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lundi 23 mars 2009

Délinquance ... Avant, il y avait moins de problèmes !?

Je souhaite ici éclairer un aspect de la problématique de la délinquance en Nouvelle-Calédonie: celui de la délinquance kanak.

Pas facile comme sujet, c'est un sujet sensible et éminemment politique, c'est un sujet sensible car il touche à la vie de beaucoup de nos compatriotes, kanak ou non; et puis je ne suis pas kanak, bien qu'ayant vécu près d'eux, travaillé avec eux, enseigné en leur milieu; et puis leur sort ne m'est pas indifférent, il ne peut d'ailleurs être indifférent à l'avenir de Notre Pays et de la communauté de destin que ce dernier est sensé abriter!
C'est un sujet sensible en cette période pré-électorale. Et c'est pour cette raison que je préfère le traiter hors de mes rubriques "provinciales 2009".
Même si "on" n'ose l'avouer que sur le bout des lèvres, l'essentiel de la délinquance en Nouvelle-Calédonie est d'origine kanak ! Non ? Quelle est la part des kanak dans la population carcérale du Camp Est ? 70%, 80% ? Et dans cette part, quelle est la part des jeunes de moins de 30 ans ? La réponse tout le monde peut la formuler ...
Mais;
Dans ce billet, c'est à
l'une des causes de la délinquance chez les jeunes kanak, trop souvent évoquée par un peu tout le monde, que je souhaite apporter un éclairage (un peu éclairé): la carence éducative de parents !
L'éducation des enfants et des jeunes dans la société kanak, jusqu'à il y a une trentaine d'année (c'est-à-dire il y a une génération), s'inscrivait dans un environnement humain (parents, oncles maternels, les fratries, les Vieux et les Vieilles), social (les clans et les grandes lignées, la tribu, le Conseil des Anciens et le Chef, les tabous et les totems) et géographique (la disposition des cases, la toponymie, les montagnes, les vallées et les côtes, les sapins et les cocotiers, La Terre ...) séculaire, malgré la colonisation et ses bouleversements. Les Eglises, avec leurs missions et leurs institutions scolaires avaient intégré nombre d'éléments de la culture kanak dans leurs enseignements et elle-mêmes étaient intégrées au monde kanak, complétant cet ensemble de repères éducatifs.
Tout cela contribuait à une éducation enracinée et rassurante de l'enfant ou du jeune; même si le contexte historique de la colonisation était, lui, traumatisant.


Tous ces repères éducatifs complexes, ont explosé !

Qu'est-il advenu, en un peu plus d'une trentaine d'année, de ce contexte éducatif en milieu kanak ?
L'Ecole laïque et républicaine a très mal remplacé les écoles des Missions (en termes éducatifs); en se rapprochant de la ville, les nouveaux parents se sont éloignés (physiquement et socialement) de leurs tribus et de ces différents environnements évoqués plus haut. Les contraintes du travail salarié, les nouveaux modes de communications (télé, internet, entre autres !) ont supplanté les Temps de La Parole entre les générations ... Au mieux les liens se sont distendus, ou devenus artificiels, au pire ils se rompus !
Les parents se retrouvent dans des squats, des appartements exigus, des logements sociaux conçus "à l'occidentale"; très loins de ces repères qui les faisaient par essence être kanak, chacun à sa place, reconnu, dans sa case, autour de sa case et loin de sa case ...

L'éducation a mal supporté cette transition trop rapide.
Le temps a manqué pour inventer de nouveaux repères adaptés à ces nouvelles situations, il était insuffisant pour intégrer les nouveaux repères, étranges, étrangers ou rejetés.
Des associations de femmes, de parents d'élèves, des conseils des Anciens dans des tribus, des institutions, se préoccupent de ces questions, y travaillent déjà.
Pas facile !
Je suis parent, quatre fois, j'ai eu une éducation "à l'européenne", teintée d'acculturation océanienne au fil de plusieurs générations; mais une éducation que je peux transmettre malgré les difficultés de la vie (divorce, remariage, soucis financiers, personnels et professionnels), à l'intérieur de schémas éducatifs stables ...
Ce n'est pas le cas de tous ces parents kanak de ma génération ou plus jeunes, confrontés, eux, à ce défi de l'éducation; comment font-ils pour transmettre une "bonne éducation kanak" avec des schémas éducatifs qui ont été bouleversés ? Quels efforts d'adaptation, d'invention sont-ils obligés d'accomplir pour permettre à leurs enfants, à leurs jeunes de rester eux-mêmes (kanak et fiers de l'être) tout en s'adaptant à cette société moderne qui s'impose à tous, sans y perdre leur âme ?

Arrêtons donc de cristalliser les problèmes de délinquance sur une soi-disant démission de la part des parents kanak; balayons devant la porte de ce soi-disant progrès qui bouscule les traditions, les cultures autochtones, pour les ranger derrière une culture uniforme stérilisante ! Peut-être que, contrainte de surmonter toutes ces difficultés (dont celle de la délinquance de jeunes), la société kanak contribuera à la fondation de cette société commune plus douce et plus respectueuse des gens et leur environnement ... Paradoxalement. Nous éloignant de cette société calédonienne dure qui porte encore en elle quelques stigmates de la société coloniale et des rapports coloniaux dont on sort à peine.

lundi 16 mars 2009

Il voyage en solitaire ... Alain Bashung.

"Il voyage en solitaire
Et nul ne l'oblige à se taire
Pendant des journées entières
Il chante la terre
...
Et voilà le miracle en somme
C'est lorsque sa chanson est bonne
Car c'est pour la joie qu'elle lui donne
Qu'il chante la terre"
...---...
Vos dernières paroles chantées de votre dernier disque
Merci Monsieur Bashung
Et permettez moi de vous rendre hommage
Vous m'avez accompagné
De si belles manières
Délirantes envolées
Troublantes inspirations
Sur un tapèze
Ou comme un légo
Tant de nuits
Avec Vénus
Ou dans le secret des banquises
Hier à Sousse
Aujourd'hui résidents de la république
Non, vous n'avez pas tué la pianiste
Suzanne, vous l'aimiez tant
Comme nous Vous aimons
Vous me manquerez
Monsieur Bashung
Sans Vous je suis Bleu Pétrole
Définitivement.

mardi 10 mars 2009

Et la pyramide s'est effondrée.

Pseudo-fiction number four.

Icare s'est brûlé les ailes à tant se rapprocher du soleil.

Kiré s'est brûlé la tête à tant vouloir rayonner; à l'envers qu'il était.
Sans reconnaissance point de salut ?
Etre reconnu après la mort, n'en est-ce pas la forme la plus aboutie ?
De salut ou de reconnaissance ?
A tant vouloir donner de soi on en oublie de l'être, soi !
Et l'Autre s'en fout que tu sois toi ou soi; il veut être Lui, avec ou sans toi !

Et la pyramide s'est effondrée.
Plus de sécurité, sans filet, Kiré s'est effiloché.
Le fil s'était tant étiré.
La tête dans les nuages, les pieds n'avaient plus pieds sur terre,
Plus de sous pour soi et Ses Autres, proches; ne lui restait que Sa Terre; matrice salvatrice.
Elle fut sa survie; ce fut la survie !

Et la pyramide s'est effondrée.
Sans strokes en stock, c'était le crash assuré !
Sous les regards mal bienveillants de l'Arché et de son apparat-chic.
Quelques uns ont compati de loin en loin, de plus en plus loin ...
Question de survie et de sécurité, peut-être ? Qui ne dit mot consent ...
Et on se sent con !

Et la pyramide effondrée;
Etait à reconstruire. Et à reconstruire chaque échelon Kiré s'est attelé.
La survie acquise, il s'assura d'un minimum de sécurité, pour lui et Ses Autres, proches.
Entouré de sa famille sûre de sa valeur.
Lui en pensait le moins, de sa valeur;
Le prozac le pansait ...

Et la pyramide effondrée;
Etait à reconstruire. Kiré ne se connaissait plus, ne se reconnaissait plus.
La reconnaissance perdue, restait la connaissance; l'essence peut-être de son être.
Que lui reconnaîtrait-on, en pays professionnel étranger?
Là, pas de strokes en stock; du stress ô combien, ami familier.
Le parent, l'enfant, l'adulte en lui étaient perdus.

Et la pyramide reprend forme;
Kiré rebâtit sa pyramide, à l'estime ... Sans l'estime de soi;
Soi ne lui importe plus, il s'en amuserait plutôt; par mesure de sauvegarde ... De soi.
Nul doute que les derniers échelons de sa pyramide seront durs à réaliser;
Mais, après tout, une pyramide, même tronquée, ne vaut-elle pas mieux qu'un tas de gravats ?
Une forme non aboutie de réalisation de soi; soit.

Merci, Abraham (Maslow);
Pour ton aide à reconstruire cette pyramide (aztèque);
Elle sera petite et modeste;
Moins haute aussi, pour garder une distance respectable avec le soleil.
Plus aucun sacrifice ne sera toléré à son sommet;
Même pas celui de Soi !

A l'envers qu'il est, Kiré !

samedi 7 mars 2009

Provinciales 2009. Billet N°8: au théatre bientôt, premiers rôles et figurants.

Le décor est planté [ les élections provinciales].
La trame est connue [ l'avenir proche de la Nouvelle-Calédonie].
Les trois coups vont retentir [ l'annonce des listes de candidats].
Qui jouera les premiers rôles, qui jouera les figurants [A l'intérieur de chaque liste] ?
Qui jouera les premiers rôles, qui jouera les figurants [Sur la scène de ces élections] ?

Dans cette pièce où les plus anciens des acteurs [ élus ou voulant l'être ... Enfin ! ] craignent que les plus (ou moins) jeunes [ flatteurs ou bosseurs ] ne leur enlèvent le rôle principal et tous ses attributs [ indemnités et pouvoir ].
Dans cette pièce où les plus (ou moins) jeunes, les dents aiguisées, attendent leur tour pour briller [ et en tirer quelque profit ].
Et quel rôle pour les femmes [ élues ou voulant l'être ], dans cette pièce, y apporteront-elles du piment [ de la crédibilité ] ?
Une pièce dont le metteur en scène politique [l'Etat français ? Quelque(s) Grand(s) Leader(s) kanak ou caldoche(s) ? ], tire (peut-être...) les ficelles et joue de la lutte des égos pour maintenir son ascendant voire son pouvoir.
Une pièce dont le producteur [ Multinationale ? Grand(s) Groupe(s) local ou régional ? ] attend (peut-être...) les meilleurs revenus pour son placement.
On attend plus que les spectateurs [ les électeurs ].
Seront-ils nombreux [ l'abstention sera-t-elle importante ] ?
Combien y aura-t-il de spectateurs refoulés par manque de place [ électeurs du tableau annexe n'ayant pas les conditions requises de présence pour voter aux provinciales ] ?
Les spectateurs n'ayant pas obtenu de places [ inscrits sur la tableau annexe ] auront-ils droit à une représentation supplémentaire [ seront-ils repêchés dans un nouvel et hypothétique accord ] ?

