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lundi 14 mars 2016
Hypocrisie ! Quand tu tiens la Calédonie ...
Hypocrisie: attitude qui consiste à déguiser son véritable caractère, à manifester des opinions, des sentiments, et spécialement des vertus qu'on a pas ... (Le Petit Robert)
Alors, sous cette définition, trop de choses deviennent hypocrisie en Notre Pays !
Massivement.
Les politiciens, hypocrites ! Un pléonasme ?
Les médias, hypocrites; une normalité ou suis-je sévère ?
Les familles, hypocrites ! Une vieille réalité.
Les clans Kanak hypocrites; s’en rendent-ils seulement compte; quand ils ferment les yeux sur ce qui ne va pas dans leurs clans, à moins qu'ils n'y peuvent plus rien ...
Les délinquants hypocrites ? La meilleure façon de ne pas assumer de responsabilités, qu'elle soient claniques ou citoyennes.
Les patrons hypocrites: argent, grosses maisons et grosses bagnoles ou véritables entrepreneurs, avec un rien d'abnégation !
Les syndicats hypocrites: jaloux, planqués, revanchards, non ? Ou constructifs, avec un rien d'abnégation !
...
Les enseignants, hypocrites ? Ben, voyons ... ils orientent, ils désorientent, et ... partent en vacances, indexées ! Dévoués ou pas vraiment impliqués ?
Les experts, hypocrites ? Mais non, ils arrivent avec tant de solutions dans leurs bagages que même les douaniers, à Tontouta, n'y voient que du feu ... de Bengale !
...
Les réseaux soi-disant "sociaux" hypocrites ? Mais non, voyons, la vérité s'installe ... Celle de Chacun (merci, Pirandello); oui, chacun y peut et y va, de son piédestal égocentrique et péremptoire, caché derrière un "pseudonymat", décrire, commenter, "analyser", an(privatif)-alyser, surtout !
...
C'est l'image que j'ai, ce soir, de mon pays, de la vie ... en Calédonie; d'un "sauve qui peut" massivement hypocrite !!!...
A désespérer !
...
La démonstration du contraire reste à faire...
Les sénateurs coutumiers évoquant "un Plan Marshall" pour la jeunesse Kanak par exemple, s'y risquent ... en ce domaine.
.../...
Décryptage personnel de ce billet amer; au 19 mars 2016:
Pourquoi tant de haines pourraient me dire mes (quelques) lecteurs fidèles, mes amis voire ma famille ?
Ce n'est pas de la haine aurais-je envie de rétorquer !
C'est du désenchantement !
Oui, du désenchantement.
J'ai 64 ans, je vais mourir bientôt, je veux dire, il me reste moins de tant à vivre que ce que j'ai vécu ... c'est la réalité, toute nue.
Sur ces 64 ans, 50 ans à m'interroger sur Mon pays, à m'angoisser, à insupporter ces relations faussement amicales ou convenues entre les différentes ethnies du pays, à me préoccuper de l'avenir du Peuple kanak, à m’inquiéter de notre avenir, nous, les descendants de colons ou pionniers, c'est selon l'appréciation des intéressés; oui, 50 ans !!!
Ce carnet de route en témoigne, ma vie n'a jamais été heureuse; j'aime le Peuple Kanak, j'aime notre "culture" caldoche, j'aime mes frères métros venus essayer de s'en sortir ici, j'aime nos frères Wallis, javanais, viets,j'aime ...
Mais où en est-on aujourd'hui ? Que-est-ce que je lègue à mes quatre enfants ? Que lègue-t-on à nos enfants ? L'INCERTITUDE ? la MÉFIANCE ? la DÉFIANCE ? Le RACISME ? La MÉDIOCRITÉ ? Tout cela à la fois ...
Alors je maintiens: c'est l'hypocrisie des discours, des attitudes, des solutions, ... que je rejette, que je condamne.
Pour cela, je convoque TOUS les acteurs de la Calédonie d'aujourd'hui cinquante ans en arrière, pour qu'ils refassent avec moi tout ce chemin !
Une sorte de voyage dans le temps, initiatique: à la fois retour dans le passé puis retour vers le futur ... qu'ils réalisent à quel point Notre Pays a mal des vertus qu'ils sont incapables de manifester et de mettre en œuvre aujourd'hui ...
Voilà; cher lecteur, j'ai mal à Mon Pays ! Mon Pays où la haine grise s'installe, insidieusement, sous le soleil.
