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lundi 28 septembre 2015

De qui descendons-nous et d'où venons-nous vraiment, en Nouvelle-Calédonie ?

Généalogies, lignées, filiations ... et cousinades en Nouvelle-Calédonie.
Une mise au point sur quelques usages abusifs (pervers ?) de la généalogie.
C'est purement mathématiques ... et biologique:
Chacun de nous descend de deux (2) personnes à la 1 ère génération qui nous précède; c'est-à-dire que chacun de nous a deux (2) parents à la génération 1 (2 exposant 1 ou 2 puissance 1 si vous préférez); de quatre (4) grands parents à la 2 ème génération (2 exposant 2), toujours en amont de chacun d'entre nous; de huit (8) personnes (arrière-grands parents) à la 3 ème génération ( 2 exposant 3) ... etc.
Vous l'avez compris, le nom que je porte, est à la 3 ème génération, celui d'une personne sur les huit (8) dont je descends !!!
Impressionnant, non ?
Mais nous continuons à honorer celui-ci, en ignorant les sept autres à cette génération-là ... et, ignorant les 15 autres à la génération précédente, et ainsi de suite ...
C'est le paradoxe de ces "cousinades" qui rassemblent tous ceux qui "descendent" d'un "bonhomme"; choisi (?) pour sa représentativité, surtout en Calédonie, où la légitimité authentiquement "calédonienne" est toujours recherchée, ou suspecte !
Alors nous nous rassemblons sous la bannière de l'aïeul bagnard, ou kanak, ou chinois, ou malabar, ou réunionnais, ou arabe, ou japonais, ou zoreille (hem! rarement affiché comme tel ...), etc.
Oubliant, négligeant, allègrement, tous ces aïeux indignes (?) de reconnaissance, hommes et femmes, ayant croisé ou non le chemin de cet illustre huitième ou seizième de sang !!!
...
Personnellement, je me nomme "Douyère"; mais je ne veux pas ignorer tous ces aïeux qui m'ont précédé et ont contribué à me donner la vie, des femmes et des hommes dont le nom et l'histoire singulière s'évanouissent dans cette nuit des temps et des générations.
Et qui m'ont transmis peu ou prou leur ADN, à défaut de leur nom !

jeudi 24 avril 2014

Provinciales 2014: le bateau ivre ! Un avenir qui se cherche, un peuple oublié ...

