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lundi 28 septembre 2015

De qui descendons-nous et d'où venons-nous vraiment, en Nouvelle-Calédonie ?

Généalogies, lignées, filiations ... et cousinades en Nouvelle-Calédonie.
Une mise au point sur quelques usages abusifs (pervers ?) de la généalogie.
C'est purement mathématiques ... et biologique:
Chacun de nous descend de deux (2) personnes à la 1 ère génération qui nous précède; c'est-à-dire que chacun de nous a deux (2) parents à la génération 1 (2 exposant 1 ou 2 puissance 1 si vous préférez); de quatre (4) grands parents à la 2 ème génération (2 exposant 2), toujours en amont de chacun d'entre nous; de huit (8) personnes (arrière-grands parents) à la 3 ème génération ( 2 exposant 3) ... etc.
Vous l'avez compris, le nom que je porte, est à la 3 ème génération, celui d'une personne sur les huit (8) dont je descends !!!
Impressionnant, non ?
Mais nous continuons à honorer celui-ci, en ignorant les sept autres à cette génération-là ... et, ignorant les 15 autres à la génération précédente, et ainsi de suite ...
C'est le paradoxe de ces "cousinades" qui rassemblent tous ceux qui "descendent" d'un "bonhomme"; choisi (?) pour sa représentativité, surtout en Calédonie, où la légitimité authentiquement "calédonienne" est toujours recherchée, ou suspecte !
Alors nous nous rassemblons sous la bannière de l'aïeul bagnard, ou kanak, ou chinois, ou malabar, ou réunionnais, ou arabe, ou japonais, ou zoreille (hem! rarement affiché comme tel ...), etc.
Oubliant, négligeant, allègrement, tous ces aïeux indignes (?) de reconnaissance, hommes et femmes, ayant croisé ou non le chemin de cet illustre huitième ou seizième de sang !!!
...
Personnellement, je me nomme "Douyère"; mais je ne veux pas ignorer tous ces aïeux qui m'ont précédé et ont contribué à me donner la vie, des femmes et des hommes dont le nom et l'histoire singulière s'évanouissent dans cette nuit des temps et des générations.
Et qui m'ont transmis peu ou prou leur ADN, à défaut de leur nom !

dimanche 29 novembre 2009

245000 habitants en Calédonie ? Dont ACTE... 2 !!!

245000 habitants recensés ... Et moi ? EMOI !
A priori, le décompte de la population assuré par l'ISEE doit être juste et les correctifs faits selon les normes statistiques en vigueur. Par contre c'est peut-être le comptage qui a été défaillant, a-t-on compté tout le monde ? Mais, peut-être ne manque-t-il pas tant de monde à l'appel !
En revenant sur les élections provinciales et européennes de 2009 j'ai pu constater que nous étions:
135 932 électeurs inscrits aux élections provinciales de mai 2009 avec près de 19 000 électeurs inscrits sur le tableau annexe; et 154 151 électeurs aux élections européennes de juin 2009. Ces nombres sont cohérents entre eux (l'écart de 19 000 (*) étant attesté)... Le sont-ils avec ceux du recensement ?
A partir de là je me suis lancé dans une série de calculs basés sur des recoupements avec d'autres données
En arrondissant, j'ai fait le calcul suivant:
245 000 habitants - 154 000 électeurs (aux élections européennes, "tout le monde" vote !) = 91 000 ayant moins de 18 ans ou non inscrits sur les listes électorales et n'ayant pas été admis, de fait, à voter ! soit 37 % de la population ayant moins de 18 ans ou non inscrits mais recensés ! Peut-être ! Certaines statistiques démographiques nous proposent 29 % de moins de 14 ans (en 2004) !
Y-aurait-il 8 % (37%-29%) de la population ayant entre 14 et 18 ans ou plus mais non inscrits, soit un peu plus de 19 500 jeunes adolescents et de personnes habitants la Calédonie sans y être inscrits ! Peut-être !
En recoupant ces nombres avec les effectifs scolaires 2009 qui font apparaître que 36 502 élèves sont scolarisés en primaire, 19 259 en collège et 12 876 lycéens; au total 68 637 enfants scolarisés; l'ensemble reste cohérent, même en calculant "à la louche" comme je le fais ! [Vous me suivez ?]
En résumé:
154 000 électeurs + 73 500 enfants de moins de 14 ans + 19 500 ados et non inscrits = 247 000 habitants ...
Ou
154 000 électeurs + 68 637 élèves - les élèves ayant plus de 18 ans + les enfants non encore scolarisés + les habitants non inscrits sur les listes électorales = "jamais bien loin des" 245 000 !!! [ Vous me suivez toujours ?]
Ces quelques recoupements toujours "à la va vite" ne nous éloignent jamais tant des 245 000 habitants recensés !!!
A moins d'imaginer que TOUS les gens installés depuis peu, ou plus, en Nouvelle-Calédonie sont nombreux et ne sont pas TOUS inscrits sur les listes électorales, ce qui est également une hypothèse...
Dont acte... Deux !
Cette démonstration, qui n'en est pas une, pour signifier qu'en l'occurrence, je renonce à savoir qui a raison ! Bien qu'un doute s'immisce insidieusement dans mon esprit ...
Un mythe récent serait-il en train de s'effondrer ? Nous ne serions pas tant qu'on le pensait !
Dont acte ... trois ? Bientôt ?
Peut-être ...
Bon !
Je préfère laisser les chiens essayer de se mordre la queue, tournant sur eux-mêmes à en perdre la tête... Pour quant à moi persévérer dans une réflexion posée autant que fondée sur l'histoire de notre petit pays et de ses peuples et populations toujours en quête d'un avenir !