.../...
Hypocrisie, égoïsme, médiocrité, jalousie, haine, racisme ... arrêtons de se voiler la face, de se replier derrière nos palissades, derrière ces sourires de façade, derrière ces "il est bon où quoi" du lundi matin ...
La Calédonie va mal, et ce n'est pas à cause du nickel ! Mais à cause de notre nullité ! Que l'on transmet allègrement à notre jeunesse.
.../...
Mais, Bon Dieu, nos enfants de kanaky-Nouvelle-Calédonie, devront-ils refaire, revivre, ces épreuves, ces déchirures morales, existentielles; que j'ai trop vécues ?
Ils y sont déjà ! Et j'enrage !!!
.../...
Commentaire complémentaire au 21 mars 2016:
Ce que je veux signifier ici, et dont, une fois de plus, ce blog en est l'expression ultime, c'est:
Qu'a-t-on fait de ces trente années pour en arriver aussi bas ? Sans s'élever, finalement.
Savez-vous qu'en 1985, ce n’est pas un tabou pour les connaisseurs, j'étais favorable à l'idée d'indépendance-association proposée par Edgar Pisani. Seul compromis acceptable, à mes yeux, entre la revendication fondamentale d'indépendance des Kanak dont "Les Evénements" ont été l'expression majeure, et la revendication du rester "dans la France coûte que coûte" des "Non-Kanak", essentiellement liée à leur "peur du Kanak" !
Trente ans plus tard, où en est-on ? Après les deux compromis qu'ont été les Accords de Matignon-Oudinot de 1988 puis de Nouméa de 1998 ?
Où en est-on ?
Politiquement, les choses ont avancé, les Kanak ont gagné en reconnaissance et en pouvoirs dans les communes, et les Provinces. Économiquement aussi, les Kanak ont gagné en niveau de vie et en pouvoir.
MAIS, la société calédonienne, paradoxalement, se retrouve plus déchirée que ne l'était la coloniale ! Du moins avec beaucoup plus d’ambiguïté !
L'obsession ou la facilité de rechercher (?) une SOLUTION POLITIQUE consensuelle a oblitéré la nécessité de fonder une SOCIÉTÉ CONSENSUELLE !
Nos politiques, ou politiciens, ET NOUS-MÊMES, sommes laissés bercés par la facilité; la politique et les élections, les pouvoirs et les compromis, le repos du guerrier pour les uns, les dents aiguisées pour les autres ... durant trente années.
Pendant ce temps, notre société calédonienne se liquéfiait, se délabrait, pourrissait ... s'éloignant du consensus sociétal.
Nos experts, locaux, internationaux, sociologues, historiens, intellectuels, n'y ont vu que du feu ... ou bien ils ont été complices !?
Je ne donne ici de leçon à personne, je constate !
On a "persiflé" sur l'engagement de Jean-Raymond Postic et moi-même, en 2002, aux élections législatives, chacun dans une circonscription de Nouvelle-Calédonie, sous l'étiquette et le mot d'ordre: "Pour réussir l'Accord de Nouméa" ... Jean-Raymond et Eric, connaisseurs intimes, peut-être naïfs et déchirés de Leur Pays, enthousiastes curieusement pour ces "Accords", souhaitaient prévenir !
Eh bien !
Où en-est-on aujourd'hui ?
Qu'est-ce qu'ont réussi nos politiciens ?
Où comptent-t-ils nous emmener ?
.../...
Vers plus de troupes de police, de gendarmerie ?
Vers plus de délinquances ?
Vers plus de haines ?
Vers plus de méfiances ?
Vers plus d'individualismes ?
Vers plus d'échecs (scolaires) ? Plus de squatters ? Plus de va-nu-pieds ?
Vers plus ...
D'hypocrisies.
Et vers moins de fraternités véritables !
.../...
Alors, sous cette définition, trop de choses deviennent hypocrisie en Notre Pays !
Massivement.
Les politiciens, hypocrites ! Un pléonasme ?
Les médias, hypocrites; une normalité ou suis-je sévère ?
Les familles, hypocrites ! Une vieille réalité.
Les clans Kanak hypocrites; s’en rendent-ils seulement compte; quand ils ferment les yeux sur ce qui ne va pas dans leurs clans, à moins qu'ils n'y peuvent plus rien ...
Les délinquants hypocrites ? La meilleure façon de ne pas assumer de responsabilités, qu'elle soient claniques ou citoyennes.
