Consultations de ce blog depuis son ouverture:

Affichage des articles dont le libellé est Dépression. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Dépression. Afficher tous les articles

mercredi 23 mars 2011

Etre sans avoir été ...

Pseudo-fiction number "il est vert" ... Euh, eleven !


Etre sans avoir été,
Comme un hiver sans été.


Comme un jeu de mots facile
Pour exister sans passé.


Passé aux oubliettes,
Mon passé n'est plus.


Quand on a bourlingué
Et que déglingué


On reprend vie ... Sur le tard,
Exister n'est pas une sinécure ... Il n'est jamais trop tard ! Paraît-il.


On renaît, certes,
Sans se reconnaître.


Tout est changé;
Si, si, tout a changé.


C'est drôle de continuer à exister
Sans passé reconnu.


Enfin, drôle ... Non, c'est marre !
Vivre car les Autres l'exigent ... A juste titre.


On n'abandonne pas le terrain 
De la vie sans combattre ... Qu'ils prétendent.


Fatigué de battre ... Con !
Sais-tu de quoi je cause ?


Personne n'en a rien à foutre ... 
Moi le premier.


Je sais, je fais peur ... A juste titre.
Passez à distance ... Je garde mes distances.


Pour préserver: vous, moi, les autres ... Les miens aussi.
Existez !


L'illusion je l'ai connue,
Je vous laisse à la vôtre.


Qu'elle se nomme rêve, idéal, agitation, orgueil, argent, honneur
Ou foutaise.


Etre sans avoir été;
Après l'automne vient le printemps ... Paraît-il.


Même si l'hiver est à ma porte;
Et que la peur enfin me quitte.

mardi 17 novembre 2009

Une expérience du désordre cérébral ...

Pseudo-fiction number ten.

[l'un dit]
La dépression;
Ni grande, ni petite, sans dimension.
Une maladie dure, méchante, récurrente, arythmique, cathartique, errrratique;
Durable comme son développement.
La morale n'y a pas cours;
Explosion de douleur, implosion neuronale;
Trou noir psychologique.

[Marre dit]
La dépression;
Maladie qui n'en est pas une, interdite d'être dite.
L'intelligence n'y peut rien, à la maîtriser;
Les médicaments s'échinent à faire semblant de la maîtriser.
Les psychiatres n'y savent que peu ! Du trouble ils ne connaissent que peau.
Quand la chimie rencontre la pensée comme de savoir qui est premier de l'oeuf ou de la poule !
Le cerveau s'emmêle dans ses connexions.

[Mer creux dit]
La dépression;
On n'en fait jamais le tour !
Elle nous entoure, nous enrobe, nous cerne;
Nous atteint dans ce qu'on n'est né.
Naître rien, voilà ce que La Mauvaise nous apprend; on naît rien, on n'est rien, JE ne suis rien.
Prétendre le contraire est un rien con(-naître).
La (mais-)connaître beaucoup le prétendre. La connaître est ma fierté !

[Jeu dit]
La dépression;
C'est être mal, être bien, sans frontière, sans passeport.
Pas de frontière pour ce bien mal acquis !
Sans moral et sans morale, une ballade machiavélique entre envie de mort envie de sacrifice;
De soi, choix égoïste assumé, pour punir Un Autre Soi que l'on hait.
J'aime cette maladie qui m'explore et m'explose le cerveau !
J'en suis le spectateur acteur malsain.

[Vent drrreeeu dit]
Ma dépression;
Je l'aime ! Elle chamboule mon cerveau.
Au tréfonds de moi elle me conduit;
Au tréfonds de cette douleur sans nom que ni morphine, ni antibiotique, n'apaise;
Au point que dormir est craint.
Tous ces mauvais rêves que dormir ravive,
Remuant la boue d'une vie d'illusoires illusions.

[Sam dit]
Ma dépression;
J'en ai marre !
Elle me rattrappe quand je lui échappe,
Elle m'échappe quand je la coince, entre deux médicaments, une consultation et la rage.
J'ai vécu avec des hauts et des bas, comme tout le monde; c'est la vie, c'est comme ça !!!
Mais là, cette putain me tient;
Et je la paye au prix fort.

[Dit manche ... Manche]
Dépression, dépressif, deux états.

Le mien n'est pas déprimé ... Mais La Mauvaise
Jour après jour, sept jours sur sept, me tarode, creuse ma tête.
Devais-je l'exprimer, ainsi ?
Suis-je trop vieux pour en souffrir ?
Pfft ! Je n'en souffre pas plus que quiconque ne souffre de ne pas exister ... A ses propres yeux.
Mais merde, qu'est-ce que ça fait mal !

mardi 10 mars 2009

Et la pyramide s'est effondrée.

Pseudo-fiction number four.

Icare s'est brûlé les ailes à tant se rapprocher du soleil.

Kiré s'est brûlé la tête à tant vouloir rayonner; à l'envers qu'il était.
Sans reconnaissance point de salut ?
Etre reconnu après la mort, n'en est-ce pas la forme la plus aboutie ?
De salut ou de reconnaissance ?
A tant vouloir donner de soi on en oublie de l'être, soi !
Et l'Autre s'en fout que tu sois toi ou soi; il veut être Lui, avec ou sans toi !

