABREL, dont une part de la population souhaitait boycotter la venue pour montrer sa désapprobation quant à certaines des prises de positions du chanteur, jugées trop en faveur des indépendantistes et des Kanak ... Finalement le chanteur avait annulé sa tournée en Calédonie. Drôle de victoire pour tous ces "blancs", par ailleurs très attachés à la liberté, l'égalité, la fraternité dans la République française ! Mais en Calédonie, on n'est pas à une contradiction près.
Pas de dépôt de gerbes pour mes histoires oubliées, pas de député, ni de gouverneur ou de ministre, ni de président de province, de gouvernement pour commémorer ces petites histoires oubliées; juste ces quelques petites fleurs déposées sur ma mémoire (un peu) perdue !
Mes enfants, comme les vôtres, vivent, certes, à l'heure d'internet et de la mondialisation, mais ils vivent, circulent, dorment, vont à l'école ... en Nouvelle-Calédonie, et en ... chair et en os, pas virtuellement.
"Hic et nunc" !
Alors il est interdit d'oublier; sous peine de voir l'histoire se répéter et nos mémoires, comme les leurs, continuer à engranger de la douleur ...
Pour éviter que la "Terre Violente" de Jacqueline Sénès, ne se rappelle à notre bon (?) souvenir.
Lucidité et principe de réalité doivent accompagner le rêve et l'idéal !
A suivre ...
Postscriptum du 25 septembre 2013:
Après avoir constaté à travers les compte-rendus des médias, écrits, parlés et télévisuels de ce week-end prolongé du 24 septembre, à quel point la volonté de beaucoup de monde de "ne pas oublier" était vive, je me suis pris à penser que je "radotais" un peu avec mes "histoires oubliées" ...
Mais, après réflexion, j'ose croire que non ! Car, la vraie question reste: que fait-on de ces rappels de mémoires ? Quelle est la portée de ces "commémorations" en tous genres ?
L'esprit de mon billet est de rappeler (mais comment le faire bien ?) que cette histoire est encore récente, notre mémoire bien souvent encore à vif et que ces souvenirs, douloureux ou non, nous ont marqués psychologiquement et physiquement, nous ont construits et parfois "déconstruits" ...
Alors nous devons tous faire preuve d'inventivité pédagogique pour transmettre cette histoire et faire en sorte qu'elle féconde l'invention de notre avenir !
Le quotidien vécu nous montre de manière têtue à quel point il y a loin des slogans, même les plus généreux, à la réalité !!!
...
mercredi 13 mars 2013
La solution consensuelle est morte ! Vive les blocs opposés... l'affrontement, donc.
Etat des lieux un an avant les échéances de 2014.
Chacun fourbit ses armes ! C'est l'heure. 2014, c'est demain !
Et tous nos politiciens sont dans les "startings blocks". Quels qu'ils soient, malheureusement.
Je ne sais pas si je dois parler de Yanno, qui se prépare à (s')assurer un avenir (re-député, maire de Nouméa), pour continuer à vivre de la politique, sur le dos de quelques crédules franco-français ou de nouméens apeurés.
Je ne sais pas si je dois parler de Gomès, qui attend son heure, revanchard finalement assumé.
Je ne sais pas si je dois parler de Paul, qui gère sa province comme un état quasi indépendant ... dépendant pourtant des subsides de la France, des transferts des moyens avec celui des compétences, d'une clé de répartition favorable, de ses investissements en Corée, du nickel "pompé" à tout va !
Je ne sais pas si je dois parler de "Loulou", qui marque Gomès comme son ombre, avec raison (?), qu'il juge faire trop d'ombre à son peuple, Loulou qui sublime 2014 !
Je ne sais pas si je dois parler d'Harold, s'agrippant à son fauteuil, renaclant aux critiques dont il a été lui-même un fervent pourvoyeur.
Je ne sais pas si je dois parler de Pierre Frogier, inspiré tardivement, communiquant navrant, sur une corde raide.
Je ne sais pas si je dois parler de Daniel Goa, présidant, depuis peu, aux destinées de l'Union Calédonienne (!?). Saura-t-il, comme ses prédécesseurs inspirés, trouver la voie étroite pour sortir d'une impasse certaine.
Je ne sais pas si je dois parler de vous, de nous, de moi, égoïstes, gâtés par un si beau pays, incapables de nous élever à son image; peureux du lendemain et agrippés au jour le jour ... ou jouissant à l'idée d'y "foutre le bordel" !
...
La solution consensuelle est moribonde, elle a été usée jusqu'à la corde ... par des égos en mal d'être les premiers, les meilleurs (?), les éloquents, les riches, les potentats .. marchant sur nos têtes qui l'ont bien mérité. Plus de solution consensuelle pour l'avenir ! Normal, dans une société qui n'a rien de consensuelle !
OUI !
A partir de ce jour, la Solution Consensuelle Nouvelle est morte née.
...
Chacun de nos partis politiques fourbit ses armes pour 2014, et après ?
Quelques uns sont sur une stratégie de blocs, du rapport de force donc.
Yanno, c'est sûr !
Gomès de manière plus perverse, puisqu'il prétend représenter un "peuple calédonien" qui n'existe que dans son imaginaire démagogique comme ce drapeau commun revendiqué et tout aussi démagogique; mais à Calédonie Ensemble, aucune tête ne dépasse derrière la "tête-pensée-unique" du leader !
Au RUMP, Pierre Frogier semble vouloir réécrire l'histoire de la solution consensuelle, est-il armé (?!) pour l'imposer ?
D'autres, au FLNKS, ont une stratégie plus subtile, s'appuyant sur un corps électoral figé (une forme de rapport de forces), tellement figé et depuis si longtemps qu'il en est devenu "momifié" et complètement en contradiction avec une réalité qui l'a dépassé ... ou qui le dépassera ! Dans une stratégie institutionnelle courageuse, mais bien incertaine ... Si cette stratégie échouait, quelle serait l'alternative ?
...
Nous n'avons plus personne sur qui compter !
...
Je suis Néo-Calédonien, et je suis sans avenir, je vis sans avenir, je prépare mes enfants à assurer leur avenir sans trop compter sur l'avenir ...
Et mes frères Kanak, depuis quand sont-ils sans avenir ?
Et tous ces métros, venus chercher un avenir (meilleur ?) en Calédonie, ne brouillent-ils pas notre avenir ? Celui des Kanak ? Finalement, le leur (*)!
Et ces Wallisiens ici, comme chez eux, avec leurs chefferies; accepteraient-ils que nous, (Kanak, Caldoches, Métros) allions assurer notre avenir en nous installant par milliers à Wallis et Futuna (par exemple après l'indépendance de la Calédonie !) comme eux, le font ici !
Et, tant d'aveuglement traverse ces communautés.
Avons-nous, tous, ensemble, les uns et les autres, les uns contre les autres, les uns avec les autres, un avenir ?
...
L'avenir ?
Nouvelle solution consensuelle, rapports de force, statu-quo, référendums (**), indépendance, partition, etc. ?
Beaucoup de bavardages mais, aucune lisibilité, aucune visibilité pour l'avenir !
La (Kanaky-)Nouvelle-Calédonie fonce à tombeau ouvert, dans le brouillard, vers un avenir complètement incertain.
...
OUI !
Rien n'est bon ! L'avenir sent mauvais !
Il sent l'égoïsme mauvais, il sent le pouvoir mauvais, il sent l'argent mauvais, il sent la méfiance et la défiance mauvaises, il sent la dispute mauvaise... L'avenir sent mauvais.
Notre Pays nous échappe ! Lui avons-nous jamais appartenu ? Préférant qu'il nous appartienne ...
...
La démagogie va régner en maîtresse pensée !
...
Manque de capacité de réflexion, manque d'imagination, manque d'éducation (tout court ou) politique, manque d'analyse, manque d'affection, manque d'émotion ? Et manque de lucidité; cette lucidité qui permet de faire face à la réalité avec courage, responsabilité et humilité (trois mots qui n'ont pas trop leur place dans le verbe politique calédonien).
...
Il nous manquait Marine Le Pen, pour comble de tout, c'est fait !
...
Et pourtant, il y a tant de belles choses qui se font au quotidien, tant de progrès déjà accomplis, tant de bonheur à partager nos différentes cultures et de plaisir à vivre ensemble ! Comment préserver, voire approfondir tout cela ?
En s'affrontant ?
...
P.S. Je sais être critique vis-vis de nos politiciens, politiciennes; mais n'ont-ils pas voulu ou prétendu s'occuper de notre avenir en se présentant aux élections, ne sont-ils pas (bien) payés en tant qu'élus pour cela ?
...
(*) Au fait, que tout ce beau monde arrête de prétendre à intégrer le corps électoral spécial sous prétexte qu'ils participent à la richesse du Pays. Index de correction, enrichissement personnel, etc. ; ne profitent-ils pas largement de la Calédonie ? Et puis, ça ne gêne personne que nombre d'entre eux, comme de calédoniens, investissent massivement ailleurs, en France, en Australie, en Nouvelle-Zélande ! L'argent n'a pas de frontière et s'en"fout" des nationalités ! Qu'ils arrêtent de nous "bassiner" avec cet argument qui ne convainc qu'eux-mêmes et les crédules.
(**) A propos de référendum et pour ceux qui n'ont pas la mémoire nécessaire, le dernier référendum d'autodétermination ("pour" ou "contre" l'indépendance) en Nouvelle-Calédonie date du 13 septembre 1987 (avec une condition restrictive de résidence de 3 ans). Il avait vu le "non" à l'indépendance l'emportait à 98,3% pour une participation de 59,1%. Le FLNKS avait appelé à boycotté ce référendum. Résultat sur le terrain, les violences avaient redoublé !
Chacun fourbit ses armes ! C'est l'heure. 2014, c'est demain !
Et tous nos politiciens sont dans les "startings blocks". Quels qu'ils soient, malheureusement.
Je ne sais pas si je dois parler de Yanno, qui se prépare à (s')assurer un avenir (re-député, maire de Nouméa), pour continuer à vivre de la politique, sur le dos de quelques crédules franco-français ou de nouméens apeurés.
Je ne sais pas si je dois parler de Gomès, qui attend son heure, revanchard finalement assumé.
Je ne sais pas si je dois parler de Paul, qui gère sa province comme un état quasi indépendant ... dépendant pourtant des subsides de la France, des transferts des moyens avec celui des compétences, d'une clé de répartition favorable, de ses investissements en Corée, du nickel "pompé" à tout va !
Je ne sais pas si je dois parler de "Loulou", qui marque Gomès comme son ombre, avec raison (?), qu'il juge faire trop d'ombre à son peuple, Loulou qui sublime 2014 !
Je ne sais pas si je dois parler d'Harold, s'agrippant à son fauteuil, renaclant aux critiques dont il a été lui-même un fervent pourvoyeur.
Je ne sais pas si je dois parler de Pierre Frogier, inspiré tardivement, communiquant navrant, sur une corde raide.
Je ne sais pas si je dois parler de Daniel Goa, présidant, depuis peu, aux destinées de l'Union Calédonienne (!?). Saura-t-il, comme ses prédécesseurs inspirés, trouver la voie étroite pour sortir d'une impasse certaine.
Je ne sais pas si je dois parler de vous, de nous, de moi, égoïstes, gâtés par un si beau pays, incapables de nous élever à son image; peureux du lendemain et agrippés au jour le jour ... ou jouissant à l'idée d'y "foutre le bordel" !
...
La solution consensuelle est moribonde, elle a été usée jusqu'à la corde ... par des égos en mal d'être les premiers, les meilleurs (?), les éloquents, les riches, les potentats .. marchant sur nos têtes qui l'ont bien mérité. Plus de solution consensuelle pour l'avenir ! Normal, dans une société qui n'a rien de consensuelle !
OUI !
A partir de ce jour, la Solution Consensuelle Nouvelle est morte née.
...
Chacun de nos partis politiques fourbit ses armes pour 2014, et après ?
Quelques uns sont sur une stratégie de blocs, du rapport de force donc.
Yanno, c'est sûr !
