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jeudi 29 mai 2008

De (l'éco)pain et des jeux(bilés) ...

Je vais encore passer pour un rabat joie face à l'ambiance euphorique actuelle en Nouvelle-Calédonie ( sur le plan médiatique, économique, politique - avec toutes ces commémorations) !!!...
Deux millénaires plus tard, quelque part dans le Pacifique, la formule romaine "du pain et des jeux" fait toujours recette.
En effet, face à la montée irrésistible des prix en particulier du pain et du riz et à la stagnation des salaires (non indexés), le pouvoir trouve la plus vieille des parades:
Mettre en place un pain spécifique destiné aux petits revenus, l'écopain, et, dans le même ordre d'idée, un écoriz.
Faire oublier toutes ces "petites misères" en encourageant médiatiquement et financièrement, le jubilé de Christian Karembeu.
Christian Karembeu a été un grand joueur de foot calédonien et en 1998, (presque) toute la Calédonie a soutenu l'équipe de France. Oui, "presque" toute, car:
Je me souviens très bien qu'à Ponérihouen ou Poindimié par exemple, quand la France jouait contre le Brésil, ou une équipe d'Afrique, beaucoup de jeunes soutenaient les équipes adversaires de la France. Vous devinez pourquoi !?
Je me souviens aussi des mots d'ordre du FLNKS, pendant une longue période dans les années 80, demandant à tous ses militants et sympathisants de ne plus participer aux tournois sportifs ou autres manifestations sportives officiels; avec comme première conséquence une baisse très importante des licenciés dans des disciplines comme le foot-ball ou le volley-ball. Les responsables politiques indépendantistes ne voulaient plus que le sport devienne un prétexte pour détourner le Peuple Kanak de ses revendications fondamentales.

Qu'une équipe de footballeurs retraités milliardaires viennent en Calédonie ne me dérange pas; que ces "lumières brillantes" éblouissent les yeux des enfants calédoniens me gêne un peu; qu'on nous fasse croire que toutes les communautés du Pays sont unies face à cette célébration, je dis STOP! Le sport, j'aime, j'en fais (pas devant la télé, je cours tous les ans le marathon de Nouméa !); MAIS, l'utilisation crypto politique du sport, NON !

Le lendemain de cette superbe tournée, déchanterons-nous face aux difficultés de trop de monde à boucler ses fins de mois, face aux difficultés de nourrir sa famille, face aux difficultés de payer son loyer, face aux difficultés de payer le crédit de sa voiture ... quand on touche moins de 150 000 francs CFP par mois ?

mardi 27 mai 2008

C'était il y a 29 ans ... le 8 mai 1979 ...j'avais 27 ans

Cette fois j'ai scanné un article écrit en 1979 et paru dans le bulletin de l'Union Calédonienne: "l'Avenir Calédonien" N°773:
Bon, puisque l'on est dans les anniversaires et les commémorations et les conférences, je continue moi aussi mes évocations. Je suis jalououououx!!! Michel ROCARD est accueilli en héros, l'homme des Accords Matignon-Oudinot a donné une conférence à guichet fermé, tout le monde voulait l'écouter, certains aussi avaient besoin de se "faire montrer" comme on dit ici auprès de lui ... Peut-être sont-ils déjà en campagne pour les élections provinciales de 2009 !
Pouvoir revendiquer être le meilleur défenseur de l'Accord de Nouméa, ce sera important!
En tout cas, je conteste à Michel Rocard, comme l'a fait le Parti Travailliste, le droit de dire que le concept d'indépendance n'a plus de sens ou de raison d'être, peu importe, effacer ainsi des décennies de luttes et d'avancées dont font partie les accords Matignon et de Nouméa, c'est un peu court ... Lui-même ne serait pas venu faire cette conférence sur les dits accords si le Peuple Kanak ne luttait pas pour l'indépendance ! Lutte qui a contraint l'état français et les anti-indépendantistes locaux à négocier! Maintenant de dire qu'il n'y a plus de véritable indépendance dans un monde interdépendant ... c'est un peu facile et occulte trop vite le droit fondamental de tout peuple à disposer de lui-même, à l'autodétermination !
Mais, Moi, je veux témoigner et illustrer par des éléments concrets comme mes propres écrits en l'occurrence, ce qu'il se passait dans la tête de quelques Calédoniens de bonne volonté, courageux et un peu précurseurs...

Je voudrais illustrer, par les images de l'article scanné ci-dessus, le fait que la volonté de prendre en compte la revendication légitime d'indépendance du Peuple Kanak et la volonté de construire un "Destin Commun", ne datent pas d'aujourd'hui.

