Consultations de ce blog depuis son ouverture:

Affichage des articles dont le libellé est Peuple Kanak. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Peuple Kanak. Afficher tous les articles

jeudi 6 mai 2021

Un sens aux commémorations des 4 et 5 mai: entre mémoires mortes et mémoires vives !

 Des lectures salutaires, très salutaires:

Très salutaires pour tous ceux qui ignorent l'histoire, qui ont oublié l'histoire ou pire, ceux qui veulent refaire l'histoire !...
Tout le monde devrait avoir lu, sinon lire (il n'est jamais trop tard pour bien faire) ces deux ouvrages. 
Tout le monde, ce sont en priorité tous ces nouveaux "leaders potentiels" qui ont émergé dans les mouvances indépendantistes "kanako-nationalistes" ou "loyalistes"; mais aussi tous ces nouveaux "arrivants" qui ont des opinions bien tranchées sur la situation de Notre Pays et qui n'en connaissent que peu, au mieux les "weeks-ends découvertes" et tous les descendants de colons (dont je suis)...

Quand j'entends certains "leaders potentiels" kanak dire que les trente dernières années n'ont rien apporté de mieux au Peuple Kanak (je l'ai entendu dans des interviews sur Djiido), je suis outré, oui, outré, c'est inconvenant, offensant, pour tous ceux qui se sont battus et sont morts pour l'amélioration du sort des kanak. Je leur dis: relisez ces deux "bouquins", relisez-les et parlez après, mais pas trop fort dans vos prises de paroles (faites preuve d'un peu d'humilité, mais non feinte) !...
Respect, mes frères, pour ceux qui vous ont précédé ! Et, EUX, ont fait progresser la cause de leur peuple, beaucoup en sont morts (*). 
Jean-Marie incompris ? 
Pourquoi avoir assassiné Jean-Marie et Yéyé (**) en 1989 ???
Pourquoi, Djubelly as-tu fais ça, pourquoi, mais POURQUOI ???...

Aux nouveaux leaders "loyalistes" comme à quelques anciens, je dis "lisez d'abord ces deux "bouquins" avant de négocier quoique ce soit avec les représentants du "Peuple Kanak"; ils n'aiment pas cette dernière expression, oui, les loyalistes et Calédonie Ensemble n'évoquent jamais le "Peuple Kanak"; ils n''intègrent pas dans leur corpus lexical, le "Peuple Kanak", pour eux, les Kanak sont une communauté comme une autre !!! C'est une lacune profonde, insondable; une tare !... Une faute fondamentale.

Ces écrits sont des références de très grandes valeurs. Ils éclairent la sombre histoire du passé de Notre Pays et comment ces deux grands leaders charismatiques ont fondé leurs engagements et leurs réflexions.
Ces livres constituent comme un "état des lieux" qui, mis en perspective, permet de dire aujourd'hui que leurs combats ont porté des fruits en faveur du Peuple Kanak. Certes l'indépendance n'est pas encore là, mais les progrès sont considérables; le nier c'est du "révisionnisme de caniveau" ...

On y découvre, derrière un sourire souvent confondu avec une forme de bonhomie, la radicalité de la pensée de Jean-Marie Tjibaou, son engagement total en faveur de son peuple (***). Il porte en lui toute l'injustice dont souffre son peuple.

La pensée profonde de Paul Néaoutyine fondée sur son histoire, un ancrage viscéral dans sa vallée d'Amoa et une conviction forgée à l'aune d'une analyse marxiste revendiquée. 
Son approche de la revendication des terres s'appuyant sur le sens du lien à la terre; complexe à l'image de la société kanak. Pour moi, arrière-petit-fils de colons, j'en percevrais plutôt une ouverture !...

Extraits de ces bouquins de références (pour ceux qui n'ont pas le courage de les lire ...):
Du bouquin de Paul:
> "Nous n'avions pas assez de terre pour vivre, pour faire les champs"...
> "Ces questions n'étaient soulevées que par les gens de la Grande Terre"...
> "Jean-Marie est originaire de Pamalé, il est un descendant des rescapés du massacre de Pamalé en 1917".
> "Moi je préfère parler de lien à la terre...il est nuancé en fonction du contexte historique et des gestes qui ont été faits".
> "Sans doute, notre idéal se réalisera sous une autre forme que ce qu'on a imaginé. Je suis marxiste parce que j'ai adopté l'analyse marxiste... Rien ne vient infirmer la validité de l'analyse marxiste du système capitaliste".
> "Le mouvement nationaliste, par nature, n'est pas nécessairement porteur d'une culture de gauche".
> "Un jour, certainement, il faudra créer un parti politique qui corresponde à la citoyenneté de la Nouvelle-Calédonie".
...
Du bouquin de Jean-Marie:
> "Notre pays est petit, nous voulons, pour les dix ans à venir, que l'effort de rééquilibrage porte sur les infrastructures, sur les équipements pour la santé, l'éducation, la culture et le développement".
> "C'est une poignée de main lourde à gérer pour M. Lafleur comme pour moi-même".
> "Les bagnards étaient des gens qui étaient chassés de France, alors qu'aujourd'hui ils s'appellent les "loyalistes", c'est une dérision de l'Histoire".
> "Nous sommes d'une autre culture que les français. Nous ne sommes pas des Occidentaux, nous sommes du Pacifique".
> "Si j'ai signé, c'est tout bêtement parce qu'il n'y avait plus de sucre, plus de riz...les militaires, l'insécurité...C'était ça ou passer au stade de la guérilla; pour faire ce choix, il faut en avoir les moyens..."
> "En 1975, nous avons monté le festival Mélanésia 2000. Ensuite, avec deux ou trois Caldoches, on a essayé de préparer Calédonia 2000 (prévu pour décembre 1984, puis annulé)".
> "Cela ne signifie pas que les gens sont fermés au dialogue, mais qu'ils ont peur. C'est surtout le vote de la peur".
....
Hommages à ces grands hommes ! Curieusement (?) les titres de ces deux livres portent le mot "présent(ce)" au coeur de leur titre !...

A lire en écoutant "Kamo Pakaavac"; bel hommage à Jean-Marie et Yéyé en mode Kanéka du groupe Cada; des paroles simples mais tellement fortes, "merci Tiendanite", au rythme des bwandjep et de beaux moments instrumentaux ...
Et à écouter avec une humilité emplie d'émotion ...

(*) Paul est toujours là parmi nous; mais quel poids sur ses épaules !
(**) Yéyé avait interpellé des militaires en montrant le drapeau français: "Enlevez ce drapeau qui cache mon soleil"...
(***) Quelle immense fierté pour moi, en toute modestie d'avoir rejoint en 1977, à 25 ans, petit caldoche descendant de colons en quête de vérité sur la réalité de Notre Pays, Jean-Marie, et ses compagnons, tous morts, Yéyé, Eloi, François ... et Pierre Declerq, mon cher mentor; dont le lâche et horrible assassinat m'a blessé à tout jamais ...

mercredi 7 octobre 2020

Deuxième référendum en (Kanaky-)Nouvelle-Calédonie: 4 octobre 2020

Eh bien, finalement, j'ouvre une nouvelle saison après un long temps de silence, voire de mort cérébrale ! Quand rien n'avance fondamentalement et que vous avez l’impression que tout a été dit, ou qu'on se répète à l'infini...Comme une impression de revivre en permanence les mêmes vies, les mêmes discours, avec les mêmes mots, les mêmes maux.
C'est triste; ma génération n'a pas fait avancer les choses; ou plutôt, elle a fait avancer certaines choses mais en a oublié tant d'autres se contentant de "gérer". Mais gérer n'est pas prévoir ! Et donc chacun répète les mêmes mots, et les mêmes maux... se répètent !
Les avancées réelles n'ont pas comblé les lacunes consciemment ou inconsciemment écartées.
 
Les vieilles idéologies continuent à ressasser les mêmes mots, aussi.
Colonialisme, colonisation, système colonial ...
Et les nouvelles jeunes (ou récentes) générations mettent des mots creux sur des maux nouveaux.
Délinquance des jeunes kanak: qu'est-ce à dire ? De mots nouveaux sur des maux nouveaux !
On évoque encore les exclus du droit de vote de gens qui n'étaient même pas arrivés au pays quand l'Accord de Nouméa a été inscrit dans la Constitution française en 1998; un comble...révisionniste !

Mais les mots "Peuple Kanak", à part les intéressés, qui les utilisent  ? Alors que ce référendum confirme une deuxième fois dans la paix et dans les urnes son existence forte à tel point qu'il explose à la figure des tenants des "communautés" locales. En ce sens que toutes les ethnies sont confondues dans un ensemble de "communautés" dont les Kanak en seraient une partie.
Non, les Kanak forment un PEUPLE.

Bon je n'épilogue pas plus; ce blog témoigne suffisamment de mes interrogations et de mes réponses sur la question.
 
La seule façon fondatrice de sortir par le haut de cette "contradiction" fondamentale est de faire vivre cette ancienne proposition de François Burck (vous souvenez, leader de l'Union Calédonienne avec Jean-Marie Tjibaou) d'une grande coutume rassemblant toutes les communautés de Calédonie autour du peuple Kanak.
Une sorte de grand pardon (?) et d'une grande réconciliation coutumières, de suite à Mélanésia 2000 (vous vous souvenez ? Vous l'avez lu dans les livres d'histoire ?) que nous pourrions nommer: Mélanésia-Calédonia 2000" ?
Déjà, à l'époque, les promoteurs de Mélanésia 2000 prévoyaient un Calédonia 2000 !
Qu'on ne se méprenne pas sur mes propos, il ne s'agit pas ici d'organiser une rencontre interculturelle comme il s'en fait beaucoup avec des danses culturelles et des dégustations de plats "typiques" !...

NON ! Une vraie  coutume (à inventer ?) à l'échelle de notre pays de la part des "étrangers" venus de la mer et des airs vers le Peuple Kanak les accueillant , fondatrice d'un véritable Destin Commun à ce jour désespérant d'être vide de chair.
 
Un nouveau 24 septembre de lumière, fondateur du Nouveau Pays, le "Vrai Pays", enfin retrouvé !...
 
Nos politiques et l'état français n'auraient alors qu'à mettre en mots un élan fondé sur une véritable rencontre entre les gens de notre pays.