Une chose est sûre:
Le théatre c'est sérieux, il a ses règles, ses jeux et enjeux, mais sur la scène théatrale, fiction et réalité se télescopent et s'inspirent mutuellement, pour le plaisir des spectateurs.
Une élection, c'est sérieux avec ses règles, ses jeux et enjeux, mais sur la scène politique, la fiction [ la démagogie ] ne devrait pas avoir sa place pour que la réalité quotidienne des électeurs [ spectateurs ? ] puisse être améliorée autrement que par ces (jeux de) mots, slogans faciles et harangues agressives lancés sur les scènes politique et médiatique, trop souvent confondues, comme autant d'amorces pour appâter l'électeur crédule [ le spectateur facile ] !
A bon entendeur !

P.S. Tout rapprochement avec des personnages existant ou ayant existé n'est pas pure coïncidence !

mercredi 4 mars 2009

Provinciales 2009: billet N°7; Tractations ...

En cette période "pré-"pré-électorale, en vue de constituer les listes qui seront proposées au jugement des électeurs pour ces provinciales de mai 2009.

Tractations, négociations, bluffs et coups de poker ... Tous azimuts !
Font chauffer les téléphones, dont les factures s'envolent ... (C'est "kikipaye" ?); les courriels s'échangent plus vite que la lumière; les entremetteurs s'activent ...
Les lignes de(s) front(s) frémissent, frétillent, se trémoussent, vibrent et tremblent;
Les lignes de démarcation se voilent et deviennent floues;
"L'ouverture" est à la mode; liste d'ouverture, liste d'union , liste uni(e), liste unitaire, liste "pour contrer "l'autre"", que sais-je encore ? On peut s'attendre à tout ! Accessoirement, heureusement que la parité contraint tous ces égos d'hommes à partager avec les femmes ...
Mais, tout n'est pas possible ... Le gouffre qui sépare ceux qui s'affichent indépendantistes de ceux qui se disent anti-indépendantistes reste infranchissable; sauf par quelque grand écart démagogique ou utopique; gare à celui qui trahira le "loyalisme pro-français" ou "l'indépendance kanak socialiste" !
Car dans le fond, c'est toujours cette question qui reste l'enjeu; et nous (ils ?) restons incapables de dépasser cette fracture pour envisager une autre alternative qui serait l'expression constitutionnelle du "Destin Commun" !!!

A moins que je ne me trompe; (et je ne demande qu'à me tromper, en l'occurrence !).
Mais, connaissant tellement mon pays et ses hommes, j'en doute.

vendredi 27 février 2009

J'ai lu: Palabre, édition spéciale "Destin Commun".

La revue semestrielle des aires coutumières N°15: "Palabre coutumier" a publié une édition spéciale portant sur le (fameux) Destin Commun.

J'ai été choqué et intellectuellement brutalisé par l'article du dossier "Vivre ensemble" intitulé: "Etre calédonien aujourd'hui. Les grandes étapes du peuplement".
Il me semble, à lire cet article, que l'auteure souhaite faire la démonstration historique que la Nouvelle-Calédonie "a de tout temps été une terre d'accueil intégrant les vagues successives d'immigrants [... et de proposer de] revenir sur ces milliers d'années de métissage pour comprendre la diversité calédonienne d'aujourd'hui".
Et là, c'est un tourbillon du temps à donner le tournis avec la présentation des migrations d'il ya plus de 4000 ans [ les austronésiens ... ], d'il y a environ (sic !) 3000 ans [groupes Lapita ... ], il y a 2000 ans [ émergence des traditions culturelles kanak ... ]- accrochez-vous, ça s'accélère- il y a 230 ans [ aventuriers ... ], il y a 150 ans [ immigration libre, bagne, terres spoliées ... ], il y a 50 ans [ arrivée des wallisiens et futuniens puis français de métropole à partir des années soixante... ], Et ... 2008 [ existence de douze communautés ...] !

Effet doppler assuré ... Sauf que l'on ne sait pas quel bruit fera cette histoire à venir !

Et l'article de conclure béatement: "La Nouvelle-calédonie reste une terre de métissage, métissage à célébrer et valoriser absolument dans le cadre du destin commun ..."
C'est absurde !
Qualitativement, les 150 dernières années n'ont rien à voir avec les précédentes, c'est de colonisation dont il s'agit ! Et ces 20 dernières années c'est d'afflux massif de populations dont il faut parler; avec pour les unes comme pour les dernières , des conséquences qui sont des bouleversements, pas de lentes évolutions et transformations comme pour les périodes plus anciennes !
On fait un amalgame des périodes, de leurs durées et de leurs effets pour justifier la situation actuelle de la Nouvelle-Calédonie et en faire admettre des propositions et des choix politiques qui restent ce qu'ils sont, quasi conjoncturels, fragiles et en rien le produit quasi automatique, naturel et inéluctable d'une histoire incertaine.

La citoyenneté calédonienne, le Destin Commun, méritent mieux: qu'on y travaille avec sérieux, conscience, respect et surtout honnêteté intellectuelle; cela nous demandera de gros efforts politiques, sociaux et sociologiques, psychologiques aussi, et culturels voire économiques ... Les mentalités sont-elles prêtes ?
Et ce n'est pas en se satisfaisant pas de ces raccourcis puérils qu'on les préparera !
Prendre des vessies pour des lanternes, ça marche encore ? Pour qui ?

mardi 17 février 2009

Gratuit ? Non, c'est la Terre-Patrie qui paye !

Tous ces périodiques de toutes sortes ( programmes télé, petites annonces, "infos" consos, etc.) qui sont publiés "gratuitement" ne sont pas payés que par les annonceurs, en réalité, c'est notre bonne vieille "Terre-Patrie" (j'emprunte cette expression à Edgar Morin) qui paye "cash" tous ces excès de consommation inutile.
Pourquoi ?
Eh bien, je ne suis pas un spécialiste du "bilan-carbone", j'ai juste un peu de bon sens.
Alors,
Quand on voit ces paquets de dizaines de ces périodiques balancés dans les rues aux portes des entreprises, magasins ou administrations et qui s'envolent à tous vents, ou même déposés dans ces mêmes lieux, et dont on doit se débarrasser, direction la poubelle, parce qu'en fait, il n'y en a qu'un ou deux qui circulent ... On imagine l'énergie et toute la matière qui ont servi à les produire ... Quelles pertes !
Et, sans compter qu'il y a de la triche dans l'air, puisque ces mêmes périodiques annoncent des tirages dont une bonne partie est gaspillée ...
Question ?
Y-a-t-il une vraie économie derrière ces "plans gratuits", ou n'est-ce qu'une économie parasite ?
Et je ne parle pas ici de tous ces supports d'informations politique et institutionnelle qui nous assomment et ne sont que de la crypto-propagande ...
Les uns (les gratuits) comme les autres (journaux institutionnels) nous gavant de leur éco-citoyenneté quand ils participent à la destruction des forêts mieux qu'une tempête !
Il me semble que ce système de pseudo-gratuité, puisque les annonceurs (donc les consommateurs) ou les Institutions (donc les contribuables) payent le coût de ces publications, est complètement pervers. Il déresponsabilise chaque maillon de la chaîne de production de ces "gratuits" et favorise leur développement inconsidéré.
...---...
Encore une fois, est-ce bien de l'éco-nomie ? Est-ce bien éco-nomique ? Est-ce bien éco-logique ? Est-ce éco-citoyen ???

dimanche 15 février 2009

Les bronzés n'ont pas fait de ski !

C'est la rentrée, ici, en Nouvelle-Calédonie, ou la fin des vacances d'été.
Mais;
Ce ne sont pas les bronzés qui rentrent de vacances, ou si peu.
Les bronzés, eux, ont trimé tout l'été, sur les chantiers "BTP", sous les combles des maisons en construction, dans les entrepôts surchauffés, sur les routes, dans les tranchées des fondations, sous le soleil et les trombes d'eau, dans la moiteur dégoulinante de l'été tropical.
Oui, c'est la rentrée, et la différence est criante entre les peaux pâlies par les vacances et les peaux colorées par le travail !
Conseil:
Vous qui rentrez de vacances, protégez-vous contre ces fortes chaleurs et ce fort soleil que vous avez quittés, n'oubliez pas de vous tartiner avec la pâte "lôkale" qui vous donnera cet aspect bronzé si recherché; vous barbouiller avec cette super production "lôkale" vous protégera mieux qu'en la mangeant !
Mais;
Peut-être en avez-vous ramené dans vos bagages, de cette autre pâte, celle dont les bronzés condamnés à travailler tout l'été, sont friands ... La Nutella sous quota !

mercredi 11 février 2009

Le silence est d'or !

Quelques jours de silence, c'est bien.
J'ai tellement de choses à dire, à partager, à aimer, à détester aussi, que j'ai parfois envie de me taire !
En l'occurence d'arrêter d'écrire. Ici.
Tellement futile, illusoire, inutile ...
Etre un combattant de l'âme, sans arme, autre que ces quelques mots lâchés, même pas sur un parchemin ou dans une bouteille à la mer, comme dirait Jean-Raymond; mais sur une toile virtuelle, aussi dense que le ciel rempli d'étoiles, inaccessibles, incompréhensibles ... Attirantes !
Si ce n'était cette gravité qui nous colle à la terre (la Terre ?), nous fait courber les épaules, de fatigue ou de lassitude.
J'aime le silence, solitaire;
J'aime la présence, solidaire;
J'aime le point-virgule; matrice-métisse croisée ...
Qui rapproche solidarité silencieuse;
Qui éloigne solitude et présence.
Etrange communication "internetionnelle", si bonne et si frustrante.
Qui envahit l'éther calédonien pour une liberté autant vraie que virtuelle !
...---...
Là, devant cet écran, pur objet (de science) physique, tapotant sur ce clavier, défouloir (?) physiologique et psychologique, quelque part en Nouvelle-Calédonie que quelques uns nomment déjà Kanaky, j'exprime, sans écho, mon envie de partager et d'aimer Notre Pays avec tous ceux qui l'aiment ... Et qui aiment ceux qui l'habitent, le façonnent et le respectent.
...---...
La force ?
On arrête quand on veut, on censure si on veut. On énerve aussi les uns ou les autres.
...---...
Et, si la parole est d'argent;
Cette écriture-ci restera de bronze; ni précieuse comme l'or et le silence, ni convoitée comme l'argent et la parole, simplement comme toute pièce de bronze: travaillée, solide et sincère; un rien laborieuse.

samedi 31 janvier 2009

J'ai deux amies: la carrée et la piste ...

Pseudo-fiction;number three.

Oui, j'ai deux amies, fidèles, la (bouteille) carrée et la piste (calédonienne).

L'une flatte mon palais et facilite la dérive; excite mes neurones et apaise mes tensions intérieures;
L'autre secoue ma graisse, forge mes jambes, renforce mon coeur; excite mes neurones et apaise mes tensions intérieures.

Les deux sont dures avec moi, ange et démon; lever le verre ou lever les jambes, quelle différence ? Deux efforts musculaires, bien rôdés et maîtrisés.
Aucune de mes deux amies n'a le dessus sur l'autre; elles ont le dessus sur moi !

La force alcoolique contre la force musculaire; "buvez, éliminez" disait la pub (contrexéville ?) !

Ici, en Calédonie, on est tous des forces de la nature, petits ou grands, gros ou maigres, musclés ou allumettes, courts ou longs, avec nos deux amies qui nous accompagnent, ange et démon.