(*) Au fait, ces 19 000 électeurs inscrits sur le tableau annexe ne sont-ils pas le fait, avéré, de l'existence d'un flux migratoire vers la Nouvelle-Calédonie depuis 1998, que l'on peut qualifier d'immigration en se plaçant du point de vue du Pays Nouvelle-Calédonie, et que sembleraient contester certains commentaires sur le recensement ?

Post-scriptum (mots latins, littéralement: "écrit après") du 10 mars 2010:
Après les réactions épidermiques, des uns et des autres comme des miennes, après les recoupements approximatifs mais (à mon avis bien sûr) pertinents ci-dessus, il reste un doute qu'ont exprimé le Gouvernement de Nouvelle-Calédonie et l'Union Calédonienne. Et ce doute est recevable !
L'observation, au quotidien, de la vie en Nouvelle-Calédonie en général et à Nouméa en particulier, l'autorise. Il semble qu'il y a quelque chose qui cloche et qui n'est pas en conformité avec les "chiffres officiels". Il y a peut-être une part non négligeable de la population vivant en Nouvelle-Calédonie qui n'est pas prise en compte ou, qui ne fait rien pour être prise en compte. Non recensée (volontairement ou non), n'ayant plus ou pas encore (!) l'âge d'être scolarisée, ne souhaitant pas s'inscrire sur les listes électorales, arrivant de la France (métropolitaine), ou de la Réunion (ou d'autres DOM) ou encore de Wallis & Futuna ou de Polynésie, pour travailler en Nouvelle-Calédonie quelques temps (plus ou moins longs voire définitivement); le développement actuel de Notre Pays favorisant (nécessitant ?) cette immigration laborieuse.
Les chiffres de la CAFAT pourraient être intéressants à ce sujet, sauf pour les gens travaillant "au noir" bien sûr ... Mon matricule CAFAT se trouve dans la série 50 000, j'ai travaillé dès 18 ans et j'en ai 58, je travaille toujours, mais les matricules des nouveaux inscrits ont dépassé les 400 000 et ce nombre monte très vite ...

lundi 16 novembre 2009

245000 habitants en Nouvelle-Calédonie: "Dont acte" !