J'ai fait ce rêve !...
Näbwé.

mercredi 26 avril 2017

Présidentielle 2017 en (Kanaky-)Nouvelle-Calédonie

Maladeuuuuh, malade ! Oui, je suis malade du rapport de Mon Pays aux élections présidentielles de 2017 !!!
Les résultats sont tout simplement incroyables! Et pourtant, tellement prévisibles !
Notre Pays vote FN !
Mais, qu'est-ce qu'ils croient tous ces électeurs du FN, que Madame LE PEN va ramener la sécurité... ?
Par quels moyens ?
La paix est à quel prix ?
La nomadisation (*) dans toutes les tribus ?
La nomadisation en Province Nord ?
La nomadisation en Province Iles ?
Encore plus de gendarmes ?
Encore plus de policiers ?
Des milices ?
Partout, dans les quartiers ? Dans les villages ?
Mais que croyez-vous ?
"Bonjour" l'ambiance dans les classes pour les profs !
"Bonjour" les week-ends en tribus !
"Bonjour" le repli sur les quartiers sécurisés visés par les agressions de toutes sortes !
NON ! Chers compatriotes, que je distingue des "cons"patriotes...
Finies la paix, les déambulations "tranquilles" dans les quartiers (quoique déjà ...), ou en ville, ou sur les routes de Brousse ou des Vallées et tribus, vous aurez de "sacrés" surprises et sujets de discussions...
Finis les week-ends "découvertes"...
Finis les raids accueillis en tribus...
.../...
Vous connaissez mal mes (nos ?) frères Kanak...
Plus rien ne va être simple ... merci le FN.
.../...
Présidentielle 2017:
Comment des "Républicains" peuvent-ils appeler à voter FN, en (Kanaky-)Nouvelle-Calédonie; car, quoiqu’ils en pensent, il y a des français kanak dans notre île, et "un peu" légitimes, chez eux, non ?!
Comment des "Républicains" sont-ils capables de "ne pas se prononcer"...je suis très déçu, par tant de lâcheté, au pire, par tant de légèreté, au mieux...
.../...
Merci, à Philippe Gomès de se prononcer, clairement, à titre personnel, certes, mais sans ambigüité, pour Emmanuel MACRON.
C'est un courage devenu trop rare en Calédonie !
Et je l'en remercie ici ... Il me semble être un des rares leaders non-kanak à avoir une vraie vision pour l'avenir de Notre Pays et à vouloir les préserver (l'avenir et Notre Pays)
Car, il est tellement plus facile de brosser l'électorat peureux et anti-kanak viscéral de Calédonie dans le sens du poil...
On a critiqué Macron pour avoir évoqué un crime contre l'humanité en faisant référence à la colonisation...mais, en Calédonie, c'est un crime contre la mémoire que le vote FN présuppose !!!
.../...
A 65 ans de Calédonie où je suis né à Ponérihouen, je suis fatigué de ces "va-t-en-guerre" !
Qui, finalement, ont bien prospéré sur ces divisions ethniques, culturelles et politiques...
Où nous conduisent-ils ?
Pensent-ils que c'est grâce à eux que la Calédonie a vécu trente années de paix, et qu'eux et tous les nouveaux "arrivants" ont prospéré !?
Il n'y a pas de tabou à poser la question !
Le tabou est: qu'ont-ils fait de nous, qu'ont-ils fait de moi, qu'ont-ils fait de nos jeunes, Kanak en particulier...faut-il tous les envoyer au Camp Est ?
Faut-il ré-ouvrir Le Bagne en Nouvelle-Calédonie ? Éventuellement pour y envoyer tous ces jeunes (Kanak) à Walpole, tant qu'à faire ?
Qu'en pensent nos frères Kanak ?
Et qu'en pensent, mais ouvertement, clairement, les leaders Kanak (**) ?
Qu'en pensent les tenants du Destin Commun ?
Pourquoi, trop de ce beau monde s'est-il déclaré, plus ou moins, indifférent à cette élection ?
L'indifférence, idéologique ou citoyenne, est un crime à mes yeux !
.../...
Je suis pessimiste...pour un "sacré" retour en arrière ! La décolonisation est loin d'avoir atteint les mentalités ...
Tout cela est trop nul ... comme diraient les enfants !
Amen.

(*) Nomadisation: présence massive de l'armée dans les tribus, bien connue de ceux qui ont vécu les Evénements 84-88, en Brousse; où j'ai même vu les Chasseurs Alpins défiler, c'était à Poindimié ...
(**) Finalement, Paul Néaoutyine prend officiellement position et sans ambiguïté pour Emmanuel Macron; merci à lui au nom de tous les hommes et femmes de bonne volonté de Notre Pays.

jeudi 24 avril 2014

Provinciales 2014: le bateau ivre ! Un avenir qui se cherche, un peuple oublié ...

La Nouvelle-Calédonie m'apparaît comme un bateau ivre, à l'orée de la "dernière mandature" ! ...
Avec cette question qui me taraude l'esprit: le Peuple Kanak existe-t-il (*) ?
Le Peuple Kanak existait-il, à l'arrivée des premiers "blancs" sur cette Terre que Cook appela New Caledonia ?
le Peuple Kanak existe-t-il, politiquement parlant, en 2014
Cette question peut vous paraître saugrenue, et pourtant, comme les forces tectoniques qui couvent sous un volcan, elle fonde l'avenir de Notre Pays.
...
En avril 2014, à écouter quelques leaders politiques et nombreux citoyens de Nouvelle-Calédonie, la réponse est sans aucun doute: "un peuple kanak" ? Je ne l'ai pas encore rencontré ! C'est qui ? Ceux qui sont plus ou moins bronzés ? Quelle ethnie déjà ? Une communauté comme les autres, non ?...
Il y a quelque chose de tragique, dans ce que l'on vit à l'occasion de ces "dernières" élections après tant d'années de paix; "ils" (les anti-indépendantistes) ont tous leur solution, à condition d'oublier que les Kanak existent !
Et d'abord, péremptoirement et comme un éternel recommencement ..., de dire que les indépendantistes sont minoritaires !
"Ben ça" !
 ...
Oui, mais d'omettre de dire que ces indépendantistes sont essentiellement des Kanak !
En clair, opposer indépendantistes et loyalistes, c'est opposer les Kanak et des colons; ceux arrivés dans les temps historiques et ceux qui continuent d'affluer par la faiblesse bien ordonnée de l' Etat Français ! Et de ces alliés politiques plus ou moins "loyalistes" en Calédonie ...
C'est vrai, quelques Kanak mettent un peu de "couleur" sur les listes "dites loyalistes", et ce n'est pas leur faire offense que de le constater; mais est-ce significatif ?
Pour ceux qui refusent encore de voir la réalité en face, il leur suffit de constater que dans les Provinces ou les communes où les Kanak sont majoritaires, les partis indépendantistes sont très largement majoritaires !
Alors;
Référendum "éclairé" ...
Purger l'indépendance ...
Solution consensuelle ...
Nouvel accord pour une durée à déterminer (indéterminée ?) ...
N'importe quelle solution dans le cadre de la République Française ...
Majorité contre minorité ...
Tout est-il possible, du moment que l'on ne prononce pas le nom du Peuple Kanak et qu'on en fasse l'impasse pour le "confondre" au milieu de "toutes les ethnies (confondues)" ? ...
Pourquoi n'envisagerait-on pas un référendum destiné au Peuple Kanak, reconnu peuple premier, pour savoir dans quelle proportion il serait pour ... ou contre l'indépendance de ce qui reste, à priori, son pays !
Mais, à mon humble avis, néanmoins expérimenté, tout est possible, et tout est certainement envisageable pour l'avenir (même institutionnellement) à condition que l'on reconnaisse en paroles et en actes le peuple Kanak et ses représentants !
D'une façon audacieuse, la montée du drapeau de Kanaky a été un vrai geste de reconnaissance ! (**)
...
En 1998, on a gelé le corps électoral, non pas pour éliminer des gens qui n'étaient même pas encore arrivés (!) mais pour commencer à consolider un passé commun pour envisager "un destin commun" ! Rien de plus simple ! A priori ...
Mais "on" s'est disputé sur un corps électoral glissant ... Eh oui ! Pour entériner le fait que la Calédonie devait rester une terre de peuplement où tous ceux qui y débarquaient, avaient, de fait, des droits !
Et les leaders Kanak ont lutté (pacifiquement) pour obtenir le gel du corps électoral à 1998.
...
Pendant que d'autres ont préféré geler leur mémoire ! "Avant" n'est pas reconnu !
Et trop de nos propres enfants veulent "oublier" ce passé qu'ils n'estiment pas être le leur, pour imaginer un avenir idéalisé où, une fois de plus, toutes les ethnies seraient confondues, au pire; au mieux, elles cohabiteraient béatement, parce qu'on l'aurait décrété !!! ... (Tout le monde il est gentil, n'est-ce-pas ? ...).
...
Non ! La réflexion est gâchée par:
La volonté de pouvoir,
La conquête du pouvoir,
La soif de revanche,
L'exacerbation des égos,
L'utilisation des peurs,
Le mépris de la réalité,
Les manipulations en tous genres,
Voilà ce qui nous soumet aux diktats de quelques politiciens jeunes ou vieux, anciens ou récents, mous ou "aguerris", qui fondent leurs engagements sur l'ignorance aveuglante d'une trop grande partie de leurs compatriotes !
...
Le Peuple Kanak, existe-t-il ?
La Nouvelle-Calédonie reste-t-elle une terre de colonisation ?
Êtes-vous des colons ? Des colonisés ?
Souhaitez-vous une Calédonie paisible et consensuelle ?
La réponse à ces questions détermineront l'avenir serein ou conflictuel de la Nouvelle-Calédonie !
Le reste n'est que bavardages futiles, inutiles et dangereux ...
...
N'oublions pas, les Kanak, à travers leurs dirigeants ont opté pour l'arme du bulletin de vote, plutôt que celle du fusil ou du sabre ...
Parce que la citoyenneté et le corps électoral restreint associé ne faisait plus d'eux des colonisés en leur permettant d'espérer être maître de leur destin ... et ne faisait plus de nous des colonisateurs, puisque partageant leur destin !
...
En conclusion, la préparation de l'avenir de Notre Pays passe par beaucoup d'humilité de la part de nos leaders et de chaque citoyen, par l'abandon de la langue de bois, par l'exercice d'une Parole de Vérité, où la complexité remplacerait le dogmatisme et les slogans faciles; autant de postures où le rapport de force sous quelque forme qu'il soit (électoral, militaire, idéologique ...) est banni !
...
Ma vision (têtue, ce blog en témoigne) de l'avenir de Notre pays passe par cette reconnaissance enfin révélée du Peuple Kanak à partir de laquelle nous pourrons envisager de fonder autour de lui, une société véritablement consensuelle qui nous permettra de dépasser les clivages actuels et favoriser la résolution de tant de problèmes de société ( sécuritaires, éducatifs, sociétaux, sociaux, économiques, ...).
C'est mon utopie !
...
A bon entendeur; un éveilleur.

(*) Il semble que OUI, à ses propres yeux, en cette fin avril 2014, où le Peuple Kanak, à Ko-Wé-Kara, montre sa capacité d'adaptation et la vivacité de sa culture, en adoptant une charte écrite des valeurs fondatrices de leur culture ... Donc une présence revendiquée en douceur, mais fermement.
(**) La manière dont la propagande (prétendument "droit d'inventaire") de Calédonie Ensemble utilise la photo de la montée du drapeau kanak à côté du drapeau français au sénat coutumier, entourés de coutumiers et de responsables politiques calédoniens et français,  n'est pas digne (tout n'est pas bon pour gagner, surtout la bêtise). 
A contrario, cette photo illustre, de mon point de vue ce qu'il nous faudrait faire à l'échelle de Notre pays: une immense fête et un immense pilou qui rassemblerait toutes les communautés de Calédonie avec le Peuple Kanak qui danseraient autour de nos deux drapeaux ... une fête fondatrice du Destin Commun et d'un toujours improbable "Peuple Calédonien"!

dimanche 15 septembre 2013

MA fête de la Citoyenneté: MES histoires oubliées et MA mémoire perdue.