Les patrons hypocrites: argent, grosses maisons et grosses bagnoles ou véritables entrepreneurs, avec un rien d'abnégation !
Les syndicats hypocrites: jaloux, planqués, revanchards, non ? Ou constructifs, avec un rien d'abnégation !
...
Les enseignants, hypocrites ? Ben, voyons ... ils orientent, ils désorientent, et ... partent en vacances, indexées ! Dévoués ou pas vraiment impliqués ?
Les experts, hypocrites ? Mais non, ils arrivent avec tant de solutions dans leurs bagages que même les douaniers, à Tontouta, n'y voient que du feu ... de Bengale !
...
Les réseaux soi-disant "sociaux" hypocrites ? Mais non, voyons, la vérité s'installe ... Celle de Chacun (merci, Pirandello); oui, chacun y peut et y va, de son piédestal égocentrique et péremptoire, caché derrière un "pseudonymat", décrire, commenter, "analyser", an(privatif)-alyser, surtout !
...
C'est l'image que j'ai, ce soir, de mon pays, de la vie ... en Calédonie; d'un "sauve qui peut" massivement hypocrite !!!...
A désespérer !
...
La démonstration du contraire reste à faire...
Les sénateurs coutumiers évoquant "un Plan Marshall" pour la jeunesse Kanak par exemple, s'y risquent ... en ce domaine.
.../...
Décryptage personnel de ce billet amer; au 19 mars 2016:
Pourquoi tant de haines pourraient me dire mes (quelques) lecteurs fidèles, mes amis voire ma famille ?
Ce n'est pas de la haine aurais-je envie de rétorquer !
C'est du désenchantement !
Oui, du désenchantement.
J'ai 64 ans, je vais mourir bientôt, je veux dire, il me reste moins de tant à vivre que ce que j'ai vécu ... c'est la réalité, toute nue.
Sur ces 64 ans, 50 ans à m'interroger sur Mon pays, à m'angoisser, à insupporter ces relations faussement amicales ou convenues entre les différentes ethnies du pays, à me préoccuper de l'avenir du Peuple kanak, à m’inquiéter de notre avenir, nous, les descendants de colons ou pionniers, c'est selon l'appréciation des intéressés; oui, 50 ans !!!
Ce carnet de route en témoigne, ma vie n'a jamais été heureuse; j'aime le Peuple Kanak, j'aime notre "culture" caldoche, j'aime mes frères métros venus essayer de s'en sortir ici, j'aime nos frères Wallis, javanais, viets,j'aime ...
Mais où en est-on aujourd'hui ? Que-est-ce que je lègue à mes quatre enfants ? Que lègue-t-on à nos enfants ? L'INCERTITUDE ? la MÉFIANCE ? la DÉFIANCE ? Le RACISME ? La MÉDIOCRITÉ ? Tout cela à la fois ...
Alors je maintiens: c'est l'hypocrisie des discours, des attitudes, des solutions, ... que je rejette, que je condamne.
Pour cela, je convoque TOUS les acteurs de la Calédonie d'aujourd'hui cinquante ans en arrière, pour qu'ils refassent avec moi tout ce chemin !
Une sorte de voyage dans le temps, initiatique: à la fois retour dans le passé puis retour vers le futur ... qu'ils réalisent à quel point Notre Pays a mal des vertus qu'ils sont incapables de manifester et de mettre en œuvre aujourd'hui ...
Voilà; cher lecteur, j'ai mal à Mon Pays ! Mon Pays où la haine grise s'installe, insidieusement, sous le soleil.
.../...
Hypocrisie, égoïsme, médiocrité, jalousie, haine, racisme ... arrêtons de se voiler la face, de se replier derrière nos palissades, derrière ces sourires de façade, derrière ces "il est bon où quoi" du lundi matin ...
La Calédonie va mal, et ce n'est pas à cause du nickel ! Mais à cause de notre nullité ! Que l'on transmet allègrement à notre jeunesse.
.../...
Mais, Bon Dieu, nos enfants de kanaky-Nouvelle-Calédonie, devront-ils refaire, revivre, ces épreuves, ces déchirures morales, existentielles; que j'ai trop vécues ?
Ils y sont déjà ! Et j'enrage !!!
.../...
Commentaire complémentaire au 21 mars 2016:
Ce que je veux signifier ici, et dont, une fois de plus, ce blog en est l'expression ultime, c'est:
Qu'a-t-on fait de ces trente années pour en arriver aussi bas ? Sans s'élever, finalement.