Oui, j'ai deux amies, la carrée et la piste.

Je m'en suis tapé trois, verres, fifty-fifty;
Deux heures que j'ai sué, dans mes baskets;

L'une me tient par la main, l'autre me tire par les pieds;Laquelle l'emportera un jour ...

Je les aime autant que je les endure ...

Exemple à ne suivre ... Qu'à moitié !

mercredi 28 janvier 2009

J'ai lu: la revue juridique, politique et économique de Nelle-calédonie !

Et j'ai dépensé 1500 francs, excusez du peu, pour m'abêtir; alors que toutes les grandes institutions soutiennent et sponsorisent cette caricature de revue "savante"; la Nouvelle-Calédonie n'est pas prête de sortir de son ignorance !
N°12 (2008/2)
Quand on voit le soi-disant niveau des intervenants (je ne parle pas de leur CV à rallonge), c'est à faire peur de l'efficacité de l'université française à produire des hommes ou femmes, chercheurs objectifs !
A moins que cette revue sous ses aspects austères pour faire rigoureux et sientifique, ne soit qu'un outil de propagande ou de collecte de fonds publiques de plus !
A moins que tous ces chercheurs, consultants, doctorants, ne soient là que pour le soleil et le fric !
Le thème du dossier principal: "Prévention de la violence, des incivilités et de l'insécurité en Nouvelle-calédonie". J'ai été sensible... A la lecture du titre du dossier.
Ben ! J'en ai été pour mon argent, grave !
Même l'interview de Yazid Kerfi, qui a "habité 25 ans la quartier du Val-Fourré à Mantes-La-Jolie", est hors du temps et de l'espace calédonien. J'avais envie de crier: " et moi, cela fait presque 60 ans que j'habite en Calédonie, sur la Côte Est, à Nouméa, à Païta", et je que je suis pas "trop con", eh bien, cet interview m'a laissé pantois, une fois de plus; "ils" vont finir par me tuer.
J'avais envie, ici, d'extraire quelques phrases pour faire la démonstration de l'inadaptation de cette phraséologie, mais j'ai renoncé à perdre mon temps à faire du commentaire "sorti de son contexte" ?
L'article: "la délinquance en Nouvelle-Calédonie" de Benoît Coquelet, avec ses wagons de "taux", "d'agrégats" et "catégories", de "typologie des commettants", de "structure de la délinquance" ... M'a laissé "KO technique". Evidemment je sais que la précision du langage scientifique garantit sa rigueur, mais pas pour ne rien dire, rien proposer en final, surtout dans ce domaine précis des sciences humaines où tout citoyen qui se respecte est en attente de propositions auxquelles il pourrait adhérer!
Déjà, dès le début, ou presque, l'acte d'allégeance est accompli: le mot du "Président du gouvernement et maire de Païta", Harold Martin, celui de Jean Lèques, "maire de Nouméa", et enfin celui d'Eric Gay, "maire du Mont-Dore".
Bien encadrés, les scientifiques, alors que ces élus s'expriment déjà largement dans les revues, journaux et médias divers pour "propagander" leur vision des choses.
Pour parachever le "tout absurde", un article de Claire-Flore Aluze ... attention ... "Responsable de secteur, Cellule de coordination du contrat d'agglomération, ville de Nouméa". Il faudra agrandir le format des cartes de visite ! Qui commence par une introduction évoquant des mots du ministre de l'intérieur de 2005, M. Sarkozy. La suite n'a aucun goût, avec des définitions: "la sécurité", les "préventions précoce, primaire, secondaire (sic), tertiaire, sociale, situationnelle" ... En passant par "une coproduction de la sécurité" ... Ouf ! N'en jetez plus, j'abandonne la lecture, même celle du "projet de Charte sur le partage de l'information nominative dans le cadre des CLS du Grand Nouméa" ... Je vous jure, je n'invente rien !
Arrêtez la masturbation intellectuelle ... S'il vous plaît !

Définitivement; je sais que je n'habite pas le même pays que "ces gens-là".
Et merci M.Brel.

Sur ce sujet de la délinquance, consulter ces autres billets, pour des réflexions moins "scientifiques", certes, mais néanmoins quelque peu fondées :
http://chroniquekanakynouvellecaledonie.blogspot.com/2009/03/delinquance-avant-il-y-avait-moins-de.html
http://chroniquekanakynouvellecaledonie.blogspot.com/2013/02/insecurite-et-vie-chere-comment-le.html
http://chroniquekanakynouvellecaledonie.blogspot.com/2010/08/citoyennete-civisme-revenons-la-source.html
http://chroniquekanakynouvellecaledonie.blogspot.com/2009/10/la-citoyennete-comme-un-solution.html
http://chroniquekanakynouvellecaledonie.blogspot.com/2013/02/etre-kanak-et-sdf-ben-longin-y-quelque.html

lundi 26 janvier 2009

Quelle destinée pour le "Destin Commun": 3ème réfléxion.

Avec cette (avant-) dernière mandature de l'Accord de Nouméa qui se profile à grands pas, déterminée par cette élection provinciale du 10 mai 2009, concernant cette (trop) fameuse population définie dans le dit accord de 1998, le concept de "destin commun" va revenir au centre du débat; puisqu'il se rapporte précisément à cette catégorie de la population de Nouvelle-Calédonie qui s'exprimera à ces élections.
Au cours de cette nouvelle réflexion, je vais encore appeler en renfort quelque notion mathématique; pas si incongrue que cela, vous verrez.
...---...
Vous n'aimez pas les mathématiques ? Il vous suffit de vous souvenir de deux notions fondamentales que vous avez vues au collège: le PGCD et le PPCM.
Le Plus Grand Commun Diviseur et le Plus Petit Commun Multiple ! Le premier intervient lors des techniques de factorisation et le second pour celles de réduction au même dénominateur de deux (ou plus) fractions; en collège.
En jouant sur les mots , et sur les concepts, ils m'ont inspiré les reflexions qui vont suivre sur l'histoire, en cours d'écriture, de Notre Pays.
...---...
Quel est le Plus Grand Diviseur (Commun) qui rend difficile voire impossible la construction de notre Destin Commun ?
L'Identité, la culture, le niveau de vie, la conception du monde, la volonté de domination, le rapport à l'histoire de notre pays, la terre aussi peut-être ... ?
> L'identité ou la recherche de chacun et de chaque communauté d'une identité, nous divise-t-elle; parce qu'elle est une forme d'égocentrisme ?
> Le niveau de vie de chacun et de chaque groupe social ou communautaire nous divise-t-il; parce qu'il crée des envies et des jalousies ?
> La conception que chacun a ou que chaque communauté culturelle se fait du monde (cosmologie) nous divise-t-elle; parce qu'elle nous fait vivre dans des mondes parallèles ?
> La volonté de domination que l'on retrouve chez des individus de toute communauté, les pousse-t-elle à tous les extrêmes pour manipuler les coeurs et les âmes, les esprits; parce que le goût du pouvoir ne connaît pas de frontières raciales ?
> Le rapport que chacun et chaque communauté a à l'histoire de "CE" pays nous divise-t-il; parce qu'il se centre sur sa communauté et néglige la part de l'Autre ?
> La terre qui, dans notre pays, continue à être facteur de contentieux de toutes sortes ?
La recherche de ce ou ces Grands Diviseurs Communs, mettra en évidence ce qui nous sépare, tous, les uns et les autres, mettra en évidence ce qui nous empêchera de construire ce Destin Commun, pour peu que nous ayons envie de le construire !
...---...
Quel est le Plus Petit Multiple (Commun) qui fonderait la construction d'un Destin Commun ?
Oui, le plus petit (aussi petit soit-il) multiple commun, nous autoriserait l'optimisme, s'il existait !
L'identité, la citoyenneté, l'amour que nous portons à notre archipel, une vision commune de la solidarité économique et sociale, l'acculturation acceptée, ... ?
> L'identité reconnue de chacun, de sa différence acceptée, qui nous rapprocherait; parce que lorsqu'on est bien soi-même, on peut l'être avec l'Autre; paradoxal ?
> La citoyenneté, au sens de celle approchée dans l'Accord de Nouméa, qui nous rapprocherait; parce qu'elle autoriserait un idéal commun à l'aide de quelques pistes, encore à construire ?
> L'amour que nous portons à notre petit pays du Sud-Ouest Pacifique; qui ferait de chacun de ses habitants des Océaniens et nous rapprocherait des habitants de ces autres îles du Pacifique; une appartenance ?
> Une vision commune de la solidarité économique et sociale qui nous engagerait à construire une société plus juste, et accessoirement une fiscalité de progrès pour favoriser son émergence; parce que l'incompréhension se nourrit de l'injustice sociale ?
> L'acculturation acceptée qui encouragerait tout un chacun à mieux connaître son voisin, autrement que par la couleur de sa peau; connaître et intégrer des éléments de culture de l'Un comme de l'Autre ?
La recherche de ce ou ces tous petits riens qui nous rapprochent, nous rendent un peu solidaires, nous font regarder l'Autre autrement que comme un ennemi potentiel, un ami potentiel !
...---...
En bref, qu'est-ce qui nous divise, qu'est-ce qui nous rapproche ?
Encourage-t-on ce qui nous divise ?
Doit-on approfondir ce qui nous rapproche ?
C'est ce qui soustend cette réflexion pour laquelle j'ai une fois de plus fait appel à ces notions mathématiques, si inutiles et si fondatrices !
...---...
Paradoxalement.

vendredi 16 janvier 2009

Provinciales 2009: billet N°6; le FLNKS peut être fier du travail accompli !