Citoyennes, citoyens:
"Y'en a qui disent que...": 
"'faut oublier le passé, 'faut arrêter de regarder en arrière ..." 
Ceux-là, "ben", ils vont droit dans le mur de ... derrière !
Parce que c'est de la VIE réelle dont il s'agit lorsqu'on évoque le passé ou qu'on prépare l'avenir; pas d'un passé idéalisé ou rejeté, ni d'un avenir rêvé, sous la forme de slogans souvent inaccessibles; dont les plus malins font un usage politique "intensif" ou auxquels, les plus crédules s'accrochent ...
 Les gens qui ne veulent pas qu'on évoque le passé me fatiguent. Ils s'assoient sur nos souffrances ou nos souvenirs, bons et mauvais, pour nous donner mauvaise conscience et se construire une ... bonne conscience ! Et rater l'avenir de Notre Pays; en s'asseyant sur toutes ces petites histoires, de tout le monde et de chacun, dont, les miennes !
Peut-être, sont-ils contre toute commémoration ! Le 14 juillet, le 11 novembre, le 8 mai 45, Oradour, le Vel d'Hiv, ..., ou encore, en Nouvelle-Calédonie, le 24 septembre et le 26 juin !
Je ne pense pas comme "ces gens-là"; je crois que c'est parce qu'on n'oublie pas qu'on peut éviter que l'Histoire se répète; la Grande Histoire, celle dont on parle dans les livres et celle des grands historiens; ou, celles, petites histoires qui font nos vies au quotidien et qui peuvent nous la pourrir la vie.
Ainsi, dans cet article, j'évoquerai ces petites histoires dont ma mémoire garde quelques traces:
Histoires oubliées d'une mémoire (un peu) perdue !
Entre le 24 septembre 1853 et le 26 juin 1988, j'évoquerai ce que l'histoire commémorée oublie trop facilement à mon goût.

> Et d'abord, Hienghène, le guet-apens de décembre 1984, et la tuerie dont on parle si peu. "Hienghène, ou le désespoir calédonien" comme l'a si bien décrit Lionel Duroy dans son livre.
Ouvéa, 1988, c'était entre l'armée française et le FLNKS, dont acte.
Mais, Hienghène, 1984, c'était entre des colons, métisses ou assimilés, et des Kanak; et j'ai vu les photos par l'intermédiaire de mon ami militant Régis, j'ai vu les photos des cadavres des gens de Tiendanite morts ... ! Où en est-on du Grand Pardon entre la communauté "caldoche" et le peuple Kanak ?
Et nos chers "zoreilles" qu'y comprennent-ils ?

> Sans (?) rapport, il y a ces colons libres, arrivés avec le vent, ni bagnards, ni arabes, ni arrivés dans les frusques de Feuillet, ni viets, javanais et wallisiens, arrivés sous "contrats" forcés ... Non, simples migrants, fuyant la pauvreté, partis chercher "un avenir meilleur" (Philippe Lavil), comme cet arrière-grand-père, quittant un cirque de l'île Bourbon, Salazie, pour se poser au fond d'une grande vallée de la Côte Est. Il était pauvre et libre.
Pas intéressant ? Victimes de l'Histoire ou fabricants d'Histoire ?

> Il y a aussi le CACI (comité d'action contre l'indépendance), sorte d'OAS (organisation de l'armée secrète en Algérie) locale, qui sévissait pendant les événements; souvent sous forme de milices; comme à Poindimié, menaçant les (trop) sympathisants de la cause Kanak ... Je n'oublie pas ! ... Non, je n'oublie pas. Impossible. Mais peut-être, eux aussi avaient-ils peur ! Finalement, de toutes ces tribus qui "cernaient" les villages de la Côte Est. Jusqu'à quel point avaient-ils raison, d'avoir peur ?

> Et puis, il y a encore, de manière anecdotique (?) ces pâturages améliorés sur la Côte Ouest, dont certains éleveurs, dans les années 70/80, se faisaient les adeptes tout en défonçant méthodiquement toute trace de présence kanak en labourant dans tous les sens les anciens billons d'ignames ou tarodières visibles ... Disparu, le premier occupant; j'en ai été le témoin, un peu abasourdi !

Ce n'est pas fini ...

> Toutes ces violences durant les "Evénements" dont les kanak n'avaient pas l'exclusivité, loin de là ! Combien de familles kanak en gardent le souvenir, pourchassés dans les rues de Nouméa ou dans des villages, parfois terrorisés, subissant la nomadisation militaire dans les tribus ...
Mais violences subies aussi par des caldoches ou des "métros": comme le vieux cousin de mon père, Julien et sa femme, séquestrés à Tchamba par des "cagoulés" ... ou mon ami Paul, "métro" trop proche des Kanak au goût de certains, menacé par quelques caldoches et "pieds noirs" ou autres débarqués d'anciennes colonies françaises ! C'était à à Poindimié.

> Curieusement, et dans un tout autre registre, je me souviens, quand j'étais pensionnaire à Nouméa, des sirènes annonçant les prises de quarts à la SLN, rythmant la vie de toute la ville, et de tant de familles. Me rappelant avec force que cette vieille usine nous a marqué dans notre chair, comme elle a accompagné la vie de tant de calédoniens.
Alors, la balancer d'un revers de mot, la rejeter comme un vieil os rongé dont on ne supporte plus l'odeur ... Un peu facile, non ?

> Et puis, dans la petite histoire, et comme un anachronisme, un curieux épisode de la vie calédonienne me vient en mémoire: CABREL, dont une part de la population souhaitait boycotter la venue pour montrer sa désapprobation quant à certaines des prises de positions du chanteur, jugées trop en faveur des indépendantistes et des Kanak ... Finalement le chanteur avait annulé sa tournée en Calédonie. Drôle de victoire pour tous ces "blancs", par ailleurs très attachés à la liberté, l'égalité, la fraternité dans la République française ! Mais en Calédonie, on n'est pas à une contradiction près.

Pas de dépôt de gerbes pour mes histoires oubliées, pas de député, ni de gouverneur ou de ministre, ni de président de province, de gouvernement pour commémorer ces petites histoires oubliées; juste ces quelques petites fleurs déposées sur ma mémoire (un peu) perdue !

Mes enfants, comme les vôtres, vivent, certes, à l'heure d'internet et de la mondialisation, mais ils vivent, circulent, dorment, vont à l'école ... en Nouvelle-Calédonie, et en ... chair et en os, pas virtuellement. 
"Hic et nunc" ! 
Alors il est interdit d'oublier; sous peine de voir l'histoire se répéter et nos mémoires, comme les leurs, continuer à engranger de la douleur ... 
Pour éviter que la "Terre Violente" de Jacqueline Sénès, ne se rappelle à notre bon (?) souvenir.

Lucidité et principe de réalité doivent accompagner le rêve et l'idéal !

A suivre ...

Postscriptum du 25 septembre 2013:
Après avoir constaté à travers les compte-rendus des médias, écrits, parlés et télévisuels de ce week-end prolongé du 24 septembre, à quel point la volonté de beaucoup de monde de "ne pas oublier" était vive, je me suis pris à penser que je "radotais" un peu avec mes "histoires oubliées" ... 
Mais, après réflexion, j'ose croire que non ! Car, la vraie question reste: que fait-on de ces rappels de mémoires ? Quelle est la portée de ces "commémorations" en tous genres ?
L'esprit de mon billet est de rappeler (mais comment le faire bien ?) que cette histoire est encore récente, notre mémoire bien souvent encore à vif et que ces souvenirs, douloureux ou non, nous ont marqués psychologiquement et physiquement, nous ont construits et parfois "déconstruits" ...
Alors nous devons tous faire preuve d'inventivité pédagogique pour transmettre cette histoire et faire en sorte qu'elle féconde l'invention de notre avenir !
Le quotidien vécu nous montre de manière têtue à quel point il y a loin des slogans, même les plus généreux, à la réalité !!!
...

mercredi 13 mars 2013

La solution consensuelle est morte ! Vive les blocs opposés... l'affrontement, donc.

Etat des lieux un an avant les échéances de 2014.
Chacun fourbit ses armes ! C'est l'heure. 2014, c'est demain !
Et tous nos politiciens sont dans les "startings blocks". Quels qu'ils soient, malheureusement.
Je ne sais pas si je dois parler de Yanno, qui se prépare à (s')assurer un avenir (re-député, maire de Nouméa), pour continuer à vivre de la politique, sur le dos de quelques crédules franco-français ou de nouméens apeurés.
Je ne sais pas si je dois parler de Gomès, qui attend son heure, revanchard finalement assumé.
Je ne sais pas si je dois parler de Paul, qui gère sa province comme un état quasi indépendant ... dépendant pourtant des subsides de la France, des transferts des moyens avec celui des compétences, d'une clé de répartition favorable, de ses investissements en Corée, du nickel "pompé" à tout va !
Je ne sais pas si je dois parler de "Loulou", qui marque Gomès comme son ombre, avec raison (?), qu'il juge faire trop d'ombre à son peuple, Loulou qui sublime 2014 !
Je ne sais pas si je dois parler d'Harold, s'agrippant à son fauteuil, renaclant aux critiques dont il a été lui-même un fervent pourvoyeur.
Je ne sais pas si je dois parler de Pierre Frogier, inspiré tardivement, communiquant navrant, sur une corde raide.
Je ne sais pas si je dois parler de Daniel Goa, présidant, depuis peu, aux destinées de l'Union Calédonienne (!?). Saura-t-il, comme ses prédécesseurs inspirés, trouver la voie étroite pour sortir d'une impasse certaine.
Je ne sais pas si je dois parler de vous, de nous, de moi, égoïstes, gâtés par un si beau pays, incapables de nous élever à son image; peureux du lendemain et agrippés au jour le jour ... ou jouissant à l'idée d'y "foutre le bordel" !
...
La solution consensuelle est moribonde, elle a été usée jusqu'à la corde ... par des égos en mal d'être les premiers, les meilleurs (?), les éloquents, les riches, les potentats .. marchant sur nos têtes qui l'ont bien mérité. Plus de solution consensuelle pour l'avenir ! Normal, dans une société qui n'a rien de consensuelle !
OUI !
A partir de ce jour, la Solution Consensuelle Nouvelle est morte née.
...
Chacun de nos partis politiques fourbit ses armes pour 2014, et après ?
Quelques uns sont sur une stratégie de blocs, du rapport de force donc.
Yanno, c'est sûr !
Gomès de manière plus perverse, puisqu'il prétend représenter un "peuple calédonien" qui n'existe que dans son imaginaire démagogique comme ce drapeau commun revendiqué et tout aussi démagogique; mais à Calédonie Ensemble, aucune tête ne dépasse derrière la "tête-pensée-unique" du leader !
Au RUMP, Pierre Frogier semble vouloir réécrire l'histoire de la solution consensuelle, est-il armé (?!) pour l'imposer ?
D'autres, au FLNKS, ont une stratégie plus subtile, s'appuyant sur un corps électoral figé (une forme de rapport de forces), tellement figé et depuis si longtemps qu'il en est devenu "momifié" et complètement en contradiction avec une réalité qui l'a dépassé ... ou qui le dépassera ! Dans une stratégie institutionnelle courageuse, mais bien incertaine ... Si cette stratégie échouait, quelle serait l'alternative ?
...
Nous n'avons plus personne sur qui compter !
...
Je suis Néo-Calédonien, et je suis sans avenir, je vis sans avenir, je prépare mes enfants à assurer leur avenir sans trop compter sur l'avenir ...
Et mes frères Kanak, depuis quand sont-ils sans avenir ?
Et tous ces métros, venus chercher un avenir (meilleur ?) en Calédonie, ne brouillent-ils pas notre avenir ? Celui des Kanak ? Finalement, le leur (*)!
Et ces Wallisiens ici, comme chez eux, avec leurs chefferies; accepteraient-ils que nous, (Kanak, Caldoches, Métros) allions assurer notre avenir en nous installant par milliers à Wallis et Futuna (par exemple après l'indépendance de la Calédonie !) comme eux, le font ici !
Et, tant d'aveuglement traverse ces communautés.
Avons-nous, tous, ensemble, les uns et les autres, les uns contre les autres, les uns avec les autres, un avenir ?
...
L'avenir ?
Nouvelle solution consensuelle, rapports de force, statu-quo, référendums (**), indépendance, partition, etc. ?
Beaucoup de bavardages mais, aucune lisibilité, aucune visibilité pour l'avenir !
La (Kanaky-)Nouvelle-Calédonie fonce à tombeau ouvert, dans le brouillard, vers un avenir complètement incertain.
...
OUI !
Rien n'est bon ! L'avenir sent mauvais !
Il sent l'égoïsme mauvais, il sent le pouvoir mauvais, il sent l'argent mauvais, il sent la méfiance et la défiance mauvaises, il sent la dispute mauvaise... L'avenir sent mauvais.
Notre Pays nous échappe ! Lui avons-nous jamais appartenu ? Préférant qu'il nous appartienne ...
...
La démagogie va régner en maîtresse pensée !
...
Manque de capacité de réflexion, manque d'imagination, manque d'éducation (tout court ou) politique, manque d'analyse, manque d'affection, manque d'émotion ? Et manque de lucidité; cette lucidité qui permet de faire face à la réalité avec courage, responsabilité et humilité (trois mots qui n'ont pas trop leur place dans le verbe politique calédonien).
...
Il nous manquait Marine Le Pen, pour comble de tout, c'est fait !
...
Et pourtant, il y a tant de belles choses qui se font au quotidien, tant de progrès déjà accomplis, tant de bonheur à partager nos différentes cultures et de plaisir à vivre ensemble ! Comment préserver, voire approfondir tout cela ?
En s'affrontant ?
...
P.S. Je sais être critique vis-vis de nos politiciens, politiciennes; mais n'ont-ils pas voulu ou prétendu  s'occuper de notre avenir en se présentant aux élections, ne sont-ils pas (bien) payés en tant qu'élus pour cela ?
...
(*) Au fait, que tout ce beau monde arrête de prétendre à intégrer le corps électoral spécial sous prétexte qu'ils participent à la richesse du Pays. Index de correction, enrichissement personnel, etc. ; ne profitent-ils pas largement de la Calédonie ? Et puis, ça ne gêne personne que nombre d'entre eux, comme de calédoniens, investissent massivement ailleurs, en France, en Australie, en Nouvelle-Zélande ! L'argent n'a pas de frontière et s'en"fout" des nationalités ! Qu'ils arrêtent de nous "bassiner" avec cet argument qui ne convainc qu'eux-mêmes et les crédules.