Ainsi, je veux rendre hommage aux gens qui comme moi ont toujours lutté pour rendre justice au peuple d'origine, le Peuple Kanak et ont lutté pour plus de justice dans Notre Pays. Ces gens, qui ont fait cette démarche en toute simplicité, sans se renier, ni renier ce qu'ils sont, des descendants de colons certes ... mais pas tous des co...! Loin de là.
Des gens dont la Parole est trop peu écoutée par tous ceux qui, quelle que soit leur origine sociale, ethnique ou politique, pensent avoir toute légitimité pour exprimer la vérité du Pays alors que leur mémoire est parcellaire, tronquée ou courte tout simplement!
Qui est capable de faire la synthèse du savoir, de la mémoire et du pouvoir ?

jeudi 22 mai 2008

Attention! La Calédonie "pônse" fort! "On" réfléchit à l'avenir ...

Colloques, conférences, assises, séminaires, missions et voyages d'études, rapports d'experts, consultations de spécialistes, ...
Je serais curieux de savoir si un pays nous bat dans ce domaine, en heures et coûts rapportés par tête d'habitant !
Depuis quelques années, Notre Pays est devenu un véritable eldorado pour tout ce qui compte de vendeurs de ces marchandises intellectuelles ... pour quelle valeur ajoutée ?
Connaissons-nous si peu Notre Pays, son histoire, sa géographie, son économie, sa composition sociale ?
Sommes-nous incapables de réfléchir par nous-mêmes ?
Manquons-nous tant que cela de cerveaux ?
Sommes-nous incapables de poser nous-mêmes nos problématiques ?
Sommes-nous incapables de méthodologie ?
Mais au fait, le "nous", qui représente-t-il ?
Ce que je veux dire ici, c'est que je vois autour de moi des gens de tous âges, de tous horizons, qui ont une expérience et une connaissance intimes de Notre Pays, qui ont des compétences avérées, qui ont le désir de s'investir pour Leur Pays; mais qui d'une certaine manière, voire d'une manière certaine, sont exclus, écartés de ces réflexions de fond qui les concernent au premier chef ... C'est de ces "nous"-là dont je veux parler !
Ce que je veux dire aussi, c'est qu'ici, la jalousie entre gens du Pays, la crainte que l'autre d'à côté ne prenne notre place, la peur qu'une position durement acquise ne soit remise en question par ce même autre, conduit à faire appel à un autre de "l'extérieur" qui lui saura brosser tout le monde dans le sens du poil, faire le beau, pour mieux s'incruster et imposer sa façon de voir ...!!!???

mardi 13 mai 2008

Anniversaires politiques et historiques en série...

Antescriptum: Il y a dix ans (1998), j'écrivais un essai publié aux éditions "Ile de Lumière": "l'avenir de la Nouvelle-Calédonie en question(s)". A cette occasion, j'offre en dédicace à mes lecteurs Kanak la postface ci-dessus que j'ai scannée et qui fermait cette contribution.

Il y a dix ans (1998) l'Accord de Nouméa était signé puis adopté par le Parlement Français et les "populations concernées" de Nouvelle-Calédonie.
Le Centre Culturel Tjibaou voyait le jour.
Il y a vingt ans (1988) quatre gendarmes, deux militaires et dix neuf militants FLNKS d'Ouvéa étaient tués lors des événements liés à la lutte du Peuple Kanak pour l'indépendance.
Les Accords de Matignon et Oudinot étaient adoptés prévoyant un référendum d'autodétermination en 1998.
Il y a trente ans (1978) L'Union Calédonienne, dans sa motion de politique générale du congrès de Maré (j'y étais!), prenait clairement position pour l'indépendance; en prônant l'autonomie interne en vue de la préparer.
Il y a quarante ans (1968) en France, mai 68 battait son pavé, j'étais en première à Nouméa et j'essayais de comprendre ce qui se passait là-bas si loin aux antipodes. Ici c'était calme (politiquement), par contre économiquement, le "Boum du Nickel" faisait gronder les bulls et les camions sur les mines...sans retenues !
Il y a cinquante ans (1958) la Loi Cadre sur l'Autonomie Interne du Territoire de Nouvelle-calédonie fêtait sa première année avec un Gouvernement présidé par Maurice Lenormand entouré de plusieurs ministres Kanak et Calédoniens...
Chaque année on pourra égrainner, "fêter", commémorer, des dates anniversaires, pour quoi faire ? Quel sens donner à toute cette histoire, à toutes ces histoires ?
J'ai vieilli avec des idéaux qui m'ont porté et enthousiasmé, avec des idéologies qui ont structuré mon désir d'agir, avec des lectures qui ont contribué à me forger des grilles d'analyse du réel ... Pour finalement me laisser sur le bord de la route, plein d'amertume pour les gâchis du passé et d'inquiétude pour cet avenir illisible.
Car c'est bien de cela qu'il s'agit ici, la Nouvelle-Calédonie n'a pas d'avenir, si ce n'est celui à courte vue de beaucoup de nos politiciens locaux reflétant en cela une vision timorée de l'avenir, vision entretenue et partagée avec leurs concitoyens électeurs ! Petites visions pour grande ambition: se maintenir au pouvoir le plus longtemps possible pour en tirer les meilleurs bénéfices...
Alors;
Dans dix ans (2018), on repart pour un nouvel Accord ? On fête les 20 ans du CCT ! Et puis quoi encore ???
Postscriptum: A titre personnel, je n'accepterai pas de repartir, ENCORE (!?), pour un nouvel accord à terme; c'est-à-dire, pour une période donnée qu'elle soit de 10, 20, 30 ans ... Un accord définitif, OUI, un accord à échéance, NON.
Vivre à court terme, ça-suf-fit !!!