La Nouvelle-Calédonie m'apparaît comme un bateau ivre, à l'orée de la "dernière mandature" ! ...
Avec cette question qui me taraude l'esprit: le Peuple Kanak existe-t-il (*) ?
Le Peuple Kanak existait-il, à l'arrivée des premiers "blancs" sur cette Terre que Cook appela New Caledonia ?
le Peuple Kanak existe-t-il, politiquement parlant, en 2014
Cette question peut vous paraître saugrenue, et pourtant, comme les forces tectoniques qui couvent sous un volcan, elle fonde l'avenir de Notre Pays.
...
En avril 2014, à écouter quelques leaders politiques et nombreux citoyens de Nouvelle-Calédonie, la réponse est sans aucun doute: "un peuple kanak" ? Je ne l'ai pas encore rencontré ! C'est qui ? Ceux qui sont plus ou moins bronzés ? Quelle ethnie déjà ? Une communauté comme les autres, non ?...
Il y a quelque chose de tragique, dans ce que l'on vit à l'occasion de ces "dernières" élections après tant d'années de paix; "ils" (les anti-indépendantistes) ont tous leur solution, à condition d'oublier que les Kanak existent !
Et d'abord, péremptoirement et comme un éternel recommencement ..., de dire que les indépendantistes sont minoritaires !
"Ben ça" !
 ...
Oui, mais d'omettre de dire que ces indépendantistes sont essentiellement des Kanak !
En clair, opposer indépendantistes et loyalistes, c'est opposer les Kanak et des colons; ceux arrivés dans les temps historiques et ceux qui continuent d'affluer par la faiblesse bien ordonnée de l' Etat Français ! Et de ces alliés politiques plus ou moins "loyalistes" en Calédonie ...
C'est vrai, quelques Kanak mettent un peu de "couleur" sur les listes "dites loyalistes", et ce n'est pas leur faire offense que de le constater; mais est-ce significatif ?
Pour ceux qui refusent encore de voir la réalité en face, il leur suffit de constater que dans les Provinces ou les communes où les Kanak sont majoritaires, les partis indépendantistes sont très largement majoritaires !
Alors;
Référendum "éclairé" ...
Purger l'indépendance ...
Solution consensuelle ...
Nouvel accord pour une durée à déterminer (indéterminée ?) ...
N'importe quelle solution dans le cadre de la République Française ...
Majorité contre minorité ...
Tout est-il possible, du moment que l'on ne prononce pas le nom du Peuple Kanak et qu'on en fasse l'impasse pour le "confondre" au milieu de "toutes les ethnies (confondues)" ? ...
Pourquoi n'envisagerait-on pas un référendum destiné au Peuple Kanak, reconnu peuple premier, pour savoir dans quelle proportion il serait pour ... ou contre l'indépendance de ce qui reste, à priori, son pays !
Mais, à mon humble avis, néanmoins expérimenté, tout est possible, et tout est certainement envisageable pour l'avenir (même institutionnellement) à condition que l'on reconnaisse en paroles et en actes le peuple Kanak et ses représentants !
D'une façon audacieuse, la montée du drapeau de Kanaky a été un vrai geste de reconnaissance ! (**)
...
En 1998, on a gelé le corps électoral, non pas pour éliminer des gens qui n'étaient même pas encore arrivés (!) mais pour commencer à consolider un passé commun pour envisager "un destin commun" ! Rien de plus simple ! A priori ...
Mais "on" s'est disputé sur un corps électoral glissant ... Eh oui ! Pour entériner le fait que la Calédonie devait rester une terre de peuplement où tous ceux qui y débarquaient, avaient, de fait, des droits !
Et les leaders Kanak ont lutté (pacifiquement) pour obtenir le gel du corps électoral à 1998.
...
Pendant que d'autres ont préféré geler leur mémoire ! "Avant" n'est pas reconnu !
Et trop de nos propres enfants veulent "oublier" ce passé qu'ils n'estiment pas être le leur, pour imaginer un avenir idéalisé où, une fois de plus, toutes les ethnies seraient confondues, au pire; au mieux, elles cohabiteraient béatement, parce qu'on l'aurait décrété !!! ... (Tout le monde il est gentil, n'est-ce-pas ? ...).
...
Non ! La réflexion est gâchée par:
La volonté de pouvoir,
La conquête du pouvoir,
La soif de revanche,
L'exacerbation des égos,
L'utilisation des peurs,
Le mépris de la réalité,
Les manipulations en tous genres,
Voilà ce qui nous soumet aux diktats de quelques politiciens jeunes ou vieux, anciens ou récents, mous ou "aguerris", qui fondent leurs engagements sur l'ignorance aveuglante d'une trop grande partie de leurs compatriotes !
...
Le Peuple Kanak, existe-t-il ?
La Nouvelle-Calédonie reste-t-elle une terre de colonisation ?
Êtes-vous des colons ? Des colonisés ?
Souhaitez-vous une Calédonie paisible et consensuelle ?
La réponse à ces questions détermineront l'avenir serein ou conflictuel de la Nouvelle-Calédonie !
Le reste n'est que bavardages futiles, inutiles et dangereux ...
...
N'oublions pas, les Kanak, à travers leurs dirigeants ont opté pour l'arme du bulletin de vote, plutôt que celle du fusil ou du sabre ...
Parce que la citoyenneté et le corps électoral restreint associé ne faisait plus d'eux des colonisés en leur permettant d'espérer être maître de leur destin ... et ne faisait plus de nous des colonisateurs, puisque partageant leur destin !
...
En conclusion, la préparation de l'avenir de Notre Pays passe par beaucoup d'humilité de la part de nos leaders et de chaque citoyen, par l'abandon de la langue de bois, par l'exercice d'une Parole de Vérité, où la complexité remplacerait le dogmatisme et les slogans faciles; autant de postures où le rapport de force sous quelque forme qu'il soit (électoral, militaire, idéologique ...) est banni !
...
Ma vision (têtue, ce blog en témoigne) de l'avenir de Notre pays passe par cette reconnaissance enfin révélée du Peuple Kanak à partir de laquelle nous pourrons envisager de fonder autour de lui, une société véritablement consensuelle qui nous permettra de dépasser les clivages actuels et favoriser la résolution de tant de problèmes de société ( sécuritaires, éducatifs, sociétaux, sociaux, économiques, ...).
C'est mon utopie !
...
A bon entendeur; un éveilleur.

(*) Il semble que OUI, à ses propres yeux, en cette fin avril 2014, où le Peuple Kanak, à Ko-Wé-Kara, montre sa capacité d'adaptation et la vivacité de sa culture, en adoptant une charte écrite des valeurs fondatrices de leur culture ... Donc une présence revendiquée en douceur, mais fermement.
(**) La manière dont la propagande (prétendument "droit d'inventaire") de Calédonie Ensemble utilise la photo de la montée du drapeau kanak à côté du drapeau français au sénat coutumier, entourés de coutumiers et de responsables politiques calédoniens et français,  n'est pas digne (tout n'est pas bon pour gagner, surtout la bêtise). 
A contrario, cette photo illustre, de mon point de vue ce qu'il nous faudrait faire à l'échelle de Notre pays: une immense fête et un immense pilou qui rassemblerait toutes les communautés de Calédonie avec le Peuple Kanak qui danseraient autour de nos deux drapeaux ... une fête fondatrice du Destin Commun et d'un toujours improbable "Peuple Calédonien"!

dimanche 15 septembre 2013

MA fête de la Citoyenneté: MES histoires oubliées et MA mémoire perdue.