(**) A propos de référendum et pour ceux qui n'ont pas la mémoire nécessaire, le dernier référendum d'autodétermination ("pour" ou "contre" l'indépendance) en Nouvelle-Calédonie date du 13 septembre 1987 (avec une condition restrictive de résidence de 3 ans). Il avait vu le "non" à l'indépendance l'emportait à 98,3% pour une participation de 59,1%. Le FLNKS  avait appelé à boycotté ce référendum. Résultat sur le terrain, les violences avaient redoublé !

lundi 25 février 2013

Etre kanak et ... SDF ! Quelque chose m'échappe !

Paradoxes de la modernité kanak:
La société kanak est traversée par de nombreux paradoxes, paradoxes qui fondent autant sa modernité, son actualité et sa richesse, qu'ils la déchirent ...
Etre squatter ...
Etre SDF ...
Etre Homme ou femme politique ... Et coutumier ...
Mais l'un de ces paradoxes qui me frappe le plus (parfois au sens propre !), c'est celui des SDF kanak, donc des "sans domicile fixe " kanak !!!
Comment peut-on être kanak, en (Kanaky-)Nouvelle-Calédonie, et ... sans domicile fixe !
Plus qu'un paradoxe, c'est une antinomie, que dis-je, une aberration, une absurdité ... et pourtant une réalité.
Donc, nous avons dans Notre Pays, des kanak qui n'ont pas de domicile fixe; au vu de la culture et de la coutume kanak comme de l'histoire du Peuple Kanak, cela signifie que des kanak n'ont pas de famille (cela se pourrait), de clans d'appartenance (cela devient difficile à penser), de lignée de référence (impossible à concevoir), de tertre d'origine, bref, de case tout simplement. Mais alors sont-ils encore "kanak" ? ...
Au secours, Téin Kanaké !
...
En clair:
Tous ces kanak qui "zonent" à Nouméa surtout, et parfois, et de plus en plus un peu partout en Nouvelle-Calédonie seraient sans "tertre fixe", sans clan de rattachement ? Ont-ils oublié leur nom ?
...
Que se passe-t-il ?
Ces kanak SDF, sont-ils des parias ?
Ont-ils été bannis de leurs tribus ?
Sont-ils devenus plus "blancs" que kanak pour oublier d'où ils viennent, d'où ils sortent, ou ne pas vouloir y retourner ?
Se sentent-ils mieux (j'insiste sur le "mieux") à "zonner" et à "taper le popper" ou le passant, qu'à retourner vivre à la tribu pour y prendre leur place (?) participer aux travaux collectifs, travailler aux champs, prendre en charge leurs Vieux et leurs Vieilles, leurs petits frères et leurs petites soeurs ... ou, militer (hem!);
Se sentent-ils, sont-ils rejetés par une société kanako-calédonienne impuissante à faire "vivre ensemble" tout son monde !
Ou,
Sont-ils une avant-garde guerrière mais "dormante" d'une contestation qui couve ou à venir ?
A moins ...
A moins que nous ayons là, devant les yeux, l'expression "popper-isée" (heu ! paupérisée) d'une soufrance ou d'une colère sourdes !
A moins que nous observions là des gens sans vergogne qui ont bien compris l'intérêt de vivre entre deux mondes, celui de la tribu et celui de la ville ... sans contrainte, d'où qu'elle vienne.
...
Les chefs de clans et les conseils de chefs de clans ont-ils l'intention de réagir ? Le souhaitent-ils ? Le veulent-ils ? Le peuvent-ils ? Doivent-ils le faire ?
...
Réfléchissez ! Ré-flé-chi-ssez !
Toutes mes questions sont (ou seront) des réponses ... autant que des questions tant qu'elles resteront sans réponses ... ??? !!!

Toujours sur ces questions de délinquance, de violence ouverte ou contenue ... Lisez:
http://chroniquekanakynouvellecaledonie.blogspot.com/2009/03/delinquance-avant-il-y-avait-moins-de.html
http://chroniquekanakynouvellecaledonie.blogspot.com/2009/01/une-violence-kanak-prvisible.html
http://chroniquekanakynouvellecaledonie.blogspot.com/2009/01/jai-lu-la-revue-juridique-politique-et.html

mercredi 5 décembre 2012

Retour aux cases de départ ... Celles qui n'étaient pas dans la ville !

J'ai préféré ne pas réagir "à chaud" à toutes les péripéties qui ont entouré l'implantation, l'occupation puis la destruction des cases construites dans Nouméa à l'occasion des fêtes de la citoyenneté de septembre dernier (drôle de fête et drôle de citoyenneté).
Beaucoup (trop ?) de choses ont été dites et écrites sur le sujet. Alors pour ma part je voulais simplement évoquer une période de l'histoire récente de Notre Pays; récente pour moi, lointaine pour d'autres et ignorée pour beaucoup, voire enterrée !
Cette période, à la fin des années soixante-dix et au début des années quatre-vingt, c'est celle des "cases symboliques" que les Kanak construisaient sur les terres des colons (*) pour afficher leur revendication. Ces "occupations de terres" ont bouleversé la Brousse Calédonienne, la vie des colons et la relation de ces derniers avec leurs voisins "les indigènes" (comme ils les nommaient à l'époque).

Cette évocation m'est venue sans forcer, naturellement, accompagnée du souvenir d'une prise de conscience brutale à l'époque: la TERRE représentait LE contentieux majeur entre le Peuple Kanak et les Calédoniens non kanak (descendants de colons "blancs", javanais, etc).
En cette période, Nouméa continuait à vivre sur son petit nuage ... Et je me souviens avoir pensé: "un jour ou l'autre, Nouméa n'échappera pas à la revendication kanak, sous une forme ou une autre, peut-être sociale ou culturelle, voire économique". Trente ans après les premières revendications de terres, au début des années 2000, avec les revendications dures de l'USTKE, Nouméa a commencé à réaliser que les Kanak existaient dans le domaine social et économique, en tout cas ils voulaient exister. Le contentieux entre Kanak et Non-Kanak s'est déplacé ... Pour porter sur le TRAVAIL ?
L'histoire continuait ...
Et, cette année des "cases symboliques" kanak ont occupé La Ville ...!!!
Et, l'histoire de la Nouvelle-Calédonie continue à bégayer ...

Juste retour des choses ? Ou plutôt juste une nouvelle étape de la longue lutte des Kanak pour affirmer leur identité, pour conquérir leur juste place dans un pays, le leur, que trop de gens à la mentalité rabougrie, leur dénient encore, ouvertement ou de manière subliminale ...

Mais, NOUS, ceux dont les terres ont été revendiquées ou leurs descendants, nous qui avons souffert en ces périodes troublées, nous qui n'avions pas toujours compris la revendication kanak, nous qui avions compris que Notre Pays ne pouvait plus rester en l'état, nous qui essayons d'oublier ...
NOUS, nous espérions de la Citoyenneté Calédonienne prévue dans l'Accord de Nouméa, comme un rêve pour dépasser et transcender nos différences ... Qu'est-elle devenue, qu'en ont-ils fait, qu'en avons-nous fait ?
RIEN.
Et le "Destin Commun" est devenu un véritable cache-misère !

(*) Pour mes lecteurs non au fait de l'histoire calédonienne, le sens du terme de "colon" tel que je l'emploie ici ne doit pas être confondu avec celui qui est employé à l'heure actuelle en Israël et en Palestine ... A moins que ... A moins qu'avec tout ce monde qui débarque sans qu'une véritable, authentique et régulatrice Citoyenneté Calédonienne ne soit mise en place, on aboutisse à une nouvelle colonisation de la Nouvelle-Calédonie (en tout cas, les Kanak pourraient recevoir comme tel ce phénomène)! Et là, Notre Pays aurait du souci à se faire: la période de paix des accords serait révolue, l'instabilité serait à prévoir (dont l'insécurité latente est une forme), le retour en arrière serait assuré.