mercredi 16 avril 2008

Université de Nouvelle-Calédonie: morne plaine intellectuelle!

Attention: raisonnement par l'absurde!
C'est vrai que la Nouvelle-Calédonie c'est pas la France! Contrairement à ce qu'affirment certains politiciens. La preuve ?
Aucun relais notable d'une manière ou d'une autre des mouvements lycéens ou étudiants concernant les postes ou les réformes envisagées par le Gouvernement central. Dans des domaines pourtant de compétences d'état. Sur la forme ou sur le fond, RIEN. En tout cas sur la place publique ou dans les médias. Je ne dis pas par-là que j'attends que les gens concernés doivent être contre systématiquement et donc manifester, non, mais on aurait pu avoir quelques réflexions, au moins, émises à propos de ces projets de réformes ou la question des moyens. Il est vrai qu'il y a un léger décalage d'année scolaire ... mais, pour qui s'intéresse à notre jeunesse et à son avenir, j'aurai tendance à ne pas croire que c'est la cause de ce "silence radio" étourdissant.
Ici, nous n'avons pas UNE jeunesse mais DES jeunesses. Avec des problématiques très différentes: celle de la jeunesse Kanak n'est pas la même que celle de la jeunesse européenne qui elle-même se subdivise fortement entre jeunesse "métro" et jeunesse "caldoche", ces trois jeunesses recoupant la jeunesse "métisse"; celle de la jeunesse wallisienne est encore spécifique, sans compter que toutes ces "jeunesses" se séparent entre jeunesses citadines et rurales voire tribales ... Bref!
Il y a peut-être là un embryon d'explication sur cette non réaction de notre jeunesse dite étudiante, une jeunesse éclatée.
A moins que cette jeunesse qui "étudie" soit celle qui est privilégiée, quelle que soit son origine sociale et ethnique, et qu'elle ressent peu toute nécessité de réforme ou de besoin de moyens supplémentaires! Ou encore ce qui est la même chose dit à l'envers, que ceux qui le ressentent soient si peu nombreux. A moins que sous le soleil des tropiques et au bord de la Mer de Corail tout soit bien dans le meilleur des mondes futiles...
Pour une jeunesse qui vit en plein dans un processus politique appelé Accord de Nouméa qui est est un processus d'émancipation (différent de processus d'indépendance, on est d'accord), mais tout de même, un processus riche, complexe, qui pourrait être mobilisateur pour un jeune lycéen ou un étudiant, je me pose des questions ... Ces jeunesses seront-elle capables de prendre en charge leur Pays? En ont elles envie?
J'ai quelque inquiétude.

