Consultations de ce blog depuis son ouverture:

jeudi 31 juillet 2008

Journée mondiale des peuples autochtones: contribution.



(*)
Samedi 9 août était décrétée "journée mondiale des peuples autochtones" par l'ONU.
A Nouméa cette journée était relayée sur la place du Mwaka par le CNDPA, le Conseil National du Peuple Autochtone.
J'ai voulu contribuer à cette journée de deux manières: la première en re-publiant ci-dessus un chapitre de mon second essai(*) qui rendait hommage à la lutte du Peuple Kanak; la deuxième en partageant ci-après mes interrogations sur le sens même de cette manifestation en Nouvelle-calédonie, alors que des avancées fondamentales sont dors et déjà inscrites dans l'Accord de Nouméa, et mises en oeuvre.
Peut-être y-a-t-il quelque frustration profonde qui s'exprime dans la revendication "d'autochtonie" qui ne trouve pas écho dans celle du FLNKS voire dans la revendication d'indépendance?
Si c'est le cas, il faut y être attentif et s'y pencher.

Toujours est-il que pour les "non-Kanak", "non-autochtones", peut-être aussi "non-indigènes" et pour moi donc, c'est un peu la confusion !
Si le Peuple Kanak, le peuple autochtone, le peuple indigène ne font qu'un, pourquoi ces trois termes et ces trois revendications ? Que recouvrent-elles exactement ?
J'ai suivi quelques débats et interventions sur Radio Djiido, ils ne m'ont pas éclairé sur cette question !
Il y a le FLNKS qui revendique représenter le Peuple Kanak, le CNDPA qui revendique représenter le peuple autochtone, le CRI (Comité pour la revendication indigène) dont on parle moins qui revendique néanmoins représenter le peuple indigène, le Sénat Coutumier qui est censé représenter les Kanak et leurs aires coutumières dans le cadre de l'Accord de Nouméa; et aussi tous les partis politiques Kanak ... Avouez qu'il y de quoi s'y perdre et le Kanak d'abord !

Et les "non-Kanak-non-autochtones-non-indigènes-non-coutumiers" dont je suis, de s'interroger . J'arrivais, après un long bout de chemin à côté et avec le Kanak, à une compréhension la plus grande possible, la plus complète, la plus complexe aussi de mon voisin Kanak, et voilà qu'il me faille à nouveau repartir en quête d'une nouvelle réalité apparue au détour des 20ème et 21ème siècle !
Dur, dur ...

L'autochtonie, l'indigénéité, recouvrent-elles des réalités kanak non prises en compte par l'Accord de Nouméa ? A moins qu'elles ne fondent une revendication plus radicale, plus fondamentale, non ou mal exprimée ni prise en compte voire étouffée dans cette ambiance politiquement lénifiante actuelle. Une revendication qui dépasserait voire subimerait la revendication d'indépendance politique ?

(*) Extrait de "L'avenir de la Nouvelle-Calédonie en question(s)" publié aux Editions Ile de Lumière en 2000.



lundi 28 juillet 2008

Il n'y a pas "crise", il y a "vie", politiques !

Je vais être résolument optimiste pour une fois.
A écouter, voir, lire les médias, les commentateurs divers, ou même les hommes politiques, la vie politique en Calédonie est en crise !
Mais non, c'est tout le contraire !
Il n'y a pas CRISE politique en Nouvelle-Calédonie à l'heure actuelle, il a VIE politique, il y a exercice de la démocratie ce qui est particulièrement intéressant pour le citoyen de base.
Il n'y a pas "éclatements, scissions, divisions", il y a manifestations du pluralisme, parfois excessives, certes, mais qui s'en plaint; QUI (cherchez bien ...) ? Si les nuances apparaissent enfin au grand jour, à l'intérieur des grands blocs politiques. Même le Front National local n'est pas épargné (lui qui se divise ... pour promouvoir l'union...des loyalistes, cherchez l'erreur!) c'est dire ! Et le Parti Travailliste qui vient titiller le FLNKS ! L'Avenir Ensemble où quelques uns sont plutôt Ensemble pour l'Avenir; le Rassemblement UMP dont les têtes ont du mal à rester toutes derrière une seule tête... Et Simon(-Pierre) qui quittent le Père pour tenter d'éxister...
Peut-être que les années noires des BLOCS sont terminées, peut-être! ... Ces années crispantes, ces ANNEES FROIDES calédoniennes où les monolithes politiques (hommes ou partis) faisaient leur loi politique, gouvernaient nos consciences, imposaient leurs lignes de démarcation !
Enfin !
C'est peut-être maintenant que la Parole se libère, à travers un jeu politique plus ouvert et plus complexe aussi mais dans lequel le citoyen de base peut lire plus facilement, dénicher les impostures et les imposteurs, les démagogies et les démagogues, les fabricants de peurs et les partisans non avoués de l'immobilisme ... Mais aussi les honnêtes femmes et hommes politques attachés à proposer des voies originales, constructives "un peu" audacieuses. Et ce, d'un bout à l'autre de l'échiquier politique calédonien.
Je le répète, c'est le citoyen qui est gagnant. Ne nous laissons pas leurrer, profitons-en, sanctionnons, récompensons, critiquons, reprenons le pouvoir qui est le nôtre, celui d'élire, ou de ne pas élire; n'ayons plus peur enfin de construire Notre Pays avec des hommes et des femmes que nous choisissons en tout état de cause, qui valent la peine que nous nous donnons dans notre vie quotidienne sur notre Caillou.
Alors, j'en suis convaincu, il ne ressortira que du BON de ce remue-ménage qui contraindra notre cirque politique à un vrai remue-méninges.
A bon entendeur ...

lundi 21 juillet 2008

Elections Provinciales 2009: BILLET N°1.