Citoyennes, citoyens:
"Y'en a qui disent que...": 
"'faut oublier le passé, 'faut arrêter de regarder en arrière ..." 
Ceux-là, "ben", ils vont droit dans le mur de ... derrière !
Parce que c'est de la VIE réelle dont il s'agit lorsqu'on évoque le passé ou qu'on prépare l'avenir; pas d'un passé idéalisé ou rejeté, ni d'un avenir rêvé, sous la forme de slogans souvent inaccessibles; dont les plus malins font un usage politique "intensif" ou auxquels, les plus crédules s'accrochent ...
 Les gens qui ne veulent pas qu'on évoque le passé me fatiguent. Ils s'assoient sur nos souffrances ou nos souvenirs, bons et mauvais, pour nous donner mauvaise conscience et se construire une ... bonne conscience ! Et rater l'avenir de Notre Pays; en s'asseyant sur toutes ces petites histoires, de tout le monde et de chacun, dont, les miennes !
Peut-être, sont-ils contre toute commémoration ! Le 14 juillet, le 11 novembre, le 8 mai 45, Oradour, le Vel d'Hiv, ..., ou encore, en Nouvelle-Calédonie, le 24 septembre et le 26 juin !
Je ne pense pas comme "ces gens-là"; je crois que c'est parce qu'on n'oublie pas qu'on peut éviter que l'Histoire se répète; la Grande Histoire, celle dont on parle dans les livres et celle des grands historiens; ou, celles, petites histoires qui font nos vies au quotidien et qui peuvent nous la pourrir la vie.
Ainsi, dans cet article, j'évoquerai ces petites histoires dont ma mémoire garde quelques traces:
Histoires oubliées d'une mémoire (un peu) perdue !
Entre le 24 septembre 1853 et le 26 juin 1988, j'évoquerai ce que l'histoire commémorée oublie trop facilement à mon goût.

> Et d'abord, Hienghène, le guet-apens de décembre 1984, et la tuerie dont on parle si peu. "Hienghène, ou le désespoir calédonien" comme l'a si bien décrit Lionel Duroy dans son livre.
Ouvéa, 1988, c'était entre l'armée française et le FLNKS, dont acte.
Mais, Hienghène, 1984, c'était entre des colons, métisses ou assimilés, et des Kanak; et j'ai vu les photos par l'intermédiaire de mon ami militant Régis, j'ai vu les photos des cadavres des gens de Tiendanite morts ... ! Où en est-on du Grand Pardon entre la communauté "caldoche" et le peuple Kanak ?
Et nos chers "zoreilles" qu'y comprennent-ils ?

> Sans (?) rapport, il y a ces colons libres, arrivés avec le vent, ni bagnards, ni arabes, ni arrivés dans les frusques de Feuillet, ni viets, javanais et wallisiens, arrivés sous "contrats" forcés ... Non, simples migrants, fuyant la pauvreté, partis chercher "un avenir meilleur" (Philippe Lavil), comme cet arrière-grand-père, quittant un cirque de l'île Bourbon, Salazie, pour se poser au fond d'une grande vallée de la Côte Est. Il était pauvre et libre.
Pas intéressant ? Victimes de l'Histoire ou fabricants d'Histoire ?

> Il y a aussi le CACI (comité d'action contre l'indépendance), sorte d'OAS (organisation de l'armée secrète en Algérie) locale, qui sévissait pendant les événements; souvent sous forme de milices; comme à Poindimié, menaçant les (trop) sympathisants de la cause Kanak ... Je n'oublie pas ! ... Non, je n'oublie pas. Impossible. Mais peut-être, eux aussi avaient-ils peur ! Finalement, de toutes ces tribus qui "cernaient" les villages de la Côte Est. Jusqu'à quel point avaient-ils raison, d'avoir peur ?

> Et puis, il y a encore, de manière anecdotique (?) ces pâturages améliorés sur la Côte Ouest, dont certains éleveurs, dans les années 70/80, se faisaient les adeptes tout en défonçant méthodiquement toute trace de présence kanak en labourant dans tous les sens les anciens billons d'ignames ou tarodières visibles ... Disparu, le premier occupant; j'en ai été le témoin, un peu abasourdi !

Ce n'est pas fini ...