Sur des thèmes semblables (histoire, mémoire, mentalité, citoyenneté), consulter:
http://chroniquekanakynouvellecaledonie.blogspot.com/2010/11/de-la-memoire-de-la-memoire-et-des.html
http://chroniquekanakynouvellecaledonie.blogspot.com/2011/03/les-mentalites-nont-pas-change-ou-un_30.html
http://chroniquekanakynouvellecaledonie.blogspot.com/2009/03/delinquance-avant-il-y-avait-moins-de.html
http://www.chroniquekanakynouvellecaledonie.blogspot.com/2009/10/la-citoyennete-comme-un-solution.html

vendredi 12 août 2011

Maré: une si grande tristesse ! Et une leçon pour tous.

Maré,
J'ai mal à mon Pays.
Tant de familles endeuillées;
Tant de pleurs;
Tant de colères contenues;
Tant d'incompréhensions;
Maré,
Tant de Calédoniens se sentent aujourd'hui Maréens.

Je me sentais fatigué, avec l'envie très forte d'arrêter ce carnet de bord, à quoi bon, devant l'inutilité ou la vanité de la tâche, la puérilité voire la futilité de l'expression face à cette réalité calédonienne impossible à circonscrire...
Et pourtant, difficile de s'abstraire de la réalité trop souvent douloureuse de Notre Pays ... Quand on l'aime, lui et ses gens !

Je n'ai pas de leçon à donner et n'en donnerai pas; mais il y a une fois de plus UNE leçon que je tire de ces événements douloureux et dont, en toute modestie, ce blog se veut une expression têtue; une leçon pour TOUS, acteurs politiques, économiques, sociaux, ou encore intellectuels, qu'ils soient simples citoyens "de base", ou en charge de responsabilités de tous niveaux: c'est que nous devons aborder les problèmes de Notre Pays avec beaucoup de simplicité (posture synonyme pour moi d'humilité où l'égo se fait discret) et dans leur complexité (en termes d'analyse et de résolution de problèmes en termes également de solutions à proposer).
Le drame de Maré en est une illustration où se téléscopent nombre des problématiques de la société calédonienne...
Et je dédie cette réflexion à nos frères et soeurs de Maré comme à nos gouvernants, responsables politiques, économiques, coutumiers, syndicaux, éducatifs et religieux ... Et à tout un chacun, cet anti-chacun antithèse de celui du "chacun pour soi" ou "du chacun chez soi" !


La situation calédonienne est complexe; les "Faut qu'on", "Ya qu'à", "Si l'on" et "Pitucé"(*) ne devraient pas y avoir leur place ! Ils nous submergent pourtant dans les médias ou les conversations privées ...

Car rien n'est simple en Nouvelle-Calédonie. Quelques exemples "survolés" (par nécessité du genre présent) de cette complexité des questions ou problématiques qui traversent Notre Pays:
Les conflits de légitimité des pouvoirs en tout premier lieu.
Dans un royaume le pouvoir vient du sang; dans une dictature il vient de la force (armée). En démocratie, le pouvoir vient de celui qui le délègue, l'électeur mais parfois, insidieusement, de l'argent; dans une chefferie kanak le pouvoir vient du sang mais aussi de la terre. Et peut-être pourrait-on se poser la question du pouvoir dans la famille, oui mais quelle famille ? Et pour certains, beaucoup, de nos jeunes, quel(s) pouvoir(s) sont-ils prêts à reconnaître ? ...
Les conflits de légitimité des pouvoirs minent la société calédonienne.
Les conflits d'intérêts économiques et de développements.
Le "tout nickel" qui fonde l'essentiel de la richesse de la Calédonie avec les transferts financiers de l'Etat dont l'index de correction est un avatar coûteux ...  Trois usines sur notre petit archipel, dame Nature est généreuse dans sa terre rouge, mais tous ses "enfants" endémiques, verts forêts ou bleus lagons, vont souffrir ! Comment les (ré)concilier ? Imagine-t-on sérieusement d'autres développements alternatifs possibles ?
Les conflits d'intérêts économiques sapent le développement économique équilibré de la Nouvelle-Calédonie.
Les confusions entre des genres parfois (souvent ?) contradictoires.
Etre homme (ou femme) politique élu et grand patron par exemple; être chef coutumier et leader politique (choix cornélien de l'électeur qui est sujet !); être responsable syndical et patron; etc. ... Même si ces genres parfois contraires sont recevables, leur confusion participe grandement à rendre encore plus complexes voire inextricables nombre de situations politiques, sociales, économiques ou "sociétales" en Nouvelle-Calédonie.
Toutes ces confusions entre les genres troublent la vision politique de Notre Pays.
Les juxtapositions parfois confrontations de cultures et d'histoires.
Nous n'avons pas de culture commune, il faut bien le reconnaître. Même si l'Ecole transmet "de" la culture française ! Peu d'acculturation(**) en réalité, j'évoque celle qui ne se satisfait pas d'un week-end "découverte" même si cette démarche est utile d'un point de vue purement touristique ... Doit-on continuer à se satisfaire de cultures qui se côtoient même pacifiquement (ce qui n'est déjà pas si mal j'en conviens) ? Le constat reste que la richesse issue d'une diversité culturelle exceptionnelle ne parvient pas à générer une "créolité kanako-néo-calédonienne" qui serait le meilleur gage d'un destin partagé ...
Ces confrontations de cultures différentes en Nouvelle-Calédonie freinent encore trop l'essor d'une culture commune. 
Les rapports sociaux tendus.
Les conflits sociaux ne sont-ils pas avant tout des conflits de société(S) ... Quand ils ne dégénèrent pas en conflit de personnes !
Des rapports sociaux tendus par des écarts de revenus inconsidérés trop peu compensés par des fiscalités, directe et indirecte, équitables qui feraient payer plus aux plus fortunés pour une meilleure répartition de la richesse produite par le Pays ou une meilleure redistribution au profit de tous !
Et donc (dans le cas du conflit d'Aircal) une prise en compte par le Pays et non par une seule collectivité ou une entreprise de la continuité territoriale (je parle de la vraie, celle qui concerne les déplacements à l'intérieur de notre archipel).
Des rapports sociaux tendus sur le marché du travail où la problématique de l'emploi local butte sur une citoyenneté en berne et une formation initiale incapable d'élever le niveau de compétences de l'ensemble des jeunes calédoniens, et en particulier de ceux qui ont le plus besoin ...
Des rapports sociaux, donc, souvent tendus en Calédonie et qui continuent à perturber la recherche d'une harmonie sociale; comme un rêve impossible à réaliser ?
Les paradigmes éducatifs si divers et différents.
Tant de questions sur ce plan-ci ! Et tant de réponses diverses parfois opposées ...
Les valeurs transmises au sein des familles, petites ou grandes, métropolitaines, wallisiennes, kanak, caldoches, vietnamiennes, etc., au sein des clans aux Iles ou sur la Grande Terre, sont-elles les mêmes ? Met-on les mêmes gestes, les mêmes mots derrière le mot "respect" par exemple et en infra celui de "politesse" ?
Et, jusqu'à quel point l'Ecole déforme-t-elle plus qu'elle ne forme en termes éducatifs ? Quand la scolarisation entraîne la désocialisation (pour un enfant kanak qui quitte sa tribu par exemple) et quand l'échec de la "socialisation scolaire" entraîne une déscolarisation destructive ...
Ces paradigmes éducatifs parfois trop différents qui rendent difficiles la compréhension de l'Autre et l'ouverture vers l'Autre ...

La complexité est partout présente en Nouvelle-Calédonie, au niveau des individus et dans les relations qu'ils entretiennent jusqu'au niveau de la gouvernance de Notre Pays. Toutes les problématiques, politiques, économiques, sociales ou sociétales, éducatives, culturelles, relationnelles, doivent l'intégrer pour promouvoir une société calédonienne plus équilibrée et juste, plus sereine enfin.
La complexité est partout présente mais trop de solutions apportées à ces problématiques ne sont que des solutions partielles, ou simplistes ... On ne traite quasiment systématiquement que les symptômes ou les conséquences rarement les causes des maux calédoniens ... Alors, l'impression de piétiner ou de retour en arrière persiste et plombe notre moral.

Et pourtant, les Accords de Matigon-Oudinot et l'Accord de Nouméa sont des modèles de solutions politiques complexes répondant à une situation politique calédonienne complexe !
Face aux problèmes de la société calédonienne qui perdurent, j'ai bien l'impression que c'était TROP GRAND ! Nos responsables politiques et nous-mêmes, citoyens de base, n'avons pas été à la hauteur du défi que comportait ces Accords !

C'est ce qui avait motivé ce blog que j'avais voulu illustrant cette complexité pour prendre mes distances, autant avec les experts "en tout et n'importe quoi" (***), qu'avec la politique, trop politicienne ("pirandellienne"(****)) à mon goût. 
Engagé en politique je n'ai jamais pu penser que j'avais et mon parti avec moi, complètement raison et les partis adverses complètement tort ... C'est dur de faire de la politique avec une telle posture intellectuelle et c'est pourquoi j'assume mes contradictions (je les cultive même, et certains billets en sont un témoignage ...) comme une part vécue de ma réalité calédonienne. Mais aussi comme une porte ouverte sur la complexité des choses calédoniennes et son appréhension.
CAR;
Pour une complexité bien comprise:
La complexité ne signifie pas la complication des choses;
La complexité n'entraîne pas l'inertie, ni l'inaction;
La complexité, c'est l'approche globale des choses selon Edgar Morin.
La complexité c'est le paradigme du LIEN et de la mise en RELATION.
La complexité engendre l'ouverture d'esprit et nécessairement une attention à l'Autre;
la complexité enrichit l'action !

(*) "Héros" d'une petite bande dessinée du journal "Le Monde" il y a de nombreuses années.
(**) Acculturation : processus par lequel un groupe humain assimile tout ou partie des valeurs culturelles d'un autre groupe humain.
(***) Depuis le temps que ces experts nous étudient et nous scrutent ainsi que la société calédonienne que nous formons pour proposer des solutions à nos problèmes, le paradis ne devrait plus être loin ! 
(****)De "Pirandello" qui a écrit une pièce de théatre: "Chacun sa vérité".

mardi 14 juin 2011

Le Peuple Calédonien existe ... Je l'ai rencontré.

Pseudo-fiction number calib'12 ... Euh ! Twelve (Pardooon ...).

Le Peuple Calédonien existe,
Et je crois le croiser un peu tous les jours.

Le Peuple Calédonien existe,
Mais il l'ignore lui-même !

Le Peuple Calédonien existe,
Le souhaite-t-il vraiment ?

Le Peuple Calédonien existe,
Il est subliminal !

Le Peuple Calédonien existe,
Trop souvent comme une incantation ...

Le peuple Calédonien existe,
Jamais ne sera l'otage d'un parti politique,
Ni d'aucune cause ...  politique.

Le Peuple Calédonien existe,
Il ne se confond pas avec toutes les ethnies,
Il est chaque ethnie ...
Et aucune, singulièrement.

Le Peuple Calédonien existe,
Il est le Peuple Kanak ...
Et tous ces agrégats étranges,
Et étrangers les uns aux autres
Venus du ciel ... Ou par la mer.
Forcés ou libres
Agrégés par l'histoire
Sur ce bout de terre rouge et verte,
Entourée du bleu profond du Pacifique.
Comme un drapeau !
Baigné de soleil ...
Quand il ne pleure pas.