A partir de ce jour et de ce premier "billet", je me propose de traiter des élections provinciales de 2009.
... ... ...
S'il est un sujet à polémique, c'est bien celui de la liste électorale spéciale des électeurs amenés à y participer à condition d'avoir dix ans et plus de présence en Nouvelle-Calédonie et d'être inscrits dans le tableau annexe.
Et, tout "naturellement" je m'attaque à ce sujet sans détours.
En introduction donc à cette série de "billets", j'ai scanné ce que j'avais écrit "il y a dix ans" (*) déjà, et déjà en colère face à certaines réactions incompréhensibles du point de vue de l'Histoire de la Calédonie et de ses habitants. Parler à l'époque, en 1998, d'exclusion, alors que le corps électoral spécifique englobe le Peuple Kanak et toutes les populations arrivées jusqu'à la veille du référendum de 1998, me semblait et me semble toujours d'une outrance inacceptable.
Des réactions incompréhensibles et une incompréhension fondamentale de la part de beaucoup de ceux qui justifient leur indignation face à cette "exclusion" dans une théorie de la tectonique des plaques qui fait de la Calédonie un bout de terre française ayant dérivé de 20 000 km depuis la prise de possession en 1853 !!!
A moins qu'ils ne justifient leur indignation face à leur exclusion par leur adhésion à la théorie historique faisant de la Calédonie une colonie de peuplement, et qu'ils en soient eux-mêmes les nouveaux colons !!!
A moins encore que le principe "un homme une voix" ne soit l'arme fatale des grands défenseurs de la démocratie moderne pour nier voire anihiler toute vélléité du Peuple Kanak et des populations qui ont partagé la dernière partie de son histoire à prendre en charge cette même récente histoire commune !!!
Je dédie donc cet extrait ci-dessus à tous les Nouveaux Colons des Temps Modernes "injustement exclus" des élections provinciales 2009 !
(*) Extrait de "L'avenir de la Nouvelle-Calédonie en questions(s)" publié aux Editions Ile de Lumière en 2000.

mercredi 16 juillet 2008

"J'ai des doutes" ! Comme Alain Bashung dans "Bleu pétrole".

J'ai des doutes sur ce que je ressens de mon Pays;
J'ai des doutes sur CE que je vois et CEUX que je vois de mon Pays;
J'ai des doutes sur le temps qu'il fait ... et qu'il fera ou ne fera pas;
J'ai des doutes quant à l'avenir de mon Pays, mon avenir, celui de mes enfants;
J'ai des doutes quant à l'avenir de ma terre qui n'a pas toujours été mienne;
J'ai des doutes quant à la patience, l'impatience des Jeunes et moins jeunes de Kanaky;
J'ai des doutes à propos du prix du nickel, sur son maintien à un haut niveau;
J'ai des doutes à propos de la vie chère, pour qui et pourquoi ?
J'ai des doutes à propos de la répartition de la richesse produite en Nouvelle-Calédonie;
Je doute de la capacité de mes compatriotes à saisir ce qui se joue envers et contre nous;
Je doute de notre Gouvernement local collégialisé;
Je doute du Gouvenement Central français;
Je doute de moi-même et de ce que j'ose penser, affirmer et avancer.
J'ai des doutes que je revendique;
J'ai des doutes que je redoute, sans aucun doute;

En doutez-vous ?

Bien sûr ce n'est pas ce que chante le Grand Bashung même si sa chanson "Le secret des banquises" m'a inspiré, où humour et dérision font un ménage décapant.
Mais, franchement, le dernier CD d'Alain Bashung, "Bleu pétrole" est une merveille. Sa voix, l'orchestration, le rythme, le jeu de paroles ... A écouter sans modération !

jeudi 10 juillet 2008

A quand l'éco-carburant ?

Daniélo B. travaille avec moi. Un salarié touchant un petit salaire, bien dans sa peau et au sens de l'humour chevillé au corps. C'est lui qui m'a fait cette réflexion qui m'a beaucoup plu !
le Gouvernement de Nouvelle-Calédonie "communique" beaucoup sur l'éco-riz. Il y avait eu déjà "l'éco-cartable", il y a aussi "l'éco-pain" toujours dans le même ordre d'idée: lutter contre la flambée des prix.
Je trouve l'idée de Daniélo très pertinente. Car, le service du transport en commun est tellement déplorable que la voiture particulière est indispensable pour se déplacer correctement et dans des délais raisonnables (bon ! Enfin à Nouméa, les embouteillages, c'est pas vraiment raisonnable ...). A Nouméa, donc, dans le Grand Nouméa, en interurbain, à l'intérieur des communes de l'Intérieur (entre les tribus et les villages), tous ces déplacements sont tellement problématiques pour les gens qui ont peu de moyens. La mise en place d'un éco-carburant serait le bienvenu pour conforter le panier des "éco-prix". Son financement ne devrait pas poser de problème en cette période d'abondance ...
Ici le préfixe "éco-" signifie prix économique, pas cher quoi ! Bien sûr ce n'est pas une mesure très "éco"-logique, ni une mesure qui ferait faire de économies d'énergie à la Calédonie. Mais, bon, avant les prochaines élections provinciales cela pourrait payer ... et les électeurs auraient moins à payer de leur personne pour se déplacer ... quoiqu'il faudra bien que quelqu'un en paye le prix !!!
Allez !
Beaucoup de petits revenus ont des petites voitures à essence? L'éco-essence à 100 F !
Beaucoup de famille ont des mini-bus et les petits artisans ou agriculteurs des pick-up doubles cabines? L'éco-gasoil à 85 F !
La différence prise en charge par l'opération "éco-prix" du gouvernement. Par exemple en taxant les grosses cylindrées...
A moins que l'on se décide vraiment à développer un réseau de transport en commun partout en Calédonie, adapté, dense, respectueux des usagers, propre; et qu'on y mette les moyens bord.. !

mardi 8 juillet 2008

Louis Kotra Uregeï ne baissera pas la garde !