Savez-vous qu'en 1985, ce n’est pas un tabou pour les connaisseurs, j'étais favorable à l'idée d'indépendance-association proposée par Edgar Pisani. Seul compromis acceptable, à mes yeux, entre la revendication fondamentale d'indépendance des Kanak dont "Les Evénements" ont été l'expression majeure, et la revendication du rester "dans la France coûte que coûte" des "Non-Kanak", essentiellement liée à leur "peur du Kanak" !
Trente ans plus tard, où en est-on ? Après les deux compromis qu'ont été les Accords de Matignon-Oudinot de 1988 puis de Nouméa de 1998 ?
Où en est-on ?
Politiquement, les choses ont avancé, les Kanak ont gagné en reconnaissance et en pouvoirs dans les communes, et les Provinces. Économiquement aussi, les Kanak ont gagné en niveau de vie et en pouvoir.
MAIS, la société calédonienne, paradoxalement, se retrouve plus déchirée que ne l'était la coloniale ! Du moins avec beaucoup plus d’ambiguïté !
L'obsession ou la facilité de rechercher (?) une SOLUTION POLITIQUE consensuelle a oblitéré la nécessité de fonder une SOCIÉTÉ CONSENSUELLE !
Nos politiques, ou politiciens, ET NOUS-MÊMES, sommes laissés bercés par la facilité; la politique et les élections, les pouvoirs et les compromis, le repos du guerrier pour les uns, les dents aiguisées pour les autres ... durant trente années.
Pendant ce temps, notre société calédonienne se liquéfiait, se délabrait, pourrissait ... s'éloignant du consensus sociétal.
Nos experts, locaux, internationaux, sociologues, historiens, intellectuels, n'y ont vu que du feu ... ou bien ils ont été complices !?
Je ne donne ici de leçon à personne, je constate !
On a "persiflé" sur l'engagement de Jean-Raymond Postic et moi-même, en 2002, aux élections législatives, chacun dans une circonscription de Nouvelle-Calédonie, sous l'étiquette et le mot d'ordre: "Pour réussir l'Accord de Nouméa" ... Jean-Raymond et Eric, connaisseurs intimes, peut-être naïfs et déchirés de Leur Pays, enthousiastes curieusement pour ces "Accords", souhaitaient prévenir !
Eh bien !
Où en-est-on aujourd'hui ?
Qu'est-ce qu'ont réussi nos politiciens ?
Où comptent-t-ils nous emmener ?
.../...
Vers plus de troupes de police, de gendarmerie ?
Vers plus de délinquances ?
Vers plus de haines ?
Vers plus de méfiances ?
Vers plus d'individualismes ?
Vers plus d'échecs (scolaires) ? Plus de squatters ? Plus de va-nu-pieds ?
Vers plus ...
D'hypocrisies.
Et vers moins de fraternités véritables !
.../...
lundi 23 mars 2009
Délinquance ... Avant, il y avait moins de problèmes !?
Je souhaite ici éclairer un aspect de la problématique de la délinquance en Nouvelle-Calédonie: celui de la délinquance kanak.
Pas facile comme sujet, c'est un sujet sensible et éminemment politique, c'est un sujet sensible car il touche à la vie de beaucoup de nos compatriotes, kanak ou non; et puis je ne suis pas kanak, bien qu'ayant vécu près d'eux, travaillé avec eux, enseigné en leur milieu; et puis leur sort ne m'est pas indifférent, il ne peut d'ailleurs être indifférent à l'avenir de Notre Pays et de la communauté de destin que ce dernier est sensé abriter!
C'est un sujet sensible en cette période pré-électorale. Et c'est pour cette raison que je préfère le traiter hors de mes rubriques "provinciales 2009".
Même si "on" n'ose l'avouer que sur le bout des lèvres, l'essentiel de la délinquance en Nouvelle-Calédonie est d'origine kanak ! Non ? Quelle est la part des kanak dans la population carcérale du Camp Est ? 70%, 80% ? Et dans cette part, quelle est la part des jeunes de moins de 30 ans ? La réponse tout le monde peut la formuler ...
Mais;
Dans ce billet, c'est à l'une des causes de la délinquance chez les jeunes kanak, trop souvent évoquée par un peu tout le monde, que je souhaite apporter un éclairage (un peu éclairé): la carence éducative de parents !