Oui; nous devons prendre acte d'une évaluation (peut-être ?) enfin digne de confiance.
Quelques commentaires pavoisent pour stigmatiser ceux qui soupçonnent une immigration massive ...
Pour ma part, je persiste et je signe:
Si j'ai dénoncé les risques que recouvre l'immigration (quelle qu'elle soit et d'où qu'elle vienne) sans contrôle en Nouvelle-Calédonie, ça n'a jamais été tant en terme quantitatif que qualitatif !
Je ré-explique:
Si l'Accord de Nouméa et ses inventeurs, prétendaient, enfin, rapprocher les communautés générées par la colonisation, envers et contre le Peuple Kanak, en stabilisant dans un corps électoral regroupant les populations concernées par l'avenir du Pays Nouvelle-Calédonie, à la date de 1998, il n'en supposait pas moins, ainsi, un approfondissement des relations entre les dites communautés pour, avec le temps donné à ce moment-là (vingt ans), favoriser la fondation d'un Destin Commun !
Or;
De mon point de vue, l'immigration, en elle-même, n'a pas besoin d'être massive (ou tout du moins il faudrait s'entendre sur le "moment quantitatif" où elle devient influente ou déterminante) pour déstabiliser un rapprochement inter-communautaire fragile et espéré à travers ce fameux accord.
C'est donc, vous l'avez (peut-être) compris, l'impact qualitatif de toute immigration qui importe, plus que son importance quantitative.
Des cadres, culturels, professionnels, décisionnels, réfléchissant, encadrant ou préparant l'avenir de Notre Pays, auront plus d'influence qu'un nombre plus important d'immigrants se fondant dans Les Populations Indigènes ...
Dont acte !
245000 habitants recensés, et alors ?
Où en est la communauté de destin ?
Vous la voyez, vous ? Où ça ?
... ---...
Dans les mélanges de races et les méfiances inter-communautaires ?
Dans les quartiers réservés, de riches ou de pauvres ?
Dans les injures inter-raciales ?
Dans les soulographies généralisées ?
Dans les caillassages sporadiques ?
Dans les boîtes de nuits à la clientèle triée ?
...---...
Bon, OK ! Nous ne sommes "que" 245000 habiatnts, mais c'est plus qu'il est nécessaire pour "se mettre dessus" !
Les chiffres, aussi neutres soient-ils, n'empêcheront jamais la bêtise humaine, l'arrogance, l'incompréhension ou l'affrontement ...
Dont acte !
Au fait, où en est la "citoyenneté de la Nouvelle-Calédonie" inscrite dans la Constitution Française ?Combien de "citoyens de la Nouvelle-Calédonie" sommes-nous, 245000 ?

jeudi 30 juillet 2009

Quelle destinée pour le "Destin Commun": 4ème réflexion.

J'avais rêvé d'une petite nation authentiquement du Pacifique, pacifique, multicolore, métissée, constituée autour du Peuple d'Origine, le Peuple Kanak ...
J'avais rêvé !
C'est pour militer en faveur de la réalisation de ce ce rêve que j'ai adhéré et milité dans l'Union Calédonienne dès 1977.
Mon rêve sera-t-il brisé contre les récifs de l'histoire calédonienne? L'est-il déjà ?
Et un de ces récifs est constitué par une immigration récente importante.

En quoi l'arrivée massive d'immigrants (j'évoque ici toutes les immigrations de toutes origines) en Nouvelle-Calédonie peut-elle avoir une influence sur la construction d'une communauté de destin ?
20 000 personnes arrivées en 10 années ! Et si on y ajoute celles arrivées entre 1988 et 1998 ...
On a à la louche plus de 30 000 personnes arrivées dans les 20 dernières années sur le Territoire pour une population évaluée à 230 000 habitants à l'heure actuelle. En paraphrasant Max Chivot qui avait étudié "l'impact d'un investissement massif sur une économie de petite taille" en rapport avec l'économie du nickel en Nouvelle-Calédonie je poserais la question sous un angle similaire: Quel peut être l'impact d'une immigration massive sur une population de petite taille ?
Ces mouvements migratoires ramenés à la population française se monteraient à presque 10 millions de personnes en quelques années ! Ce serait énorme, mais l'impact resterait moins important relativement aux 66 millions d'habitants de la France.
Des arrivées de population en Nouvelle-Calédonie, il y en a toujours eues; c'est de leur importance en effectif dont il s'agit ici, dans des périodes de temps relativement courtes et en rapport avec une population locale peu nombreuse. C'est cet impact-là qui me fait réfléchir; impact mis en relation avec les ambitions affichées de la classe politique locale et du gouvernement central de permettre la construction d'un"Destin Commun" à toutes les communautés du Pays ... Ce n'est que dans ce sens que cette immigration peut poser un problème, pas pour ce qu'elle peut constituer comme espoir d'une vie meilleure pour ces hommes et ces femmes qui arrivent en Nouvelle-Calédonie.
La responsabilité de l'Etat Français dans la situation actuelle est grande, très grande.
Il semblerait que celui-ci ait toujours considéré la Nouvelle-Calédonie comme une colonie de peuplement, même si ces mots sont maintenant bannis de son vocabulaire ou de celui de ses représentants ou du vocabulaire politique local !
En Nouvelle-Calédonie, la France a depuis 40 ans tenu un double langage et pratiqué la double action: Reconnaître la large autonomie politique du Territoire néo-calédonien, voire même la développer tout en favorisant l'arrivée de populations métropolitaine, wallisienne et futunienne, tahitienne ou encore asiatique.
Rappel:
Dans les années soixante et soixante dix, le "Boum" du nickel a vu débarquer nombre de ces populations venues chercher fortune. Dans ces années-là déjà et jusqu'à la fin du Service Militaire Obligatoire, les jeunes militaires français, d'active ou Volontaires à l'Aide Technique, ont débarqué en masse à Nouvelle-Calédonie accomplir leurs obligations militaires ... Et y rester leur service accompli ! Avec la bénédiction du Gouvernement français je suppose. L'Education Nationale a été l'autre grande pourvouyeuse de peuplement récent: Avec la scolarisation de plus en plus d'enfants en particulier kanak dans l'enseignement public et le développement des collèges à Nouméa mais surtout, et c'était nouveau, dans l'intérieur et les îles, les enseignants métropolitains sont arrivés "en masse", pour des périodes contractuelles de quatre ans renouvelables avant de se transformer en enseignants résidents pour y terminer leur carrière indexée. Après des années 90 plus calmes (les Evénements étaient passés par là), l'Accord de Nouméa établi pour 20 ans a de nouveau dopé le courant migratoire vers la Nouvelle-Calédonie; alors même que l'Etat Français et ses partenaires RPCR et FLNKS concevaient une citoyenneté calédonienne rassurant les indépendantistes, mais peut-être aussi les endormant; tout à la gestion des deux provinces qu'ils dirigent quasiment sans partage. Comme celle du sud l'est par les loyalistes.