J'ai écouté l'interview de Louis Kotra Uregeï sur Radio Djiido la semaine dernière. "Loulou" est président d'honneur de l'USTKE et membre du directoire du Parti Travailliste.
Je ne savais pas si j'allais en parler au risque de perdre encore quelques (éventuels) lecteurs...
Mais tant pis, j'assume !
Eh bien, je suis toujours impressionné par cet homme quand il parle. On l'aime ou on ne l'aime pas, c'est sûr, mais pour moi, ce n'est pas si simple.
Je crois comprendre un aspect du fond de sa pensée; et je ne suis pas loin de l'y rejoindre: Le Peuple Kanak ne doit pas baisser la garde ou se laisser endormir par les avancées réelles certes qu'il a obtenu par sa résistance, mais qui peuvent être remises en causes (quoiqu'en disent les "optimistes") par des gouvernements, des majorités ... ou des coups de force. L'histoire de la Nouvelle-calédonie (et là, je me répète) a tellement connu de tels rebondissements que la méfiance reste nécessaire !
Alors Louis Kotra Urégeï continue à marteler qu'il n'acceptera jamais que son peuple, le Peuple Kanak subisse le même sort que celui d'autres peuples indigènes , les Aborigènes en Australie particulièrement. La volonté de "faire du blanc" ou du "Wallis" en Nouvelle-Calédonie pour noyer les Kanak, si elle n'est plus exprimée sur la place publique (comme il y a quelques années et parce qu'il y a l'Accord de Nouméa) reste subliminale pour trop de gens (ir-)responsables politiques ou non, ici ou en France.
Et le FLNKS, attaché à faire vivre les institutions qu'il dirige dans le Nord et aux Iles, attaché à faire vivre la collégialité dans le gouvernement local, n'a peut-être plus la vigilance nécessaire et l'attention vigoureuse que demande le dossier des "flux migratoires". Son combat pour le gel du corps électoral gagné, il a peut-être "oublié" cette réalité et son influence (inéluctable ?) sur la composition démographique, sociologique voire culturelle de la Nouvelle-Calédonie: le Peuple Kanak est de plus en plus minoritaire et risque de se voir confisquer "démocratiquement" son propre pays, tout au moins, un tel ressenti reste vivace chez les Kanak.
Et c'est sur ce dossier que "Loulou" est le plus virulent; qu'il est déjà entendu par les militants du Parti Travailliste et qu'il le sera par de futurs électeurs.
Virulence aussi sur le dossier d'un rééquilibrage plus substantiel des richesses produites par la Nouvelle-Calédonie en faveur des populations autochtones et océaniennes (j'inclus sous ce terme tous les océaniens dont les océaniens blancs comme moi). Dans ce domaine aussi un gros travail reste à faire pour plus d'équité.
Attention !
Il est des progrès qui portent en germes des risques de régression.
Les accords de Matignon et de Nouméa ont apporté de grands progrès au plan politique, institutionnel et économique! Ils ont apporté la paix !
Mais cette paix, certains ne l'ont comprise que comme un blanc(!)-seing autorisant à nouveau toutes les dérives et perversions qui nous ont amené dans le mur plusieurs fois déjà au cours de notre histoire calédonienne!
Alors ?
Eh bien il faut écouter "Loulou" et prendre au sérieux ses inquiétudes.

dimanche 6 juillet 2008

Il y a dix ans Eric Tabarly disparaissait en mer.

Eric Tabarly a disparu en mer dans la nuit du 12 au 13 juin 1998 alors qu'il naviguait au large de l'Irlande, sur son voilier fétiche, le Pen Duick qui affichait un siècle !
A cette occasion j'ai eu envie de partager avec Mon Pays quelques réflexions profondes de ce très grand marin. Quelques pincées de pensées salées pour donner du goût à nos vies (elles sont tirées de "Mémoires du large" d'Eric Tabarly et rapportées par Ouest France):
> "L'expérience, c'est la somme des conneries à ne pas refaire"
> "La confiance est un élément majeur: sans elle, aucun projet n'aboutit".
> "L'homme a besoin de passion pour exister".
> "Le temps se rétrécit ou semble s'accélérer à mesure qu'approche la date du but à atteindre".
> "C'est pataud un homme, quand il est ému, il ne sait pas exprimer ses sentiments, par pudeur virile".
> "Baisser les bras dans une compétition sous prétexte qu'on ne peut terminer premier est incompatible avec l'esprit du sport".
> "Naviguer est une activité qui ne convient pas aux imposteurs. Dans bien des professions, on peut faire illusion et bluffer en toute impunité. En bateau, on sait ou on ne sait pas".
J'ai admiré cet homme de mer, solide comme un roc, humble face à la mer; comme Bernard Moitessier, autre homme de folie marine et d'écrits aussi profonds que la mer qu'ils survolaient. ils m'ont accompagné dans ma période "mer et voile" autour de la Grande Terre, ou plutôt, en la circonstance, autour de notre "grande île" à un moment où je ne savais plus à quel Saint Politique me vouer.

jeudi 3 juillet 2008

Nous avons deux députés de l'Anse Vata.

Nous avons pu lire, cette semaine, dans les Nouvelles Calédoniennes une super interview de M. Yanno député de la 1ère circonscription pour sa première année à l'Assemblée Nationale, " J'apprends mon métier".
Première observation:
Il faut savoir que le découpage électoral pour les élections des députés est particulièrement inique en Nouvelle-Calédonie: Une première circonscription regroupant Nouméa et les Iles Loyautés, une deuxième avec Grand Nouméa et le reste de la Grande Terre. il n'y avait pas meilleur moyen pour empêcher "démocratiquement" toute possibilité de représentation à l'Assemblée Nationale Française des Kanak (indépendantistes à plus de 80% et très majoritaires dans les Iles Loyautés et dans l'Intérieur de la Grande Terre).
Nous avons ainsi deux députés élus par Nouméa et sa très proche banlieue ! Et habitant à proximité de leurs électeurs à Nouméa !! Deux députés Blancs de l'Anse Vata* (quartier chic de Nouméa au bord de mer) en quelque sorte !!!
Je me demande ce que ces deux députés connaissent de la réalité quotidienne de la vie des habitants de leur circonscription, en dehors des habitants de Nouméa, et encore, des plus favorisés ! C'est tout simplement un détournement de la représentation démocratique. Oh! Bien sûr, lors des campagnes électorales, on monte dans les bennes des pick-ups en Brousse, on s'assied sur les nattes aux Iles. Il faut salir un peu son pantalon pour se rapprocher du peuple. Merci la démagogie bon marché.
Deuxième observation:
La politique est un métier (!?). Donc les politiciens ont leurs écoles (Sciences Po, ENA ...) ou font carrière et se forment sur le tas, justifiant à postériori leur maintien "puisqu'ils ont acquis l'expérience". Deuxième détournement de la représentation démocratique: une fois élu, il faut tout faire pour durer, "car c'est comme cela qu'on apprend et qu'on devient efficace"; oui, mais pour qui ? Pour quoi ? Pour conserver le plus longtemps possible tous les avantages liés à ces fonctions électives et servir certains intérêts ?
Merci pour le renouvellement du "personnel" politique.

(* Il est de bon ton de prendre un ou une suppléante Kanak pour faire bonne figure et montrer que l'on prend en compte "les spécificités de la communauté kanak" - Oh! Que je n'aime pas cette expression !)

mercredi 2 juillet 2008

Les mots "fourre-tout"... pour experts en tout.

Après le sujet sur les mots piégés du langage des "experts" en politique, il est d'autres mots qui méritent un peu d'attention tant ils peuvent être utilisés pour tout et rien expliquer. Quelque soit le type de communication d'ailleurs, politique, économique, sociale, éducative, affective, etc.