Gomès de manière plus perverse, puisqu'il prétend représenter un "peuple calédonien" qui n'existe que dans son imaginaire démagogique comme ce drapeau commun revendiqué et tout aussi démagogique; mais à Calédonie Ensemble, aucune tête ne dépasse derrière la "tête-pensée-unique" du leader !
Au RUMP, Pierre Frogier semble vouloir réécrire l'histoire de la solution consensuelle, est-il armé (?!) pour l'imposer ?
D'autres, au FLNKS, ont une stratégie plus subtile, s'appuyant sur un corps électoral figé (une forme de rapport de forces), tellement figé et depuis si longtemps qu'il en est devenu "momifié" et complètement en contradiction avec une réalité qui l'a dépassé ... ou qui le dépassera ! Dans une stratégie institutionnelle courageuse, mais bien incertaine ... Si cette stratégie échouait, quelle serait l'alternative ?
...
Nous n'avons plus personne sur qui compter !
...
Je suis Néo-Calédonien, et je suis sans avenir, je vis sans avenir, je prépare mes enfants à assurer leur avenir sans trop compter sur l'avenir ...
Et mes frères Kanak, depuis quand sont-ils sans avenir ?
Et tous ces métros, venus chercher un avenir (meilleur ?) en Calédonie, ne brouillent-ils pas notre avenir ? Celui des Kanak ? Finalement, le leur (*)!
Et ces Wallisiens ici, comme chez eux, avec leurs chefferies; accepteraient-ils que nous, (Kanak, Caldoches, Métros) allions assurer notre avenir en nous installant par milliers à Wallis et Futuna (par exemple après l'indépendance de la Calédonie !) comme eux, le font ici !
Et, tant d'aveuglement traverse ces communautés.
Avons-nous, tous, ensemble, les uns et les autres, les uns contre les autres, les uns avec les autres, un avenir ?
...
L'avenir ?
Nouvelle solution consensuelle, rapports de force, statu-quo, référendums (**), indépendance, partition, etc. ?
Beaucoup de bavardages mais, aucune lisibilité, aucune visibilité pour l'avenir !
La (Kanaky-)Nouvelle-Calédonie fonce à tombeau ouvert, dans le brouillard, vers un avenir complètement incertain.
...
OUI !
Rien n'est bon ! L'avenir sent mauvais !
Il sent l'égoïsme mauvais, il sent le pouvoir mauvais, il sent l'argent mauvais, il sent la méfiance et la défiance mauvaises, il sent la dispute mauvaise... L'avenir sent mauvais.
Notre Pays nous échappe ! Lui avons-nous jamais appartenu ? Préférant qu'il nous appartienne ...
...
La démagogie va régner en maîtresse pensée !
...
Manque de capacité de réflexion, manque d'imagination, manque d'éducation (tout court ou) politique, manque d'analyse, manque d'affection, manque d'émotion ? Et manque de lucidité; cette lucidité qui permet de faire face à la réalité avec courage, responsabilité et humilité (trois mots qui n'ont pas trop leur place dans le verbe politique calédonien).
...
Il nous manquait Marine Le Pen, pour comble de tout, c'est fait !
...
Et pourtant, il y a tant de belles choses qui se font au quotidien, tant de progrès déjà accomplis, tant de bonheur à partager nos différentes cultures et de plaisir à vivre ensemble ! Comment préserver, voire approfondir tout cela ?
En s'affrontant ?
...
P.S. Je sais être critique vis-vis de nos politiciens, politiciennes; mais n'ont-ils pas voulu ou prétendu s'occuper de notre avenir en se présentant aux élections, ne sont-ils pas (bien) payés en tant qu'élus pour cela ?
...
(*) Au fait, que tout ce beau monde arrête de prétendre à intégrer le corps électoral spécial sous prétexte qu'ils participent à la richesse du Pays. Index de correction, enrichissement personnel, etc. ; ne profitent-ils pas largement de la Calédonie ? Et puis, ça ne gêne personne que nombre d'entre eux, comme de calédoniens, investissent massivement ailleurs, en France, en Australie, en Nouvelle-Zélande ! L'argent n'a pas de frontière et s'en"fout" des nationalités ! Qu'ils arrêtent de nous "bassiner" avec cet argument qui ne convainc qu'eux-mêmes et les crédules.
(**) A propos de référendum et pour ceux qui n'ont pas la mémoire nécessaire, le dernier référendum d'autodétermination ("pour" ou "contre" l'indépendance) en Nouvelle-Calédonie date du 13 septembre 1987 (avec une condition restrictive de résidence de 3 ans). Il avait vu le "non" à l'indépendance l'emportait à 98,3% pour une participation de 59,1%. Le FLNKS avait appelé à boycotté ce référendum. Résultat sur le terrain, les violences avaient redoublé !
samedi 9 février 2013
Insécurité et vie chère: comment le diable se mord la queue !
ATTENTION, réflexion non politiquement correcte ! Mais assumée, rassurez-vous.
...
Mais, un paradoxe bien calédonien !
...
un cercle vicieux ?
je vais faire mes petites courses au magasin du coin, un vigile se tient près de la porte. Pourtant, ce magasin est un PETIT magasin de quartier, qui dépanne les clients de proximité. Combien lui coûte ce vigile ? Qui, au final, paie ce vigile ?
La ville de Nouméa et celles du "Grand Nouméa" embauchent à tout va, agents municipaux de police, auxiliaires de proximité ... Qui va les payer ? Peut-être la modification de la clé de répartition en faveur de la Province Sud ? Puisque celle-ci subventionne Nouméa et ses villes satellites pour faire face à cette dépense (et qu'une bonne part de la cause de cette insécurité serait due à des gens venus des autres provinces à majorité kanak travailler ou étudier ou emprisonnés dans le Sud; troublant, non comme raisonnement, comme "non-dit" ... Hem !) !
Nombre d'entreprises font appel à des sociétés de gardiennage ou des vigiles ...
Combien cela coûte au final, quelle marge cela "bouffe-t-il" ou dans quelle mesure les marges doivent-elles être augmentées pour couvrir ces dépenses "collatérales"!
La délinquance qui fait peur, mais ne fait-elle pas vivre une économie qui se réjouit ?
Les syndicats qui se mobilisent contre "la vie chère", que ne dénoncent-ils pas cette insécurité qui la favorise en prenant leur part de responsabilité dans la cohésion sociale et morale de la société calédonienne !
Et nos politiques (de quelque bord qu'ils soient) ne se jouent-ils pas de cette même vie chère ... et de l'insécurité comme d'un fond de commerce électoral ?
Tout ce beau monde ne profite-t-il pas de ce phénomène ... qu'ils entretiennent d'une façon ou d'une autre ?
...
Un cercle vertueux ?
Tout cela finalement procure du travail à de nombreuses personnes sans ou avec peu de qualifications qui vont "gardienner" tous ces lieux sensibles, petits, grands magasins, parcs municipaux, boîtes de nuit, et autres lieux susceptibles d'être "mal famés" ou d'attirer quelques petits ou grands prédateurs.
Alors, l'insécurité contribuant à "la vie chère" n'aurait-elle pas la vertu de favoriser la création d'emplois !!!
Drôle de cercle vertueux, n'est-ce-pas ?
Et nos politiciens (de quelque bord qu'ils soient) d'exploiter ce trouble socio-politique pour surfer sur l'une ou l'autre des vagues qui les portera au firmament du microcosme politique calédonien (la vague de l'insécurité toujours porteuse politiquement, la vague de la reconnaissance pour le travail fournit aux agents de sécurité ou encore la vague de la peur qui submerge bon nombre d'électeurs versus la vague d'une déstabilisation sociétale et politique potentielle que représente cette délinquance !)... pour finalement assurer leur élection ou leur réélection !
...
Alors;
Je me pose la question:
A qui profite ce "crime" ?
...
Quand tout ce beau monde (politico-syndical(*)) s'attache à si mal entretenir ce qu'ils ont commis: un soi-disant "destin commun" dont on s'éloigne aussi vite que la délinquance augmente !!!
Parce que, au fond, c'est toujours de la cohésion sociale de la société calédonienne multi-ethnique et multiculturelle dont il s'agit ... et de la cohérence des actions, individuelles, collectives, publiques ... et politiques !
De la responsabilité de TOUS et de CHACUN au fond (et personne ne peut s'en absoudre, qu'il soit honnête citoyen ou citoyen délinquant !).
...
Euh !
...
Bonne réflexion !
Et n'oubliez pas de fermer votre porte à clef !
Au fait! Avez-vous vérifier si votre voiture est fermée à clef également!
Mais laissez votre flingot dans son armoire, c'est une mauvaise idée d'y ... penser.
Et vous, délinquants potentiels, à 80% kanak, tenez-vous à l'abri de toute provocation, facile (ça peut faire du bien dans la tête), mais par trop contre-productive !
Quel est l'enjeu, inavoué par tous et par chacun, de toute cette agitation ?
(*) Je sais évidemment qu'il n'est pas dans la fonction des syndicats d'assurer la sécurité publique, mais c'est bien eux qui ont soulevé le problème de "la vie chère" dont ce billet est le thème presque principal ...
Dans le même registre consulter:
http://chroniquekanakynouvellecaledonie.blogspot.com/2009/10/la-citoyennete-comme-un-solution.html
http://chroniquekanakynouvellecaledonie.blogspot.com/2009/03/delinquance-avant-il-y-avait-moins-de.html
...
Mais, un paradoxe bien calédonien !
...
un cercle vicieux ?
je vais faire mes petites courses au magasin du coin, un vigile se tient près de la porte. Pourtant, ce magasin est un PETIT magasin de quartier, qui dépanne les clients de proximité. Combien lui coûte ce vigile ? Qui, au final, paie ce vigile ?
La ville de Nouméa et celles du "Grand Nouméa" embauchent à tout va, agents municipaux de police, auxiliaires de proximité ... Qui va les payer ? Peut-être la modification de la clé de répartition en faveur de la Province Sud ? Puisque celle-ci subventionne Nouméa et ses villes satellites pour faire face à cette dépense (et qu'une bonne part de la cause de cette insécurité serait due à des gens venus des autres provinces à majorité kanak travailler ou étudier ou emprisonnés dans le Sud; troublant, non comme raisonnement, comme "non-dit" ... Hem !) !
Nombre d'entreprises font appel à des sociétés de gardiennage ou des vigiles ...
Combien cela coûte au final, quelle marge cela "bouffe-t-il" ou dans quelle mesure les marges doivent-elles être augmentées pour couvrir ces dépenses "collatérales"!
La délinquance qui fait peur, mais ne fait-elle pas vivre une économie qui se réjouit ?
Les syndicats qui se mobilisent contre "la vie chère", que ne dénoncent-ils pas cette insécurité qui la favorise en prenant leur part de responsabilité dans la cohésion sociale et morale de la société calédonienne !
Et nos politiques (de quelque bord qu'ils soient) ne se jouent-ils pas de cette même vie chère ... et de l'insécurité comme d'un fond de commerce électoral ?
Tout ce beau monde ne profite-t-il pas de ce phénomène ... qu'ils entretiennent d'une façon ou d'une autre ?
...
Un cercle vertueux ?
Tout cela finalement procure du travail à de nombreuses personnes sans ou avec peu de qualifications qui vont "gardienner" tous ces lieux sensibles, petits, grands magasins, parcs municipaux, boîtes de nuit, et autres lieux susceptibles d'être "mal famés" ou d'attirer quelques petits ou grands prédateurs.
Alors, l'insécurité contribuant à "la vie chère" n'aurait-elle pas la vertu de favoriser la création d'emplois !!!
Drôle de cercle vertueux, n'est-ce-pas ?
Et nos politiciens (de quelque bord qu'ils soient) d'exploiter ce trouble socio-politique pour surfer sur l'une ou l'autre des vagues qui les portera au firmament du microcosme politique calédonien (la vague de l'insécurité toujours porteuse politiquement, la vague de la reconnaissance pour le travail fournit aux agents de sécurité ou encore la vague de la peur qui submerge bon nombre d'électeurs versus la vague d'une déstabilisation sociétale et politique potentielle que représente cette délinquance !)... pour finalement assurer leur élection ou leur réélection !