Double langage-double action ! Toujours.

Ce petit rappel de notre histoire récente pour expliquer que Notre Pays continue à vivre une course de lenteur effrénée où les indépendantistes obtiennent de réelles avancées de l'Etat Français pendant que celui-ci encourage (ou les laisse se développer) des dispositifs piégeux pour un avenir harmonieux de la Nouvelle-Calédonie. Dispositifs (le dernier en date étant la pseudo "continuité territoriale" (laissant croire que la France et la Calédonie sont un seul et même territoire !!!) qui permet de faire prendre en charge par l'Etat une partie du coût d'un billet d'avion entre la France et la Nouvelle-Calédonie), dispositifs donc sur lesquels surfent sans vergogne les tenants de "La Droite dite Locale"; qui s'est appropriée sans sourciller toutes les avancées autonomistes conquises par les indépendantistes tout en fustigeant les mêmes tenants de l'indépendance.
Et l'Accord de Nouméa est devenu un énorme piège !
Comme cela a été le cas au terme des Accords de Matignon-Oudinot où les populations arrivées en Nouvelle-Calédonie entre 1988, début de l'Accord, et 1998, ont été intégrées dans le corps électoral spécial; il faudra bien tenir compte de tous ces nouveaux arrivés entre 1999 et 2019 (déjà quasi 20 000 personnes) et leurs descendants, de quelle manière ? ...
Ce ne sont pas ces gens-là "le piège" (à moins qu'ils décident d'alimenter des milices comme on en a connues dans les années 80), c'est la situation considérablement compliquée dans laquelle nous allons nous trouver de nouveau (et une fois de plus pour moi qui en ait connue que trop) ...
L'impact de cette récente immigration massive s'exprime en termes d'impossibilités d'intégration de la culture des nouveaux arrivants (voire d'incompatiblités) à une culture commune à peine esquissée entre les plus anciennes communautés !
Et contrairement à ce qui pourrait faire fausse interprétation, j'évoque ici les cultures migrantes autant métropolitaine que wallisienne et futunienne ou autre "domtomienne".

Et trop de ces gens sont chargés d'organiser Notre Vie dont ils ne connaissent RIEN, prenant toute référence dans ce qu'ils savent et sont, étranges étrangers; quand les anciens colons et leurs descendants se sont acculturés, vivant les cases en terre battue, les conflits avec leurs voisins kanak, la proximité houleuse ou bonenfant; quand les kanak ont pris le temps de cerner ces derniers, pour mieux les appréhender ...