Echantillon (absurde bien sûr!) :
"Le problème c'est que cette contrainte est un véritable obstacle qui entraînera beaucoup de difficultés ... et bla, bla,bla ..."
Problème, contrainte, obstacle, difficulté, sont des termes très souvent utilisés pour ... noyer le problème, oublier la contrainte, ignorer l'obstacle ou mésestimer la difficulté.

Eclaircissements:
Un problème: je le pose et je le résous; et cela ne s'improvise pas ! Il faut de la méthode (des méthodologies de résolution de problèmes existent aussi rigoureuses que variées).
Une contrainte: je l'intègre après l'avoir appréciée; elle peut très souvent devenir une ressource, il faut juste un peu (ou beaucoup selon les cas) d'imagination.
Un obstacle: je le contourne; sans états d'âme ... car enfin, un obstacle reste un obstacle, par définition ! "On ne déplace pas les montagnes (quoique ...)!
Une difficulté ? Je la surmonte après l'avoir évaluée; bien souvent cela demande un effort qui peut être physique, technique ou intellectuel.
Cependant, il peut y avoir glissement du sens d'un terme vers celui d'un autre à partir du moment où il y a analyse à priori et à froid de l'objet faisant problème, contrainte, obstacle ou difficulté: une difficulté peut devenir obstacle, une contrainte ingérable, un problème insoluble, un obstacle ne plus en être un, etc...
Mais, il restera toujours la nécessité avant toute chose de discriminer au mieux l'emploi de ce vocabulaire.

Si vous êtes un peu attentifs vous serez vite confrontés à la (l'im ?)pertinence de l'usage de ces mots; comme de beaucoup d'autres, les plus fréquemment utilisés par beaucoup de "communiquants".

lundi 30 juin 2008

MON EXPERTISE de Kanako-Néo-Calédonien...

Au point où j'en suis arrivé et du haut de mes 56 ans qui font de moi un jeune Vieux, je voudrais expliquer et donner à comprendre le sens de ce blog.
J'ai tant vécu la Calédonie et ses gens, j'ai tant vécu ses joies et ses peines, tant vécu ses espoirs et ses déchirures;
J'ai tant réfléchi la Calédonie et ses gens, dans ma tête, dans les livres, dans mes écrits;
J'ai tant "agi la Calédonie" et ses gens, dans mes militances, dans mes jobs;
J'ai tant essayé de comprendre, les gens, les faits, les dits et les non dits;
J'ai tant aimé la Calédonie et ses gens, mon beau pays sous les tropiques, malmenés l'une comme les autres; comme moi-même, et ceux qui se reconnaîtront dans ce que j'exprime, l'ont été.
Je ne ressors pas indemne de ce demi siècle de conscience de Mon Pays !
Je porte en moi Mon Pays, autant dans mon coeur que dans mes tripes, dans ma tête aussi ... J'en porte beaucoup de ses contradictions et de ses cicatrices.J'ai cotoyé les Kanak, travaillé avec eux, milité avec eux; j'ai cherché à les comprendre, j'ai partagé leur "quête du tertre originel", leur quête de dignité humaine et économique ...
Je suis Caldoche et j'ai continué à partager la vie des Caldoches même quand je ne partageais pas certains de leurs points de vue rétrogrades ou dépassés à mes yeux, j'ai beaucoup d'affection pour les Broussards, trop souvent invoqués comme pionniers, ou mal aimés comme colons, manipulés comme électeurs...Caricaturés aussi.
Comme ces Wallisiens et Futuniens que j'ai appris à connaître à Païta, bien souvent manipulés eux aussi et dont trop peu comprennent le sens de la lutte du Peuple Kanak. Eux dont l'origine géographique océanienne est si proche...
J'ai vécu la brousse, la ville, le village, la tribu.
J'ai vécu aussi l'Eglise ! J'ai vécu la colère contre l'Eglise !
J'ai enseigné ces jeunes Kanak, Caldoches, Océaniens, j'ai eu mal à leurs échecs, eux dont je lisais l'intelligence dans le regard, eux dont je connaissais l'intelligence sitôt sortis des quatre murs de la classe; au point que j'ai souvent remis en cause ce put... de système soi disant éducatif !
J'ai remis sur le métier l'ouvrage de la didactique des mathématiques et je suis parti à la découverte de pédagogies renouvelées, audacieuses voire subversives.

Je me suis formé et re-formé, je me suis transformé.J'ai formé des femmes et des hommes.
J'ai osé la politique, toujours, jamais celle du mouton; pour me ramasser de belles gamelles !
J'ai osé l'USTKE où j'ai de bons amis; parce que je partageais sa colère face à l'injustice sociale, en particulier celle que subissent beaucoup trop de Kanak.
J'ai couru aussi, après la vie, et ... des marathons, j'ai couru Poindimié-Koné par la grande transversale pour célébrer le 24 septembre, mon "Mwaka" à moi...
Et puis, j'ai cherché;J'ai cherché dans "Tristes Tropiques de Claude Lévi-Strauss", dans "Le Capital de Karl marx", dans "Humanisme et Terreur ", dans "Anthropologie structurale", dans "La Relativité", dans "La Pensée sauvage", dans les "Mémoires de Géronimo", dans "L'idiot du Voyage", dans le "Traité d'économique politique de Raymond Barre", dans le "Que Faire de Lénine", dans "Pédagogies des Opprimés", dans "Un monde sans hivers; les Tropiques, nature et sociétés de Francis Hallé", dans "L'Héritage de Saussol", dans "Hienghène, le desespoir calédonien", dans "Eclaircissements de Michel Serres", dans "Changdang, les Tonkinois de Calédonie au temps colonial", dans "Colonialisme et Contradictions en Nouvelle-calédonie", dans "Géopolitique du chaos", dans les "Fables de La Fontaine", dans "Tjibaou le Kanak", dans "La Constante macabre";
Oui, toujours j'ai cherché dans "Les Blancs sont venus", dans "Le piège de la mondialisation", dans "Mourir à Ouvéa de Plénel", dans "Malaise dans la civilisation de Freud", dans "Une brève histoire du temps de stéphen Hawking", dans "Economie assistée et changement social en Nouvelle-Calédonie", dans "Nations indiennes, nations souveraines", dans "Main basse sur l'Afrique", dans "Le Socialisme et l'homme";
J'ai cherché encore dans "Des astres, de la vie et des hommes" ...
J'ai cherhé et je cherche un sens à cette petite vie de petit calédonien, un sens à ma rebellion permanente, un sens à l'Espoir d'une Calédonie toujours (un peu) meilleure ...!!!???
C'est pourquoi je ne suis pas et ne serai jamais un "ancien combattant", parce que la lutte pour une liberté renouvelée en Calédonie, pour l'égalité retrouvée en Calédonie, pour une fraternité décomplexée en Calédonie, cette lutte est loin d'être terminée; le sera-t-elle jamais ... "Tant qu'il y aura des hommes" !
Voilà MON EXPERTISE; celle de toute une demie vie, intense, réfléchie et "agie".
Je la revendique; elle est Unique; elle est ma Force; elle est ma Science; elle est ma Conscience; elle est ma Peine et elle est ma Joie; elle est ma richesse et elle est ma faiblesse.