...
Alors;
Je me pose la question:
A qui profite ce "crime" ?
...
Quand tout ce beau monde (politico-syndical(*)) s'attache à si mal entretenir ce qu'ils ont commis: un soi-disant "destin commun" dont on s'éloigne aussi vite que la délinquance augmente !!!
Parce que, au fond, c'est toujours de la cohésion sociale de la société calédonienne multi-ethnique et multiculturelle dont il s'agit ... et de la cohérence des actions, individuelles, collectives, publiques ... et politiques !
De la responsabilité de TOUS et de CHACUN au fond (et personne ne peut s'en absoudre, qu'il soit honnête citoyen ou citoyen délinquant !).
...
Euh !
...
Bonne réflexion !
Et n'oubliez pas de fermer votre porte à clef !
Au fait! Avez-vous vérifier si votre voiture est fermée à clef également!
Mais laissez votre flingot dans son armoire, c'est une mauvaise idée d'y ... penser.
Et vous, délinquants potentiels, à 80% kanak, tenez-vous à l'abri de toute provocation, facile (ça peut faire du bien dans la tête), mais par trop contre-productive !
Quel est l'enjeu, inavoué par tous et par chacun, de toute cette agitation ?
(*) Je sais évidemment qu'il n'est pas dans la fonction des syndicats d'assurer la sécurité publique, mais c'est bien eux qui ont soulevé le problème de "la vie chère" dont ce billet est le thème presque principal ...
Dans le même registre consulter:
http://chroniquekanakynouvellecaledonie.blogspot.com/2009/10/la-citoyennete-comme-un-solution.html
http://chroniquekanakynouvellecaledonie.blogspot.com/2009/03/delinquance-avant-il-y-avait-moins-de.html
mercredi 5 décembre 2012
Retour aux cases de départ ... Celles qui n'étaient pas dans la ville !
J'ai préféré ne pas réagir "à chaud" à toutes les péripéties qui ont entouré l'implantation, l'occupation puis la destruction des cases construites dans Nouméa à l'occasion des fêtes de la citoyenneté de septembre dernier (drôle de fête et drôle de citoyenneté).
Beaucoup (trop ?) de choses ont été dites et écrites sur le sujet. Alors pour ma part je voulais simplement évoquer une période de l'histoire récente de Notre Pays; récente pour moi, lointaine pour d'autres et ignorée pour beaucoup, voire enterrée !
Cette période, à la fin des années soixante-dix et au début des années quatre-vingt, c'est celle des "cases symboliques" que les Kanak construisaient sur les terres des colons (*) pour afficher leur revendication. Ces "occupations de terres" ont bouleversé la Brousse Calédonienne, la vie des colons et la relation de ces derniers avec leurs voisins "les indigènes" (comme ils les nommaient à l'époque).
Cette évocation m'est venue sans forcer, naturellement, accompagnée du souvenir d'une prise de conscience brutale à l'époque: la TERRE représentait LE contentieux majeur entre le Peuple Kanak et les Calédoniens non kanak (descendants de colons "blancs", javanais, etc).
En cette période, Nouméa continuait à vivre sur son petit nuage ... Et je me souviens avoir pensé: "un jour ou l'autre, Nouméa n'échappera pas à la revendication kanak, sous une forme ou une autre, peut-être sociale ou culturelle, voire économique". Trente ans après les premières revendications de terres, au début des années 2000, avec les revendications dures de l'USTKE, Nouméa a commencé à réaliser que les Kanak existaient dans le domaine social et économique, en tout cas ils voulaient exister. Le contentieux entre Kanak et Non-Kanak s'est déplacé ... Pour porter sur le TRAVAIL ?
L'histoire continuait ...
Et, cette année des "cases symboliques" kanak ont occupé La Ville ...!!!
Et, l'histoire de la Nouvelle-Calédonie continue à bégayer ...
Juste retour des choses ? Ou plutôt juste une nouvelle étape de la longue lutte des Kanak pour affirmer leur identité, pour conquérir leur juste place dans un pays, le leur, que trop de gens à la mentalité rabougrie, leur dénient encore, ouvertement ou de manière subliminale ...
Mais, NOUS, ceux dont les terres ont été revendiquées ou leurs descendants, nous qui avons souffert en ces périodes troublées, nous qui n'avions pas toujours compris la revendication kanak, nous qui avions compris que Notre Pays ne pouvait plus rester en l'état, nous qui essayons d'oublier ...
NOUS, nous espérions de la Citoyenneté Calédonienne prévue dans l'Accord de Nouméa, comme un rêve pour dépasser et transcender nos différences ... Qu'est-elle devenue, qu'en ont-ils fait, qu'en avons-nous fait ?
RIEN.
Et le "Destin Commun" est devenu un véritable cache-misère !
(*) Pour mes lecteurs non au fait de l'histoire calédonienne, le sens du terme de "colon" tel que je l'emploie ici ne doit pas être confondu avec celui qui est employé à l'heure actuelle en Israël et en Palestine ... A moins que ... A moins qu'avec tout ce monde qui débarque sans qu'une véritable, authentique et régulatrice Citoyenneté Calédonienne ne soit mise en place, on aboutisse à une nouvelle colonisation de la Nouvelle-Calédonie (en tout cas, les Kanak pourraient recevoir comme tel ce phénomène)! Et là, Notre Pays aurait du souci à se faire: la période de paix des accords serait révolue, l'instabilité serait à prévoir (dont l'insécurité latente est une forme), le retour en arrière serait assuré.
Sur des thèmes semblables (histoire, mémoire, mentalité, citoyenneté), consulter:
http://chroniquekanakynouvellecaledonie.blogspot.com/2010/11/de-la-memoire-de-la-memoire-et-des.html
http://chroniquekanakynouvellecaledonie.blogspot.com/2011/03/les-mentalites-nont-pas-change-ou-un_30.html
http://chroniquekanakynouvellecaledonie.blogspot.com/2009/03/delinquance-avant-il-y-avait-moins-de.html
http://www.chroniquekanakynouvellecaledonie.blogspot.com/2009/10/la-citoyennete-comme-un-solution.html
Beaucoup (trop ?) de choses ont été dites et écrites sur le sujet. Alors pour ma part je voulais simplement évoquer une période de l'histoire récente de Notre Pays; récente pour moi, lointaine pour d'autres et ignorée pour beaucoup, voire enterrée !
Cette période, à la fin des années soixante-dix et au début des années quatre-vingt, c'est celle des "cases symboliques" que les Kanak construisaient sur les terres des colons (*) pour afficher leur revendication. Ces "occupations de terres" ont bouleversé la Brousse Calédonienne, la vie des colons et la relation de ces derniers avec leurs voisins "les indigènes" (comme ils les nommaient à l'époque).
Cette évocation m'est venue sans forcer, naturellement, accompagnée du souvenir d'une prise de conscience brutale à l'époque: la TERRE représentait LE contentieux majeur entre le Peuple Kanak et les Calédoniens non kanak (descendants de colons "blancs", javanais, etc).
En cette période, Nouméa continuait à vivre sur son petit nuage ... Et je me souviens avoir pensé: "un jour ou l'autre, Nouméa n'échappera pas à la revendication kanak, sous une forme ou une autre, peut-être sociale ou culturelle, voire économique". Trente ans après les premières revendications de terres, au début des années 2000, avec les revendications dures de l'USTKE, Nouméa a commencé à réaliser que les Kanak existaient dans le domaine social et économique, en tout cas ils voulaient exister. Le contentieux entre Kanak et Non-Kanak s'est déplacé ... Pour porter sur le TRAVAIL ?
L'histoire continuait ...
Et, cette année des "cases symboliques" kanak ont occupé La Ville ...!!!
Et, l'histoire de la Nouvelle-Calédonie continue à bégayer ...
Juste retour des choses ? Ou plutôt juste une nouvelle étape de la longue lutte des Kanak pour affirmer leur identité, pour conquérir leur juste place dans un pays, le leur, que trop de gens à la mentalité rabougrie, leur dénient encore, ouvertement ou de manière subliminale ...
Mais, NOUS, ceux dont les terres ont été revendiquées ou leurs descendants, nous qui avons souffert en ces périodes troublées, nous qui n'avions pas toujours compris la revendication kanak, nous qui avions compris que Notre Pays ne pouvait plus rester en l'état, nous qui essayons d'oublier ...
NOUS, nous espérions de la Citoyenneté Calédonienne prévue dans l'Accord de Nouméa, comme un rêve pour dépasser et transcender nos différences ... Qu'est-elle devenue, qu'en ont-ils fait, qu'en avons-nous fait ?
RIEN.
Et le "Destin Commun" est devenu un véritable cache-misère !
(*) Pour mes lecteurs non au fait de l'histoire calédonienne, le sens du terme de "colon" tel que je l'emploie ici ne doit pas être confondu avec celui qui est employé à l'heure actuelle en Israël et en Palestine ... A moins que ... A moins qu'avec tout ce monde qui débarque sans qu'une véritable, authentique et régulatrice Citoyenneté Calédonienne ne soit mise en place, on aboutisse à une nouvelle colonisation de la Nouvelle-Calédonie (en tout cas, les Kanak pourraient recevoir comme tel ce phénomène)! Et là, Notre Pays aurait du souci à se faire: la période de paix des accords serait révolue, l'instabilité serait à prévoir (dont l'insécurité latente est une forme), le retour en arrière serait assuré.
Sur des thèmes semblables (histoire, mémoire, mentalité, citoyenneté), consulter:
http://chroniquekanakynouvellecaledonie.blogspot.com/2010/11/de-la-memoire-de-la-memoire-et-des.html
http://chroniquekanakynouvellecaledonie.blogspot.com/2011/03/les-mentalites-nont-pas-change-ou-un_30.html
http://chroniquekanakynouvellecaledonie.blogspot.com/2009/03/delinquance-avant-il-y-avait-moins-de.html
http://www.chroniquekanakynouvellecaledonie.blogspot.com/2009/10/la-citoyennete-comme-un-solution.html
mardi 23 novembre 2010
De La Mémoire, de la mémoire, et ... Des mémoires calédoniennes !
Les mémoires; de quoi parle-t-on ?
De la faculté de conserver et de rappeler des états de conscience passés et ce qui s'y trouve associé.
De l''esprit, en tant qu'il garde le souvenir du passé.
De l'aptitude à se rappeler spécialement certaines choses.
De la conservation dans le cerveau d'impressions qui continuent à influer sur notre comportement sous formes d'habitudes.
De la faculté collective de se souvenir.
Et aussi:
De la mémoire affective, la mémoire sélective, la mémoire à court terme, la perte de mémoire, les troubles de la mémoire et ... De l'amnésie, par opposition.
(Extraits du Petit Robert).
Et gardez en mémoire ces définitions pendant que vous lisez la suite, pour que cette suite ait tout son sens jusqu'au bout !
La Mémoire que j'aime:
La mémoire, c'est parfois cette plage sur laquelle les vagues viennent s'étaler , pour en effacer les traces laissées par quelqu'histoire ...
La mémoire ce sont ces anticlinaux et ces synclinaux qui racontent l'évolution géologique mouvementée de la terre.
La mémoire ce sont ces fossiles où la vie rencontre la matière pour être transmise aux générations futures.
La mémoire c'est cette lumière qui nous vient du fond de l'Infini du ciel pour nous donner à voir ce que nous ne pourrons jamais voir "en vrai" et nous raconter l'Univers ... Et nous ramener à notre humaine petitesse.
La mémoire nous échappe parfois, elle est libre, autonome, elle se rappelle à nous la nuit, dans les rêves ou les cauchemars.
La mémoire nous oublie souvent; elle nous perd, elle égare nos mots ou nos pensées !
La mémoire se raconte par Nos Vieux, déformée, reformée, réformée, sublimée.
La mémoire, c'est UN mémoire, pour donner à réfléchir sans fléchir, une pensée organisée, structurée et fondée.