La boucle est bouclée et mon rêve s'étiole ... L'impact de cette grosse et longue vague est déjà dévastatrice.
Sur quels fondements culturels va s'établir cette soi-disant communauté de destin, quand chaque communauté voudra assurer sa prééminence, sa survie, son droit "inaliénable", sa culture ...
La France, dans son immense mansuétude, en a décidé autrement; la Nouvelle a été terre de bagne, de colonisation, d'enfermement, d'enrichissement individuel, de rayonnement (à la Kouchner ?), de luttes âpres; elle le restera, dans l'intérêt supérieur de l'Etat (français).

J'avais cru en l'Accord de Matignon, envisagé le rêve de Jean-Marie Tjibaou; j'avais accepté l'Accord de Nouméa, en espérant ...
Que ferons-nous de ces dix années qui restent ? De quoi seront (in)capables ces jeunes (déjà vieux) dans leur tête et leur posture) apparatchiks aperçus dans le forum "2025" sur TNC, jeudi 23 août dernier, nuls, mais champions de la langue de bois, qui devront inventer notre futur ?
.../...
Cette réflexion sur le Destin Commun sera peut-être la dernière ! Continuer à l'alimenter c'est faire croire qu'il est encore possible.
LEURRE !
C'est foutu ! La Calédonie restera un pays d'échecs et de chocs, de méfiances et de défiances.

P.S. La lutte est loin d'être finie !

mardi 31 mars 2009

J'ai lu: Les Infos; on a tous été "zoreille" à un moment ou un autre !

Trois articles à polémiques dans l'hebdomadaire "Les Infos" m'ont sidéré:
Action: "Portrait du zoreille de Nouvelle-Calédonie" par Olivier Houdan;
Réaction: "la chasse aux zoreilles est ouverte" par Georges Favero;
Sur-réaction: "Respectez-nous" par le premier.
Action-Réaction-Surréaction; surréalistes !
Trois articles qui n'apportent rien aux débats sur les problématiques d'immigration, d'emploi local, ou de citoyenneté; et qui ne démontrent rien sinon les limites de toute polémique quand elle devient diatribe.
[Ma réaction au 1er article] On a tous été "zoreille" à un moment ou un autre, nous, les blancs ou métis, tous ceux qui ont un de leurs parents ou de leurs aïeux débarqué de France il y a plus ou moins longtemps ...
Alors, "bouc-émissariser" le "zoreille" est inepte.
[Ma réaction au 2ème article] Mais continuer à nier (ou à vouloir le remettre en cause) le statut spécifique de la Nouvelle-Calédonie, inscrit dans la Constitution de cette même France, statut né de son histoire violente, pour en dénoncer l'exclusion des métropolitains, arrivés après 1998, des élections liées à ce statut (ils ne sont pas exclus des élections liées à leur nationalité) n'en est pas moins choquant. Et peut contribuer à focaliser contre eux incompréhension et colère.
Comment des gens peuvent-ils se sentir exclus d'un lieu (et par un statut) à un moment où ils n'y étaient pas, et n'envisageaient peut-être même pas d'y être en 1998 ? Absurde.
[Ma réaction au 3ème article] Enfin, en appeler au "Respect" de la part de quiconque, exige en tout premier lieu qu'on l'exerce vis-à-vis de ce quiconque. Quel qu'il soit, quelle que soit la difficulté qu'il y a à dépasser ses préjugés !

Autant, dans cette chronique, j'ai dénoncé, souvent, cette attitude, quelle vienne des métropolitains, des wallisiens et futuniens, des tahitiens, des antillais ou réunionnais, qui arrivent en Nouvelle-Calédonie, au mieux en ignorant, au pire en niant son statut de Pays d'Outre-Mer en voie d'émancipation devant accéder (ou pas) à la pleine souveraineté. Statut salué dans le monde entier (n'ayant pas peur des mots) pour avoir réussi à prendre en compte la revendication du peuple kanak colonisé et les populations arrivées dans le cadre de cette colonisation.
Autant je dénonce tout propos pouvant être insultant pour telle personne ou telle communauté de personnes.
Des insultes de tout acabit dont les populations de Calédonie font déjà trop souvent usage ... En guise d'argument fatal !

vendredi 27 février 2009

J'ai lu: Palabre, édition spéciale "Destin Commun".