Elle est aussi MA COLERE face à la bêtise et l'ignorance, contre la prétention et l'orgueuil, d'où qu'ils viennent.
Elle est mémoire, connaissance et vision d'avenir !
Alors, un blog? Pourquoi pas ?
Une nouvelle forme du (toujours) même combat !

mercredi 25 juin 2008

Les 25 et 26 juin 1878 Ataï et ses guerriers attaquaient La Foa.

A tous ceux qui auront du temps de libéré et tous ceux qui (comme moi) vont travailler ce 26 juin 2008, à tous nos élus politiques, aux représenants du gouvernement français, en mémoire de tous ceux qui ont lutté depuis plus de 150 ans pour que la Nouvelle-Calédonie devienne une terre de liberté, d'égalité et de fraternité, à tous ceux qui sont arrivés il n'y a pas longtemps, et enfin à tous les enfants de Nouvelle-Calédonie qui n'auront pas d'école ce jour-là, je dédie ces quelques lignes en guise de leçon d'histoire extraites d'un article du site du Vice-Rectorat de Nouvelle-Calédonie (une manière de faire travailler le V-R puisqu'il n'y aura personne dans les établissements scolaires le 26 juin) :
"Les 25 et 26 juin [1878], Ataï et ses guerriers attaquent La Foa et Bouloupari et libèrent les chefs [arrêtés suite à l'assassinat du libéré Chêne, de sa femme mélanésienne et de leur fils le 19 juin 1878]. Ils massacrent aussi une centaine d'Européens et détruisent tout sur leur passage.[...].
Bilan de la révolte [un an plus tard]. Plus de 1000 morts dont 200 européens et 800 à 1000 Canaques. Plus de 1500 d'entre eux sont déportés, certains à Tahiti.
Beaucoup de colons sont ruinés et les autorités s'interrogent un moment sur l'avenir de la colonie."
A l'heure actuelle, comment qualifierait-on ces faits ?
Mais, bon, c'est vrai, c'était il y a 130 ans exactement.
Et puisque trop de monde s'exalte sur les 10 ou 20 ans passés, je revendique de commémorer à ma manière cet autre événement qui, à mes yeux et avec le recul, a autrement plus d'importance pour Notre Histoire. Célébrer les accords de Matignon et de Nouméa, c'est bien ... Mais n'en faisons pas trop, s'il vous plaît ! En 56 ans, j'ai trop de souvenirs de ces périodes "formidables" qui ont mal fini...
Car rien n'est acquis, RIEN ! Tout reste à faire, TOUT !
Et fondamentalement, l'essentiel: favoriser l'émergence d'une véritable SOCIETE CONSENSUELLE au sens sociologique de l'expression. Et, s'approprier TOUS, toute Notre Histoire, y contribuera.
On en est loin, TRES LOIN;
Quand on entend certains, trop, de nos (ir)responsables politiques, "ça craint vraiment" ! Peut-être faudrait-il purger certains cerveaux. Peut-être faudrait-il demander à d'autres d'arrêter les incantations subliminales sur le "destin commun".
Bon ! Moi aussi j'arrête...

lundi 23 juin 2008

Mots trompeurs, mots piégés pour candidats AUX POUVOIRS

A l'approche des élections provinciales de 2009, nous, le Peuple des citoyens, aurons de plus en plus besoin de s'armer de lucidité littéraire pour lutter contre l'invasion des slogans, des contrevérités, des simplifications outrancières, des raccourcis démagogiques ou des programmes "papiers glacés", CD-rhum (?!) à faire tourner nos pauvres têtes, quand ce ne seront pas tout simplement de vrais mensonges.
Face au fatras des mots politiques, au brouhaha de nos politiciens, à la cacophonie médiatique, il faudra à tout un chacun beaucoup de clairvoyance... Et parfois se boucher les oreilles !
Echantillon:
Indépendance, indépendantiste, anti-indépendantiste, loyaliste, autodétermination, droit des peuples, communautés, ethnies, dans la France, sans la France, avec la France, pour la France, partisans ( de la france ou de l'indépendance), indépendance association, souveraineté et souveraineté partagée, liste électorale spéciale, tableau annexe, citoyenneté (laquelle ?), décolonisation, vivre ensemble, communauté de destin et destin commun, honnêteté, loyauté, franchise, sens de l'abnégation (?!), intérêt général, intérêt particulier, mondialisation, protection, identité, culture, développement (comment déjà ?) ... durable (!), pollution, environnement, immigration(s), BAC cocotier, endémisme, un homme une voix, écarté du scrutin, référendum, consultation, purger (c'est vrai, la Calédonie est "fin malade" ...), nickel, usines, et, et ... milliaaaaaards ( euh... pour qui ?), équité, justice (impartiale), l'Etat, état associé, la Frônce, la Métrôpole... Programmes, 2025, consensus, majorité, avenir de "nozônfônts", Peuple Kanak, Caldoches, Métros, les Autres, Noirs, Blancs, Jaunes, Marrons, Métisses, "toutezethniesconfondues", "ômploi lôcâl", marché de l'emploi, compétences (in)égales, experts indépendants, Notre Jeunesse ... et puis, 2011, sports, équipements sportifs ...Chers amis citoyens( pas trop cons), à vos dictionnaires et surtout à votre sens de l'humour, pour éviter les maux (pardon, les mots) de tête.
Double sens, contre sens, faux sens ... voire sens interdits (!) nous attendent au tournant sur la route de la (l'in)compréhension politique pavées de toutes les meilleures mauvaises intentions du monde de nos politiciens professionnels. Dérapages verbaux incontrôlés et ivresses linguistiques n'ont pas fini de rendre nos routes politiques dangereuses.
Il faudra à tous ces candidats au (maintien ?) pouvoir, tout dire et sans en dire trop, redécouvir la vérité sans trop la découvir, jouer avec et sur les mots, surfer sur les vagues de mots ( avec les mots les plus vagues possibles).
Allez;
Bonne écoute à tous!

jeudi 19 juin 2008

La Calédonie a changé, Simon Louéckhote change !