Pour les élections de cette soi-disant dernière mandature de l'Accord de Nouméa (comment numéroter celle de 2014 à 2018: "l'après dernière" ?) chacun va y aller de son bilan, de son absence de bilan, de sa critique contre ceux qui avaient le pouvoir, de son absence de critique ou d'opposition; c'est de bonne guerre (pour autant qu'une guerre puisse être bonne !).
Objectivement, s'il est un mouvement qui peut s'enorgueillir d'avoir fait avancer les choses en Nouvelle-Calédonie, et pour toutes les populations du pays, c'est bien le FLNKS.
Toutes les avancées déterminantes dont ont également profité les partis de la droite locale ou anti-indépendantistes; toutes ces avancées ont profité au moins autant au Peuple Kanak qu'aux autres populations de Notre Pays.
Objectivement, la lutte du Peuple Kanak a apporté du progrès et de l'autonomie à Notre Pays:
Un pouvoir au niveau des communes, des provinces, du Pays lui-même partagé avec le peuple kanak;
Une prise en compte de l'histoire de la Nouvelle-Calédonie dans les programmes scolaires;
Une intégration de la culture, des langues et des structures coutumières kanak dans la vie du pays;
Une accélération de la formation de cadres kanak;
Une prise en charge du développement économique, en particulier minier, par les kanak eux-mêmes;
Une reconnaissance de la Nouvelle-Calédonie dans sa région pacifique;
Une part de plus en plus grande prise par les kanak dans le monde du travail salarié, dans l'économie, dans l'administration, dans l'éducation et l'enseignement;
Et toutes ces avancées en faveur du Peuple Kanak ont eu des effets "collatéraux" essentiellement positifs pour tous les non kanak, dont ils ont pu tirer profit; il suffit de regarder la richesse et leur niveau de vie pour s'en convaincre.
...
Si je regarde le chemin parcouru depuis seulement la création du FI (Front Indépendantiste) et la convention de Wagap, à laquelle j'avais participé il y a une trentaine d'années, je redis qu'un très grand travail a été accompli. Que les morts, kanak et autres, ne l'ont pas été pour rien; que les batailles ont été gagnantes; que les "Vieux Kanak", s'ils n'ont pas vu l'indépendance, ont participé à l'émergence d'un Peuple Libre au sein d'une République Française qui a dû prendre en compte et favoriser l'application de réformes mageures dans Notre Pays; que les "Autres" populations ont dû apprendre que le Kanak sortait de ses réserves (sa réserve ?) et en tenir compte.
Que le vieux rêve d'autonomie interne de l'Union Calédonienne des années cinquante et soixante, partagé à cette époque par une grande majorité de la population quelle qu'elle soit, voit le jour.
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Entre mes 27 ans et mes 57 ans, les choses n'ont pas reculé, elles ont avancé, souvent dans la douleur, c'est sûr ! Mais, jusqu'à ce jour, c'est bien de cela qu'il s'agit: des avancées considérables.
...
MAIS, c'est pour cela que la vigilance doit rester de mise, pour qu'aucune régression comme on a pu en connaître dans notre histoire, ne survienne à nouveau.
Au delà de ce dernier risque, celle d'une régression, que demander de plus ?
Eh bien, la situation actuelle, pour être un réel progrès, porte en elle-même les germes du danger: car le mieux être des hommes et des femmes de maintenant passe par l'aspiration à plus de justice sociale, par un partage plus équitable du gâteau économique calédonien . Ou de sourdes colères gronderont... Réveillés par ces germes mauvais !
Le futur équilibre du pays et sa capacité à accueillir passeront par cette condition.

mercredi 14 janvier 2009

Une violence kanak prévisible ?

Oui, parlons de cette violence qui couve chez les Kanak, et pas seulement chez les jeunes.
Parlons de la violence de la colonisation, qui perdure sous des formes modernisées en ce 21ème siècle.
Parlons de la violence faîte à ces hommes et ces femmes cantonnés dans des "réserves", condamnés à disparaître de "la grande histoire" dans les années 1920.
Parlons de la violence de toutes ces images chocs qu'internet et les médias véhiculent.
Parlons de la violence du mal être de ceux qui ont si peu quand d'autres à côté ont tant.
Parlons de la violence des rapports de domination entre les hommes, selon qu'ils ont le pouvoir politique ou économique, selon la couleur de leur peau, selon qu'ils sont instruits ou non, selon qu'ils sont hommes ou femmes.
Parlons de la violence de l'Ecole Républicaine incapable à produire plus d'élites kanak au cours des 156 années de présence française.
Parlons de la violence faite aux fesses de femmes noires offertes que les missionnaires ont voulu cacher quand les fesses de leurs femmes blanches étaient couvertes de jupons; pour qu'au 21ème siècle, les fesses de femmes blanches s'exposent sans vergogne quand les fesses des femmes kanak sont cachées sous des robes dites "missions" !
Parlons de la violence d'un rapport à la Terre aussi improbable, difficile, que toujours remis en question.
Parlons de la violence de ces "grands" médias populaires locaux si timorés ou ignorants de leur propre pays, champions du "pas de vague" ou du conformisme, du publi-reportage; incapables du moindre journalisme d'investigation.
... ---...
Parlons de toutes ces violences qui, comme dans une tragédie, en un même lieu, un même temps, une même action, frappent le cerveau de ces hommes-femmes; et dont ils ne peuvent s'échapper au pire qu'à l'aide de quelques expédients alcoolisés ou cannabisés, au mieux en s'accrochant à quelque religion un peu plus généreuse.
Comme je les comprends.
Comme je comprends leur révolte insoutenable.
Comme je comprends leur tentation suicidaire; sous quelque forme ...
Que faire ? Aurait dit un Lénine. Qu'y faire, dirais-je ?
...---...
Et pourtant, combien Notre Pays est beau, si riche, si plein "d'à venir" heureux; ou d'avenir incertain ...
Et pourtant, il y a de nombreux Kanak au volant de beaux 4x4; accèdent-ils enfin à la "réussite" ?
Et pourtant, il y a de plus en plus de serveuses Kanak dans les restaurants; sérieuses et engagées dans leur job ! Bon signe ? ...
...---...
Je sais le bonheur de vivre en Calédonie, je connais les bonheurs des coups de fête sans se préoccuper de l'origine de l'un ou de l'autre, j'aime les métissages, des corps, des idées, des coups de gueule; j'ai peur de cette violence, latente, cachée, contenue, retenue, soudaine, mortelle, trop souvent.
Alors, cette violence kanak:
Anecdotique ? Négligeable ? Collatérale ? Fantasme ?
...---...
Amen.

L'écorché vif ...

Raymond me disait il n'y a pas si longtemps, comme d'autres avant lui, que lorsqu'on me lit on sent que je suis écorché vif. Cette réflexion m'a fait réfléchir ...
Car je suis un homme doux, hier (!), mais aussi aujourd'hui et probablement demain ! Ceux qui me connaissent "de près", "en chair et en viande", savent que je le suis, doux, même mes colères sont douces; je suis aussi ouvert, accueillant, toujours prêt à tendre la main ... Alors d'où viendrait cette expression écrite écorchée ?
Après réflexion je crois que c'est Notre Pays, la Nouvelle-Calédonie ou Kanaky, ou les deux, qui sont écorchées vives ! Mes écrits ne sont que les reflets de mes expériences vécues, de mes observations attentives, de mes ressentis profonds, d'une histoire de Notre Pays; l'histoire d'une "Terre Violente" que quelques autres avant moi ont essayé de décrire.
Ce sont bien les vibrations de Notre Pays que je transmets... C'est prétentieux de le dire, "sans déconner", mais, c'est ainsi.
Le sous-sol de Notre Histoire est tellement rempli de ces violences, exclusions, conflits, affrontements, incompréhensions, rejets, heurts, relégations, dénégations, qu'y enfoncer les poteaux d'une Case Commune appelée Destin Commun sera très difficile !

vendredi 9 janvier 2009

Quelle destinée pour le "Destin Commun": 2ème réflexion.

Le temps, le temps nous a manqué, alors qu'on avait le temps. Ce temps qui avait été inscrit dans l'Accord de Nouméa, en 1998, prévu sur 20 années et dont on a "bouffé" la moitié. Non pas que je crois qu'il faille prolonger le dit accord. Non, simplement certains hommes politiques ont été roublards et d'autres laxistes ou les deux en même temps.
En 1998, je trouvais et beaucoup avec moi que ces 20 années, c'était long, trop long; d'autres peut-être pensaient qu'on avait le temps ! Tous les Responsables politiques qui ont élaboré et signé l'Accord de Nouméa sont Responsables, précisément, de la situation dans laquelle nous nous trouvons. Ils ont joué avec le feu et le "ils" inclut les dirigeants Kanak.
Quelle situation ?
Celle d'une société calédonienne en voie "d'hawaïsation" ? Une société calédonienne écartelée ? Une partition sociétale ? Au-delà de ces apparences trompeuses de société multiethnique.
Un peuple autochtone avec ses institutions spécifiques (sénat et sénateurs, droit spécifique coutumier, ...) au milieu d'une société fonctionnant de plus en plus sur un modèle métro tout juste tropicalisé.
Migration importante et facilitée voire favorisée (continuité territoriale (sic) avec le "territoire" métropolitain, par exemple), "eldorado" revendiqué, au point que la Province Sud et Nouméa voient leur population augmenter considérablement; à en demander la révision des clés de répartition alors que leurs élus sont les premiers responsables de cette situation ... Qu'ils ont "un peu" favorisée ! Y-a-t-il eu 20 000 personnes débarquées de la Province Nord ces dix dernières années ? Ou sont-elles débarquées à Tontouta ?

Quel Destin Commun peut-on construire ainsi ?
Les scribes de l'Accord de Nouméa avaient pourtant mis ces 20 années devant nous pour que la population calédonienne et ses différentes communautés "apprennent à vivre ensemble" !Mais pour cela, il ne fallait pas perdre de temps ! Et faire en sorte que ces populations qui ont à se (re)connaître soient définies et stabilisées. Certains ont pensé que c'était l'enjeu du "corps électoral gelé", ils se sont trompés et bien ! Volontairement ? Le corps électoral gelé et la liste électorale spéciale n'ont pas été fécondés de sens.Non, que l'on aime ou pas à le dire, il fallait restreindre les migrations pour permettre la consolidation des rapprochements, favoriser les acculturations, contraindre le système éducatif à être performant pour augmenter les compétences des dites populations circonscrites par l'Accord de 1998 ...Au lieu de quoi, les uns dans leurs provinces Nord et Iles ont fermé pudiquement les yeux pour se concentrer sur la gestion de leur institution ( avec quelque raison bien sûr) et l'autre province, la Sud, comme le gouvernement, ont surfé sur les flux migratoires.

Le métissage ? Tous métis en 2025 ? Solution géniale ou "génitale" au Destin Commun ? Une fumisterie, une méconnaissance profonde de Notre Pays... Et de ses populations, de leurs évolutions respectives ! Tous dans un même pays c'est sûr, dans un même lit pour que l'on s'aime, n'importe quoi ! Le métissage existait avant même que le premier blanc ne débarque en Calédonie, il s'est poursuivi avec leur arrivée, il n'a produit aucune "créolité", ni langue commune qui se serait perpétuée ... Ici, on est tous métis, chacun chez soi et dans sa culture !!!Paradoxalement, les affrontements, les conflits sur les terres, les luttes des Kanak pour prendre leur part du pouvoir, en fait, l'histoire, ont rapproché les différentes populations et c'est ce que prétendait prendre en compte l'Accord de Nouméa; mais, depuis 1998, c'est plutôt à une véritable fuite en avant qu'on assiste: les cultures propres se folklorisent, la culture kanak s'enferme dans les musées et les centres culturels quand les jeunes kanak la fuient; les wallisiens, futuniens, vanuatais et bientôt polynésiens transfèrent et installent leurs propres chefferies en Kanaky-Nouvelle-calédonie (avec l'aval des chefferies kanak ?), les calédoniens dits "de souche" deviennent des pionniers folkloriques justes bons à rodéer ou être héros de BD, quand ils devraient être maintenant et aujourd'hui les pionniers inventeurs d'un avenir qu'ils tiennent en partie entre leurs mains, les métropolitains débarquent pour s'approprier sans vergogne, aurait-ils tord de s'en priver, ce territoire si facile, ignorant son statut, pour s'éffaroucher d'être écartés de ses scrutins spécifiques!!!

Dans de telles conditions, comment peut-on seulement évoquer un Destin Commun ? Quand vingt à trente pour cent de la population de Nouvelle-Calédonie seront arrivés ces dix ou quinze dernières années ? Comme pour une nouvelle colonisation en marche accélérée celle que n'aurait pas réussi le Gouverneur Feillet au dix neuvième siècle? A l'assaut de ce fameux "eldorado" si justement évoqué qui favorise le creusement des écarts, "distord" la société calédonienne, la bouscule !
Tous ces déséquilibres sociaux, culturels, humains, économiques, ne pourront engendrer que de la tension, bien loin du tableau idyllique d'un hypothétique "Destin Commun"!