L'éducation des enfants et des jeunes dans la société kanak, jusqu'à il y a une trentaine d'année (c'est-à-dire il y a une génération), s'inscrivait dans un environnement humain (parents, oncles maternels, les fratries, les Vieux et les Vieilles), social (les clans et les grandes lignées, la tribu, le Conseil des Anciens et le Chef, les tabous et les totems) et géographique (la disposition des cases, la toponymie, les montagnes, les vallées et les côtes, les sapins et les cocotiers, La Terre ...) séculaire, malgré la colonisation et ses bouleversements. Les Eglises, avec leurs missions et leurs institutions scolaires avaient intégré nombre d'éléments de la culture kanak dans leurs enseignements et elle-mêmes étaient intégrées au monde kanak, complétant cet ensemble de repères éducatifs.
Tout cela contribuait à une éducation enracinée et rassurante de l'enfant ou du jeune; même si le contexte historique de la colonisation était, lui, traumatisant.
Tous ces repères éducatifs complexes, ont explosé !
Qu'est-il advenu, en un peu plus d'une trentaine d'année, de ce contexte éducatif en milieu kanak ?
L'Ecole laïque et républicaine a très mal remplacé les écoles des Missions (en termes éducatifs); en se rapprochant de la ville, les nouveaux parents se sont éloignés (physiquement et socialement) de leurs tribus et de ces différents environnements évoqués plus haut. Les contraintes du travail salarié, les nouveaux modes de communications (télé, internet, entre autres !) ont supplanté les Temps de La Parole entre les générations ... Au mieux les liens se sont distendus, ou devenus artificiels, au pire ils se rompus !
Les parents se retrouvent dans des squats, des appartements exigus, des logements sociaux conçus "à l'occidentale"; très loins de ces repères qui les faisaient par essence être kanak, chacun à sa place, reconnu, dans sa case, autour de sa case et loin de sa case ...
L'éducation a mal supporté cette transition trop rapide.
Le temps a manqué pour inventer de nouveaux repères adaptés à ces nouvelles situations, il était insuffisant pour intégrer les nouveaux repères, étranges, étrangers ou rejetés.
Des associations de femmes, de parents d'élèves, des conseils des Anciens dans des tribus, des institutions, se préoccupent de ces questions, y travaillent déjà.
Pas facile !
Je suis parent, quatre fois, j'ai eu une éducation "à l'européenne", teintée d'acculturation océanienne au fil de plusieurs générations; mais une éducation que je peux transmettre malgré les difficultés de la vie (divorce, remariage, soucis financiers, personnels et professionnels), à l'intérieur de schémas éducatifs stables ...
Ce n'est pas le cas de tous ces parents kanak de ma génération ou plus jeunes, confrontés, eux, à ce défi de l'éducation; comment font-ils pour transmettre une "bonne éducation kanak" avec des schémas éducatifs qui ont été bouleversés ? Quels efforts d'adaptation, d'invention sont-ils obligés d'accomplir pour permettre à leurs enfants, à leurs jeunes de rester eux-mêmes (kanak et fiers de l'être) tout en s'adaptant à cette société moderne qui s'impose à tous, sans y perdre leur âme ?
Arrêtons donc de cristalliser les problèmes de délinquance sur une soi-disant démission de la part des parents kanak; balayons devant la porte de ce soi-disant progrès qui bouscule les traditions, les cultures autochtones, pour les ranger derrière une culture uniforme stérilisante ! Peut-être que, contrainte de surmonter toutes ces difficultés (dont celle de la délinquance de jeunes), la société kanak contribuera à la fondation de cette société commune plus douce et plus respectueuse des gens et leur environnement ... Paradoxalement. Nous éloignant de cette société calédonienne dure qui porte encore en elle quelques stigmates de la société coloniale et des rapports coloniaux dont on sort à peine.
Pas facile comme sujet, c'est un sujet sensible et éminemment politique, c'est un sujet sensible car il touche à la vie de beaucoup de nos compatriotes, kanak ou non; et puis je ne suis pas kanak, bien qu'ayant vécu près d'eux, travaillé avec eux, enseigné en leur milieu; et puis leur sort ne m'est pas indifférent, il ne peut d'ailleurs être indifférent à l'avenir de Notre Pays et de la communauté de destin que ce dernier est sensé abriter!
C'est un sujet sensible en cette période pré-électorale. Et c'est pour cette raison que je préfère le traiter hors de mes rubriques "provinciales 2009".