J'ai apprécié l'interview de notre sénateur (UMP) Simon louéckhote sur Radio Djiido ce jour. M. Louékhote n'a peut-être pas dévoilé toutes ses intentions, mais il n'a pas pratiqué la langue de bois. D'une certaine manière, j'avais l'impression qu'il voulait autant se convaincre que convaincre son auditoire, tant il a insisté et martelé: "la Calédonie a changé, j'ai changé; comme la France et ses dirigeants ont changé..."
Et il a raison d'insister, car ce n'est pas une évidence pour tout le monde.
Ces changements justifient à ses yeux son éloignement à la fois du RPC (mort-né ?) de Jacques Lafleur et du Rassemblement-UMP de Frogier (plus démago que jamais !), et la création de son parti "Le Mouvement de la Diversité".
Réaliste, M. Louékhote rappelle que la Calédonie est située à 20000 km de la France !
Enfonçant le clou, et plus pragmatique encore, M. Louékhote en appelle à une Calédonie AVEC la France et non plus DANS la France !
J'ai aimé ce discours, à l'heure actuelle le plus ouvert, le plus réaliste, le plus courageux aussi de tous les discours de la mouvance dite "loyaliste", qui va du FN aux deux "Avenir ensemble" en passant par le Rassemblement-UMP. Un discours qui ouvrent des perspectives de convergence voire de consensus pour l'avenir de Notre Pays.
Reste à connaître un peu plus le contenu du projet de M. Louékhote en matière sociale, et économique en particulier. J'y serai attentif.
Mais je souhaite qu'il puisse rassembler autour de lui tous les "loyalistes" intelligents et ouverts qui oeuvrent sincèrement pour un avenir commun.
Et qu'enfin, les autres dirigeants dits "loyalistes" arrêtent avec leur discours bornés, rétrogrades et dépassés; ces dirigeants qui, tout en profitant de l'autonomie de plus en plus grande de la Calédonie et du pouvoir qu'elle leur donne, délivrent toujours les mêmes slogans simplistes !!!

mercredi 18 juin 2008

26 juin, déni d'Histoire ?

Dans l'euphorie des anniversaires politico-historiques, on a trouvé un nouveau truc:
Déclarer le 26 juin férié voire chômé pour célébrer les vingt ans des Accords de Matignon-Oudinot ! Cet accord est une avancée fondamentale, mais on en a vu d'autres de ces avancées qui au bout de quelques années ont tourné court ...
Cela illustre à l'absurde ce que je dénonce depuis des années, la maladie de la mémoire courte, une forme d'égocentrisme chronique qui consiste à penser que ce que l'on vit est ce qu'il y a de plus important, de plus fort, de plus extraordinaire, ...
Cette maladie touche d'ailleurs plus les hommes politiques d'origine européenne (question d'égos surdimensionnés ...) que Kanak, elle touche naturellement tous les nouveaux arrivants dont beaucoup ramène la durée de l'histoire de la Nouvelle-Calédonie à celle de leur présence dans le Pays (fusse-t-elle de 20 ou 30 ans ...);
Désolé ! Mais ...
Il y a autant de raisons de célébrer les dits accords que de fêter la Loi Cadre de 1957, l'abolition du Code de l'indigénat, l'ouverture des écoles publiques aux Kanak, la mise en place de la parité homme-femme dans les éléctions en Nouvelle-Calédonie (cette dernière étant peut-être plus porteuse de vrai progrès dans notre Pays) ... J'en passe et certainement des meilleures.
J'évoquerais à peine le 24 septembre, date qui n'arrive pas à être consensuelle dans tout ce qu'elle représente ou a représenté. C'est pourtant, la date la plus chargée en symboles positifs et négatifs, celle qui, lorsqu'elle aura fait consensus, représentera le mieux l'Histoire de Notre Pays: prise de possession d'une île déjà habitée, confirmation du caractère français de cette colonie du Pacifique, célébration du travail des pionniers, objet de contestation fondamentale dans la lutte du Peuple Kanak, jour de deuil Kanak, mais aussi date revendiquée pour marquée la volonté d'un Destin Commun ...
Alors, franchement, le 26 juin (!?) pourquoi particulièrement cette date qui, aux yeux de tous et particulièrement de nos enfants qui n'iront pas à l'école, raccourcit l'histoire et ampute notre mémoire ???
Nos enfants apprennent mieux l'histoire de Leur Pays à l'école, alors n'allons surtout pas le 26 juin, planter un arbre qui cachera la forêt de notre (déjà longue) Histoire !
Le 26 juin j'irai travailler.

jeudi 12 juin 2008

Un grand MERCI, Caro !

Caroline MACHORO était interviewé hier soir par Gonzague De La Bourdonnaye sur Télé Nouvelle-Calédonie, à l'occasion des 20 ans de la signature des Accords matignon-Oudinot mais surtout en tant que signataire des dits accords. Elle a fait partie de la délégation du FLNKS qui a entouré Jean-Marie TJIBAOU pour négocier avec l'Etat et le RPCR après les événements de 1984-1988 et le combat tragique d'Ouvéa.
Pour moi, ça a été un moment fort. Caroline MACHORO a dit les choses de manière si simple, si forte, si lucide, si actuelle que j'en ai été vraiment impressionné.
Elle a parlé autant comme une Kanak, comme une militante, comme une maman que j'en ai été bouleversé.
Elle a parlé politique, histoire, avenir mais à la manière d'une femme.
C'est peut-être là toute la différence; quand elle parle, elle est l'essence de ce qu'elle dit.

Et puis il y avait ce petit bout de femme sur le plateau, Kanak et moderne, fragile et forte, sérieuse et souriante. Une sorte de synthèse d'Eloi MACHORO et de Jean-Marie TJIBAOU ... en femme.

Merci Caro, pour ce que tu es, ce que tu représentes, ce que tu dis ...
J'aimerais t'entendre et te voir plus souvent à la radio ou à la télé ... Cela ferait du bien à tout le monde, dans tous les sens de cette expression ...

jeudi 29 mai 2008

De (l'éco)pain et des jeux(bilés) ...