Il n'y a plus de charrue à boeufs en Calédonie, mais nous on arrive malgré tout à mettre la charrue avant les boeufs ! A moins que les boeufs ne soient pas ceux que l'on croit.

Il n'est peut-être pas trop tard pour bien faire, pour se poser et se rencontrer pour mettre en place les états généraux d'un Destin Commun qui n'exclut personne, et en premier lieu "les populations concernées" telles que définies dans l'Accord de Nouméa et pour qui le concept avait été inventé; créer les bases fondatrices du vivre ensemble pour le siècle à venir.

jeudi 8 janvier 2009

6 janvier: Bonne année à tous les Chefs Kanak !

Mardi 6 janvier 2009, il est 11 heures quand nous arrivons à "La Commune" (*); toute la tribu est déjà là; nous sommes un peu génés; nous sommes en retard ! Comme quoi, il est des heures kanak qui respectent l'heure de la montre, ce qui n'est pas notre cas.
Tous les gens qui se reconnaissent de la tribu et qui sont présents ce jour sont en train de défiler devant les membres du Conseil des Anciens et du Chef pour leur souhaiter la Bonne Année. Je fais discrètement appeler David, le Président du Conseil pour lui demander de nous excuser et savoir comment nous devons faire; notre geste aurait dû être joint à ceux de tous les clans de La Vallée.
Pendant que nous allons saluer les uns et les autres, une plaisanterie par-ci, une grande embrassade par-là, le Président consulte discrètement quelques personnalités du Conseil puis Napwé prend la parole devant tout le monde en païcî pour expliquer que la famille Douyère allait présenter à tous et au Chef notre geste de Bonne Année.
La table au milieu de "La Commune" est dégagée, un banc installé pour que nos enfants et nos deux Vieux puissent s'asseoir. Je dépose sur la table le manou que j'avais choisi, il représente des tortues et des poissons stylisés "esprit", un billet une casquette "Koniambo Nickel SAS", hautement symbolique, que l'on m'avait donnée et que je destine à Willy, notre Chef. A côté, notre participation à l'apéritif et au repas qui suivront les cérémonies, des boissons hygiéniques et une bouteille "carrée", une "plaque" aussi et les gamelles préparées, encore chaudes.

Je suis ému. C'est toujours un moment important, pour moi, chaque année de participer à cette journée. Comme une sorte de renouvellement annuel d'une alliance ancienne, nouée implicitement par mes père et grand-père, renouée en 1985 par mon père et moi-même au moment des revendications de terres et en 1993 par moi-même et Anne qui avait accepté de m'accompagner quand je suis venu m'installer sur ce bout de terrain familial perdu sur la Côte Est au fond de cette vallée de Tchamba, pour lui redonner vie tout en assurant la direction du collège à Ponérihouen.

Echange de paroles, simples sincères, fortes aussi. J'évoque la fraternité, notre affection réciproque, notre souci partagé pour notre jeunesse, les repères que nous sommes, Nous, ici, pour Eux. La patience et le dévouement des femmes ... A nous de faire en sorte que 2009 soit une Bonne Année. En retour, parole d'amitié et exemplarité de nos relations sur le contre-don ...
Il est temps d'aller prendre l'apéro !
Une belle table est dressée avec boissons, amuse-gueules, nos verres remplis sont maintenant levés pour trois superbes "hip hip hourra" qui ont résonné fort, effrayé les cerfs, et ... Amené la pluie ! "Mêinâ popaa" (**) !
Libre-service a dit Thomas. Nous défilons remplir nos assiettes de ces préparations dont les femmes ont le secret ...
Discussion avec Samuel qui travaille à Kouaoua pour la SLN, sur le Nickel et les aléas de son cours qui ne l'inquiètent pas outre mesure ... Avec Jeannot et Edouard qui encadrent les jeunes pour diverses animations sportives; j'évoque avec eux mon projet de marquer la date du 4 mai 2009, vingtième anniversaire de la mort tragique de Jean-Marie Tjibaou, inventeur de la Transversale Tiwaka-Koné, par une course en relai entre Poindimié et Koné en sa mémoire. Et sur cette route autrefois décriée et qu'il a voulue avec l'appui des Païcî- Cemuhî ...
Après le repas, foot, volley, pétanque, perturbés par la pluie qui recommence à tomber. il va falloir que j'abandonne mon verre de "diawé mî" (***), mes amis et notre discussion animée. Cette fois le creek que nous devons traverser pour rejoindre notre maison ne nous attendra pas pour monter, il se moquera bien de notre pick-up qui ne pèsera pas lourd face au courant !
Nous nous séparons à regret ... Une fois de plus, quelque chose s'est passé.

Bonne Année "ukaï" (****) !!!

(*) Maison Commune administrée par le Conseil des Anciens.
(**) Forte pluie.
(***) Vin, littéralement "l'eau rouge".
(****) Chef.

mercredi 31 décembre 2008

Bonne "morosité" 2009 !

Je n'ai pas du tout, mais alors pas du tout envie de faire dans le traditionnel voeu dans le cadre de ce blog. Car ce serait hypocrite; dans la mesure où mon état d'esprit fait plutôt dans l'inquiétude. Une inquiétude qui n'empêche pas l'espoir ou l'optimisme quand ils ne sont pas béats !
Evidemment, je souhaite le meilleur à mes lecteurs et à Notre Pays; mais une fois que l'on a dit cela ... Que reste-t-il ? Que nous laissera la réalité, à fabriquer, de cette année 2009 ?
Une année 2009 qui verra les élections provinciales accompagnées de leurs lots de déchirements, d'incompréhensions, d'ambitions, de déceptions ... Parce que nos futurs ex-élus, qui craignent de l'être (ex-) vont tout faire (même son contraire) pour se maintenir, sous prétexte martelé, qu'ils détiennent eux, la vérité sur ce qui est bon pour le peuple; qu'ils prétendent avoir consulté lors de pseudos conventions, congrès ou f(aux)rums arrangés ...
Une année 2009 qui verra notre économie locale suivre la voie de l'économie mondiale et s'essouffler, lentement (j'espère) mais sûrement...Tous les indicateurs économiques, financiers, budgétaires sont au rouge, TOUS. Même l'effondrement du cours du pétrole n'est pas une si bonne nouvelle que cela ! A tel point que "l'on" retarde le plus possible sa répercussion aux pompes ...
Une année 2009 qui verra se tenir les élections européennes qui ne mobiliseront personne, ou si peu, en Nouvelle-Calédonie, ingratitude d'un pays qui reçoit tant de l'Europe ! Est-ce que tous les électeurs, citoyens de Nouvelle-Calédonie qui se mobiliseront pour les Provinciales, le feront pour les européennes ? Et les Autres, ceux du tableau annexe, se mobiliseront-ils, eux, pour ces européennes pour lesquelles ils ont le droit de voter ? Ou les uns comme les autres les bouderont-ils de concert ?
Une année 2009 qui verra, contre toute apparence, les clivages ethniques et sociaux se creuser dans le cadre idyllique du Destin Commun; fameux paradigme idéalisé mais loin, très loin d'être conceptualisé pour le décliner en actions fondatrices, d' une société véritablement consensuelle qui est très loin d'exister, si ce n'est sous quelques formes embryonnaires.
Une année 2009 qui verra croître tous ces déchets sociétaux non triés que sont les violences (verbales, physiques, sociales, économiques), les délinquances (juvéniles ou non, assumées ou revendiquées), les conflits de toutes sortes, l'exacerbation des rancoeurs et des sentiments d'injustice; contre lesquelles l'entreprise de nettoyage des "petits hommes verts" ne pourra rien; contre lesquelles les seuls remparts resteront les "hommes en bleus" des deux Nationales et de la Municipale; voire des brigades de vigiles ou encore ... Des murs toujours plus haut, des quartiers-ghettos de gens qui ont peur, pas toujours les riches d'ailleurs !

J'ai conscience que tout cela égréné de la sorte, fait plutôt "prévisions horoscopiques", pessimistes et même noires, mais ici, la forme vaut le fond, assumés !
Car, le rôle de gens de mon expérience, n'est-il pas d'alerter, de prévenir, ou encore de donner à réfléchir, sans complaisance ni compromission intellectuelles ?

P.S. Illustration ? Au moment où j'écris ce billet, j'entends le ronflement provocateur d'un moteur en furie entraînant une caisse à quatre roues crissant autour du rond-point pas loin de chez moi, le tout accompagné de cris (d') excités; saluant, je suppose, cette nouvelle année 2009 avec autant de ferveur que de fureur; j'imagine les canettes brandies avant d'être balancées pour saluer la Calédonie; et nous sommes le 1er, à 10 heures du matin !!!

mardi 23 décembre 2008

Un peu d'astronomie tropicale... Pour le Père Noël.

Le 21 décembre dernier, c'était le solstice d'été.
La Nouvelle-Calédonie étant placée quasiment sous le Tropique du Capricorne, cela signifie qu'au zénith, à midi, le soleil est à notre verticale. La ligne du Tropique du Capricorne sur la Terre, marque alors le parcours virtuel du soleil "autour" de la planète, notre tropique devenant l'équateur de ce moment que l'on appelle le solstice d'été.
Notre bonne vieille Terre, tout en continuant à tourner comme une toupie bleue autour de son axe va maintenant "se redresser" tout doucement pour présenter à notre gentil Soleil l'autre hémishère, le Nord, pour qu'il se réchauffe à son tour, et passe par le même solstice ... Dans six mois.
Malheureux Papa Noël, descendant de l'hémisphère nord au mois de décembre où c'est tout le contraire ! Ne devrait-on pas lui offrir une belle chemise à fleurs, rouges bien sûr, légère, un bermuda rouge aussi en toile de coton légère ... Et des claquettes. On pourrait lui offrir encore des lunettes fumées, contre la luminosité ambiante et pour que les enfants ne le reconnaissent pas ! On lui prêterait quelques uns de nos cerfs, les plus beaux, plus adaptés aux températures locales que ses rennes du nord... On mettrait les petites claquettes des enfants à côté des barbecues, pour qu'il y pose ses cadeaux, une ou deux brochettes seraient maintenues au chaud pour qu'il reprenne des forces sans être trop dépaysé tout de même. J'oubliais une bonne bière bien fraîche, dans une petite glacière, il en aura besoin pour se rafraîchir. Avant de poursuivre sa route, celle des enfants des Tropiques qui pour cette fois, "ne seraient pas tristes".Joyeux Noël à tous !

jeudi 18 décembre 2008

Quand la mer envahit Nouméa ...Flux et reflux, suite.