Le Peuple Calédonien existe,
Comme Jésus, il marche à côté de nous !
Sans qu'on le sache ...

Le Peuple Calédonien existe:
Il n'est ni Noir, ni Blanc, ni Noir et Blanc.
Il n'a pas de couleur, même pas arc-en-ciel !
Il est lumière, éclair ou tonnerre, il est entrevu, parfois.
Produit du choc et de l'amalgame de ses éléments constituants:
Races et Cultures (!), Histoires et Conflits;
Attractions et Répulsions, Orages et Paix;
Tout cela à la fois,
Mais pas seulement à La Foa !

Partout en Calédonie je rencontre le peuple Calédonien,
Aux Iles de la Loyauté, dans les quartiers, dans les tribus,
Dans les repas de famille, à la plage, en pique-nique,
A la chasse ou à la pêche, au boulot aussi,
A l'église ou au temple, aux kermesses des écoles,
Devant les collèges, dans les classes des lycées ...
Sur les piquets de grève !

le Peuple Calédonien c'est tout ça;
Et c'est Mon Peuple !

Le Peuple Calédonien existe ...
Dans ma tête et dans mon coeur, 
"Ben ça, c'est sûr" !

Le Peuple Calédonien existe,
Car je n'en ai pas d'autre.
Et s'il se résume à un singleton, un peu paumé,
Je serais fier d'en être le représentant.

Le Peuple Calédonien existe ...
Peut-être !!!

Nabwé !
Et merci de m'avoir lu ...

mercredi 30 mars 2011

Les mentalités n'ont pas changé ... Ou un problème de transmission !

Les souffleurs de braise sont de retour !
40 ans après !
Ils sont caldoches ou approchant; ils ont de 30 à 40 ans; ils n'ont rien appris, ou on ne leur a rien transmis ... De l'histoire vécue de leur Pays.
C'est vraiment dur pour moi de revivre, aujourd'hui ces appels à manifester sur ces thèmes mille fois éculés, comme tous ceux qui l'ont précédés; cette fois-ci sous couvert d'un drapeau commun, soi-disant rassembleur, pour ceux qui, soit sont arrivés il n'y a pas si longtemps en Calédonie, soit n'ont rien compris de Notre Histoire parce qu'on ne leur a rien transmis de cette histoire.
C'est de notoriété que les mentalités changent moins vite que l'organisation sociale ou économique, quoique ... Les mentalités kanak ont grandement évolué, et les jeunes kanak ou moins jeunes, malgré tous les problèmes auxquels ils sont confrontés font montre d'une adaptation, en trente années, exemplaire; quand la mentalité de trop de jeunes "caldoches" ou "calzors" reste au niveau de celle d'il y a trente ans !
A entendre la rhétorique de ces derniers, qui me renvoie trente à quarante ans en arrière, j'en suis malade !
Comment peut-on penser, à moins d'être bête ou étranger à notre pays, qu'il suffit de dire qu'on est tous frère et qu'on va s'embrasser sur la bouche pour que cela soit vrai ! Eux le croient ou font semblant, pour manipuler les crédules !
C'est ce genre de mentalité "à deux sous" qui a déjà tué plusieurs fois notre pays et qui s'apprête à le faire encore avec ces annonces à manifester pour un drapeau commun alors qu'ils ne reconnaissent pas l'existence du Peuple Kanak, ramené à une "communauté" comme une autre !
La proposition de Pierre Frogier va pourtant dans le "bon" sens (avec du bon sang, celui qui ne saurait mentir), celui de la reconnaissance de la légitimité kanak à travers son drapeau.
Mais il y a toujours, bien sûr, ces vieux caciques entourés de murs au fond de l'Anse-Vata ou barricadés dans leur résidence, ou encore enfermés dans leur ignorance comme certains broussards,  pour encourager ces nouveaux défenseurs d'une "Entente-Toutes-ethnies-Confondues" de trop vielle date; ceux-là n'ont rien transmis à leurs enfants que leur peur. Celle qui déjà à l'époque faisait de "l'anti-kanakisme primaire" !
...---...
M. Blaise semble s'effaroucher d'une contre-manifestation quand il ne fait que reproduire des pratiques de ses aînés qui ont conduit les caldoches de brousse à se faire étriper quand ces mêmes aînés étaient planqués dans leurs quartiers nouméens protégés par leurs milices !
Je me souviens ... Lui est trop jeune et "on" ne lui a rien appris, c'est le plus grave !
Il serait temps de d'arrêter de pratiquer ce "crypto-anti-kanakisme primaire" sous des prétextes qui ne trompent personne, car c'est bien cela qui ressort de toutes ces contorsions verbales.
C'est nul, c'est dangereux, c'est idiot ! Et c'est facile ... Plus facile que de reconnaître que les Kanak forment un Peuple, celui qui occupait cette Terre il n' y a pas si longtemps.
Et reconnaître cette évidence (?), c'est suivre les pas de Pierre Frogier dans la démarche qu'il a initiée; pour préserver un avenir commun.
...---...
Sachez:
Aussi paradoxal que cela pourrait paraître, que je fais partie de ces calédoniens de souche, les colons, qui seront toujours à côté du Peuple Kanak !
Comme nos anciens l'ont été, en brousse, même s'ils méconnaissaient ce peuple parce que les mentalités DE L'EPOQUE ne leur permettaient pas de l'appréhender dans toute son humanité et sa globalité.
Mais;
Que dire de ces nouveaux calédoniens ou pseudos, ceux du 21ième siècle qui n'ont rien compris et nous ramènent en arrière, surfant sur des mentalités d'un autre siècle, malgré leurs "bacs-plus-plus" ... !
Ce serait comme si en France, on niait le gaullisme contre le pétainisme, la résistance contre la collaboration ... Quarante ans après !
Qu'ont-ils appris de l'histoire de leur (?) pays ?
...---...
Ces démarches (d'un pseudo "collectif-fondation-républicaine-calédonie-ensemble-wallisiens-anti-squats, etc.") sont contre-productives, à l'inverse de celle (courageuse et porteuse d'un vrai rapprochement) du Rassemblement-UMP et de l'Etat Français, vis-à-vis du drapeau de Kanaky.
C'est simple:
Soit ils sont manipulés ... Soit ils nous (vous) manipulent !
Ce signe identitaire, le drapeau "commun", il n'y avait pas urgence à en faire un "casus belli" (sauf à avoir quelqu'intention cachée et inavouable ... Mais bien visible !).
En Calédonie, certains, sages, savent que chaque chose doit arriver en son temps, et quand le temps est venu ...

A bon entendeur: un éveilleur néo-calédonien (très mal entendu (!) et un peu lassé par toutes ces histoires).

Post-scriptum:
Je souhaite renvoyer mon lecteur à un précédent billet sur le même thème ... Qui lui-même renvoyait à un écrit que j'avais commis encore plus avant concernant une période encore plus ancienne: décidément rien ne change dans beaucoup trop de nos têtes calédoniennes !  
http://chroniquekanakynouvellecaledonie.blogspot.com/2009/08/je-nai-pas-marche-je-ne-marche-plus-je.html

mardi 8 mars 2011

Donner la parole au Peuple: à quel peuple ? Assez de rodomontades !

Peuple: ensemble d'êtres humains vivant en société, habitant un territoire défini et ayant en commun un certain nombre de coutumes, d'institutions (Le Petit Robert).

Calédonie Ensemble justifie toutes ses rodomontades par sa volonté claironnée de "redonner la parole au peuple" !
Mais, a quel peuple ?
Le Peuple Kanak ?
Le peuple des citoyens calédoniens inscrits sur les listes électorales spéciales ? Si c'en est un (de peuple) ?
Le Peuple Calédonien ? Que tout le monde appelle de ses voeux ... Peuple virtuel s'il en est !
Le peuple de Nouméa ou encore peut-être celui de l'Anse-Vata ?!
Nous sommes loin, très loin de former UN Peuple en Nouvelle-Calédonie: nous vivons peut-être sur un territoire défini mais de manière très inégale en densité et en composition,  dans une société loin d'être homogène, avec un nombre de coutumes en commun réduit, et des institutions toujours transitoires ...
Alors,
Il faut arrêter de jouer avec des mots aussi importants dans un pays où, en réalité, tant de choses nous divisent encore, pour en faire des slogans d'un populisme de bas niveau.
Tout le monde sait, et en premier lieu nos élus, que la société calédonienne est un patchwork social, culturel, politique, loin d'être harmonieux.

"Pourquoi tant de hargne" ?
Le clan des philippiens de Calédonie Ensemble s'est érigé en donneur de leçons, en détenteur et défendeur de La Vérité politique calédonienne ... Que ça en devient insupportable.
La légitimité en Calédonie n'est pas issue d'un Peuple qui n'existe pas. Peuple imaginaire voire factice appelé à la rescousse pour justifier des prises de positions politiques à des fins très personnelles de Pouvoir.
La légitimité politique en Calédonie n'est pas monolithique; elle est équilibre, fondée sur des droits, parfois contradictoires, de communautés historiques; sur une volonté d'atteindre un équilibre de justice et d'équité entre ces communautés. Tout engagement politique en Notre Pays ne peut en faire abstraction; même au nom d'un idéal supérieur, qu'il soit républicain, laïque ou encore religieux !
La paix en Calédonie a été construite sur ce constat et une volonté (vision géniale et ingénieuse) d'un nécessaire équilibre, curieusement fondé sur des justes déséquilibres : Le découpage administratif et politique de la Calédonie en Provinces, la clé de répartition, les corps électoraux spéciaux ...
Cette construction (terme éminemment positif et porteur d'espoir), on l'accepte ou on la rejette, encore faut-il être légitime pour la rejeter ! Mais dans ce dernier cas il faut l'annoncer clairement, choisir son camp: celui de la Calédonie Pas Tous Ensemble !

Les membres de Calédonie Ensemble doivent raisonner leurs chefs ... Avant qu'ils ne deviennent fous.
Il n'y a pas eu de putsch avec la démission d'une liste du Gouvernement; après des mois de travail en commun, cette démission n'a finalement été que l'expression d'une divergence de fond, qu'elle porte sur les drapeaux ou sur des méthodes de travail ou encore sur des choix de politiques ou de réformes.
Car il faut l'admettre, le paradoxe c'est que la collégialité au gouvernement n'efface pas les différences de  programme et de vision politiques de ceux qui le composent. Le discours de politique générale n'est jamais qu'une belle mayonnaise dans laquelle chaque composante politique au gouvernement doit se retrouver ... Plus ou moins.

En l'occurrence, il y aurait abus de pouvoir si un parti faisait systématiquement démissionner sa liste avant même que le nouveau gouvernement ne travaille et mette en place quelque politique.
Si Philippe Gomès, après des élections victorieuses devenait à nouveau président et qu'une "petite" liste lui jouait le même tour en démissionnant systématiquement comme il a annoncé qu'il ferait, que dirait-il ? Je suppose qu'il parlerait encore d'un putsch !
Philippe Gomès, qui a le verbe haut et facile, devrait balayer devant sa porte, lui qui a trahi Didier Leroux en se présentant aux législatives contre ce dernier alors qu'ils appartenaient au même parti, parti qui avait programmé de présenter M. Leroux.
Philippe Gomès pensait alors être le meilleur; comme il n'accepte pas d'être aujourd'hui débarqué du gouvernement parce qu'il pense encore être le meilleur !