Je vais encore passer pour un rabat joie face à l'ambiance euphorique actuelle en Nouvelle-Calédonie ( sur le plan médiatique, économique, politique - avec toutes ces commémorations) !!!...
Deux millénaires plus tard, quelque part dans le Pacifique, la formule romaine "du pain et des jeux" fait toujours recette.
En effet, face à la montée irrésistible des prix en particulier du pain et du riz et à la stagnation des salaires (non indexés), le pouvoir trouve la plus vieille des parades:
Mettre en place un pain spécifique destiné aux petits revenus, l'écopain, et, dans le même ordre d'idée, un écoriz.
Faire oublier toutes ces "petites misères" en encourageant médiatiquement et financièrement, le jubilé de Christian Karembeu.
Christian Karembeu a été un grand joueur de foot calédonien et en 1998, (presque) toute la Calédonie a soutenu l'équipe de France. Oui, "presque" toute, car:
Je me souviens très bien qu'à Ponérihouen ou Poindimié par exemple, quand la France jouait contre le Brésil, ou une équipe d'Afrique, beaucoup de jeunes soutenaient les équipes adversaires de la France. Vous devinez pourquoi !?
Je me souviens aussi des mots d'ordre du FLNKS, pendant une longue période dans les années 80, demandant à tous ses militants et sympathisants de ne plus participer aux tournois sportifs ou autres manifestations sportives officiels; avec comme première conséquence une baisse très importante des licenciés dans des disciplines comme le foot-ball ou le volley-ball. Les responsables politiques indépendantistes ne voulaient plus que le sport devienne un prétexte pour détourner le Peuple Kanak de ses revendications fondamentales.

Qu'une équipe de footballeurs retraités milliardaires viennent en Calédonie ne me dérange pas; que ces "lumières brillantes" éblouissent les yeux des enfants calédoniens me gêne un peu; qu'on nous fasse croire que toutes les communautés du Pays sont unies face à cette célébration, je dis STOP! Le sport, j'aime, j'en fais (pas devant la télé, je cours tous les ans le marathon de Nouméa !); MAIS, l'utilisation crypto politique du sport, NON !

Le lendemain de cette superbe tournée, déchanterons-nous face aux difficultés de trop de monde à boucler ses fins de mois, face aux difficultés de nourrir sa famille, face aux difficultés de payer son loyer, face aux difficultés de payer le crédit de sa voiture ... quand on touche moins de 150 000 francs CFP par mois ?

mardi 27 mai 2008

C'était il y a 29 ans ... le 8 mai 1979 ...j'avais 27 ans

Cette fois j'ai scanné un article écrit en 1979 et paru dans le bulletin de l'Union Calédonienne: "l'Avenir Calédonien" N°773:
Bon, puisque l'on est dans les anniversaires et les commémorations et les conférences, je continue moi aussi mes évocations. Je suis jalououououx!!! Michel ROCARD est accueilli en héros, l'homme des Accords Matignon-Oudinot a donné une conférence à guichet fermé, tout le monde voulait l'écouter, certains aussi avaient besoin de se "faire montrer" comme on dit ici auprès de lui ... Peut-être sont-ils déjà en campagne pour les élections provinciales de 2009 !
Pouvoir revendiquer être le meilleur défenseur de l'Accord de Nouméa, ce sera important!
En tout cas, je conteste à Michel Rocard, comme l'a fait le Parti Travailliste, le droit de dire que le concept d'indépendance n'a plus de sens ou de raison d'être, peu importe, effacer ainsi des décennies de luttes et d'avancées dont font partie les accords Matignon et de Nouméa, c'est un peu court ... Lui-même ne serait pas venu faire cette conférence sur les dits accords si le Peuple Kanak ne luttait pas pour l'indépendance ! Lutte qui a contraint l'état français et les anti-indépendantistes locaux à négocier! Maintenant de dire qu'il n'y a plus de véritable indépendance dans un monde interdépendant ... c'est un peu facile et occulte trop vite le droit fondamental de tout peuple à disposer de lui-même, à l'autodétermination !
Mais, Moi, je veux témoigner et illustrer par des éléments concrets comme mes propres écrits en l'occurrence, ce qu'il se passait dans la tête de quelques Calédoniens de bonne volonté, courageux et un peu précurseurs...

Je voudrais illustrer, par les images de l'article scanné ci-dessus, le fait que la volonté de prendre en compte la revendication légitime d'indépendance du Peuple Kanak et la volonté de construire un "Destin Commun", ne datent pas d'aujourd'hui.

Ainsi, je veux rendre hommage aux gens qui comme moi ont toujours lutté pour rendre justice au peuple d'origine, le Peuple Kanak et ont lutté pour plus de justice dans Notre Pays. Ces gens, qui ont fait cette démarche en toute simplicité, sans se renier, ni renier ce qu'ils sont, des descendants de colons certes ... mais pas tous des co...! Loin de là.
Des gens dont la Parole est trop peu écoutée par tous ceux qui, quelle que soit leur origine sociale, ethnique ou politique, pensent avoir toute légitimité pour exprimer la vérité du Pays alors que leur mémoire est parcellaire, tronquée ou courte tout simplement!
Qui est capable de faire la synthèse du savoir, de la mémoire et du pouvoir ?

jeudi 22 mai 2008

Attention! La Calédonie "pônse" fort! "On" réfléchit à l'avenir ...

Colloques, conférences, assises, séminaires, missions et voyages d'études, rapports d'experts, consultations de spécialistes, ...
Je serais curieux de savoir si un pays nous bat dans ce domaine, en heures et coûts rapportés par tête d'habitant !
Depuis quelques années, Notre Pays est devenu un véritable eldorado pour tout ce qui compte de vendeurs de ces marchandises intellectuelles ... pour quelle valeur ajoutée ?
Connaissons-nous si peu Notre Pays, son histoire, sa géographie, son économie, sa composition sociale ?
Sommes-nous incapables de réfléchir par nous-mêmes ?
Manquons-nous tant que cela de cerveaux ?
Sommes-nous incapables de poser nous-mêmes nos problématiques ?
Sommes-nous incapables de méthodologie ?
Mais au fait, le "nous", qui représente-t-il ?
Ce que je veux dire ici, c'est que je vois autour de moi des gens de tous âges, de tous horizons, qui ont une expérience et une connaissance intimes de Notre Pays, qui ont des compétences avérées, qui ont le désir de s'investir pour Leur Pays; mais qui d'une certaine manière, voire d'une manière certaine, sont exclus, écartés de ces réflexions de fond qui les concernent au premier chef ... C'est de ces "nous"-là dont je veux parler !
Ce que je veux dire aussi, c'est qu'ici, la jalousie entre gens du Pays, la crainte que l'autre d'à côté ne prenne notre place, la peur qu'une position durement acquise ne soit remise en question par ce même autre, conduit à faire appel à un autre de "l'extérieur" qui lui saura brosser tout le monde dans le sens du poil, faire le beau, pour mieux s'incruster et imposer sa façon de voir ...!!!???

mardi 13 mai 2008

Anniversaires politiques et historiques en série...