Hauteur des marées aujourd'hui:
Haute mer: 1,60 m basse mer: 0,40 m soit 1,20 m de marnage, de différence si vous préférez, ce n'est pas les 9 m de la Rance bien sûr, mais pas négligeable non plus.
Imaginez le volume d'eau de mer, en mètres cubes, qui se déplace, envahissant la mangrove, s'imisçant partout, submergeant les rives les plus hautes, d'ordinaire au sec; et accéssoirement, repoussant les saletés "civilisées" au plus haut de la berge les rendant à leur expéditeur, l'Homme.
120 centimètres de hauteur de liquide multipliés par des kilomètres carrés de superficie, une belle quantité d'eau de mer qui régénère ces champs de palétuviers !
Au plus haut de ces hautes eaux, je m'imaginais navigant en canoë ou en kayak, à travers tous ces canaux, qui survivent encore aux remblais autour de Nouméa; admirant ces racines tordues sur lesquelles aiment jouer les enfants, observant poissons de toutes espèces et oiseaux attentifs à leur pêche, jouant avec les petites brises qui frisent la surface de quelqu'anse (Uaré ?) perdue !
Ce serait beau, ce serait bien !
Peut-être même que ce serait touristique (!?); à moins qu'on ne conçoive le touriste uniquement comme un être affalé à cramer sous le soleil sur une plage de sable blanc, ou au bord d'une piscine un coktail à la main ...
Stéréotype, quand tu nous tiens, l'imagination fout le camp !

Quelle destinée pour le "Destin Commun" ? 1ère réflexion.

J'ouvre ici une série de réflexions dans des billets qui seront dédiés au concept "sociologico-politique" de "destin Commun" tel qu'inventé par les signataires de l'Accord de Nouméa en 1998. Car il y a longtemps que je réfléchis au sens de cette invention, cet outil conceptuel dont personne ne sait vraiment comment l'utiliser sauf à rester dans la banalité, le slogan ou l'incantation.Ou encore à l'évoquer comme d'un acquis des "zaccords" pour en exiger son application immédiate (respect, civilité ...), ou pour en déplorer les dérapages (délinquance, conflit ethnique ...).

Préalable:
A l'occasion de plusieurs messages, j'ai expliqué le sens de ce blog. A nouveau je tiens à préciser que j'ai toujours été à la fois acteur et observateur de ce qui se passe dans Mon Pays. Pas l'un sans l'autre ou l'autre sans le premier; parfois bénéficiaire de ses bienfaits ou victime de ses méfaits, c'est selon. Mes racines, ethniques, sociales, professionnelles, politiques, familiales voire amicales, s'accrochent partout, sans distingo. J'insiste, peut-être lourdement, car je ne veux pas que l'on considère les réflexions et analyses ou les réactions paraissant dans ce blog comme celles provenant d'un regard extérieur ou pire détaché, irréfléchi ou illégitime, infondé ! Je crains trop les procès d'intention, fréquents chez nous, n'est-ce pas ?
J'ai vécu et je vis Mon Pays, Notre Pays, pleinement, entièrement, "absolument"; depuis près de 57 ans, c'est ce qui fonde ma parole-écriture; car j'aime mon Pays, Lui et Ses Gens, parfois jusqu'à les honnir... Jamais trop longtemps !
Et puis, mon engagement vaut pour mes enfants, pour nos jeunes; sinon devront-ils passer par où nous sommes passés, sans que notre expérience ne leur serve en rien ?


Introduction:
Détour pas les fondamentaux. Le Petit Robert dit:
Destin: "Puissance qui, selon certaines croyances, fixerait de façon irrévocable le cours des événements..."
Commun: "Qui appartient, qui s'applique à plusieurs personnes ou choses".
C'est peu dire de l'ambition qui rapproche ces deux mots, destin et commun ! Et pourtant ces deux définitions comportent en elles-mêmes toutes les ambiguïtés de ce tandem de mots, avec ces mots: " puissance, croyances, irrévocable, événements, appartient, s'applique, plusieurs, personnes, choses". On sent à travers eux, même pris séparément que l'on touche à un domaine que nous ne maîtrisons pas vraiment, que nous subissons ou qui s'impose à nous ...
OR;
L'action politique, la vraie, la sincère, la "bonne action", ne peut se satisfaire de cette approche mystique frôlant l'éxaltation. Cette action, si elle vise l'efficacité, ou à tout le moins dans un champ d'application aussi difficile que complexe, si elle vise un minimum de résultat dans les réalités humaines et sociales de Notre Pays; cette action donc, doit être précédée d'un état des lieux des pratiques culturelles et sociales, des mentalités historiques comme actuelles et s'y ancrer. Et je ne veux surtout pas dire ici qu'il faille encore faire venir des experts en psycho-sociologie pour qu'ils nous analysent ou nous fassent dire ce que l'on a dans le crâne ! On se débrouillera bien mieux entre nous ... Avec nos propres expertises(*).
Mais la réalisation du "Destin Commun" peut-elle être un objectif politique ? ou résulte-t-elle d'un ensemble d'actions politiques ou non ? Le "Destin Commun" n'est-il au "pire" qu'un rêve, "i had a dream ...", au mieux une finalité (qui implique un plan, un dessein) ?
Ou un dessin: tiens! Dessinez-moi le "Destin Commun"... Non ! je n'ai pas dit "un drapeau" !!!

A moins que le "Destin Commun" ne soit qu'un gros leurre, une immense illusion. Car en toute fin de compte, qu'on le veuille ou non, cette communauté de destin(s) est en marche depuis plus de cent cinquante années, non ? Pourquoi cette génération-ci croit-elle pouvoir y changer quoique ce soit ? Poser cette question, c'est déjà commencer à y répondre, à y réfléchir. Car beaucoup au cours de l'histoire de la Nouvelle-Calédonie, ont cru apporter la réponse qui convenait à cette problématique du "vivre ensemble" ou du "destin commun": des missionnaires et des églises, des gouverneurs, des hommes et des partis politiques locaux; franchement, qu'y-a-t-il de nouveau sous le soleil du Tropique du Capricorne ?
Et pourquoi tous ces essais n'ont-ils pas marché au point qu'on inscrive dans un accord politique ce "machin" qui veut tout dire et rien dire qu'on nomme "Destin Commun" ?
Pour se rassurer peut-être !

Pourquoi, qui peut me répondre ?
Qui peut me jurer que grâce à cette "croyance" en un destin commun ( au fait, forcé ou accepté par tous ?), on ne se mettra pas dessus à nouveau ( émeutes, attentats, bloquages, affrontements physiques ou armés ethniques ou sociaux, instabilité politique, dérives économiques, exclusions, nettoyages ethniques ...) ? Est-ce que les signataires de l'Accord qui ont mis cette idée en exergue peuvent me le garantir, ou la République Française signataire de cet Accord également, mais qui nous a montré qu'elle était autant capable de paix que de guerre dans notre petit pays ?

Pour briser là et net cette vision ultra pessimiste je vous propose une première réflexion plus légère, plus imagée, quoiqu'illustrant pleinement ce dernier propos.

Palabre:

Une première réflexion donc. Une problématique matheuse mais signifiante.
Je vous demande de faire appel à quelques notions de géométrie élémentaire pour illustrer mon propos, ainsi qu'à votre capacité à former des images dans votre tête, à votre imagination en quelque sorte.

Les destinées des parties prenantes du "Destin Commun" ne seraient-elles pas semblables à celles de deux, ou trois ou plus, droites parallèles ? Elles peuvent ne jamais se rencontrer ! Sauf peut-être à l'Infini, même si on n'y est jamais allé voir, c'est trop loin; et nous, on est fini. Et pourtant, en perspective, les parallèles se rejoignent ! Non ? Ou c'est une vue de l'esprit (avec lequel je joue, présentement). Avoir une perspective permettrait alors à nos destinées parallèles de se rejoindre, mais où et quand ?

Les destinées de ces parties prenantes de l'histoire écrite ou à écrire de Notre Pays que j'illustre par ces droites parallèles, ne risquent-elles pas de défier la logique euclidienne pour se percuter, si on n'y prend garde, après avoir convergé un temps (les vingt ans du temps des "zaccords" par exemple), pour finir en lignes (de vie) brisées. Ou vont-elles ricocher pour diverger définitivement, s'éloignant sans plus d'espoir de rapprochement étirant un fil (de vie) jusqu'à le briser. Ou vont-elles rester distinctement parallèles, poursuivant le même but, mais à distance, dans la méfiance. Ou vont-elles se confondre, à terme, mais dans le meilleur sens du terme, le sens géométrique, où, tout en gardant leur identité propre, deux droites parallèles ( d1 et d2) peuvent être confondues, tout en étant distinctes; ainsi, ces destinées feraient chemin ensemble...
Comme les Compagnons d'Emmaüs avec un troisième compagnon qu'ils ne reconnaissent pas ?

A la prochaine ... Réflexion.

(*) N'oublions jamais, que même le meilleur des experts , malgré toute l'empathie dont il sera capable, ne pourra jamais se défaire de ce qu'Il est, de ce qui L'a fait, de ce qu'Il a fait (ailleurs bien souvent); c'est toute leur limite, qui ne les déshonore pas pour autant... Pour autant qu'ils l'admettent et qu'ils fassent preuve d'humilité et de modestie (vraies ou fausses ?) ...

lundi 15 décembre 2008

Hyper U, Hyper Utile, Hyper Urbain, Hyper Urticant...

Aujourd'hui, dix heures du matin à Ducos, entre les ronds points Forest et de Papeete, c'est "galère", les voitures à touche touche, qui n'avancent pas. Je repars vers le Centre, pareil, rond point pour prendre la rue ampère, bouché; et dans l'autre sens c'est pire ! On n'est pourtant pas à des heures de sortie de travail, ou de prise de travail ...
Et là, dans les embouteillages surchauffés par le soleil et le temps lourd, "je pônse d'un coup": "non, messieurs les "zélus", messieurs les promoteurs commerciaux, n'allez pas mettre un hypermarché avec ses dizaines de boutiques à cet endroit, s'il vous plaît, noooon !"
C'est plus des bouchons que l'on aura, un bouchon, ça se débouchonne, mais là, ce sera fini, saturations, bloquages ... A moins d'investir des milliards dans des infrastructures routières impossibles !
Honnêtement;
Un nouvel hypermarché en Nouvelle-Calédonie, c'est une excellente idée, tout le monde approuve; mais n'allons pas le mettre à Ducos, à l'entrée de Nouméa ...
Par contre avec une agglomération qui se développe vers le Nord, vers Païta-Tontouta, c'est par là-bas qu'il faut le mettre, d'autant plus qu'il serait alors un peu, un tout petit peu, plus proche de la Brousse, de ceux qui veulent descendre faire leurs courses sans entrer dans Nouméa, il attirera les habitants de tous ces nouveaux quartiers, de ceux qui filent vers le Nord. Nouméa a déjà deux hypermarchés et toute une série de petites et moyennes surfaces commerciales...
Même placé entre Nouméa et Tontouta, cet hyper et ses boutiques attireront du monde et alimenteront la concurrence pour le bonheur des consommateurs.
La "quatre voies" a été créée pour dégorger le trafic vers le Nord de la grande agglomération de Nouméa, alors pourquoi engorger à nouveau cette ville-presqu'île en envoyant tous les habitants de ces nouveaux quartiers au nord du péage s'agglutiner aux portes de Nouméa ?
Pour mémoire;
L'hypermarché Carrefour devait s'installer dans Nouméa intra-muros et tout a été fait (surtout par M. Jacques Lafleur contre M. Philippe Pentecost) pour pousser cet Hyper hors de Nouméa (pour le bien du Géant de M. Lavoix, et accessoirement celui des dumbéens et des mont-doriens) ! Alors pourquoi de nos jours faudrait-il faire marche arrière dans le temps et vouloir à nouveau intercaler un nouvel hyper entre ces deux hypers ? Ce serait purement démagogique, à moins de vouloir faire plaisir à quelqu'ami ...
Alors;
M. Gomès, s'il vous plaît pour la Province Sud et pour Notre Pays tout entier, la Nouvelle-Calédonie, ne laissez pas faire n'importe quoi !
A moins que cela ne soit que pure folie électoraliste à l'approche des élections provinciales de 2009 ! Une de plus...

mercredi 10 décembre 2008

Merci M. Sarkozy ...pour la Nouvelle-Calédonie.