Que dire de la Mémoire et des mémoires dans notre pays, la Nouvelle-Calédonie ?
Que dire de ces impressions qui ont été conservées dans les cerveaux Calédoniens
Que dire de l'aptitude à se rappeler spécialement certaines choses en Nouvelle-Calédonie ?
Que dire de la faculté collective de se souvenir en Nouvelle-Calédonie ?
QUI se souvient de QUOI, en Nouvelle-Calédonie ?
Cette dernière question, comme les trois précédentes ne sont pas si anodines qu'elles paraissent.
Démonstration:
Un homme de soixante ans, est né en 1950, il peut se rappeler ce qu'il a vécu ces cinquante cinq dernières années, en Nouvelle-Calédonie ( ou ailleurs pour certains), il peut se rappeler aussi ce que son père, peut-être né en 1910, a pu lui raconter de ce qu'il a lui-même vécu, et se souvenir de ce que son grand-père né en 1870 lui disait de sa propre vie.
Cela signifie que les impressions laissées par leur passages peuvent être encore fortes dans les têtes des uns et des autres. Les souvenirs des colons et de leurs descendants peuvent être encore vifs ... Ceux des Kanak actuels, descendants des Vieux Kanak, vifs également; d'autant plus que la tradition orale conforte cette aptitude à se rappeler spécialement les choses.
Les épisodes de l'histoire calédonienne imprègnent probablement encore beaucoup de cerveaux actuels et vivants, jeunes par transmissions, moins jeunes ou vieux par transmission et par vécu :
Les dégâts de la colonisation causés chez les Kanak;
La dureté de la vie des colons éparpillés en Brousse;
Le bagne;
Les spoliations foncières;
Les insurrections kanak et leurs répressions comme la peur qu'elles ont pu susciter chez les colons;
Le travail forcé des javanais dans les caféries et celui des Vietnamiens sur les mines
Mais aussi:
Des traditions kanak ou néo-calédoniennes;
Les cultures;
Les petites histoires et les souvenirs.
Tout cela n'est pas si loin que nous ne les avons effacés de notre cerveau ! Ces souvenirs, ces impressions, ces habitudes de penser, sont toujours vivaces.
Que fait-on de Ces Mémoires, individuelles ou collectives, en ce début de 21ème siècle ?
C'est sur ces strates de mémoires que la Citoyenneté aurait pu (dû ?) être fondée !
Et c'est aussi ici qu'intervient la problématique du volume des flux migratoires (qu'ils soient d'origine métropolitaines ou domtomiennes) ! Comment sont prises en compte ces Mémoires Anciennes quand ceux qui les portent sont (ou se sentent ?) noyés par un nombre proportionnellement important de "Mémoires Courtes", c'est-à-dire de mémoires qui ne recouvrent qu'un instant historique court de la Nouvelle-Calédonie. On veut construire un pays, mais "les approches pays", c'est-à-dire cette sensibilité "locale", née d'une prise en compte de ces mémoires vécues et vivantes, sont-elles valorisées ?
Le modernisme, le progressisme, le mondialisme justifient-ils le sacrifice de ces pans de mémoires installées dans des petits coins de notre cerveau ?
Nous avons un gros problème en Nouvelle-Calédonie avec "ça" ! Nous n'avons pas de Mémoire Commune. Et nous ne savons pas ou ne voulons pas reconnaître UNE mémoire commune sur laquelle nous bâtirions notre avenir; ou du moins nous avons chargé "le Destin Commun" ou cette "Communauté de Destin" de devenir cette mémoire commune qui nous manque tant.
En quelque sorte nous avons assigné au Destin Commun le devoir de construire et de devenir avant même d'exister, notre passé commun !!!
Paradoxal: l'oeuf-Destin Commun devient la poule-mémoire commune qui crée l'oeuf-destin commun qui crée la poule ...!
N.B. Je ne confonds pas dans ce billet La Mémoire des femmes et des Hommes de Notre Pays avec l'histoire de la Nouvelle-Calédonie enseignée à l'école ... L'évocation du passé n'est pas de la même nature pour l'une et pour l'autre.
Post-scriptum du 1er décembre 2010:
Dans cette évocation des mémoires j'ai omis volontairement la période dite des "Evénements" de 1984/1988; non pas qu'ils soient absents de mes souvenirs, bien au contraire, mais leur rappel fréquent finit par occulter, ou les renvoyer dans les limbes d'une mémoire vague, ces périodes plus anciennes dans nos mémoires et qui ont peut-être engendré ces "Evénements".
De la faculté de conserver et de rappeler des états de conscience passés et ce qui s'y trouve associé.
De l''esprit, en tant qu'il garde le souvenir du passé.
De l'aptitude à se rappeler spécialement certaines choses.
De la conservation dans le cerveau d'impressions qui continuent à influer sur notre comportement sous formes d'habitudes.
De la faculté collective de se souvenir.
Et aussi:
De la mémoire affective, la mémoire sélective, la mémoire à court terme, la perte de mémoire, les troubles de la mémoire et ... De l'amnésie, par opposition.
(Extraits du Petit Robert).
Et gardez en mémoire ces définitions pendant que vous lisez la suite, pour que cette suite ait tout son sens jusqu'au bout !
La Mémoire que j'aime:
La mémoire, c'est parfois cette plage sur laquelle les vagues viennent s'étaler , pour en effacer les traces laissées par quelqu'histoire ...
La mémoire ce sont ces anticlinaux et ces synclinaux qui racontent l'évolution géologique mouvementée de la terre.
La mémoire ce sont ces fossiles où la vie rencontre la matière pour être transmise aux générations futures.
La mémoire c'est cette lumière qui nous vient du fond de l'Infini du ciel pour nous donner à voir ce que nous ne pourrons jamais voir "en vrai" et nous raconter l'Univers ... Et nous ramener à notre humaine petitesse.
La mémoire nous échappe parfois, elle est libre, autonome, elle se rappelle à nous la nuit, dans les rêves ou les cauchemars.
La mémoire nous oublie souvent; elle nous perd, elle égare nos mots ou nos pensées !
La mémoire se raconte par Nos Vieux, déformée, reformée, réformée, sublimée.
La mémoire, c'est UN mémoire, pour donner à réfléchir sans fléchir, une pensée organisée, structurée et fondée.
Que dire de la Mémoire et des mémoires dans notre pays, la Nouvelle-Calédonie ?
Que dire de ces impressions qui ont été conservées dans les cerveaux Calédoniens
Que dire de l'aptitude à se rappeler spécialement certaines choses en Nouvelle-Calédonie ?
Que dire de la faculté collective de se souvenir en Nouvelle-Calédonie ?
QUI se souvient de QUOI, en Nouvelle-Calédonie ?
Cette dernière question, comme les trois précédentes ne sont pas si anodines qu'elles paraissent.
Démonstration:
Un homme de soixante ans, est né en 1950, il peut se rappeler ce qu'il a vécu ces cinquante cinq dernières années, en Nouvelle-Calédonie ( ou ailleurs pour certains), il peut se rappeler aussi ce que son père, peut-être né en 1910, a pu lui raconter de ce qu'il a lui-même vécu, et se souvenir de ce que son grand-père né en 1870 lui disait de sa propre vie.
Cela signifie que les impressions laissées par leur passages peuvent être encore fortes dans les têtes des uns et des autres. Les souvenirs des colons et de leurs descendants peuvent être encore vifs ... Ceux des Kanak actuels, descendants des Vieux Kanak, vifs également; d'autant plus que la tradition orale conforte cette aptitude à se rappeler spécialement les choses.
Les épisodes de l'histoire calédonienne imprègnent probablement encore beaucoup de cerveaux actuels et vivants, jeunes par transmissions, moins jeunes ou vieux par transmission et par vécu :
Les dégâts de la colonisation causés chez les Kanak;
La dureté de la vie des colons éparpillés en Brousse;
Le bagne;
Les spoliations foncières;
Les insurrections kanak et leurs répressions comme la peur qu'elles ont pu susciter chez les colons;
Le travail forcé des javanais dans les caféries et celui des Vietnamiens sur les mines
Mais aussi:
Des traditions kanak ou néo-calédoniennes;
Les cultures;
Les petites histoires et les souvenirs.
Tout cela n'est pas si loin que nous ne les avons effacés de notre cerveau ! Ces souvenirs, ces impressions, ces habitudes de penser, sont toujours vivaces.
Que fait-on de Ces Mémoires, individuelles ou collectives, en ce début de 21ème siècle ?
C'est sur ces strates de mémoires que la Citoyenneté aurait pu (dû ?) être fondée !
Et c'est aussi ici qu'intervient la problématique du volume des flux migratoires (qu'ils soient d'origine métropolitaines ou domtomiennes) ! Comment sont prises en compte ces Mémoires Anciennes quand ceux qui les portent sont (ou se sentent ?) noyés par un nombre proportionnellement important de "Mémoires Courtes", c'est-à-dire de mémoires qui ne recouvrent qu'un instant historique court de la Nouvelle-Calédonie. On veut construire un pays, mais "les approches pays", c'est-à-dire cette sensibilité "locale", née d'une prise en compte de ces mémoires vécues et vivantes, sont-elles valorisées ?
Le modernisme, le progressisme, le mondialisme justifient-ils le sacrifice de ces pans de mémoires installées dans des petits coins de notre cerveau ?
Nous avons un gros problème en Nouvelle-Calédonie avec "ça" ! Nous n'avons pas de Mémoire Commune. Et nous ne savons pas ou ne voulons pas reconnaître UNE mémoire commune sur laquelle nous bâtirions notre avenir; ou du moins nous avons chargé "le Destin Commun" ou cette "Communauté de Destin" de devenir cette mémoire commune qui nous manque tant.
En quelque sorte nous avons assigné au Destin Commun le devoir de construire et de devenir avant même d'exister, notre passé commun !!!
Paradoxal: l'oeuf-Destin Commun devient la poule-mémoire commune qui crée l'oeuf-destin commun qui crée la poule ...!
N.B. Je ne confonds pas dans ce billet La Mémoire des femmes et des Hommes de Notre Pays avec l'histoire de la Nouvelle-Calédonie enseignée à l'école ... L'évocation du passé n'est pas de la même nature pour l'une et pour l'autre.
Post-scriptum du 1er décembre 2010:
Dans cette évocation des mémoires j'ai omis volontairement la période dite des "Evénements" de 1984/1988; non pas qu'ils soient absents de mes souvenirs, bien au contraire, mais leur rappel fréquent finit par occulter, ou les renvoyer dans les limbes d'une mémoire vague, ces périodes plus anciennes dans nos mémoires et qui ont peut-être engendré ces "Evénements".
jeudi 5 août 2010
Citoyenneté, civisme ... Revenons à la source du sens des mots.
Intro: Sens interdit.
Par bien des aspects, la vie en société en Calédonie est devenue déplorable, malgré des apparences trompeuses voire flatteuses ...
Pour les uns il s'agit de s'y préserver une bulle qui peut parfois être en connection avec d'autres bulles semblables, des bulles dans lesquelles une liberté et une sécurité relatives vont donner une illusion de bonheur ... A "bon marché", parfois en solde !
Pour d'autres la bulle sera la tribu, protectrice ... Quand elle n'est pas exclusion ou expulsion, s'entend.
Il ya aussi les bulles du quartier ou du squat, du club, du groupe ou de "la bande"
Parfois,ces bulles se frôlent, s'entrechoquent, rarement elles fusionnent pour produire une bulle unique un peu plus grande,
Pour d'autres encore pas de bulles, des migrations permanentes perdus entre ces bulles, les perçant parfois pour les faire éclater ... Et s'éclater.
Plus de sens, sans sens, le sens de la vie en société humaine se dilue et se perd, un peu, beaucoup, chez nous.
Sauve-qui-peut ! (*)
Sens des mots.
Citoyenneté, civisme, civilité;
Citoyen, civique, civil;
Dans le bourbier des maux, l'emploi des mots dans tous les sens peut faire perdre le sens des choses !