L'intelligence ne se résume pas à une "bonne" communication ... Et un micro !

A bon entendeur: un éveilleur néo-calédonien.

Post-scriptum du 9 mars 2011:
La concomitance de ce billet avec le colloque organisé entre autres par le Professeur Faberon n'est que pure coïncidence ... La référence au "Peuple" dont nous assommait Calédonie (pas tous) Ensemble avait vraiment fini par user ma patience; d'où ce billet, pensé il y a quelques jours déjà.
En écoutant ce soir encore la conférence de presse de Calédonie (pas tous) Ensemble, je réalisais que nous n'habitions certainement pas le même pays, que nous n'avions pas vécu la même histoire ... Dont acte.

jeudi 9 décembre 2010

Hommage et reconnaissance à Jacques LAFLEUR; mais ...

Jacques LAFLEUR est décédé. Paix à son âme; je l'exprime du fond du coeur.
L'ingratitude est interdite.
Avoir négocié et signé les Accords de Matignon-Oudinot avec Jean-Marie TJIBAOU et avoir proposé cette solution consensuelle dans les années 1990 transformée en Accord de Nouméa négocié et signé avec les successeurs de Jean-Marie TJIBAOU font de cet homme un Grand Homme de l'histoire de la Nouvelle-Calédonie.
Après avoir mené une lutte sévère contre le FLNKS, jacques LAFLEUR a su aller au compromis pour ramener LA PAIX.

Mais les souvenirs et les rappels douloureux de ma mémoire qu'occasionne son décès ne peuvent pour autant être effacés. Ce serait d'une certaine façon lui faire offense. Tout a été dit dans les médias et par tout le monde ! Ce que je veux exprimer ici  et qui revient à la surface de cette mémoire blessée qu'est la mienne, c'est ce qu'il a pu représenter pour le petit calédonien que je suis, qui a, bien avant lui, et malgré sa jeunesse milité (comme quelques uns avant moi) pour une union entre le Peuple kanak et les autres communautés calédoniennes.
Moi, ma force, c'est que je ne suis rien et ne représente rien ! A part ce que je suis, un authentique descendant de colons bourbonnais et coolies qui se sont construits en Brousse !
Jacques Lafleur m'a fait souffrir; Lui n'en savait rien !
Fallait-il passer par toutes ces souffrances pour en arriver là: la reconnaissance du Peuple Kanak et de ses droits, pour garantir la paix ?
Jacques Lafleur a eu une influence incontestable sur l'histoire de Notre Pays, mais LA question qui me restera définitivement à l'esprit est celle-ci: une autre alternative existait-elle ?
J'oserai le OUI !
Pour signifier que le hasard existe et que "d'autres hasards" existaient pour la Nouvelle-Calédonie; je récuse tout déterminisme qui nous aurait conduits inévitablement à l'Accord de Matignon ainsi qu'à l'Accord de Nouméa !
Jean-Marie TJIBAOU qui a signé les Accords de Matignon-Oudinot, aurait-il accepté de les reconduire sous la forme de l'Accord de Nouméa ? Personne ne peut répondre à cette question par l'affirmative !
On ne refait pas l'histoire, paraît-il; mais la tentation reste grande d'y céder chez nos politiciens ou journalistes actuels, pour affirmer que c'était la seule solution ... Comme Jacques Lafleur y a cédé ! Moi, je crois, que TJIBAOU n'aurait peut-être pas accepté de surseoir une seconde fois au choix d'une solution politico-institutionnelle définitive pour la Nouvelle-Calédonie pour l'après 1998.

M. Lafleur est parvenu sur le tard aux valeurs de coeur et de respect voire de l'humilité qui ont remplacé avec bonheur le pragmatisme incontestable de l'homme d'affaires autoritaire.

Le petit calédonien de la Côte Est n'a pas oublié !
Ouaco c'est une chose, mais il y a tout un monde de la Brousse calédonienne qu'Il ignorait (et cette remarque vaut pour la plupart de ses successeurs actuels): mobiliser 30 000 personnes à Nouméa pendant "Les Evénements" n'a pas sauvé les Broussards de la Côte Est ... Et leurs terres. L'embuscade de Hienghène de décembre 1984 en a été la manifestation la plus cruelle et désespérante de cet état de fait, qui a vu l'assassinat de Louis Tjibaou, frère de Jean-Marie (dit "Loulou", que je connaissais et appréciais, un homme de coeur, simple) et de nombre de ses compagnons, tués par des caldoches, ceux qui vivaient à leurs côtés !
En cette période;
NOUS, LES CALDOCHES DE LA COTE EST, ETIONS EN PREMIERE LIGNE !
Occupation de terres, maisons brûlées, pressions psychologiques, peurs ...
Qui était à nos côtés ?
Certains, sont venus du Sud, parader ...
Certains d'entre nous, aussi, ont tout perdu ... D'autres, opportunistes, ont négocié ... Partis contre de l'argent !
D'autres enfin ont dialogué, avant M. Lafleur, avec Leurs Voisins, les Kanak !

J'aime tant Mon Pays et ses gens aussi, Kanak ou Caldoches, depuis si longtemps ... Cette Terre, surtout, dont je suis fait.
Que de souffrances, inavouées et tues ...
M. jacques Lafleur en est aussi un peu redevable.

Je ne l'oublierai JAMAIS !

jeudi 11 novembre 2010

Vivre l'Avant "Après 2014" comme l'Avant 1998 ???

Ca y est, c'est parti ! Tous les partis (qui ne sont pas partis) s'activent. Avec le départ de Dassonville (qui lui, est parti, donc) et l'arrivée de Dupuy, la Machine de "l'Après 2014" est lancée.
Les "Ennemis de Trente Ans", tous ces hommes et femmes politiques, élus ou non, qui se connaissent depuis si longtemps, qui se sont af-FRONT-és ou con-FRONT-és, (FRONTs comme: F-I, F-ULK, F-LNKS, F-N, F-Républicain, F-Calédonien), mais aussi qui se sont réconciliés, "partenairiarisés", unis, désunis ... Ces "Ennemis de trente Ans" vont maintenant plancher sur "Après 2014".
Expertises (encore et une fois de plus), études et voyages d'études je suppose, réunions (secrètes) et côôllooooques, vont aller bon (ou mauvais) train pour nous concocter LA solution !
Peut-être sera-t-elle, une fois de plus la bonne ! Car de mon point de vue, les Accords de Matigon-Oudinot de 1988 comme ceux de Nouméa de 1998, malgrè des défauts incontestables (plus dans leurs mises en oeuvre que dans leurs lettres), resteront des modèles de compromis historiques et justes (toujours dans leurs lettres).
"Dans leurs lettres", car celles-ci sont imprimées, lisibles, incontestables !
C'est l'esprit de ces accords souvent (trop !) sujet à débats, interprétations et contestations qui ne fait pas l'unanimité. Chacun des signataires, et finalement chacun d'entre nous, citoyens ou non calédoniens, interprète ce qu'il a signé ou voté (lors des référendums) selon ce qu'il veut bien admettre dans son for(t ?!) intérieur.
MAIS,
Au quotidien, dans la VRAIE VIE, celle des quartiers, des villages, des tribus, des collèges et lycées, dans les rues et sur la route, sur la plage de Magenta ou à Nouville, à Bourail ou à Houaïlou, sur les mines ou dans les usines, sur les chantiers, dans les entreprises ...
Comment allons-nous vivre cet Avant "Après 2014" ?
Parce que ces années qui passent sont des années de vie, de nos vies ! La peur de l'Autre, la crainte de l'Avenir, les domineront-elles, nos vies, en attendant cet "Après" , si incertain ?
...---...
Je n'ai pas trop envie de vivre un Avant "Après 2014" comme j'ai vécu l'Avant 1998 !
(Et avant Avant, un Avant Evénements ...!!!)
Je me souviens,
En 1996, 1997, 1998, les élèves du collège que je dirigeais sur la Cote Est, qui déstabilisaient leurs professeurs à coup de " Madame, en 1998, c'est l'indépendance, vous allez partir "!
Ou ces supporters des équipes adversaires de l'équipe de France de foot-ball, pour marquer ostensiblement leur choix politiques !
Ou ces autres qui se voyaient déjà reprendre des terres qu'abondonneraient inévitablement des colons (au sens calédonien, s'entend).
Certains aussi, caillassages qui pouvaient être mis sur le dos de cette perspective ... Comme d'autres exactions.
C'était essentiellement le fait de Kanak, tout le monde l'a compris ! Et ce n'est pas insultant que de l'affirmer ! Au contraire ! Mais, tout le monde le comprend-il ? Tout le monde comprend-il un Malaise Certain chez les Kanak, Nos Frères ... Combien même, certains d'entres eux ont ... Réussi ! Se sont enrichis, ou occupent des postes importants et bien payés, dans des administrations publiques, ou de grandes entreprises !
...---...
En sera-t-il différemment dans cette période d'Avant "Après 2014" qui s'ouvre ?
Ces actes de délinquance kanak ou d'incivilités, jamais bien loin d'une forme de rebellion politique fondamentale, parfois même revendiquée à la barre du Tribunal !
Le rejet du système scolaire par certains jeunes et dont les Kanak sont l'échec majeur ...
La squatterisation d'une population dont les aspirations et les idéaux ne sont pas pris en compte par les promoteurs privés ou institutionnels en termes d'habitats (chocs psychosociologiques assurés pour des habitants agglutinés dans des cages à lapin quand la nature même de leur vie est liée à l'espace).
Ces Kanak parfois même montrés du doigt comme des étrangers en Province Sud, un comble !
Et bien d'autres distorsions majeures de la Société Calédonienne dont les Kanak, jeunes ou moins jeunes souffrent.
...---...
Alors, pour finir, aborder cet Avant "Après 2014" sans prendre en compte La Contradiction Fondamentale qui subsiste (persiste ?) après vingt ans d'Accords Matignon et de Nouméa entre le Peuple Kanak et le Reste de la Population Calédonienne conduira inévitablement à la déception. Cette contradiction qui tiraille tous les compartiments de la société calédonienne.

Cette contradiction "Kanak/ Non Kanak" dont le dépassement reste l'essence même de l'Avenir du Destin Commun.
Quoiqu'en disent ceux qui se voilent la face.

Post-sciptum du 13/11/2010:
Et cette contradiction sociétale calédonienne en recouvre une autre bien connue, de contradiction sociétale, plus universelle aussi, à méditer pour l'avenir:
La violence est d'autant plus présente qu'une société est inégalitaire !
Post-scriptum du 16/11/2010:
Précision. Evoquer une "contradiction" ici signifie que la société calédonienne porte en son sein des éléments qui au mieux sont différents, au pire divergent voire s'opposent ! Tout projet de société calédonienne harmonieuse et apaisée (comme celui plus ou moins explicite que porte l'idée de "communauté de destin"), devra résoudre (la dépasser, donc) cette contradiction c'est-à-dire trouver les moyens de rapprocher ses termes: réduire les frustrations, apaiser les craintes et les peurs, diminuer les écarts sociaux et économiques, favoriser les rapprochements culturels, garantir une éducation scolaire efficiente pour tous ... Non seulement en termes de mots, mais surtout d'actions dont les effets seront mesurables au niveau des individus et des groupes humains auxquels elles s'appliqueront.

dimanche 18 juillet 2010

Merci, Monsieur le Premier Ministre Fillon ! Pour votre visite digne et honnête.