mardi 15 avril 2008

Raide, raide le Raid de Tchamba

Samedi 12 avril 2008.
Grand Prix des raids de la Province Nord: ouverture par le raid de Ponérihouen à la tribu de Tchamba.
Un parcours de près de 20 km rendu très très difficile par les semaines de pluies quasi incessantes qui arrosent la Nouvelle-Calédonie et la Côte Est en particulier.
Un sentier avec une boue profonde, gluante, et omniprésente tout au long du trajet.
Une ascension surréaliste en forêt dite humide ( cherchez l'erreur) devenue patinoire pentue ou chaque tentative de pas en avant et plus haut se paye cash par une glissade douloureuse...
Une descente non moins patinoire mais entre des "champs" de sensitives géantes qui font payer non moins cher les écarts nombreux de routes...
Bref, en termes d'efforts et de dépenses d'énergies mentales et musculaires, un raid auquel on pourrait attribuer un coefficent 2!
Et, une arrivée, au milieu de la tribu, des hommes, des femmes, des enfants et des vieux de Tchamba, digne d'un triomphe; mais, lui aussi, à la mode de "chez nous", enthousiaste pour chacun des participants. Merci Napwé, Hélène, Marie, Michou, Alain, Lalié, Micka, Cîbaou, ... , et Tous.
Mais aussi, Tchamba, a montré ce qu'est accueuillir, partager des sourires francs, des rires et partager ses ignames.
Quatre heures d'efforts dans ces conditions ? Je remets ça tous les week-ends!

samedi 15 mars 2008

Oser Nouméa ...

Pour compléter mon propos d'hier et l'illustrer d'images, je voudrais ici donner des exemples et des contre-exemples qui permettraient à Nouméa "d'être ou ne pas être" océanienne et qui lui permettraient de se distinguer de Nice; Pour l'ancrer un peu dans le Pacifique.
Nouméa est une ville où toutes les ethnies "confondues" se côtoient dans une méfiance assourdissante. A tel point que la confusion règne dans les esprits et dans la réalité. Confusion parce que l'on confond (précisément) se cotoyer et vivre ensemble. Merci à la langue française qui permet à nos politiciens d'entretenir ... la confusion ! Vous êtes confondus ? C'est confus ? Eh bien c'est ça Nouméa et la Calédonie !
En clair, vivre ensemble, si c'est notre souhait à tous, cela se construit et s'organise, et c'est aussi affaire d'éducation; cela ne se décrète pas, cela ne se réduit pas à des effets d'annonce à des voeux pieux .
Vivre ensemble c'est déjà ne plus avoir peur de l'Autre...de ces jeunes Kanak qui déambulent nonchalemment dans les rues, et avec qui j'aime échanger un sourire, même si parfois il faut leur arracher un sourire en échange, parce qu'eux aussi sont devenus méfiants !
Vivre ensemble c'est ne pas être obligé de barricader sa maison à Koutio ou aux Portes de Fer parce qu'elle est cambriolée toutes les semaines alors que l'on est qu'un ouvrier de la SLN ou un retraité "non indexé" ...
Que pourrait-on faire (exemples), que ne doit-on plus faire (contre-exemples) ?
Exemples:
De vastes espaces verts au milieu de la ville et de ses quartiers, ou l'on verrait fleurir les nattes, avec quelques BBQ; lieux de convivialité par excellence.
Des maisons sociales adaptées à la vie en famille, vastes avec de grandes vérandas (terrasses) et quelques ares de terrain autour; favorisant l'épanouissement des enfants et la vie en grande famille.
(Vs)
Contre-exemples:
Des quartiers "privés" et protégés comme en Afrique du Sud;
Une colline "des poètes" bétonnées;
Des logements sociaux exigüs (style cages à lapins) où les "océaniens" s'entassent les uns sur les autres (au propre et au figuré), dans des petits bâtiments sérrés les uns contre les autres.
Tout est-il encore possible ? C'est une question de volonté politique, mais c'est surtout UN CHOIX !
Voter un budget, c'est faire des choix, n'est-ce pas ? Laisser faire les promoteurs, c'est un mauvais choix; geler du foncier, voire le réquisitionner, c'est faire le choix du courage; obliger les architectes à s'inspirer de modèles océaniens en se faisant assister de Kanak et d'autres océaniens (dont des océaniens "blancs") serait un bon choix ...
Bref, il faut créer les conditions d'un développement harmonieux du vivre ensemble. Si on le souhaite vraiment !
Sinon "y a qu'a laisser tomber et laisser faire" !!! Si c'est votre choix.
Mais, chers Nouméens, avez-vous le choix ?

Post-Scriptum: Ceci est valable pour ce que l'on appelle "le Grand Nouméa" et où tout est encore possible.

vendredi 14 mars 2008

Va voter ... à Nouméa; Nouméa océanienne ?