Même si "on" n'ose l'avouer que sur le bout des lèvres, l'essentiel de la délinquance en Nouvelle-Calédonie est d'origine kanak ! Non ? Quelle est la part des kanak dans la population carcérale du Camp Est ? 70%, 80% ? Et dans cette part, quelle est la part des jeunes de moins de 30 ans ? La réponse tout le monde peut la formuler ...
Mais;
Dans ce billet, c'est à l'une des causes de la délinquance chez les jeunes kanak, trop souvent évoquée par un peu tout le monde, que je souhaite apporter un éclairage (un peu éclairé): la carence éducative de parents !
L'éducation des enfants et des jeunes dans la société kanak, jusqu'à il y a une trentaine d'année (c'est-à-dire il y a une génération), s'inscrivait dans un environnement humain (parents, oncles maternels, les fratries, les Vieux et les Vieilles), social (les clans et les grandes lignées, la tribu, le Conseil des Anciens et le Chef, les tabous et les totems) et géographique (la disposition des cases, la toponymie, les montagnes, les vallées et les côtes, les sapins et les cocotiers, La Terre ...) séculaire, malgré la colonisation et ses bouleversements. Les Eglises, avec leurs missions et leurs institutions scolaires avaient intégré nombre d'éléments de la culture kanak dans leurs enseignements et elle-mêmes étaient intégrées au monde kanak, complétant cet ensemble de repères éducatifs.
Tout cela contribuait à une éducation enracinée et rassurante de l'enfant ou du jeune; même si le contexte historique de la colonisation était, lui, traumatisant.
Tous ces repères éducatifs complexes, ont explosé !
Qu'est-il advenu, en un peu plus d'une trentaine d'année, de ce contexte éducatif en milieu kanak ?
L'Ecole laïque et républicaine a très mal remplacé les écoles des Missions (en termes éducatifs); en se rapprochant de la ville, les nouveaux parents se sont éloignés (physiquement et socialement) de leurs tribus et de ces différents environnements évoqués plus haut. Les contraintes du travail salarié, les nouveaux modes de communications (télé, internet, entre autres !) ont supplanté les Temps de La Parole entre les générations ... Au mieux les liens se sont distendus, ou devenus artificiels, au pire ils se rompus !
Les parents se retrouvent dans des squats, des appartements exigus, des logements sociaux conçus "à l'occidentale"; très loins de ces repères qui les faisaient par essence être kanak, chacun à sa place, reconnu, dans sa case, autour de sa case et loin de sa case ...
L'éducation a mal supporté cette transition trop rapide.
Le temps a manqué pour inventer de nouveaux repères adaptés à ces nouvelles situations, il était insuffisant pour intégrer les nouveaux repères, étranges, étrangers ou rejetés.
Des associations de femmes, de parents d'élèves, des conseils des Anciens dans des tribus, des institutions, se préoccupent de ces questions, y travaillent déjà.
Pas facile !
Je suis parent, quatre fois, j'ai eu une éducation "à l'européenne", teintée d'acculturation océanienne au fil de plusieurs générations; mais une éducation que je peux transmettre malgré les difficultés de la vie (divorce, remariage, soucis financiers, personnels et professionnels), à l'intérieur de schémas éducatifs stables ...
Ce n'est pas le cas de tous ces parents kanak de ma génération ou plus jeunes, confrontés, eux, à ce défi de l'éducation; comment font-ils pour transmettre une "bonne éducation kanak" avec des schémas éducatifs qui ont été bouleversés ? Quels efforts d'adaptation, d'invention sont-ils obligés d'accomplir pour permettre à leurs enfants, à leurs jeunes de rester eux-mêmes (kanak et fiers de l'être) tout en s'adaptant à cette société moderne qui s'impose à tous, sans y perdre leur âme ?
Arrêtons donc de cristalliser les problèmes de délinquance sur une soi-disant démission de la part des parents kanak; balayons devant la porte de ce soi-disant progrès qui bouscule les traditions, les cultures autochtones, pour les ranger derrière une culture uniforme stérilisante ! Peut-être que, contrainte de surmonter toutes ces difficultés (dont celle de la délinquance de jeunes), la société kanak contribuera à la fondation de cette société commune plus douce et plus respectueuse des gens et leur environnement ... Paradoxalement. Nous éloignant de cette société calédonienne dure qui porte encore en elle quelques stigmates de la société coloniale et des rapports coloniaux dont on sort à peine.
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