Le bon sens voudrait qu'on évite les faux sens, l'usage de faux étant une spécialité calédonienne, pour retrouver l'essence des mots.
Bon sens.
Faut-il enseigner la citoyenneté à l'école et oublier d'appliquer et de faire appliquer les règles simples de civilité ?
Faut-il communiquer à tout va sur la citoyenneté pour en déplorer l'absence quand il faudrait évoquer le manque de civisme dont beaucoup trop d'adultes ont oublié le sens alors qu'ils sont sensés montrer l'exemple !
Plus de sens.
La politesse, le respect, comme le civisme sont-ils passés de mode, remplacés par ce mot fourre-tout qu'est devenu celui de "citoyenneté" en Nouvelle-Calédonie dans toutes les bouches ouvertes béates ou inquiètes sur les problèmes que rencontre notre société.
La citoyenneté, qu'elle soit de Nouvelle-Calédonie ou liée à l'appartenance à quelqu'état est devenue cet arbuste qui cache le désert de ces règles simples et universellement humaines qui régissent toute vie en société.
Donner du sens.
De nos jours, l'exemple de civisme, de respect mutuel, de civilité voire de civilisation n'arrive plus d'EN HAUT ! Ce HAUT, quelqu'il soit, qui manque tant aux jeunes d'aujourd'hui.
Ce haut qui pourrait être nos hommes et femmes politiques ...
Ce pourrait être les parents, les chefs de familles, les chefs de clans, les chefs d'entreprise ... Ou les syndicalistes !
Ce pourrait être les enseignants à l'école, dans les collèges et les lycées ...
Ce pourrait être les hommes d'Eglise ...
Ce pourrait être les grands frères ou les grandes soeurs ...
C'est peut-être TOI et MOI.
Sens autorisé.
On a oublié la vertu de l'exemple ! De l'exemplarité.
Cet exemple qui commence dès les premiers âges à faire son sillon. Ou à ne pas le faire si l'exemple manque ! Ou à virer de travers sous l'exemple mauvais ...
Cet exemple sans lequel aucune éducation, qu'elle soit familiale, scolaire, sociétale ou politique, n'est crédible !
Cet exemple par lequel tout est possible quand on se donne la peine d'y être sensible et de le faire vivre avec conviction, avec force. Avec un peu de courage aussi !
Conclusion: un sens unique.
La force de l'exemple et sa valeur, et en ce sens l'exemple est craint, c'est qu'on ne peut pas rejeter la faute sur l'Autre !
(*) J'aime bien évoquer la vie en société avec ses bulles ... Comme cette théorie astrophysique qui imagine l'univers formé de plusieurs univers-bulles flottant comme autant de galaxies se croisant, se télescopant, s'absorbant ou dégénérant ...
Par bien des aspects, la vie en société en Calédonie est devenue déplorable, malgré des apparences trompeuses voire flatteuses ...
Pour les uns il s'agit de s'y préserver une bulle qui peut parfois être en connection avec d'autres bulles semblables, des bulles dans lesquelles une liberté et une sécurité relatives vont donner une illusion de bonheur ... A "bon marché", parfois en solde !
Pour d'autres la bulle sera la tribu, protectrice ... Quand elle n'est pas exclusion ou expulsion, s'entend.
Il ya aussi les bulles du quartier ou du squat, du club, du groupe ou de "la bande"
Parfois,ces bulles se frôlent, s'entrechoquent, rarement elles fusionnent pour produire une bulle unique un peu plus grande,
Pour d'autres encore pas de bulles, des migrations permanentes perdus entre ces bulles, les perçant parfois pour les faire éclater ... Et s'éclater.
Plus de sens, sans sens, le sens de la vie en société humaine se dilue et se perd, un peu, beaucoup, chez nous.
Sauve-qui-peut ! (*)
Sens des mots.
Citoyenneté, civisme, civilité;
Citoyen, civique, civil;
Dans le bourbier des maux, l'emploi des mots dans tous les sens peut faire perdre le sens des choses !
Le bon sens voudrait qu'on évite les faux sens, l'usage de faux étant une spécialité calédonienne, pour retrouver l'essence des mots.
Bon sens.
Faut-il enseigner la citoyenneté à l'école et oublier d'appliquer et de faire appliquer les règles simples de civilité ?
Faut-il communiquer à tout va sur la citoyenneté pour en déplorer l'absence quand il faudrait évoquer le manque de civisme dont beaucoup trop d'adultes ont oublié le sens alors qu'ils sont sensés montrer l'exemple !
Plus de sens.
La politesse, le respect, comme le civisme sont-ils passés de mode, remplacés par ce mot fourre-tout qu'est devenu celui de "citoyenneté" en Nouvelle-Calédonie dans toutes les bouches ouvertes béates ou inquiètes sur les problèmes que rencontre notre société.
La citoyenneté, qu'elle soit de Nouvelle-Calédonie ou liée à l'appartenance à quelqu'état est devenue cet arbuste qui cache le désert de ces règles simples et universellement humaines qui régissent toute vie en société.
Donner du sens.
De nos jours, l'exemple de civisme, de respect mutuel, de civilité voire de civilisation n'arrive plus d'EN HAUT ! Ce HAUT, quelqu'il soit, qui manque tant aux jeunes d'aujourd'hui.
Ce haut qui pourrait être nos hommes et femmes politiques ...
Ce pourrait être les parents, les chefs de familles, les chefs de clans, les chefs d'entreprise ... Ou les syndicalistes !
Ce pourrait être les enseignants à l'école, dans les collèges et les lycées ...
Ce pourrait être les hommes d'Eglise ...
Ce pourrait être les grands frères ou les grandes soeurs ...
C'est peut-être TOI et MOI.
Sens autorisé.
On a oublié la vertu de l'exemple ! De l'exemplarité.
Cet exemple qui commence dès les premiers âges à faire son sillon. Ou à ne pas le faire si l'exemple manque ! Ou à virer de travers sous l'exemple mauvais ...
Cet exemple sans lequel aucune éducation, qu'elle soit familiale, scolaire, sociétale ou politique, n'est crédible !
Cet exemple par lequel tout est possible quand on se donne la peine d'y être sensible et de le faire vivre avec conviction, avec force. Avec un peu de courage aussi !
Conclusion: un sens unique.
La force de l'exemple et sa valeur, et en ce sens l'exemple est craint, c'est qu'on ne peut pas rejeter la faute sur l'Autre !
(*) J'aime bien évoquer la vie en société avec ses bulles ... Comme cette théorie astrophysique qui imagine l'univers formé de plusieurs univers-bulles flottant comme autant de galaxies se croisant, se télescopant, s'absorbant ou dégénérant ...
samedi 24 octobre 2009
La citoyenneté comme une solution paradigmatique ... En Nouvelle-Calédonie.
Dédicace: à Jean-Raymond Postic, militant têtu de la citoyenneté envisagée dans l'Accord de Nouméa.
Beaucoup évoquent "l'esprit et la lettre" de l'Accord de Nouméa, en réalité, concernant la citoyenneté calédonienne inscrite dans le préambule de l'Accord de Nouméa et l'article 188 de la Loi Organique, la lettre existe mais l'esprit n'y est pas !
Nous ( les Anciens, les combattants, les combattus, les fatigués, les lassés de l'histoire conflictuelle calédonienne ) avons tant cherché à sortir de la contradiction fondamentale de la Nouvelle-Calédonie: "black or white" ou "black and white", "Si ya pas toi, ya pas moi" ou "ya toi et moi", que cette nouvelle citoyenneté se nourrissant de la nationalité française et enrichie d'une volonté décolonisatrice, nous est apparue comme le bouton d'une fleur ne demandant qu'à s'ouvrir. Force est de constater que dix années après ce bouton n'a toujours pas éclos et que la fleur n'est pas près de s'épanouir ! (A croire que nos élus sont de vraies fleurs de papayes à l'image de nombre d'entre nous !)
La citoyenneté, concept polysémique, ou "notion-commode" à plusieurs tiroirs, n'est pas toujours commode d'utilisation ! Il y a la citoyenneté du comportement, synonyme de civilité ou de civisme; le citoyen de la cité, celui de la ville de Carcassonne comme celui de Nouméa, ou encore, évoqué par certains le citoyen du monde, le monde pris comme cette nouvelle cité globale, utopie et réalité.
En Nouvelle-Calédonie, quoiqu'on en dise, l'Accord de Nouméa a induit deux sortes de français:
> Les français métropolitains et "domtomiens" arrivés après 1998; et dont le sort est et sera de la seule responsabilité de l'Etat Français, signataire de l'Accord de Nouméa et compétent dans le domaine de la circulation des personnes à l'entrée et à la sortie de la Nouvelle-Calédonie !
> Les français citoyens calédoniens aux termes de l'Accord de Nouméa, c'est-à-dire de nationalité française et remplissant un certain nombre de conditions dont celle déterminante d'avoir participé à la consultation du 8 novembre 1998 (et leurs descendants). Déterminante car, au-delà des autres conditions de résidence, cette date instaure un point critique (ou un point d'inflexion comme celui d'une courbe) avec un Avant et un Après historique. En amont la Nouvelle-Calédonie est encore une colonie française, en aval la décolonisation est en marche (ou devrait l'être) dans le cadre protecteur de la Constitution Française.
Mais la citoyenneté calédonienne, imaginée dans l'Accord de Nouméa pour résoudre la quadrature du cercle "droit du peuple colonisé" VS "droit des populations arrivées dans les bagages de l'histoire", cette citoyenneté-ci donc n'est pas exclusion contrairement à ce que ces détracteurs "post-quatrevingtdixhuitards" veulent nous faire croire, la citoyenneté calédonienne est un concept positif qui porte en lui-même une dynamique d'apaisement et de rapprochement entre les communautés calédoniennes autour du peuple premier qui a subi de plein fouet la colonisation de son pays (et la subit encore sous certains aspects psychosociologiques).
Si on accepte enfin d'engrosser la citoyenneté calédonienne d'une semence pleine d'acculturation (j'y reviens toujours), de respect mutuel, d'équité sociale, de volonté éducative interculturelle, d'audace politique, peut-être pourrait-on envisager l'au-delà (2018) avec sérénité.
Et il n'est pas vain de le dire; si j'arrive ici après 1998 dans ce pays avec son statut particulier, l'alternative est simple: j'accepte ma condition de français non citoyen calédonien, tout en profitant des avantages que m'apporte la vie en Nouvelle-Calédonie, ou je ne l'accepte pas et je dois admettre que je suis un nèo-colon du 21ème siècle perpétuant le peuplement de ce "confetti de l'[ex-]empire" français.
La citoyenneté calédonienne doit donc être conçue positivement mais avec détermination comme facteur d'équilibre, de paix, et inspirer toute politique en Nouvelle-Calédonie: éducative, sociale, économique, culturelle ... C'est à cette condition déterminante qu'une véritable communauté de destin peut être fondée ! Sans quoi, l'échec économique et social, politique, la mauvaise vie, l'angoisse, l'insécurité ou la peur, le repli et la méfiance, j'en passe et des pires ( qui m'ont accompagné trop souvent depuis presque six décennies) sont assurés nous accompagner les décennies à venir; que l'on soit français métropolitains et domtomiens ou français citoyens calédoniens. Sauf que pour nombre de ces derniers aucune terre de repli n'existe où ils ne se sentiront étrangers !
Beaucoup évoquent "l'esprit et la lettre" de l'Accord de Nouméa, en réalité, concernant la citoyenneté calédonienne inscrite dans le préambule de l'Accord de Nouméa et l'article 188 de la Loi Organique, la lettre existe mais l'esprit n'y est pas !
Nous ( les Anciens, les combattants, les combattus, les fatigués, les lassés de l'histoire conflictuelle calédonienne ) avons tant cherché à sortir de la contradiction fondamentale de la Nouvelle-Calédonie: "black or white" ou "black and white", "Si ya pas toi, ya pas moi" ou "ya toi et moi", que cette nouvelle citoyenneté se nourrissant de la nationalité française et enrichie d'une volonté décolonisatrice, nous est apparue comme le bouton d'une fleur ne demandant qu'à s'ouvrir. Force est de constater que dix années après ce bouton n'a toujours pas éclos et que la fleur n'est pas près de s'épanouir ! (A croire que nos élus sont de vraies fleurs de papayes à l'image de nombre d'entre nous !)