Je vous ai suivi, de loin, ne faisant pas parti de tous ces assoifés de reconnaissance qui vous ont collé aux basques.
J'ai apprécié votre posture, élevée et simple à la fois.
Vos interventions, sans langue de bois, auxquelles nos élus ne nous ont pas habitués.
Mais, il est vrai que vous êtes le Premier Ministre de la France !
Et que ceux qui se sont évertués à se montrer proches de vous lors de votre séjour, ne sont que de petits élus locaux d'un pays de 250 000 habitants (à peine le trois millième de la France) ! Certains semblables à cette grenouille qui voulait être plus grosse que le boeuf !
On avait parfois l'impression qu'ils étaient les élus d'un très pays trop grand pour eux... Celui de leur rêve de puissance. Heureusement qu'il y avait nos Vieux et nos Vieilles Kanak comme ceux qui vous ont accueilli à Tiendanite avec fierté et simplicité.
Grande a été votre prise de position, simple et sans ambiguïté aussi, pour l'élévation du drapeau de Kanaky au côté de celui de la France.
Votre intervention ce soir sur TNC a montré toute votre classe dans ce dossier;
Tellement éloignée des réticences, des marchandages, des magouilles, des frustrations, de mes compatriotes. Plus cons que patriotes en l'occurrence sur ce sujet du drapeau de Kanaky flottant au côté de celui de la France.
Ce drapeau que même les médias ne savent pas comment présenter (entendu: drapeau kanak, drapeau des kanak, drapeau du FLNKS, drapeau des indépendantistes, drapeau tâché de sang ...), à croire qu'ils sont étrangers à Notre Pays, ou qu'ils n'étaient pas là quand Jean-Marie Tjibaou l'a élevé au nom de Kanaky).
C'est bien le drapeau de Kanaky qui est élevé, ce pays rêvé par tout un peuple en quête d'une reconnaissance qu'encore quelques abrutis de mes patriotes cons, caldoches ou métros venus chercher et trouver fortune (indexée ou dans les affaires) lui refusent !
Les Kanak dérangent, M. le premier Ministre, et ils les "emmerdent" (je le sais depuis trop longtemps, à en être malade); mais vous, étranger à notre petit pays, vous les reconnaissez, c'est un comble !
Mais rassurez-vous, ces aigris ne pèsent pas lourd dans votre avenir politique, comme les afrikaneers n'ont rien empêché de l'évolution de l'Afrique du Sud, même s'ils ont pris le temps de lui faire du mal, continuez votre chemin, celui de la grandeur de la France que trop de Français de Calédonie méconnaissent !
Merci Monsieur Fillon !
Le petit Peuple Kanak est grand et intelligent, ses élus, certes, peinent à être à la hauteur de son destin, mais les autres, caldoches, métros, wallisiens et futuniens, tahitiens, réunionnais, antillais, indonésiens, vietnamiens, chinois, qu'attendent-ils pour lui reconnaître au moins son droit à voir son drapeau flotter à côté de celui de la France, quand eux-mêmes sont fiers du leur ... Chez eux !!!
Un drapeau pas plus entâché de sang que celui que la France a fait couler ici et ailleurs !!!
Messieurs les censeurs, marre de votre arrogance et de votre ignoble ignorance ...
Aujourd'hui, la France est grande, ses enfants calédoniens sont encore petits.
VIVE LA FRANCE, VIVE KANAKY, VIVE LA NOUVELLE-CALEDONIE, VIVE LA FRATERNITE DE NOS PAYS ET DE LEURS PEUPLES !


Post scriptum:
Et arrêtons cette agitation (masturbation ?) intellectuelle sur un drapeau commun qui relève plus de la quadrature du cercle que de la proposition réaliste (à ce jour s'entend ) ! Quand bien même il reste un idéal à atteindre.
Et puis, au moins, les joueurs de l'équipe de foot-ball de la Nouvelle-Calédonie (quasiment tous kanak) pourront agiter le drapeau de Kanaky en cas de victoire comme ils l'ont fait aux jeux précédents sans choquer (puisqu'il sera devenu l'un des nôtres - à coté du "Bleublancrouge" !) ... !!!


Post scriptum du 19 juillet:
Confirmation d'une incompréhension et d'une inculture politique mageures:
La toile fourmille de messages transférés par les uns ou les autres pour rejeter le drapeau du Peuple Kanak;
Au nom d'une soi-disant identité calédonienne commune ou d'une volonté des "jeunes" (sic) de voir un drapeau "neutre", ou encore au nom de l'Accord de Nouméa, car certains découvrent enfin cet Accord !  "12 ans après" le début de son application; que ne l'ont-ils lu plus tôt !
Douze années pendant lesquels rien n'a avancé sur la question du drapeau;
Peut-être que tous ces "jeunes" qui se réveillent aujourd'hui auraient pu se manifester, à l'Université, dans les lycées, pour, "toutes ethnies confondues" (re-sic), faire des propositions et solliciter nos politiques !
A tous je redis ma conviction:
La reconnaissance du drapeau du Peuple Kanak est une étape essentielle et incontournable, qui favorisera la construction d'un destin commun sur des bases authentiques. (Et non pas sur des incantations ...).

A bon entendeur ... Un éveilleur néo-calédonien.

mardi 12 janvier 2010

12 janvier 1985 - 12 janvier 2010: 25 ans. Eloi Machoro est-il mort pour rien ?

Radio Djiido: interview de Mme Boumédiène-Thiéry, la semaine dernière.
Sénatrice française, si j'ai bien saisi, venue inspecter la Calédonie, île de l'Oubli ! Avec M. le député européen Bové.
Mais qui oublie ? Qui éxécute sans sourciller ce déni de notre histoire ?
Madame,
Eloi Machoro, Jean-Marie Tjibaou, Yéwéné Yéwéné, Loulou Tjibaou et ses compagnons, Alphonse Dianou et ses compagnons, Pierre Declercq, les jeunes Léopold Dawano et Yves Tual; et beaucoup d'autres, seraient donc morts pour ... RIEN ! A vos yeux ?
Un peu de décence, Mesdames Messieurs les censeurs ! Venus d'ailleurs !
...
Que Gérard Jodar et ses compagnons soient en prison, je ne trouve que pas cela soit juste !
Qu'une délégation vienne de Frônce s'y intéresser, à grands frais, je trouve cela équivoque.
...
Je m'explique:
Sur Radio Djiido, donc, Mme Boumédiène-Thiéry, interviewée, se lâche, et crache sur les colons (dont je suis) pour les assimiler aux colons israéliens de Palestine, pour assimiler la situation des Kanak à celle des palestiniens de Gaza, évoquer l'Afrique du Sud et j'en passe et des pires lors de cette interview, au cours de laquelle, même le journaliste (kanak) semblait gêné, lui qui connaît son pays ......
...
Vous, Mme Boumédiène-Thiéry et vos copains, ainsi qu'une certaine caste de leaders kanak, au nom de je ne sais plus quelle justice incertaine, venez renier tous les acquis de la lutte des Kanak et de leurs amis Non Kanak morts.
Y en a marre de vos leçons !
...
Je hais ces nouveaux "missionnaires" adeptes du "armons-nous et partez" !
...
Qui dirige la Province Nord, celle des Îles, nombre de communes, la Sofinor et toutes ses sociétés rattachées dont les jetons de présence sont servis à quels administrateurs ? Qui décide de l'utilisation des milliards de budget des Provinces ? Combien y-a-t-il de "Blancs" parmi les élus de ces provinces Nord et Îles ?
Qui est ou a été Vice-Président du Gouvernement de Nouvelle-Calédonie ? faîtes un audit des postes tenus par des cadres Kanak dans nombre d'administration !
Répondez proprement et sincèrement si vous en êtes capables à ces questions, avant de balancer des insanités politiques.
...
Et, si des leaders kanak actuels partagent la vision négationiste de ces "missionnaires", MOI, ancien militant pour l'indépendance, revendication qui a permis tant de progrès, progrès qui ont abouti au statut de très très large autonomie dont les Kanak sont des acteurs incontournables;
Je militerais CONTRE le transfert des compétences régaliennes !
Qu'on se le dise !
...
J'ai été, et je suis toujours, porteur de cette vigilance qui permet de ne jamais se satisfaire d'un statut social et politique médiocre;
Mais, de là à ignorer, voire nier, les progrès de la société calédonienne, progrès issus de la lutte des kanak et des progressistes de Notre Pays comme de beaucoup d'anti-indépendantistes intelligents, il y a un pas qui m'engage à sortir le "gros douze" chargé des cartouches que vous lisez (celles-ci ne tuent pas) !
...
Il faut être aveugle ou pervers pour ignorer les progrès de la société calédonienne dont le rééqilibrage en faveur du peuple kanak n'est pas le moindre.
N'est-ce pas Messieurs les Sénateurs Kanak ?
N'est-ce pas Messieurs les dirigeants du CCT ?
N'est-ce pas Mesdames et Messieurs les Présidents et Maires Kanak !
N'est-ce pas Mesdames et Messieurs les conducteurs Kanak de gros 4X4 (et c'est un juste retour des choses après tout) !
Oui, je suis outrancier ! Comme ces "messieurs-dames les missionnaires" sont outranciers dans leurs discours !
...
Chers leaders Kanak, du FLNKS, du LKS, de l'UCR ou du Parti Travailliste, mettez un peu d'ordre dans vos idéologies et choisissez mieux vos "amis".
Ou vous trouverez vos anciens amis ... Contre vous, avec des états d'âmes c'est sûr, mais déterminés !
Cette interview de Mme (comment déjà ?) Boumédiène-Thiéry (sénatrice Frônçaise) sur Radio Djiido est un modèle du genre (à réécouter avec modération).
Et si vous en partagez les idées émises, ayez le courage de l'affirmer !
Que des gens comme moi sachent finalement vers qui peuvent-ils encore se tourner !
...
J'ai pleuré au milieu de nombre de familles, sur la tombe de Pierre Declercq, celle de Loulou Tjibaou et ses compagnons, celle d'Eloi Machoro, celle de Jean-Marie Tjibaou, celle d'Alphonse Dianou et ses compagnons, celles des jeunes Léopold Dawano et Yves Tual, et tant d'autres;
Je répète:
La Calédonie a considérablement progressé et toutes les communautés ont en profité; et le Peuple Kanak a conquis pouvoir, légitimité, dignité et respect !
Le nier est abject !
Le nier est indécent !
Pour la mémoire de ceux qui se sont battus pour y parvenir.
...
Il y a encore du chemin à faire et ce blog en témoigne qui en contient l'expression !
Mais;
Il n'y a que les ignorants de l'histoire de Notre Pays, les étranges étrangers, les manipulateurs, à faire semblant de n'en rien voir ni croire du chemin accompli.
...
Tant de progrès en quarante années qu'en faire l'impasse n'est que bêtise et médiocrité voire offense.
Même s'il en reste encore tant à faire ! ...