> Toutes ces violences durant les "Evénements" dont les kanak n'avaient pas l'exclusivité, loin de là ! Combien de familles kanak en gardent le souvenir, pourchassés dans les rues de Nouméa ou dans des villages, parfois terrorisés, subissant la nomadisation militaire dans les tribus ...
Mais violences subies aussi par des caldoches ou des "métros": comme le vieux cousin de mon père, Julien et sa femme, séquestrés à Tchamba par des "cagoulés" ... ou mon ami Paul, "métro" trop proche des Kanak au goût de certains, menacé par quelques caldoches et "pieds noirs" ou autres débarqués d'anciennes colonies françaises ! C'était à à Poindimié.

> Curieusement, et dans un tout autre registre, je me souviens, quand j'étais pensionnaire à Nouméa, des sirènes annonçant les prises de quarts à la SLN, rythmant la vie de toute la ville, et de tant de familles. Me rappelant avec force que cette vieille usine nous a marqué dans notre chair, comme elle a accompagné la vie de tant de calédoniens.
Alors, la balancer d'un revers de mot, la rejeter comme un vieil os rongé dont on ne supporte plus l'odeur ... Un peu facile, non ?

> Et puis, dans la petite histoire, et comme un anachronisme, un curieux épisode de la vie calédonienne me vient en mémoire: CABREL, dont une part de la population souhaitait boycotter la venue pour montrer sa désapprobation quant à certaines des prises de positions du chanteur, jugées trop en faveur des indépendantistes et des Kanak ... Finalement le chanteur avait annulé sa tournée en Calédonie. Drôle de victoire pour tous ces "blancs", par ailleurs très attachés à la liberté, l'égalité, la fraternité dans la République française ! Mais en Calédonie, on n'est pas à une contradiction près.

Pas de dépôt de gerbes pour mes histoires oubliées, pas de député, ni de gouverneur ou de ministre, ni de président de province, de gouvernement pour commémorer ces petites histoires oubliées; juste ces quelques petites fleurs déposées sur ma mémoire (un peu) perdue !

Mes enfants, comme les vôtres, vivent, certes, à l'heure d'internet et de la mondialisation, mais ils vivent, circulent, dorment, vont à l'école ... en Nouvelle-Calédonie, et en ... chair et en os, pas virtuellement. 
"Hic et nunc" ! 
Alors il est interdit d'oublier; sous peine de voir l'histoire se répéter et nos mémoires, comme les leurs, continuer à engranger de la douleur ... 
Pour éviter que la "Terre Violente" de Jacqueline Sénès, ne se rappelle à notre bon (?) souvenir.

Lucidité et principe de réalité doivent accompagner le rêve et l'idéal !

A suivre ...

Postscriptum du 25 septembre 2013:
Après avoir constaté à travers les compte-rendus des médias, écrits, parlés et télévisuels de ce week-end prolongé du 24 septembre, à quel point la volonté de beaucoup de monde de "ne pas oublier" était vive, je me suis pris à penser que je "radotais" un peu avec mes "histoires oubliées" ... 
Mais, après réflexion, j'ose croire que non ! Car, la vraie question reste: que fait-on de ces rappels de mémoires ? Quelle est la portée de ces "commémorations" en tous genres ?
L'esprit de mon billet est de rappeler (mais comment le faire bien ?) que cette histoire est encore récente, notre mémoire bien souvent encore à vif et que ces souvenirs, douloureux ou non, nous ont marqués psychologiquement et physiquement, nous ont construits et parfois "déconstruits" ...
Alors nous devons tous faire preuve d'inventivité pédagogique pour transmettre cette histoire et faire en sorte qu'elle féconde l'invention de notre avenir !
Le quotidien vécu nous montre de manière têtue à quel point il y a loin des slogans, même les plus généreux, à la réalité !!!
...

mercredi 13 mars 2013

La solution consensuelle est morte ! Vive les blocs opposés... l'affrontement, donc.