Antescriptum: Il y a dix ans (1998), j'écrivais un essai publié aux éditions "Ile de Lumière": "l'avenir de la Nouvelle-Calédonie en question(s)". A cette occasion, j'offre en dédicace à mes lecteurs Kanak la postface ci-dessus que j'ai scannée et qui fermait cette contribution.

Il y a dix ans (1998) l'Accord de Nouméa était signé puis adopté par le Parlement Français et les "populations concernées" de Nouvelle-Calédonie.
Le Centre Culturel Tjibaou voyait le jour.
Il y a vingt ans (1988) quatre gendarmes, deux militaires et dix neuf militants FLNKS d'Ouvéa étaient tués lors des événements liés à la lutte du Peuple Kanak pour l'indépendance.
Les Accords de Matignon et Oudinot étaient adoptés prévoyant un référendum d'autodétermination en 1998.
Il y a trente ans (1978) L'Union Calédonienne, dans sa motion de politique générale du congrès de Maré (j'y étais!), prenait clairement position pour l'indépendance; en prônant l'autonomie interne en vue de la préparer.
Il y a quarante ans (1968) en France, mai 68 battait son pavé, j'étais en première à Nouméa et j'essayais de comprendre ce qui se passait là-bas si loin aux antipodes. Ici c'était calme (politiquement), par contre économiquement, le "Boum du Nickel" faisait gronder les bulls et les camions sur les mines...sans retenues !
Il y a cinquante ans (1958) la Loi Cadre sur l'Autonomie Interne du Territoire de Nouvelle-calédonie fêtait sa première année avec un Gouvernement présidé par Maurice Lenormand entouré de plusieurs ministres Kanak et Calédoniens...
Chaque année on pourra égrainner, "fêter", commémorer, des dates anniversaires, pour quoi faire ? Quel sens donner à toute cette histoire, à toutes ces histoires ?
J'ai vieilli avec des idéaux qui m'ont porté et enthousiasmé, avec des idéologies qui ont structuré mon désir d'agir, avec des lectures qui ont contribué à me forger des grilles d'analyse du réel ... Pour finalement me laisser sur le bord de la route, plein d'amertume pour les gâchis du passé et d'inquiétude pour cet avenir illisible.
Car c'est bien de cela qu'il s'agit ici, la Nouvelle-Calédonie n'a pas d'avenir, si ce n'est celui à courte vue de beaucoup de nos politiciens locaux reflétant en cela une vision timorée de l'avenir, vision entretenue et partagée avec leurs concitoyens électeurs ! Petites visions pour grande ambition: se maintenir au pouvoir le plus longtemps possible pour en tirer les meilleurs bénéfices...
Alors;
Dans dix ans (2018), on repart pour un nouvel Accord ? On fête les 20 ans du CCT ! Et puis quoi encore ???
Postscriptum: A titre personnel, je n'accepterai pas de repartir, ENCORE (!?), pour un nouvel accord à terme; c'est-à-dire, pour une période donnée qu'elle soit de 10, 20, 30 ans ... Un accord définitif, OUI, un accord à échéance, NON.
Vivre à court terme, ça-suf-fit !!!

mercredi 16 avril 2008

Université de Nouvelle-Calédonie: morne plaine intellectuelle!

Attention: raisonnement par l'absurde!
C'est vrai que la Nouvelle-Calédonie c'est pas la France! Contrairement à ce qu'affirment certains politiciens. La preuve ?
Aucun relais notable d'une manière ou d'une autre des mouvements lycéens ou étudiants concernant les postes ou les réformes envisagées par le Gouvernement central. Dans des domaines pourtant de compétences d'état. Sur la forme ou sur le fond, RIEN. En tout cas sur la place publique ou dans les médias. Je ne dis pas par-là que j'attends que les gens concernés doivent être contre systématiquement et donc manifester, non, mais on aurait pu avoir quelques réflexions, au moins, émises à propos de ces projets de réformes ou la question des moyens. Il est vrai qu'il y a un léger décalage d'année scolaire ... mais, pour qui s'intéresse à notre jeunesse et à son avenir, j'aurai tendance à ne pas croire que c'est la cause de ce "silence radio" étourdissant.
Ici, nous n'avons pas UNE jeunesse mais DES jeunesses. Avec des problématiques très différentes: celle de la jeunesse Kanak n'est pas la même que celle de la jeunesse européenne qui elle-même se subdivise fortement entre jeunesse "métro" et jeunesse "caldoche", ces trois jeunesses recoupant la jeunesse "métisse"; celle de la jeunesse wallisienne est encore spécifique, sans compter que toutes ces "jeunesses" se séparent entre jeunesses citadines et rurales voire tribales ... Bref!
Il y a peut-être là un embryon d'explication sur cette non réaction de notre jeunesse dite étudiante, une jeunesse éclatée.
A moins que cette jeunesse qui "étudie" soit celle qui est privilégiée, quelle que soit son origine sociale et ethnique, et qu'elle ressent peu toute nécessité de réforme ou de besoin de moyens supplémentaires! Ou encore ce qui est la même chose dit à l'envers, que ceux qui le ressentent soient si peu nombreux. A moins que sous le soleil des tropiques et au bord de la Mer de Corail tout soit bien dans le meilleur des mondes futiles...
Pour une jeunesse qui vit en plein dans un processus politique appelé Accord de Nouméa qui est est un processus d'émancipation (différent de processus d'indépendance, on est d'accord), mais tout de même, un processus riche, complexe, qui pourrait être mobilisateur pour un jeune lycéen ou un étudiant, je me pose des questions ... Ces jeunesses seront-elle capables de prendre en charge leur Pays? En ont elles envie?
J'ai quelque inquiétude.