La citoyenneté, concept polysémique, ou "notion-commode" à plusieurs tiroirs, n'est pas toujours commode d'utilisation ! Il y a la citoyenneté du comportement, synonyme de civilité ou de civisme; le citoyen de la cité, celui de la ville de Carcassonne comme celui de Nouméa, ou encore, évoqué par certains le citoyen du monde, le monde pris comme cette nouvelle cité globale, utopie et réalité.
En Nouvelle-Calédonie, quoiqu'on en dise, l'Accord de Nouméa a induit deux sortes de français:
> Les français métropolitains et "domtomiens" arrivés après 1998; et dont le sort est et sera de la seule responsabilité de l'Etat Français, signataire de l'Accord de Nouméa et compétent dans le domaine de la circulation des personnes à l'entrée et à la sortie de la Nouvelle-Calédonie !
> Les français citoyens calédoniens aux termes de l'Accord de Nouméa, c'est-à-dire de nationalité française et remplissant un certain nombre de conditions dont celle déterminante d'avoir participé à la consultation du 8 novembre 1998 (et leurs descendants). Déterminante car, au-delà des autres conditions de résidence, cette date instaure un point critique (ou un point d'inflexion comme celui d'une courbe) avec un Avant et un Après historique. En amont la Nouvelle-Calédonie est encore une colonie française, en aval la décolonisation est en marche (ou devrait l'être) dans le cadre protecteur de la Constitution Française.
Mais la citoyenneté calédonienne, imaginée dans l'Accord de Nouméa pour résoudre la quadrature du cercle "droit du peuple colonisé" VS "droit des populations arrivées dans les bagages de l'histoire", cette citoyenneté-ci donc n'est pas exclusion contrairement à ce que ces détracteurs "post-quatrevingtdixhuitards" veulent nous faire croire, la citoyenneté calédonienne est un concept positif qui porte en lui-même une dynamique d'apaisement et de rapprochement entre les communautés calédoniennes autour du peuple premier qui a subi de plein fouet la colonisation de son pays (et la subit encore sous certains aspects psychosociologiques).
Si on accepte enfin d'engrosser la citoyenneté calédonienne d'une semence pleine d'acculturation (j'y reviens toujours), de respect mutuel, d'équité sociale, de volonté éducative interculturelle, d'audace politique, peut-être pourrait-on envisager l'au-delà (2018) avec sérénité.
Et il n'est pas vain de le dire; si j'arrive ici après 1998 dans ce pays avec son statut particulier, l'alternative est simple: j'accepte ma condition de français non citoyen calédonien, tout en profitant des avantages que m'apporte la vie en Nouvelle-Calédonie, ou je ne l'accepte pas et je dois admettre que je suis un nèo-colon du 21ème siècle perpétuant le peuplement de ce "confetti de l'[ex-]empire" français.
La citoyenneté calédonienne doit donc être conçue positivement mais avec détermination comme facteur d'équilibre, de paix, et inspirer toute politique en Nouvelle-Calédonie: éducative, sociale, économique, culturelle ... C'est à cette condition déterminante qu'une véritable communauté de destin peut être fondée ! Sans quoi, l'échec économique et social, politique, la mauvaise vie, l'angoisse, l'insécurité ou la peur, le repli et la méfiance, j'en passe et des pires ( qui m'ont accompagné trop souvent depuis presque six décennies) sont assurés nous accompagner les décennies à venir; que l'on soit français métropolitains et domtomiens ou français citoyens calédoniens. Sauf que pour nombre de ces derniers aucune terre de repli n'existe où ils ne se sentiront étrangers !
vendredi 27 février 2009
J'ai lu: Palabre, édition spéciale "Destin Commun".
La revue semestrielle des aires coutumières N°15: "Palabre coutumier" a publié une édition spéciale portant sur le (fameux) Destin Commun.
J'ai été choqué et intellectuellement brutalisé par l'article du dossier "Vivre ensemble" intitulé: "Etre calédonien aujourd'hui. Les grandes étapes du peuplement".
Il me semble, à lire cet article, que l'auteure souhaite faire la démonstration historique que la Nouvelle-Calédonie "a de tout temps été une terre d'accueil intégrant les vagues successives d'immigrants [... et de proposer de] revenir sur ces milliers d'années de métissage pour comprendre la diversité calédonienne d'aujourd'hui".
Et là, c'est un tourbillon du temps à donner le tournis avec la présentation des migrations d'il ya plus de 4000 ans [ les austronésiens ... ], d'il y a environ (sic !) 3000 ans [groupes Lapita ... ], il y a 2000 ans [ émergence des traditions culturelles kanak ... ]- accrochez-vous, ça s'accélère- il y a 230 ans [ aventuriers ... ], il y a 150 ans [ immigration libre, bagne, terres spoliées ... ], il y a 50 ans [ arrivée des wallisiens et futuniens puis français de métropole à partir des années soixante... ], Et ... 2008 [ existence de douze communautés ...] !
Effet doppler assuré ... Sauf que l'on ne sait pas quel bruit fera cette histoire à venir !
Et l'article de conclure béatement: "La Nouvelle-calédonie reste une terre de métissage, métissage à célébrer et valoriser absolument dans le cadre du destin commun ..."
C'est absurde !
Qualitativement, les 150 dernières années n'ont rien à voir avec les précédentes, c'est de colonisation dont il s'agit ! Et ces 20 dernières années c'est d'afflux massif de populations dont il faut parler; avec pour les unes comme pour les dernières , des conséquences qui sont des bouleversements, pas de lentes évolutions et transformations comme pour les périodes plus anciennes !
On fait un amalgame des périodes, de leurs durées et de leurs effets pour justifier la situation actuelle de la Nouvelle-Calédonie et en faire admettre des propositions et des choix politiques qui restent ce qu'ils sont, quasi conjoncturels, fragiles et en rien le produit quasi automatique, naturel et inéluctable d'une histoire incertaine.
La citoyenneté calédonienne, le Destin Commun, méritent mieux: qu'on y travaille avec sérieux, conscience, respect et surtout honnêteté intellectuelle; cela nous demandera de gros efforts politiques, sociaux et sociologiques, psychologiques aussi, et culturels voire économiques ... Les mentalités sont-elles prêtes ?
Et ce n'est pas en se satisfaisant pas de ces raccourcis puérils qu'on les préparera !
Prendre des vessies pour des lanternes, ça marche encore ? Pour qui ?
J'ai été choqué et intellectuellement brutalisé par l'article du dossier "Vivre ensemble" intitulé: "Etre calédonien aujourd'hui. Les grandes étapes du peuplement".
Il me semble, à lire cet article, que l'auteure souhaite faire la démonstration historique que la Nouvelle-Calédonie "a de tout temps été une terre d'accueil intégrant les vagues successives d'immigrants [... et de proposer de] revenir sur ces milliers d'années de métissage pour comprendre la diversité calédonienne d'aujourd'hui".
Et là, c'est un tourbillon du temps à donner le tournis avec la présentation des migrations d'il ya plus de 4000 ans [ les austronésiens ... ], d'il y a environ (sic !) 3000 ans [groupes Lapita ... ], il y a 2000 ans [ émergence des traditions culturelles kanak ... ]- accrochez-vous, ça s'accélère- il y a 230 ans [ aventuriers ... ], il y a 150 ans [ immigration libre, bagne, terres spoliées ... ], il y a 50 ans [ arrivée des wallisiens et futuniens puis français de métropole à partir des années soixante... ], Et ... 2008 [ existence de douze communautés ...] !
Effet doppler assuré ... Sauf que l'on ne sait pas quel bruit fera cette histoire à venir !
Et l'article de conclure béatement: "La Nouvelle-calédonie reste une terre de métissage, métissage à célébrer et valoriser absolument dans le cadre du destin commun ..."
C'est absurde !
Qualitativement, les 150 dernières années n'ont rien à voir avec les précédentes, c'est de colonisation dont il s'agit ! Et ces 20 dernières années c'est d'afflux massif de populations dont il faut parler; avec pour les unes comme pour les dernières , des conséquences qui sont des bouleversements, pas de lentes évolutions et transformations comme pour les périodes plus anciennes !
On fait un amalgame des périodes, de leurs durées et de leurs effets pour justifier la situation actuelle de la Nouvelle-Calédonie et en faire admettre des propositions et des choix politiques qui restent ce qu'ils sont, quasi conjoncturels, fragiles et en rien le produit quasi automatique, naturel et inéluctable d'une histoire incertaine.
La citoyenneté calédonienne, le Destin Commun, méritent mieux: qu'on y travaille avec sérieux, conscience, respect et surtout honnêteté intellectuelle; cela nous demandera de gros efforts politiques, sociaux et sociologiques, psychologiques aussi, et culturels voire économiques ... Les mentalités sont-elles prêtes ?
Et ce n'est pas en se satisfaisant pas de ces raccourcis puérils qu'on les préparera !
Prendre des vessies pour des lanternes, ça marche encore ? Pour qui ?
lundi 26 janvier 2009
Quelle destinée pour le "Destin Commun": 3ème réfléxion.
Avec cette (avant-) dernière mandature de l'Accord de Nouméa qui se profile à grands pas, déterminée par cette élection provinciale du 10 mai 2009, concernant cette (trop) fameuse population définie dans le dit accord de 1998, le concept de "destin commun" va revenir au centre du débat; puisqu'il se rapporte précisément à cette catégorie de la population de Nouvelle-Calédonie qui s'exprimera à ces élections.
Au cours de cette nouvelle réflexion, je vais encore appeler en renfort quelque notion mathématique; pas si incongrue que cela, vous verrez.
...---...
Vous n'aimez pas les mathématiques ? Il vous suffit de vous souvenir de deux notions fondamentales que vous avez vues au collège: le PGCD et le PPCM.
Le Plus Grand Commun Diviseur et le Plus Petit Commun Multiple ! Le premier intervient lors des techniques de factorisation et le second pour celles de réduction au même dénominateur de deux (ou plus) fractions; en collège.
En jouant sur les mots , et sur les concepts, ils m'ont inspiré les reflexions qui vont suivre sur l'histoire, en cours d'écriture, de Notre Pays.
...---...
Quel est le Plus Grand Diviseur (Commun) qui rend difficile voire impossible la construction de notre Destin Commun ?
L'Identité, la culture, le niveau de vie, la conception du monde, la volonté de domination, le rapport à l'histoire de notre pays, la terre aussi peut-être ... ?
> L'identité ou la recherche de chacun et de chaque communauté d'une identité, nous divise-t-elle; parce qu'elle est une forme d'égocentrisme ?
> Le niveau de vie de chacun et de chaque groupe social ou communautaire nous divise-t-il; parce qu'il crée des envies et des jalousies ?
> La conception que chacun a ou que chaque communauté culturelle se fait du monde (cosmologie) nous divise-t-elle; parce qu'elle nous fait vivre dans des mondes parallèles ?
> La volonté de domination que l'on retrouve chez des individus de toute communauté, les pousse-t-elle à tous les extrêmes pour manipuler les coeurs et les âmes, les esprits; parce que le goût du pouvoir ne connaît pas de frontières raciales ?
> Le rapport que chacun et chaque communauté a à l'histoire de "CE" pays nous divise-t-il; parce qu'il se centre sur sa communauté et néglige la part de l'Autre ?
> La terre qui, dans notre pays, continue à être facteur de contentieux de toutes sortes ?
La recherche de ce ou ces Grands Diviseurs Communs, mettra en évidence ce qui nous sépare, tous, les uns et les autres, mettra en évidence ce qui nous empêchera de construire ce Destin Commun, pour peu que nous ayons envie de le construire !
...---...
Quel est le Plus Petit Multiple (Commun) qui fonderait la construction d'un Destin Commun ?