Etat des lieux un an avant les échéances de 2014.
Chacun fourbit ses armes ! C'est l'heure. 2014, c'est demain !
Et tous nos politiciens sont dans les "startings blocks". Quels qu'ils soient, malheureusement.
Je ne sais pas si je dois parler de Yanno, qui se prépare à (s')assurer un avenir (re-député, maire de Nouméa), pour continuer à vivre de la politique, sur le dos de quelques crédules franco-français ou de nouméens apeurés.
Je ne sais pas si je dois parler de Gomès, qui attend son heure, revanchard finalement assumé.
Je ne sais pas si je dois parler de Paul, qui gère sa province comme un état quasi indépendant ... dépendant pourtant des subsides de la France, des transferts des moyens avec celui des compétences, d'une clé de répartition favorable, de ses investissements en Corée, du nickel "pompé" à tout va !
Je ne sais pas si je dois parler de "Loulou", qui marque Gomès comme son ombre, avec raison (?), qu'il juge faire trop d'ombre à son peuple, Loulou qui sublime 2014 !
Je ne sais pas si je dois parler d'Harold, s'agrippant à son fauteuil, renaclant aux critiques dont il a été lui-même un fervent pourvoyeur.
Je ne sais pas si je dois parler de Pierre Frogier, inspiré tardivement, communiquant navrant, sur une corde raide.
Je ne sais pas si je dois parler de Daniel Goa, présidant, depuis peu, aux destinées de l'Union Calédonienne (!?). Saura-t-il, comme ses prédécesseurs inspirés, trouver la voie étroite pour sortir d'une impasse certaine.
Je ne sais pas si je dois parler de vous, de nous, de moi, égoïstes, gâtés par un si beau pays, incapables de nous élever à son image; peureux du lendemain et agrippés au jour le jour ... ou jouissant à l'idée d'y "foutre le bordel" !
...
La solution consensuelle est moribonde, elle a été usée jusqu'à la corde ... par des égos en mal d'être les premiers, les meilleurs (?), les éloquents, les riches, les potentats .. marchant sur nos têtes qui l'ont bien mérité. Plus de solution consensuelle pour l'avenir ! Normal, dans une société qui n'a rien de consensuelle !
OUI !
A partir de ce jour, la Solution Consensuelle Nouvelle est morte née.
...
Chacun de nos partis politiques fourbit ses armes pour 2014, et après ?
Quelques uns sont sur une stratégie de blocs, du rapport de force donc.
Yanno, c'est sûr !
Gomès de manière plus perverse, puisqu'il prétend représenter un "peuple calédonien" qui n'existe que dans son imaginaire démagogique comme ce drapeau commun revendiqué et tout aussi démagogique; mais à Calédonie Ensemble, aucune tête ne dépasse derrière la "tête-pensée-unique" du leader !
Au RUMP, Pierre Frogier semble vouloir réécrire l'histoire de la solution consensuelle, est-il armé (?!) pour l'imposer ?
D'autres, au FLNKS, ont une stratégie plus subtile, s'appuyant sur un corps électoral figé (une forme de rapport de forces), tellement figé et depuis si longtemps qu'il en est devenu "momifié" et complètement en contradiction avec une réalité qui l'a dépassé ... ou qui le dépassera ! Dans une stratégie institutionnelle courageuse, mais bien incertaine ... Si cette stratégie échouait, quelle serait l'alternative ?
...
Nous n'avons plus personne sur qui compter !
...
Je suis Néo-Calédonien, et je suis sans avenir, je vis sans avenir, je prépare mes enfants à assurer leur avenir sans trop compter sur l'avenir ...
Et mes frères Kanak, depuis quand sont-ils sans avenir ?
Et tous ces métros, venus chercher un avenir (meilleur ?) en Calédonie, ne brouillent-ils pas notre avenir ? Celui des Kanak ? Finalement, le leur (*)!
Et ces Wallisiens ici, comme chez eux, avec leurs chefferies; accepteraient-ils que nous, (Kanak, Caldoches, Métros) allions assurer notre avenir en nous installant par milliers à Wallis et Futuna (par exemple après l'indépendance de la Calédonie !) comme eux, le font ici !
Et, tant d'aveuglement traverse ces communautés.
Avons-nous, tous, ensemble, les uns et les autres, les uns contre les autres, les uns avec les autres, un avenir ?
...
L'avenir ?
Nouvelle solution consensuelle, rapports de force, statu-quo, référendums (**), indépendance, partition, etc. ?
Beaucoup de bavardages mais, aucune lisibilité, aucune visibilité pour l'avenir !
La (Kanaky-)Nouvelle-Calédonie fonce à tombeau ouvert, dans le brouillard, vers un avenir complètement incertain.
...
OUI !
Rien n'est bon ! L'avenir sent mauvais !
Il sent l'égoïsme mauvais, il sent le pouvoir mauvais, il sent l'argent mauvais, il sent la méfiance et la défiance mauvaises, il sent la dispute mauvaise... L'avenir sent mauvais.
Notre Pays nous échappe ! Lui avons-nous jamais appartenu ? Préférant qu'il nous appartienne ...
...
La démagogie va régner en maîtresse pensée !
...
Manque de capacité de réflexion, manque d'imagination, manque d'éducation (tout court ou) politique, manque d'analyse, manque d'affection, manque d'émotion ? Et manque de lucidité; cette lucidité qui permet de faire face à la réalité avec courage, responsabilité et humilité (trois mots qui n'ont pas trop leur place dans le verbe politique calédonien).
...
Il nous manquait Marine Le Pen, pour comble de tout, c'est fait !
...
Et pourtant, il y a tant de belles choses qui se font au quotidien, tant de progrès déjà accomplis, tant de bonheur à partager nos différentes cultures et de plaisir à vivre ensemble ! Comment préserver, voire approfondir tout cela ?
En s'affrontant ?
...
P.S. Je sais être critique vis-vis de nos politiciens, politiciennes; mais n'ont-ils pas voulu ou prétendu  s'occuper de notre avenir en se présentant aux élections, ne sont-ils pas (bien) payés en tant qu'élus pour cela ?
...
(*) Au fait, que tout ce beau monde arrête de prétendre à intégrer le corps électoral spécial sous prétexte qu'ils participent à la richesse du Pays. Index de correction, enrichissement personnel, etc. ; ne profitent-ils pas largement de la Calédonie ? Et puis, ça ne gêne personne que nombre d'entre eux, comme de calédoniens, investissent massivement ailleurs, en France, en Australie, en Nouvelle-Zélande ! L'argent n'a pas de frontière et s'en"fout" des nationalités ! Qu'ils arrêtent de nous "bassiner" avec cet argument qui ne convainc qu'eux-mêmes et les crédules.