Et la pyramide s'est effondrée.
Plus de sécurité, sans filet, Kiré s'est effiloché.
Le fil s'était tant étiré.
La tête dans les nuages, les pieds n'avaient plus pieds sur terre,
Plus de sous pour soi et Ses Autres, proches; ne lui restait que Sa Terre; matrice salvatrice.
Elle fut sa survie; ce fut la survie !

Et la pyramide s'est effondrée.
Sans strokes en stock, c'était le crash assuré !
Sous les regards mal bienveillants de l'Arché et de son apparat-chic.
Quelques uns ont compati de loin en loin, de plus en plus loin ...
Question de survie et de sécurité, peut-être ? Qui ne dit mot consent ...
Et on se sent con !

Et la pyramide effondrée;
Etait à reconstruire. Et à reconstruire chaque échelon Kiré s'est attelé.
La survie acquise, il s'assura d'un minimum de sécurité, pour lui et Ses Autres, proches.
Entouré de sa famille sûre de sa valeur.
Lui en pensait le moins, de sa valeur;
Le prozac le pansait ...

Et la pyramide effondrée;
Etait à reconstruire. Kiré ne se connaissait plus, ne se reconnaissait plus.
La reconnaissance perdue, restait la connaissance; l'essence peut-être de son être.
Que lui reconnaîtrait-on, en pays professionnel étranger?
Là, pas de strokes en stock; du stress ô combien, ami familier.
Le parent, l'enfant, l'adulte en lui étaient perdus.

Et la pyramide reprend forme;
Kiré rebâtit sa pyramide, à l'estime ... Sans l'estime de soi;
Soi ne lui importe plus, il s'en amuserait plutôt; par mesure de sauvegarde ... De soi.
Nul doute que les derniers échelons de sa pyramide seront durs à réaliser;
Mais, après tout, une pyramide, même tronquée, ne vaut-elle pas mieux qu'un tas de gravats ?
Une forme non aboutie de réalisation de soi; soit.

Merci, Abraham (Maslow);
Pour ton aide à reconstruire cette pyramide (aztèque);
Elle sera petite et modeste;
Moins haute aussi, pour garder une distance respectable avec le soleil.
Plus aucun sacrifice ne sera toléré à son sommet;
Même pas celui de Soi !

A l'envers qu'il est, Kiré !

dimanche 19 octobre 2008

Je suis allé dormir près de mon père.

Pseudo-fiction; number one.

Vingt deux heures, je franchis le péage et file vers le Nord. Pleins phares, antibrouillards pour augmenter la clarté du halo des phares. Personne sur la route, en semaine à cette heure je suis tranquille. Et puis cette route que j'ai parcourue des centaines de fois, 300 kilomètres que je connais par coeur.
Marc Knopfler et Emmilou Harris, "All the roadrunning"...

J'ai les larmes aux yeux; gros coup de fatigue, de tout !

Il faut que je bouge, que je roule; route de nuit, celle que je préfère; cette route calédonienne que j'aime, qui me console et m'apaise; jamais elle ne me prendra, mais je la connais et je la respecte. Elle ne tue que les fous, ceux qui ne veulent pas la prendre comme elle est, belle, un peu rude, un peu sauvage, un peu enfermée, parfois tortueuse.
Elle ne blesse que ceux qui la méprisent, ceux qui la prennent pour ce qu'elle n'est pas.
Elle n'est qu'une petite route, d'une grande île, d'un petit pays; il faut la rouler avec douceur.

J'ai décidé d'aller dormir près de mon père, tout à côté de lui, sur cette montagne, dans cette vallée où il dort depuis sept années.

Mon pick-up est chargé, de tout et de rien; il roule bien, sans faiblir; une bonne cadence que j'appuie avec toujours les bons rapports, pour respecter les codes de cette route; ceux qui m'assurent sécurité, qui assurent le rythme, respectent les courbes, évitent les surprises.

Le col des roussettes me trouve avec encore les larmes aux yeux, mais calme, j'ai hâte de retrouver mon père; je garde la cadence; -random- sur "all the roadrunning" toujours, sans ennui, le volume haut pour mieux distinguer et apprécier chaque morceau et ses nuances.

La route en terre enfin; j'irai droit vers lui en arrivant, je ne passerai pas par la maison.

Une heure trente du matin, je descends ouvrir le portail, il fait frais ou froid, le ciel est clair, étoilé. J'enclenche les doubles tractions. Je passe le creek doucement, traverse la petite plaine propre, dérange quelques cerfs et monte vers mon père.
J'ouvre son petit jardin, recule le pick-up.

C'est fini; je suis en paix. Tout est tellement calme et paisible ici. Mon père ne parle pas; il a peu parlé, toujours. Je ne lui dis rien; on écoute les bruits de la forêt tout près, toute noire.
J'ai froid; je sors une bâche et l'étale sur l'herbe, m'enroule dans une serviette et me glisse dans la bâche.
A côté de mon père, à regarder les étoiles...
Je suis en paix, enfin.
Je sais que je retournerai, à Nouméa.
Demain.