Oui, le plus petit (aussi petit soit-il) multiple commun, nous autoriserait l'optimisme, s'il existait !
L'identité, la citoyenneté, l'amour que nous portons à notre archipel, une vision commune de la solidarité économique et sociale, l'acculturation acceptée, ... ?
> L'identité reconnue de chacun, de sa différence acceptée, qui nous rapprocherait; parce que lorsqu'on est bien soi-même, on peut l'être avec l'Autre; paradoxal ?
> La citoyenneté, au sens de celle approchée dans l'Accord de Nouméa, qui nous rapprocherait; parce qu'elle autoriserait un idéal commun à l'aide de quelques pistes, encore à construire ?
> L'amour que nous portons à notre petit pays du Sud-Ouest Pacifique; qui ferait de chacun de ses habitants des Océaniens et nous rapprocherait des habitants de ces autres îles du Pacifique; une appartenance ?
> Une vision commune de la solidarité économique et sociale qui nous engagerait à construire une société plus juste, et accessoirement une fiscalité de progrès pour favoriser son émergence; parce que l'incompréhension se nourrit de l'injustice sociale ?
> L'acculturation acceptée qui encouragerait tout un chacun à mieux connaître son voisin, autrement que par la couleur de sa peau; connaître et intégrer des éléments de culture de l'Un comme de l'Autre ?
La recherche de ce ou ces tous petits riens qui nous rapprochent, nous rendent un peu solidaires, nous font regarder l'Autre autrement que comme un ennemi potentiel, un ami potentiel !
...---...
En bref, qu'est-ce qui nous divise, qu'est-ce qui nous rapproche ?
Encourage-t-on ce qui nous divise ?
Doit-on approfondir ce qui nous rapproche ?
C'est ce qui soustend cette réflexion pour laquelle j'ai une fois de plus fait appel à ces notions mathématiques, si inutiles et si fondatrices !
...---...
Paradoxalement.
Au cours de cette nouvelle réflexion, je vais encore appeler en renfort quelque notion mathématique; pas si incongrue que cela, vous verrez.
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Vous n'aimez pas les mathématiques ? Il vous suffit de vous souvenir de deux notions fondamentales que vous avez vues au collège: le PGCD et le PPCM.
Le Plus Grand Commun Diviseur et le Plus Petit Commun Multiple ! Le premier intervient lors des techniques de factorisation et le second pour celles de réduction au même dénominateur de deux (ou plus) fractions; en collège.
En jouant sur les mots , et sur les concepts, ils m'ont inspiré les reflexions qui vont suivre sur l'histoire, en cours d'écriture, de Notre Pays.
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Quel est le Plus Grand Diviseur (Commun) qui rend difficile voire impossible la construction de notre Destin Commun ?
L'Identité, la culture, le niveau de vie, la conception du monde, la volonté de domination, le rapport à l'histoire de notre pays, la terre aussi peut-être ... ?
> L'identité ou la recherche de chacun et de chaque communauté d'une identité, nous divise-t-elle; parce qu'elle est une forme d'égocentrisme ?
> Le niveau de vie de chacun et de chaque groupe social ou communautaire nous divise-t-il; parce qu'il crée des envies et des jalousies ?
> La conception que chacun a ou que chaque communauté culturelle se fait du monde (cosmologie) nous divise-t-elle; parce qu'elle nous fait vivre dans des mondes parallèles ?
> La volonté de domination que l'on retrouve chez des individus de toute communauté, les pousse-t-elle à tous les extrêmes pour manipuler les coeurs et les âmes, les esprits; parce que le goût du pouvoir ne connaît pas de frontières raciales ?
> Le rapport que chacun et chaque communauté a à l'histoire de "CE" pays nous divise-t-il; parce qu'il se centre sur sa communauté et néglige la part de l'Autre ?
> La terre qui, dans notre pays, continue à être facteur de contentieux de toutes sortes ?
La recherche de ce ou ces Grands Diviseurs Communs, mettra en évidence ce qui nous sépare, tous, les uns et les autres, mettra en évidence ce qui nous empêchera de construire ce Destin Commun, pour peu que nous ayons envie de le construire !
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Quel est le Plus Petit Multiple (Commun) qui fonderait la construction d'un Destin Commun ?
Oui, le plus petit (aussi petit soit-il) multiple commun, nous autoriserait l'optimisme, s'il existait !
L'identité, la citoyenneté, l'amour que nous portons à notre archipel, une vision commune de la solidarité économique et sociale, l'acculturation acceptée, ... ?
> L'identité reconnue de chacun, de sa différence acceptée, qui nous rapprocherait; parce que lorsqu'on est bien soi-même, on peut l'être avec l'Autre; paradoxal ?
> La citoyenneté, au sens de celle approchée dans l'Accord de Nouméa, qui nous rapprocherait; parce qu'elle autoriserait un idéal commun à l'aide de quelques pistes, encore à construire ?
> L'amour que nous portons à notre petit pays du Sud-Ouest Pacifique; qui ferait de chacun de ses habitants des Océaniens et nous rapprocherait des habitants de ces autres îles du Pacifique; une appartenance ?
> Une vision commune de la solidarité économique et sociale qui nous engagerait à construire une société plus juste, et accessoirement une fiscalité de progrès pour favoriser son émergence; parce que l'incompréhension se nourrit de l'injustice sociale ?
> L'acculturation acceptée qui encouragerait tout un chacun à mieux connaître son voisin, autrement que par la couleur de sa peau; connaître et intégrer des éléments de culture de l'Un comme de l'Autre ?
La recherche de ce ou ces tous petits riens qui nous rapprochent, nous rendent un peu solidaires, nous font regarder l'Autre autrement que comme un ennemi potentiel, un ami potentiel !
...---...
En bref, qu'est-ce qui nous divise, qu'est-ce qui nous rapproche ?
Encourage-t-on ce qui nous divise ?
Doit-on approfondir ce qui nous rapproche ?
C'est ce qui soustend cette réflexion pour laquelle j'ai une fois de plus fait appel à ces notions mathématiques, si inutiles et si fondatrices !
...---...
Paradoxalement.
jeudi 8 janvier 2009
6 janvier: Bonne année à tous les Chefs Kanak !
Mardi 6 janvier 2009, il est 11 heures quand nous arrivons à "La Commune" (*); toute la tribu est déjà là; nous sommes un peu génés; nous sommes en retard ! Comme quoi, il est des heures kanak qui respectent l'heure de la montre, ce qui n'est pas notre cas.
Tous les gens qui se reconnaissent de la tribu et qui sont présents ce jour sont en train de défiler devant les membres du Conseil des Anciens et du Chef pour leur souhaiter la Bonne Année. Je fais discrètement appeler David, le Président du Conseil pour lui demander de nous excuser et savoir comment nous devons faire; notre geste aurait dû être joint à ceux de tous les clans de La Vallée.
Pendant que nous allons saluer les uns et les autres, une plaisanterie par-ci, une grande embrassade par-là, le Président consulte discrètement quelques personnalités du Conseil puis Napwé prend la parole devant tout le monde en païcî pour expliquer que la famille Douyère allait présenter à tous et au Chef notre geste de Bonne Année.
La table au milieu de "La Commune" est dégagée, un banc installé pour que nos enfants et nos deux Vieux puissent s'asseoir. Je dépose sur la table le manou que j'avais choisi, il représente des tortues et des poissons stylisés "esprit", un billet une casquette "Koniambo Nickel SAS", hautement symbolique, que l'on m'avait donnée et que je destine à Willy, notre Chef. A côté, notre participation à l'apéritif et au repas qui suivront les cérémonies, des boissons hygiéniques et une bouteille "carrée", une "plaque" aussi et les gamelles préparées, encore chaudes.
Je suis ému. C'est toujours un moment important, pour moi, chaque année de participer à cette journée. Comme une sorte de renouvellement annuel d'une alliance ancienne, nouée implicitement par mes père et grand-père, renouée en 1985 par mon père et moi-même au moment des revendications de terres et en 1993 par moi-même et Anne qui avait accepté de m'accompagner quand je suis venu m'installer sur ce bout de terrain familial perdu sur la Côte Est au fond de cette vallée de Tchamba, pour lui redonner vie tout en assurant la direction du collège à Ponérihouen.
Echange de paroles, simples sincères, fortes aussi. J'évoque la fraternité, notre affection réciproque, notre souci partagé pour notre jeunesse, les repères que nous sommes, Nous, ici, pour Eux. La patience et le dévouement des femmes ... A nous de faire en sorte que 2009 soit une Bonne Année. En retour, parole d'amitié et exemplarité de nos relations sur le contre-don ...
Il est temps d'aller prendre l'apéro !
Une belle table est dressée avec boissons, amuse-gueules, nos verres remplis sont maintenant levés pour trois superbes "hip hip hourra" qui ont résonné fort, effrayé les cerfs, et ... Amené la pluie ! "Mêinâ popaa" (**) !
Libre-service a dit Thomas. Nous défilons remplir nos assiettes de ces préparations dont les femmes ont le secret ...
Discussion avec Samuel qui travaille à Kouaoua pour la SLN, sur le Nickel et les aléas de son cours qui ne l'inquiètent pas outre mesure ... Avec Jeannot et Edouard qui encadrent les jeunes pour diverses animations sportives; j'évoque avec eux mon projet de marquer la date du 4 mai 2009, vingtième anniversaire de la mort tragique de Jean-Marie Tjibaou, inventeur de la Transversale Tiwaka-Koné, par une course en relai entre Poindimié et Koné en sa mémoire. Et sur cette route autrefois décriée et qu'il a voulue avec l'appui des Païcî- Cemuhî ...
Après le repas, foot, volley, pétanque, perturbés par la pluie qui recommence à tomber. il va falloir que j'abandonne mon verre de "diawé mî" (***), mes amis et notre discussion animée. Cette fois le creek que nous devons traverser pour rejoindre notre maison ne nous attendra pas pour monter, il se moquera bien de notre pick-up qui ne pèsera pas lourd face au courant !
Nous nous séparons à regret ... Une fois de plus, quelque chose s'est passé.
Bonne Année "ukaï" (****) !!!
(*) Maison Commune administrée par le Conseil des Anciens.
(**) Forte pluie.
(***) Vin, littéralement "l'eau rouge".
(****) Chef.
Tous les gens qui se reconnaissent de la tribu et qui sont présents ce jour sont en train de défiler devant les membres du Conseil des Anciens et du Chef pour leur souhaiter la Bonne Année. Je fais discrètement appeler David, le Président du Conseil pour lui demander de nous excuser et savoir comment nous devons faire; notre geste aurait dû être joint à ceux de tous les clans de La Vallée.
Pendant que nous allons saluer les uns et les autres, une plaisanterie par-ci, une grande embrassade par-là, le Président consulte discrètement quelques personnalités du Conseil puis Napwé prend la parole devant tout le monde en païcî pour expliquer que la famille Douyère allait présenter à tous et au Chef notre geste de Bonne Année.
La table au milieu de "La Commune" est dégagée, un banc installé pour que nos enfants et nos deux Vieux puissent s'asseoir. Je dépose sur la table le manou que j'avais choisi, il représente des tortues et des poissons stylisés "esprit", un billet une casquette "Koniambo Nickel SAS", hautement symbolique, que l'on m'avait donnée et que je destine à Willy, notre Chef. A côté, notre participation à l'apéritif et au repas qui suivront les cérémonies, des boissons hygiéniques et une bouteille "carrée", une "plaque" aussi et les gamelles préparées, encore chaudes.
Je suis ému. C'est toujours un moment important, pour moi, chaque année de participer à cette journée. Comme une sorte de renouvellement annuel d'une alliance ancienne, nouée implicitement par mes père et grand-père, renouée en 1985 par mon père et moi-même au moment des revendications de terres et en 1993 par moi-même et Anne qui avait accepté de m'accompagner quand je suis venu m'installer sur ce bout de terrain familial perdu sur la Côte Est au fond de cette vallée de Tchamba, pour lui redonner vie tout en assurant la direction du collège à Ponérihouen.