(**) A propos de référendum et pour ceux qui n'ont pas la mémoire nécessaire, le dernier référendum d'autodétermination ("pour" ou "contre" l'indépendance) en Nouvelle-Calédonie date du 13 septembre 1987 (avec une condition restrictive de résidence de 3 ans). Il avait vu le "non" à l'indépendance l'emportait à 98,3% pour une participation de 59,1%. Le FLNKS  avait appelé à boycotté ce référendum. Résultat sur le terrain, les violences avaient redoublé !

vendredi 12 août 2011

Maré: une si grande tristesse ! Et une leçon pour tous.

Maré,
J'ai mal à mon Pays.
Tant de familles endeuillées;
Tant de pleurs;
Tant de colères contenues;
Tant d'incompréhensions;
Maré,
Tant de Calédoniens se sentent aujourd'hui Maréens.

Je me sentais fatigué, avec l'envie très forte d'arrêter ce carnet de bord, à quoi bon, devant l'inutilité ou la vanité de la tâche, la puérilité voire la futilité de l'expression face à cette réalité calédonienne impossible à circonscrire...
Et pourtant, difficile de s'abstraire de la réalité trop souvent douloureuse de Notre Pays ... Quand on l'aime, lui et ses gens !

Je n'ai pas de leçon à donner et n'en donnerai pas; mais il y a une fois de plus UNE leçon que je tire de ces événements douloureux et dont, en toute modestie, ce blog se veut une expression têtue; une leçon pour TOUS, acteurs politiques, économiques, sociaux, ou encore intellectuels, qu'ils soient simples citoyens "de base", ou en charge de responsabilités de tous niveaux: c'est que nous devons aborder les problèmes de Notre Pays avec beaucoup de simplicité (posture synonyme pour moi d'humilité où l'égo se fait discret) et dans leur complexité (en termes d'analyse et de résolution de problèmes en termes également de solutions à proposer).
Le drame de Maré en est une illustration où se téléscopent nombre des problématiques de la société calédonienne...
Et je dédie cette réflexion à nos frères et soeurs de Maré comme à nos gouvernants, responsables politiques, économiques, coutumiers, syndicaux, éducatifs et religieux ... Et à tout un chacun, cet anti-chacun antithèse de celui du "chacun pour soi" ou "du chacun chez soi" !


La situation calédonienne est complexe; les "Faut qu'on", "Ya qu'à", "Si l'on" et "Pitucé"(*) ne devraient pas y avoir leur place ! Ils nous submergent pourtant dans les médias ou les conversations privées ...