Oui, merci M. le Président. Il y a un an je débutais ce blog avec quelques messages inquiets à l'orée d'un n-ième comité de suivi des signataires des Accords Matignon-Oudinot et de Nouméa.
Lors de la conclusion de ce comité de suivi-ci, je suis " confiant et ... Perplexe" ...
Après vous avoir bien écouté Monsieur le Président de la République dans votre discours aux "zélus" ce soir à Nouméa, je souhaite réagir à partir d'extraits de votre discours.
Extrait 1: " deux légitimités...Consensus...Respect des engagements": M. Frogier a dû se mordre la langue, ou se boucher les oreilles, lui le signataire qui fait tout le contraire et remet en question régulièrement l'Accord de Nouméa par intérêt électoraliste.
Extrait 2: "Equilibre politique et social ...équité...": la Calédonie est par essence, depuis l'arrivée des Blancs, terre de déséquilibre, d'injustice... Messieurs Frogier et Yanno, nos députés en sont un témoignage, eux qui ne sont pas du tout représentatifs de l'ensemble de la population de leur circonscrition respective.
Extrait 3: "garantie de l'éducation pour TOUS les enfants": comment l'Education Nationale qui n'a soi-disant rien à se reprocher ici, tant elle est de bonne qualité et efficace, explique-t-elle que les enfants Kanak représentant 45% de la population ne réussisse pas à 45% au baccalauréat mais à plus de 80% dans les CAP ... Sont-ils moins intelligents, M. le Président ? Ou y-a-t-il un problème d'efficacité du système éducatif , ici, en Nouvelle-calédonie. Pourquoi, en 2008, bientôt 2009, êtes-vous obligé d'évoquer encore ce sujet ? Sous Jules Ferry, il y a déjà bien longtemps, la Nouvelle-Calédonie n'était-elle pas déjà sous le girons français ? Mais c'était sûrement une autre histoire à oublier très vite.
Extrait 4: "des autorités locales irréprochables" ! Oui, bon, M. le Président, vous avez les moyens de le faire vérifier, si vous en avez la volonté. Ou doit-on en douter... De l'irréprochabilité des autorités locales ?
Extrait 5: "effort massif de formation ... Cadre Avenir ...": mais alors, à quoi peut donc bien servir la formation initiale délivrée par l'Education Nationale localement ... Qu'il soit nécessaire de mettre en place des dispositifs coûteux de formation d'adultes ou de jeunes adultes pour compenser toutes ces carences en compétences ?!
Extrait 6: "cadres d'origine kanak à Sciences Po Paris": vous avez raison, ces futures élites ne pourront pas faire pire que tous celles qui nous arrivent de là-bas et qui méconnaissent outrancièrement les réalités locales du haut de leurs certitudes universitaires mais en rien universelles (cf. Lévi-Strauss ou Morin évoqués plus avant dans un message précédent).
Extrait 7: "véritable égalité des chances": conférer les commentaires des extraits 5 et 3.
Extrait 8: "le désordre naît du sentiment d'injustice": Eh bien je crains que nous n'avons pas fini de rencontrer le désordre, M. le Président ! Le haussaire, M. Dassonville n'a pas fini de faire appel aux forces de l'ordre pour réprimer le besoin de plus de justice et d'équité ... !
Extrait 9: "laisser sur cette terre des hommes et des femmes dont nous avons besoin...": De quels hommes et de quelles femmes parlez-vous M. le Président ? Ceux que vous évoquez dans les extraits 5,6,7 ? Je le pense, ce serait cohérent !
Vision insolite: M. le Président, les représentants de l'UMP localement, en particulier Frogier et Yanno, ont-ils bien entendu, donc compris, le sens de votre discours ? Concernant M. Frogier j'ai des doutes ... Pour qu'il commente votre intervention en évoquant la neige qui tombe, au sortir de votre réception ...!!!??? Une manière légère de signifier qu'il n'en a rien à fou... de votre discours. Je suis excessif, M. le Président, mais ça se passe comme ça depuis longtemps avec M. Frogier, ici, chez nous.
Image: la coutume par M. Ponga, le visage sévère, effet de l'émotion, voulait-elle signifier qu'il vous remerciait et qu'il vous avait compris, ou était-ce un simulacre auquel il était le seul à adhérer ? Même si je sais que les différentes délégations ont dû s'entendre pour qu'il les représentent tous ... Hypocrisie ou votre message a-t-il été reçu 5 sur 5 par cette coutume ?
Fatigue: M. le Président, vous nous êtes paru fatigué, avec raison, vu vos fonctions à l'échelon national et européen; votre discours nous a plu, lui, pourrait faire consensus, mais seront nous 250 000 calédoniens à l'avoir entendu de 250 000 façons différentes ? Vos conclusions, plus spontanées, "aimez-vous ...", vous ressemblent, mais quid de vos interlocuteurs, nos "zélus", trop souvent sourds même à leur propre Pays, mais moins à leurs intérêts ... Personnels, prompts à se disputer la moindre parcelle de pouvoir et davantages associés ? Surtout à l'approche des élections provinciales de 2009 !
Merci enfin à M. Martin qui, dans ses commentaires de sortie de l'Elysée, a été le seul à nous replacer (j'évoque la Nouvelle-Calédonie) à notre place, toute petite dans l'échelle de vos préoccupations nationales et internationales.
Conclusion: j'espère que les Renseignements Généraux vous feront un compte-rendu ainsi qu'à M. Yves Jégo, à Mme le Ministre de l'Intérieur, de ma réaction bloggique ... !!!

lundi 8 décembre 2008

Le 8 décembre 2007, cette chronique rejoignait son époque.

Il y a un an jour pour jour j'ouvrais cette chronique à l'aide de ce blog. Je ne savais pas où j'allais; et j'y allais avec beaucoup d'appréhension. Je n'étais pas à l'aise avec ce que j'avais à dire ni avec le support que j'allais utiliser, l'internet et le blog. Je savais simplement que j'avais quelques messages à faire passer concernant Mon Pays, Notre Pays.
Des messages fondés sur un vrai, un vieux compagnonnage avec la Nouvelle-Calédonie et ses populations. Mais les messages d'une Parole interdite de communication, excommuniée en quelque sorte, non conformiste, sûrement.
Une chronique, une écriture inscrite dans le temps, une écriture qui parle; pour dire et réfléchir les choses; ces choses que l'on voit, que l'on vit, que l'on pense, que l'on subit, fatalement; ces choses que l'on ose, aussi, ces rebellions salutaires !
Je remercie mes lecteurs, assidus ou de passage, de la confiance qu'ils me font; ou plutôt de la confiance qu'ils font en ce que j'écris, de l'intérêt qu'ils y portent.
Je sais, maintenant, à quelques indices, l'audience de ce blog, qui va bien au-delà de ce que les quelques commentaires en révèlent; l'aspect émergé de l'iceblog, en quelque sorte ... Et c'est au nom de cette audience immergée que je continuerai à défier l'histoire de ce qui semble écrit d'avance par quelques prophètes politiques incertains.
J'ai encore tant de choses à partager de ce que je sais, de ce que je sens ou je ressens de Notre Cher Pays. Avec Vous, avec Nous, avec Tous !
Et j'appelle, ici, à la rescousse, quelques uns de ces maîtres à penser modernes, très modernes pour qui sait les lire, pour qu'ils m'aident à poursuivre ce travail de petit chroniqueur de Notre Petit Pays:
Claude Lévi-Strauss qui a remis chaque culture à sa place, bannissant toute hiérarchie;
Edgar Morin qui nous rappelle la complexité de la Nature, de l'Homme et de toute société;
Trinh Xuan Thuan, l'astrophysicien qui cherche à comprendre l'Homme dans l'Univers; la physique voisinant la métaphysique.

Je n'ai pas trop su agrémenter ce blog, le rendre attrayant, ou encore interactif; peut-être ne l'ai-je pas trop voulu non plus.
Toutefois et pourtant;
Simplicité et humilité flirtent parfois, dans ce blog, avec l'orgueil et l'arrogance, il me semble; probablement un effet secondaire de l'effet internet, de l'effet "bouteille à la mer" ... Ou d'une colère sourde à jamais présente, effet symptomatique d'une vie calédonienne sans Nord, ni Sud !
Merci à mes lecteurs fidèles, quelqu'ils soient, qu'ils haïssent, honnissent, apprécient, rejoignent ce que j'écris; ou que j'interpelle.
"Hasta la verdad, siempre ..."

mardi 2 décembre 2008

Que la mangrove est belle ! Flux et reflux dans les palétuviers.

Il existe encore des palétuviers autour de Nouméa;
Comme ailleurs autour de la Grande Terre; une mangrove parfois dangereuse, comme à Ouémo, pour quelque femme, agressée ... Un comble !
Car la mangrove est grosse de tant de vie !
J'aime longer, en trottinant, ces lambeaux de mangrove sur lesquels "reluquent" trop de promoteurs à peine réfrénés par des dirigeants communaux aux yeux remplis de remblais et de bétons. Quelques canaux subsistent, où l'on peut contempler les effets vivifiants et régénérants du flux et du reflux des marées dans les palétuviers.
Tant de vie marine y grouille encore que j'aimerais y convier le maire et son conseil municipal, observer ces bancs de tous petits poissons grouillant au plus près de la rive, un peu plus loin, les moyens poissons, comme dirait ma fille, et plus éloignés, plus méfiants, ces bancs de gros poissons, prêts à se sauver au plus vite entre les racines des palétuviers pour y trouver refuge. Dans une eau pourtant pas très claire !
En deux années d'observations régulières, trottinant le long de ces lambeaux de mangrove, je n'ai pas trouvé que le nombre de ces poissons, si tant est que j'ai pu les compter, ait diminué ... Signe de bonne santé de l'eau noyant toutes les six heures les palétuviers ? Ou dernier sursaut d'une nature marine en sursis, Monsieur le maire ?
Comment aimez-vous la côte, Monsieur le Maire ?
Bien aménagée, par les pelles rétros, avec des gros cailloux sortis des carrières et bien assemblés les uns au-dessus des autres ? Bien ordonnés ?
OU,
Un peu brouillonne, grouillante, couverte de palétuviers prêts à mourir pour assénir les eaux usées de la civilisation ?
Quelques êtres humains ont choisi de vivre au milieu de cette nature ... Si naturellement protectrice. Ils "squattent" quelques "champs" de palétuviers, se souvenant peut-être, confusément, que d'une manière avérée, ils et nous, sommes tous issus de ce milieu improbable entre mer et terre. Eux aussi sont en sursis, probablement. Avant d'être relogés, pour leur bien, dans quelques cages à lapins, moitié béton préfabriqué, moitié tôle et micro jardinet (!); pour favoriser leur épanouissement, celui de leurs enfants, immergés dans une "Nature Murée", nécrosante pour les Anciens, mortifaire et "suicidifaire" (!?) voire "délinquantifaire" (re-!?) pour les plus jeunes.
...---...
Le flux et le reflux, Monsieur le maire, connaissez-vous ?
Les palétuviers, Monsieur le Maire, aimez-vous ?
L'avenir, Monsieur le Maire, et le Député-Sous-Maire, y songez-vous ? Sous quelle forme ?
...---...
Allonnns ! Entre béton et palétuvier, nous avons choisi Monsieur Douyère, définitivement ... Et, mort aux utopistes et en corollaire, à la mangrove et à ses habitants, animaux et ... Humains !

lundi 24 novembre 2008

Provinciales 2009: billet N°5; la chasse aux sièges ... est ouverte.