La revue semestrielle des aires coutumières N°15: "Palabre coutumier" a publié une édition spéciale portant sur le (fameux) Destin Commun.

J'ai été choqué et intellectuellement brutalisé par l'article du dossier "Vivre ensemble" intitulé: "Etre calédonien aujourd'hui. Les grandes étapes du peuplement".
Il me semble, à lire cet article, que l'auteure souhaite faire la démonstration historique que la Nouvelle-Calédonie "a de tout temps été une terre d'accueil intégrant les vagues successives d'immigrants [... et de proposer de] revenir sur ces milliers d'années de métissage pour comprendre la diversité calédonienne d'aujourd'hui".
Et là, c'est un tourbillon du temps à donner le tournis avec la présentation des migrations d'il ya plus de 4000 ans [ les austronésiens ... ], d'il y a environ (sic !) 3000 ans [groupes Lapita ... ], il y a 2000 ans [ émergence des traditions culturelles kanak ... ]- accrochez-vous, ça s'accélère- il y a 230 ans [ aventuriers ... ], il y a 150 ans [ immigration libre, bagne, terres spoliées ... ], il y a 50 ans [ arrivée des wallisiens et futuniens puis français de métropole à partir des années soixante... ], Et ... 2008 [ existence de douze communautés ...] !

Effet doppler assuré ... Sauf que l'on ne sait pas quel bruit fera cette histoire à venir !

Et l'article de conclure béatement: "La Nouvelle-calédonie reste une terre de métissage, métissage à célébrer et valoriser absolument dans le cadre du destin commun ..."
C'est absurde !
Qualitativement, les 150 dernières années n'ont rien à voir avec les précédentes, c'est de colonisation dont il s'agit ! Et ces 20 dernières années c'est d'afflux massif de populations dont il faut parler; avec pour les unes comme pour les dernières , des conséquences qui sont des bouleversements, pas de lentes évolutions et transformations comme pour les périodes plus anciennes !
On fait un amalgame des périodes, de leurs durées et de leurs effets pour justifier la situation actuelle de la Nouvelle-Calédonie et en faire admettre des propositions et des choix politiques qui restent ce qu'ils sont, quasi conjoncturels, fragiles et en rien le produit quasi automatique, naturel et inéluctable d'une histoire incertaine.

La citoyenneté calédonienne, le Destin Commun, méritent mieux: qu'on y travaille avec sérieux, conscience, respect et surtout honnêteté intellectuelle; cela nous demandera de gros efforts politiques, sociaux et sociologiques, psychologiques aussi, et culturels voire économiques ... Les mentalités sont-elles prêtes ?
Et ce n'est pas en se satisfaisant pas de ces raccourcis puérils qu'on les préparera !
Prendre des vessies pour des lanternes, ça marche encore ? Pour qui ?

vendredi 9 janvier 2009

Quelle destinée pour le "Destin Commun": 2ème réflexion.

Le temps, le temps nous a manqué, alors qu'on avait le temps. Ce temps qui avait été inscrit dans l'Accord de Nouméa, en 1998, prévu sur 20 années et dont on a "bouffé" la moitié. Non pas que je crois qu'il faille prolonger le dit accord. Non, simplement certains hommes politiques ont été roublards et d'autres laxistes ou les deux en même temps.
En 1998, je trouvais et beaucoup avec moi que ces 20 années, c'était long, trop long; d'autres peut-être pensaient qu'on avait le temps ! Tous les Responsables politiques qui ont élaboré et signé l'Accord de Nouméa sont Responsables, précisément, de la situation dans laquelle nous nous trouvons. Ils ont joué avec le feu et le "ils" inclut les dirigeants Kanak.
Quelle situation ?
Celle d'une société calédonienne en voie "d'hawaïsation" ? Une société calédonienne écartelée ? Une partition sociétale ? Au-delà de ces apparences trompeuses de société multiethnique.
Un peuple autochtone avec ses institutions spécifiques (sénat et sénateurs, droit spécifique coutumier, ...) au milieu d'une société fonctionnant de plus en plus sur un modèle métro tout juste tropicalisé.
Migration importante et facilitée voire favorisée (continuité territoriale (sic) avec le "territoire" métropolitain, par exemple), "eldorado" revendiqué, au point que la Province Sud et Nouméa voient leur population augmenter considérablement; à en demander la révision des clés de répartition alors que leurs élus sont les premiers responsables de cette situation ... Qu'ils ont "un peu" favorisée ! Y-a-t-il eu 20 000 personnes débarquées de la Province Nord ces dix dernières années ? Ou sont-elles débarquées à Tontouta ?