Car rien n'est simple en Nouvelle-Calédonie. Quelques exemples "survolés" (par nécessité du genre présent) de cette complexité des questions ou problématiques qui traversent Notre Pays:
Les conflits de légitimité des pouvoirs en tout premier lieu.
Dans un royaume le pouvoir vient du sang; dans une dictature il vient de la force (armée). En démocratie, le pouvoir vient de celui qui le délègue, l'électeur mais parfois, insidieusement, de l'argent; dans une chefferie kanak le pouvoir vient du sang mais aussi de la terre. Et peut-être pourrait-on se poser la question du pouvoir dans la famille, oui mais quelle famille ? Et pour certains, beaucoup, de nos jeunes, quel(s) pouvoir(s) sont-ils prêts à reconnaître ? ...
Les conflits de légitimité des pouvoirs minent la société calédonienne.
Les conflits d'intérêts économiques et de développements.
Le "tout nickel" qui fonde l'essentiel de la richesse de la Calédonie avec les transferts financiers de l'Etat dont l'index de correction est un avatar coûteux ...  Trois usines sur notre petit archipel, dame Nature est généreuse dans sa terre rouge, mais tous ses "enfants" endémiques, verts forêts ou bleus lagons, vont souffrir ! Comment les (ré)concilier ? Imagine-t-on sérieusement d'autres développements alternatifs possibles ?
Les conflits d'intérêts économiques sapent le développement économique équilibré de la Nouvelle-Calédonie.
Les confusions entre des genres parfois (souvent ?) contradictoires.
Etre homme (ou femme) politique élu et grand patron par exemple; être chef coutumier et leader politique (choix cornélien de l'électeur qui est sujet !); être responsable syndical et patron; etc. ... Même si ces genres parfois contraires sont recevables, leur confusion participe grandement à rendre encore plus complexes voire inextricables nombre de situations politiques, sociales, économiques ou "sociétales" en Nouvelle-Calédonie.
Toutes ces confusions entre les genres troublent la vision politique de Notre Pays.
Les juxtapositions parfois confrontations de cultures et d'histoires.
Nous n'avons pas de culture commune, il faut bien le reconnaître. Même si l'Ecole transmet "de" la culture française ! Peu d'acculturation(**) en réalité, j'évoque celle qui ne se satisfait pas d'un week-end "découverte" même si cette démarche est utile d'un point de vue purement touristique ... Doit-on continuer à se satisfaire de cultures qui se côtoient même pacifiquement (ce qui n'est déjà pas si mal j'en conviens) ? Le constat reste que la richesse issue d'une diversité culturelle exceptionnelle ne parvient pas à générer une "créolité kanako-néo-calédonienne" qui serait le meilleur gage d'un destin partagé ...
Ces confrontations de cultures différentes en Nouvelle-Calédonie freinent encore trop l'essor d'une culture commune. 
Les rapports sociaux tendus.
Les conflits sociaux ne sont-ils pas avant tout des conflits de société(S) ... Quand ils ne dégénèrent pas en conflit de personnes !
Des rapports sociaux tendus par des écarts de revenus inconsidérés trop peu compensés par des fiscalités, directe et indirecte, équitables qui feraient payer plus aux plus fortunés pour une meilleure répartition de la richesse produite par le Pays ou une meilleure redistribution au profit de tous !
Et donc (dans le cas du conflit d'Aircal) une prise en compte par le Pays et non par une seule collectivité ou une entreprise de la continuité territoriale (je parle de la vraie, celle qui concerne les déplacements à l'intérieur de notre archipel).
Des rapports sociaux tendus sur le marché du travail où la problématique de l'emploi local butte sur une citoyenneté en berne et une formation initiale incapable d'élever le niveau de compétences de l'ensemble des jeunes calédoniens, et en particulier de ceux qui ont le plus besoin ...
Des rapports sociaux, donc, souvent tendus en Calédonie et qui continuent à perturber la recherche d'une harmonie sociale; comme un rêve impossible à réaliser ?
Les paradigmes éducatifs si divers et différents.
Tant de questions sur ce plan-ci ! Et tant de réponses diverses parfois opposées ...
Les valeurs transmises au sein des familles, petites ou grandes, métropolitaines, wallisiennes, kanak, caldoches, vietnamiennes, etc., au sein des clans aux Iles ou sur la Grande Terre, sont-elles les mêmes ? Met-on les mêmes gestes, les mêmes mots derrière le mot "respect" par exemple et en infra celui de "politesse" ?
Et, jusqu'à quel point l'Ecole déforme-t-elle plus qu'elle ne forme en termes éducatifs ? Quand la scolarisation entraîne la désocialisation (pour un enfant kanak qui quitte sa tribu par exemple) et quand l'échec de la "socialisation scolaire" entraîne une déscolarisation destructive ...
Ces paradigmes éducatifs parfois trop différents qui rendent difficiles la compréhension de l'Autre et l'ouverture vers l'Autre ...

La complexité est partout présente en Nouvelle-Calédonie, au niveau des individus et dans les relations qu'ils entretiennent jusqu'au niveau de la gouvernance de Notre Pays. Toutes les problématiques, politiques, économiques, sociales ou sociétales, éducatives, culturelles, relationnelles, doivent l'intégrer pour promouvoir une société calédonienne plus équilibrée et juste, plus sereine enfin.
La complexité est partout présente mais trop de solutions apportées à ces problématiques ne sont que des solutions partielles, ou simplistes ... On ne traite quasiment systématiquement que les symptômes ou les conséquences rarement les causes des maux calédoniens ... Alors, l'impression de piétiner ou de retour en arrière persiste et plombe notre moral.