Plus il y aura de listes, plus il y aura de candidats !
Plus il y aura de candidats, plus les places éligibles seront chères !

Plus il y aura de listes, plus il leur faudra convaincre les électeurs!
Plus il faudra convaincre, plus la com(munication) sera débridée !

Plus il y aura de listes, plus il faudra "ratisser large" !
Plus il faudra ratisser large, plus la démagogie sera reine !

Plus il y aura de listes, plus on fera appel à la "société civile" !
Plus on fera appel à la société civile, plus tout le monde et n'importe qui sera sollicité !

Plus il y aura de listes, plus la bataille du seuil (*) sera rude !
Plus la bataille du seuil sera rude, plus tous les coups (pourris) seront permis !

Plus il y aura de listes,
Plus il y aura de démocratie ?

Mais;
S'il y a moins de listes, il y aura moins de choix de candidats !
S'il y a moins de listes, il y aura moins de nuances !
S'il y a moins de listes, il y aura moins de propositions !
Et;
Qu'en sera-t-il des élus actuels qui ont goûté à leur siège et à ses avantages depuis 5, 10 voire 15 années ou plus ?
Accepteront-ils de laisser la place à d'autres, de faire de la place pour d'autres; pour renouveler et enrichir la réflexion et les propositions comme les compétences pour préparer l'avenir de Notre Pays ???

*(Une liste devra obtenir 5% des inscrits pour participer au partage des sièges aux assemblées de Province et au Congrès)

samedi 22 novembre 2008

Hache os (t') un soir ... Quelque part dans la Chaîne Centrale.

Pseudo-fiction; Number two...

La grande hache s'est abattue; je me suis retrouvé à Koumac; à me tortiller sur un lit d'hopital. Mal, trop mal, malgré la morphine, à n'en plus pouvoir...

Une rencontre entre une grande hache et un pied...Nu. Une artère coupée sur plus de trois centimètres. Un voyage en ambulance, la nuit, à travers toute la Province Nord, la Tiwaka-Koné, et Koné, changement d'ambulance, et la douleur qui monte de ce pied, balloté dans tous les sens possibles, comme pour évacuer cette douleur tenace et si improbable.
Curieux voyage qui me conduit dans cette chambre de l'Hopital du Nord, à côté de ce jeune garçon blessé à la main. Et cette douleur, incroyable, oubliée, qui me fait supplier ce garçon de m'excuser de gémir.

Et cet infirmier au bandana, attentif, et cette infirmière jolie, comme un pléonasme, qui se penchent sur mon ... Pied.
Enfin, on me soulage de ce pansement compressif qui désolidarise mon pied du reste de mon corps tout en agressant violemment ma tête.
Du sang partout dans le couloir, on me suit ...A la trace.

Enfin, la péridurale qui désolidarise, elle aussi, à sa façon, le haut du bas de mon corps.
"Tout va bien M. Douyère ?"
Oui tout va bien; coupez enfin ce pied que je ne saurai supporter plus avant !

Mais qu'ai-je donc voulu couper pour la 2182ème fois cette buche posée, comme d'habitude, verticale, sur ce vieux billot de houp ? Un exercice rôdé. C'était sans compter l'instant de distraction improbable lui aussi; ou peut-être, probablement probable !

Je ne sens plus rien ... Mais je n'ai plus mal. Et surtout, mon pied ne pisse plus le sang !
Je suis fatigué, très fatigué, de tout, de cette cônnerie qui m'est arrivée, de cette vie finalement sans sens; puisqu'un rien peut la faire basculer; à moins de prendre l'illusion pour une réalité...illusoire et improbable, toujours !
Les enfants, Anne doivent s'inquiéter; qu'ont-ils compris ?
Je n'ai rien compris ! Tout s'est passé si vite.

Je me réveille avec peine pour distinguer Anne et Cîbaou penchés sur moi; improbables encore. Mais que font-ils là, à me sourire, alors que je peine à garder les yeux ouverts; une illusion ? Dans cette chaleur moite du Nord; un mirage.

Dont je sors enfin. Une douce sensation d'éxister de nouveau, un peu, en regardant défiler ces paysages du Nord; si différents de ceux de la Côte Est; un brin exotiques pour moi.

vendredi 21 novembre 2008

Un faux-rhum de mauvaise cuvée ! En dehors du nickel, un salut ?

Le forum de M. Rosada sur TNC, pour ceux qui l'ont regardé pensant s'informer voire s'instruire un peu, a été du plus pur style: "plus nul je meurs...".
Le thème en était: le développement économique à l'horizon 2025 et les alternatives (!?) au nickel.
Seul M. Rosada a tenu la route, dans son rôle, ses invités étaient hors du chemin pratiquant platitude, langue de bois et lapalissade sans même s'en rendre compte ! En dehors du fait que, même dans leurs attitudes physiques, leurs postures, leurs manières de prendre la parole, déjà, on avait envie de "se sauver".
Même en écoutant attentivement et en étant concentré, je n'ai rien appris de nouveau ou d'original; aucune intervention approfondie ou construite ... Ces gens, dont l'une est notre "ministre" de l'économie, enfermée dans ses certitudes et dans celles de son "parti" plusieurs fois évoqué comme un paravent, un autre présenté comme "diplômé d'HEC" et qui, par sa prestation plus que médiocre, en a donné une bien pâle image, et les autres à peine moins mauvais, m'ont semblé subir la moiteur tropicale sans pouvoir donner une quelconque image dynamique et positive de l'avenir de Notre Pays.
D'abord, soyons clair -provocation ?- il n'y a pas d'alternative au nickel en Nouvelle-Calédonie pour les cent ans à venir. C'est dans la tête de personne. La Nouvelle-Calédonie, la vraie, n'y pense même pas, tout le reste c'est blabla et compagnie. Ceux qui croient le contraire, s'ils existent, soit font semblant, soit ne font pas partie des "générations-nickel-TEC" (Toutes Ethnies Confondues) qui ont traversé les cent cinquante dernières années de Notre pays.
Donc, le nickel est là et bien là avec son économie dont nous sommes tous fiers. Et c'est bien ce qui fait l'originalité de notre archipel. Je dirais même - provocation ?- son attrait ... Eh oui!
Accessoirement, il y a un superbe lagon, des îlots magnifiques, une barrière de corail exceptionnelle, des forêts exubérantes, des montagnes affirmées, des populations "exotiques" (kanak, caldoches, avec leurs cultures "authentiques"), des index de correction dilatés par la chaleur tropicale ...
Accessoirement, il y a des touristes, des éleveurs de bovins, des cultivateurs ...
... --- ...
Imaginez un tout petit moment, pas trop longtemps pour éviter le cauchemar - provocation ? - la Nouvelle-Calédonie ... Sans son nickel; allez, faîtes un effort, que serait-elle à l'heure actuelle ? Que seriez-vous ? Où seriez-vous ?
- Provocation ?- Moi, mes aïeux y sont arrivés avant Jules Garnier, comme coolie de paddon, ou pour cultiver la canne à sucre comme dans leur île d'origine, l'Ile Bourbon, alors le nickel ... Les Kanak utilisaient déjà les bienfaits du nickel, sans métallurgie ... Nickel qui "coulait" dans les plantes endémiques des massifs cuirassés ... Pour se soigner !
... --- ...
Je propose donc que nous pensions sans vergogne notre économie avec le nickel au "centre du dispositif" économique, ce qu'il est "naturellement". Penser cette économie nickel non plus comme une honte, mais comme une chance. Un nouveau paradigme économique, social et environnemental en quelque sorte, qui dépasserait les conflits d'intérêts, qui transcenderait notre vision du développement, nos lignes budgetaires, nos prévisions d'investissements, harmoniserait les relations entre les différents secteurs économiques.
Il s'agit de ne plus nous effaroucher de mettre l'économie nickel au centre du développement du siècle à venir, et partant de là, d'en penser les conséquences, bonnes et mauvaises, de ce choix et de les anticiper !
Le nickel est LA ressource de la Nouvelle-Calédonie, CELLE QUI PEUT NOUS DONNER LES MOYENS de faire vivre décemment sa population, de l'éduquer convenablement, de fonder une société socialement juste, de sauvegarder nos cultures ... Mais aussi, - sans provocation ?- de protéger son lagon, sa nature et de les partager avec nos visiteurs.

mercredi 5 novembre 2008

La Nouvelle-Calédonie voterait-elle "OBAMA" ?

Je voterais Barack OBAMA si l'occasion m'en était donnée...
Comme les trois-quarts des citoyens du Monde. Je ne voudrais pas en rajouter, tant il a été dit à ce sujet ! Et pourtant, en ce jour il m'était impossible de ne pas y aller, moi aussi, de mon point de vue.
Y-a-t-il un pays pour lequel une élection interne mobilise autant le monde entier ? Il n'y a que les USA qui peuvent produire un tel engouement. C'est significatif de l'impact ( économique, politique, culturel ...) de ce pays dans l'histoire moderne et récente de notre planète; qu'on le veuille ou non. Même l'élection de Nelson Mandéla à la présidence de l'Afrique Du Sud, portant pourtant tant de changements dans l'évolution des mentalités n'a eu autant de portée.
Cela est significatif de deux choses:
Un, la mondialisation est bien là et il n'est plus possible d'en vivre écarté; la leçon est qu'il nous est vitale d'apprendre à l'intégrer autant comme contrainte que comme ressource dans la vision que l'on souhaite développer de l'avenir de Notre pays.
Deux, notre monde ne va pas bien; pas bien du tout. Et les peuples de notre planète cherchent une issue que beaucoup ne trouvent pas. Alors, espérer OBAMA c'est tout ce qu'il leur reste.
Si OBAMA est élu, il portera tant de poids sur les épaules, ce poids le plus lourd qui soit: celui des espoirs de tant de citoyens du monde ... Que son pays, son peuple, le peuple américain devra en prendre conscience pour prendre sa part des attentes des peuples du monde entier. Curieusement, on lui demandera moins et plus d'interventionnisme , ce sera selon ... Guerre ou Paix, économie prédatrice ou solidaire, culture ouverte ou culture imposée ??? ...
Quoiqu'il en soit, ce pays, qu'on l'adore ou qu'on l'abhorre, capable du pire comme du meilleur, garde une incroyable capacité à nous étonner, à nous surprendre.
Good luck, Barack ! See you tommorrow, as President of the United States of America...