Quel Destin Commun peut-on construire ainsi ?
Les scribes de l'Accord de Nouméa avaient pourtant mis ces 20 années devant nous pour que la population calédonienne et ses différentes communautés "apprennent à vivre ensemble" !Mais pour cela, il ne fallait pas perdre de temps ! Et faire en sorte que ces populations qui ont à se (re)connaître soient définies et stabilisées. Certains ont pensé que c'était l'enjeu du "corps électoral gelé", ils se sont trompés et bien ! Volontairement ? Le corps électoral gelé et la liste électorale spéciale n'ont pas été fécondés de sens.Non, que l'on aime ou pas à le dire, il fallait restreindre les migrations pour permettre la consolidation des rapprochements, favoriser les acculturations, contraindre le système éducatif à être performant pour augmenter les compétences des dites populations circonscrites par l'Accord de 1998 ...Au lieu de quoi, les uns dans leurs provinces Nord et Iles ont fermé pudiquement les yeux pour se concentrer sur la gestion de leur institution ( avec quelque raison bien sûr) et l'autre province, la Sud, comme le gouvernement, ont surfé sur les flux migratoires.

Le métissage ? Tous métis en 2025 ? Solution géniale ou "génitale" au Destin Commun ? Une fumisterie, une méconnaissance profonde de Notre Pays... Et de ses populations, de leurs évolutions respectives ! Tous dans un même pays c'est sûr, dans un même lit pour que l'on s'aime, n'importe quoi ! Le métissage existait avant même que le premier blanc ne débarque en Calédonie, il s'est poursuivi avec leur arrivée, il n'a produit aucune "créolité", ni langue commune qui se serait perpétuée ... Ici, on est tous métis, chacun chez soi et dans sa culture !!!Paradoxalement, les affrontements, les conflits sur les terres, les luttes des Kanak pour prendre leur part du pouvoir, en fait, l'histoire, ont rapproché les différentes populations et c'est ce que prétendait prendre en compte l'Accord de Nouméa; mais, depuis 1998, c'est plutôt à une véritable fuite en avant qu'on assiste: les cultures propres se folklorisent, la culture kanak s'enferme dans les musées et les centres culturels quand les jeunes kanak la fuient; les wallisiens, futuniens, vanuatais et bientôt polynésiens transfèrent et installent leurs propres chefferies en Kanaky-Nouvelle-calédonie (avec l'aval des chefferies kanak ?), les calédoniens dits "de souche" deviennent des pionniers folkloriques justes bons à rodéer ou être héros de BD, quand ils devraient être maintenant et aujourd'hui les pionniers inventeurs d'un avenir qu'ils tiennent en partie entre leurs mains, les métropolitains débarquent pour s'approprier sans vergogne, aurait-ils tord de s'en priver, ce territoire si facile, ignorant son statut, pour s'éffaroucher d'être écartés de ses scrutins spécifiques!!!

Dans de telles conditions, comment peut-on seulement évoquer un Destin Commun ? Quand vingt à trente pour cent de la population de Nouvelle-Calédonie seront arrivés ces dix ou quinze dernières années ? Comme pour une nouvelle colonisation en marche accélérée celle que n'aurait pas réussi le Gouverneur Feillet au dix neuvième siècle? A l'assaut de ce fameux "eldorado" si justement évoqué qui favorise le creusement des écarts, "distord" la société calédonienne, la bouscule !
Tous ces déséquilibres sociaux, culturels, humains, économiques, ne pourront engendrer que de la tension, bien loin du tableau idyllique d'un hypothétique "Destin Commun"!

Il n'y a plus de charrue à boeufs en Calédonie, mais nous on arrive malgré tout à mettre la charrue avant les boeufs ! A moins que les boeufs ne soient pas ceux que l'on croit.

Il n'est peut-être pas trop tard pour bien faire, pour se poser et se rencontrer pour mettre en place les états généraux d'un Destin Commun qui n'exclut personne, et en premier lieu "les populations concernées" telles que définies dans l'Accord de Nouméa et pour qui le concept avait été inventé; créer les bases fondatrices du vivre ensemble pour le siècle à venir.