Echange de paroles, simples sincères, fortes aussi. J'évoque la fraternité, notre affection réciproque, notre souci partagé pour notre jeunesse, les repères que nous sommes, Nous, ici, pour Eux. La patience et le dévouement des femmes ... A nous de faire en sorte que 2009 soit une Bonne Année. En retour, parole d'amitié et exemplarité de nos relations sur le contre-don ...
Il est temps d'aller prendre l'apéro !
Une belle table est dressée avec boissons, amuse-gueules, nos verres remplis sont maintenant levés pour trois superbes "hip hip hourra" qui ont résonné fort, effrayé les cerfs, et ... Amené la pluie ! "Mêinâ popaa" (**) !
Libre-service a dit Thomas. Nous défilons remplir nos assiettes de ces préparations dont les femmes ont le secret ...
Discussion avec Samuel qui travaille à Kouaoua pour la SLN, sur le Nickel et les aléas de son cours qui ne l'inquiètent pas outre mesure ... Avec Jeannot et Edouard qui encadrent les jeunes pour diverses animations sportives; j'évoque avec eux mon projet de marquer la date du 4 mai 2009, vingtième anniversaire de la mort tragique de Jean-Marie Tjibaou, inventeur de la Transversale Tiwaka-Koné, par une course en relai entre Poindimié et Koné en sa mémoire. Et sur cette route autrefois décriée et qu'il a voulue avec l'appui des Païcî- Cemuhî ...
Après le repas, foot, volley, pétanque, perturbés par la pluie qui recommence à tomber. il va falloir que j'abandonne mon verre de "diawé mî" (***), mes amis et notre discussion animée. Cette fois le creek que nous devons traverser pour rejoindre notre maison ne nous attendra pas pour monter, il se moquera bien de notre pick-up qui ne pèsera pas lourd face au courant !
Nous nous séparons à regret ... Une fois de plus, quelque chose s'est passé.
Bonne Année "ukaï" (****) !!!
(*) Maison Commune administrée par le Conseil des Anciens.
(**) Forte pluie.
(***) Vin, littéralement "l'eau rouge".
(****) Chef.
mardi 2 septembre 2008
Si ya pas toi ...
Le Centre Culturel Tjibaou a célébré la fameuse poignée de main entre Tjibaou et Lafleur par des manifestations variées et originales; il a clôturé cette période de très belle manière avec le concert qui s'est tenu au Centre.
Bravo !
Mais ...
Le seul bémol que j'émets, puisque l'on évoque à travers l'art et la musique, le passé et l'avenir de Notre Pays, c'est ce slogan: "si ya pas toi, ya pas moi" !
J'ai eu beaucoup de mal avec ce slogan. Car il est doublement négatif, doublement exclusif ... A l'image des mentalités les plus répandues dans le pays; contre lesquelles nous devons tous lutter si nous voulons que la notion de "Destin Commun" ne reste pas creuse.
Ce slogan est à l'image des ces expressions négatives qui encombrent notre paysage politico-linguistique; exemples:
Celle-ci, favorite chez nos politiciens: nous sommes "condamnés à vivre ensemble" ... Eh oui, condamnés ! A croire que c'est un atavisme local né de la nature même de l'histoire de la Calédonie, définitivement ... terre de condamnés ! Et si, peut-être, nous étions quelques uns à être HEUREUX de vivre ensemble.
Celle-là, favorite chez nos syndicalistes locaux, que ce soient les leaders de l'USTKE, l'USOENC ou la CSTNC ( écoutez bien, vous verrez, enfin, vous entendrez...) qui évoquent à tours de bras "CE pays", en insistant sur le CE, comme s'ils n'en faisaient pas partie, comme s'ils n'étaient pas partie prenante de ce qui s'y joue, comme s'ils cherchaient à chaque prise de parole à mettre le plus de distance entre eux et ... leur propre pays ! ... Un peu de nationalisme que diable; parlez un peu de NOTRE Pays, qui est un peu VOTRE Pays.
Je suis peut-être un peu naïf, mais soyons cohérent !
A l'image du Destin Commun (expression positive), proposé par nos hommes et femmes politiques dans l'Accord de Nouméa pour donner du sens à notre histoire commune;
A l'image de la Citoyenneté Calédonienne (idée positive), imaginée pour rassembler des communautés qui s'affrontaient sur des bases ethniques;
A l'image de la Collégialité (concept positif) du gouvernement calédonien, inventée pour contraindre des partis politiques qui s'opposaient, à travailler ensemble;
Ne peut-on, enfin, concevoir de parler "POSITIF", CONSTRUCTIF quoi ! ?
C'est ce que j'aurais souhaiter pour illustrer le chemin parcouru en lieu et à la place du "Si ya pas toi, ya pas moi"; quelque chose comme ... "Ya toi et, Ya moi" !!!
Mais bon, le fruit n'est pas encore mûr... A dans dix ans (peut-être)!
Bravo !
Mais ...
Le seul bémol que j'émets, puisque l'on évoque à travers l'art et la musique, le passé et l'avenir de Notre Pays, c'est ce slogan: "si ya pas toi, ya pas moi" !
J'ai eu beaucoup de mal avec ce slogan. Car il est doublement négatif, doublement exclusif ... A l'image des mentalités les plus répandues dans le pays; contre lesquelles nous devons tous lutter si nous voulons que la notion de "Destin Commun" ne reste pas creuse.
Ce slogan est à l'image des ces expressions négatives qui encombrent notre paysage politico-linguistique; exemples:
Celle-ci, favorite chez nos politiciens: nous sommes "condamnés à vivre ensemble" ... Eh oui, condamnés ! A croire que c'est un atavisme local né de la nature même de l'histoire de la Calédonie, définitivement ... terre de condamnés ! Et si, peut-être, nous étions quelques uns à être HEUREUX de vivre ensemble.
Celle-là, favorite chez nos syndicalistes locaux, que ce soient les leaders de l'USTKE, l'USOENC ou la CSTNC ( écoutez bien, vous verrez, enfin, vous entendrez...) qui évoquent à tours de bras "CE pays", en insistant sur le CE, comme s'ils n'en faisaient pas partie, comme s'ils n'étaient pas partie prenante de ce qui s'y joue, comme s'ils cherchaient à chaque prise de parole à mettre le plus de distance entre eux et ... leur propre pays ! ... Un peu de nationalisme que diable; parlez un peu de NOTRE Pays, qui est un peu VOTRE Pays.
Je suis peut-être un peu naïf, mais soyons cohérent !
A l'image du Destin Commun (expression positive), proposé par nos hommes et femmes politiques dans l'Accord de Nouméa pour donner du sens à notre histoire commune;
A l'image de la Citoyenneté Calédonienne (idée positive), imaginée pour rassembler des communautés qui s'affrontaient sur des bases ethniques;
A l'image de la Collégialité (concept positif) du gouvernement calédonien, inventée pour contraindre des partis politiques qui s'opposaient, à travailler ensemble;
Ne peut-on, enfin, concevoir de parler "POSITIF", CONSTRUCTIF quoi ! ?
C'est ce que j'aurais souhaiter pour illustrer le chemin parcouru en lieu et à la place du "Si ya pas toi, ya pas moi"; quelque chose comme ... "Ya toi et, Ya moi" !!!
Mais bon, le fruit n'est pas encore mûr... A dans dix ans (peut-être)!
mercredi 18 juin 2008
26 juin, déni d'Histoire ?
Dans l'euphorie des anniversaires politico-historiques, on a trouvé un nouveau truc:
Déclarer le 26 juin férié voire chômé pour célébrer les vingt ans des Accords de Matignon-Oudinot ! Cet accord est une avancée fondamentale, mais on en a vu d'autres de ces avancées qui au bout de quelques années ont tourné court ...
Cela illustre à l'absurde ce que je dénonce depuis des années, la maladie de la mémoire courte, une forme d'égocentrisme chronique qui consiste à penser que ce que l'on vit est ce qu'il y a de plus important, de plus fort, de plus extraordinaire, ...
Cette maladie touche d'ailleurs plus les hommes politiques d'origine européenne (question d'égos surdimensionnés ...) que Kanak, elle touche naturellement tous les nouveaux arrivants dont beaucoup ramène la durée de l'histoire de la Nouvelle-Calédonie à celle de leur présence dans le Pays (fusse-t-elle de 20 ou 30 ans ...);
Désolé ! Mais ...
Il y a autant de raisons de célébrer les dits accords que de fêter la Loi Cadre de 1957, l'abolition du Code de l'indigénat, l'ouverture des écoles publiques aux Kanak, la mise en place de la parité homme-femme dans les éléctions en Nouvelle-Calédonie (cette dernière étant peut-être plus porteuse de vrai progrès dans notre Pays) ... J'en passe et certainement des meilleures.
J'évoquerais à peine le 24 septembre, date qui n'arrive pas à être consensuelle dans tout ce qu'elle représente ou a représenté. C'est pourtant, la date la plus chargée en symboles positifs et négatifs, celle qui, lorsqu'elle aura fait consensus, représentera le mieux l'Histoire de Notre Pays: prise de possession d'une île déjà habitée, confirmation du caractère français de cette colonie du Pacifique, célébration du travail des pionniers, objet de contestation fondamentale dans la lutte du Peuple Kanak, jour de deuil Kanak, mais aussi date revendiquée pour marquée la volonté d'un Destin Commun ...
Alors, franchement, le 26 juin (!?) pourquoi particulièrement cette date qui, aux yeux de tous et particulièrement de nos enfants qui n'iront pas à l'école, raccourcit l'histoire et ampute notre mémoire ???
Nos enfants apprennent mieux l'histoire de Leur Pays à l'école, alors n'allons surtout pas le 26 juin, planter un arbre qui cachera la forêt de notre (déjà longue) Histoire !
Le 26 juin j'irai travailler.
Déclarer le 26 juin férié voire chômé pour célébrer les vingt ans des Accords de Matignon-Oudinot ! Cet accord est une avancée fondamentale, mais on en a vu d'autres de ces avancées qui au bout de quelques années ont tourné court ...
Cela illustre à l'absurde ce que je dénonce depuis des années, la maladie de la mémoire courte, une forme d'égocentrisme chronique qui consiste à penser que ce que l'on vit est ce qu'il y a de plus important, de plus fort, de plus extraordinaire, ...
Cette maladie touche d'ailleurs plus les hommes politiques d'origine européenne (question d'égos surdimensionnés ...) que Kanak, elle touche naturellement tous les nouveaux arrivants dont beaucoup ramène la durée de l'histoire de la Nouvelle-Calédonie à celle de leur présence dans le Pays (fusse-t-elle de 20 ou 30 ans ...);
Désolé ! Mais ...
Il y a autant de raisons de célébrer les dits accords que de fêter la Loi Cadre de 1957, l'abolition du Code de l'indigénat, l'ouverture des écoles publiques aux Kanak, la mise en place de la parité homme-femme dans les éléctions en Nouvelle-Calédonie (cette dernière étant peut-être plus porteuse de vrai progrès dans notre Pays) ... J'en passe et certainement des meilleures.
J'évoquerais à peine le 24 septembre, date qui n'arrive pas à être consensuelle dans tout ce qu'elle représente ou a représenté. C'est pourtant, la date la plus chargée en symboles positifs et négatifs, celle qui, lorsqu'elle aura fait consensus, représentera le mieux l'Histoire de Notre Pays: prise de possession d'une île déjà habitée, confirmation du caractère français de cette colonie du Pacifique, célébration du travail des pionniers, objet de contestation fondamentale dans la lutte du Peuple Kanak, jour de deuil Kanak, mais aussi date revendiquée pour marquée la volonté d'un Destin Commun ...
Alors, franchement, le 26 juin (!?) pourquoi particulièrement cette date qui, aux yeux de tous et particulièrement de nos enfants qui n'iront pas à l'école, raccourcit l'histoire et ampute notre mémoire ???
Nos enfants apprennent mieux l'histoire de Leur Pays à l'école, alors n'allons surtout pas le 26 juin, planter un arbre qui cachera la forêt de notre (déjà longue) Histoire !
Le 26 juin j'irai travailler.
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