Et pourtant, les Accords de Matigon-Oudinot et l'Accord de Nouméa sont des modèles de solutions politiques complexes répondant à une situation politique calédonienne complexe !
Face aux problèmes de la société calédonienne qui perdurent, j'ai bien l'impression que c'était TROP GRAND ! Nos responsables politiques et nous-mêmes, citoyens de base, n'avons pas été à la hauteur du défi que comportait ces Accords !

C'est ce qui avait motivé ce blog que j'avais voulu illustrant cette complexité pour prendre mes distances, autant avec les experts "en tout et n'importe quoi" (***), qu'avec la politique, trop politicienne ("pirandellienne"(****)) à mon goût. 
Engagé en politique je n'ai jamais pu penser que j'avais et mon parti avec moi, complètement raison et les partis adverses complètement tort ... C'est dur de faire de la politique avec une telle posture intellectuelle et c'est pourquoi j'assume mes contradictions (je les cultive même, et certains billets en sont un témoignage ...) comme une part vécue de ma réalité calédonienne. Mais aussi comme une porte ouverte sur la complexité des choses calédoniennes et son appréhension.
CAR;
Pour une complexité bien comprise:
La complexité ne signifie pas la complication des choses;
La complexité n'entraîne pas l'inertie, ni l'inaction;
La complexité, c'est l'approche globale des choses selon Edgar Morin.
La complexité c'est le paradigme du LIEN et de la mise en RELATION.
La complexité engendre l'ouverture d'esprit et nécessairement une attention à l'Autre;
la complexité enrichit l'action !

(*) "Héros" d'une petite bande dessinée du journal "Le Monde" il y a de nombreuses années.
(**) Acculturation : processus par lequel un groupe humain assimile tout ou partie des valeurs culturelles d'un autre groupe humain.
(***) Depuis le temps que ces experts nous étudient et nous scrutent ainsi que la société calédonienne que nous formons pour proposer des solutions à nos problèmes, le paradis ne devrait plus être loin ! 
(****)De "Pirandello" qui a écrit une pièce de théatre: "Chacun sa vérité".

mardi 14 juin 2011

Le Peuple Calédonien existe ... Je l'ai rencontré.

Pseudo-fiction number calib'12 ... Euh ! Twelve (Pardooon ...).

Le Peuple Calédonien existe,
Et je crois le croiser un peu tous les jours.

Le Peuple Calédonien existe,
Mais il l'ignore lui-même !

Le Peuple Calédonien existe,
Le souhaite-t-il vraiment ?

Le Peuple Calédonien existe,
Il est subliminal !

Le Peuple Calédonien existe,
Trop souvent comme une incantation ...

Le peuple Calédonien existe,
Jamais ne sera l'otage d'un parti politique,
Ni d'aucune cause ...  politique.

Le Peuple Calédonien existe,
Il ne se confond pas avec toutes les ethnies,
Il est chaque ethnie ...
Et aucune, singulièrement.

Le Peuple Calédonien existe,
Il est le Peuple Kanak ...
Et tous ces agrégats étranges,
Et étrangers les uns aux autres
Venus du ciel ... Ou par la mer.
Forcés ou libres
Agrégés par l'histoire
Sur ce bout de terre rouge et verte,
Entourée du bleu profond du Pacifique.
Comme un drapeau !
Baigné de soleil ...
Quand il ne pleure pas.

Le Peuple Calédonien existe,
Comme Jésus, il marche à côté de nous !
Sans qu'on le sache ...

Le Peuple Calédonien existe:
Il n'est ni Noir, ni Blanc, ni Noir et Blanc.
Il n'a pas de couleur, même pas arc-en-ciel !
Il est lumière, éclair ou tonnerre, il est entrevu, parfois.
Produit du choc et de l'amalgame de ses éléments constituants:
Races et Cultures (!), Histoires et Conflits;
Attractions et Répulsions, Orages et Paix;
Tout cela à la fois,
Mais pas seulement à La Foa !

Partout en Calédonie je rencontre le peuple Calédonien,
Aux Iles de la Loyauté, dans les quartiers, dans les tribus,
Dans les repas de famille, à la plage, en pique-nique,
A la chasse ou à la pêche, au boulot aussi,
A l'église ou au temple, aux kermesses des écoles,
Devant les collèges, dans les classes des lycées ...
Sur les piquets de grève !

le Peuple Calédonien c'est tout ça;
Et c'est Mon Peuple !

Le Peuple Calédonien existe ...
Dans ma tête et dans mon coeur, 
"Ben ça, c'est sûr" !

Le Peuple Calédonien existe,
Car je n'en ai pas d'autre.
Et s'il se résume à un singleton, un peu paumé,
Je serais fier d'en être le représentant.

Le Peuple Calédonien existe ...
Peut-être !!!

Nabwé !
Et merci de m'avoir lu ...