Les Nouméens retournent voter pour un second tour de scrutin, aucune liste n'ayant eu la majorité absolue au premier tour. Je ne vote pas à Nouméa, mais étant amené à fréquenter LA VILLE, j'ai envie d'émettre un point de vue.
Les Nouméens sont les habitants de Nouméa, "capitale" de la Nouvelle-Calédonie, archipel du Pacifique en Océanie. Mais Nouméa est-elle océanienne ? Nouméa a-t-elle un visage océanien ? Nouméa est-elle peuplée d'Océaniens ? J'aurais envie de répondre NON aux trois questions, par dépit!
En fait, certains quartiers ou lieux de la ville ont un caractère océanien assez marqué; les "squats", certains quartiers populaires par "l'ambiance" qui s'en dégage, la plage de Magenta surtout le week-end, mais cette "océanité" est loin d'être un trait dominant.
Nouméa présente DES visages océaniens. D'abord ceux de beaucoup de ses habitants. Par contre les visages de la ville elle-même n'ont rien d'océanien. Bravo, messieurs les architectes et merci aux maires qui se sont succédés, les uns et les autres avec une imagination pour dessiner leur ville d'une stérilité déconcertante. A moins que ce soit leur choix, à moins qu'ils aient voulus imposer un caratère EUROPEEN à cette ville pour affirmer son appartenance à la "Frônce" !
Et Nouméa n'est pas peuplée QUE d'Océaniens ! Mais qu'est-ce qu'un OCEANIEN ? De mon point de vue, c'est d'abord quelqu'un qui se reconnaît, de, et dans, l'Océanie et ses valeurs. Vient ensuite un certain mode de vie océanien intimement lié à l'environnement physique, naturel, climatique, humain, qui conditionne l'émergence d'une psychologie, d'une mentalité, originales.
Alors, je revendique être de cet Océanien-là, un homme (un peu) blanc de l'Océanie. Comme il y a des hommes (plus ou moins) noirs, plus ou moins "chocolats", avec des cheveux crépus, ou lisses, en Océanie (je n'emploie pas le terme métisse exprès); bref, vous m'avez compris, pour moi, l'Océanie, c'est d'abord dans la tête.
Et, parmi les "décideurs" de Nouméa, il n'y a pas d'Océaniens !!!???
Et beaucoup de Nouméens acceptent-ils volontiers voire, encouragent-ils cette négation d'Océanie dans leur ville.
Nouméa pourrait être la Nice d'Estrosi que cela les arrangerait.
Ce n'est pas la mer, les plages, les cocotiers, les marinas qui feront de Nouméa une ville océanienne d'Océanie ! C'est ce que ses habitants décident d'en faire ... C'est la manière dont ses habitants décident de vivre leur ville ...
Nouméennes, Nouméens, comme dirait quelqu'un, faîtes votre choix ... de vivre !
Au fait ! Un test:
Quand vous vous promenez sur la "Promenade Pierre Vernier" qui longe la Baie de Sainte Marie, quel type de promeneur êtes-vous ?
De celui qui se promène en regardant vers les collines recouvertes de maisons "rutilantes" et closes ?
Ou,
De celui qui regarde au large, la mer, le Mont-Dore, l'îlot Sainte-Marie, vierge (jusqu'à quand ?) de toute construction ?

mercredi 12 mars 2008

A voté ...

Ce dimanche, je suis allé voter au bureau de la tribu de Tchamba. J'étais heureux; non pas d'aller voter, quoique, mais de retrouver mes amis. Napwé, Lalié, Cîbaou, le Vieux Oué, Paul et David, et puis les femmes, assises sur le bord de la terrasse du foyer socio-éducatif qui abrite le bureau de vote, et puis Dogo que tout le monde a charrié car il est arrivé à 15 heures pour voter alors qu'il était attendu à 8 heures comme assesseur ! Et les joueurs de pétanque (eh oui! même au fond de Kanaky-Nouvelle-calédonie).
Ponérihouen, commune de moins de 3500 habitants, un seul tour, six listes en concurrence.
J'avais envie de voter pour le maire sortant, André Gopoéa ( de l'UPM, l'Union Progressiste Mélanésienne) que je trouvais compétent... Mais voilà, j'apprends que ma mère (86 ans) et son compagnon (89 ans) lui avaient demandé il y a quelques temps s'il pouvait envoyer un engin (genre pelle rétro) pour arranger le passage à gué qui mène à sa maison, passage impraticable à cause des pluies abondantes de ces dernières semaines. Ils sont isolés sur leur petit bout de terre depuis plusieurs jours voire semaines sans pouvoir traverser la rivière à pied ou en voiture vu leur âge. Il faut savoir que nous habitons dans la chaîne, au milieu de montagnes et de rivières, aux confins des communes de Ponérihouen et Poindimié; un 4X4 nous est indispensable, mais un 4X4 ce n'est pas un bateau !
Le maire, André Gopoéa, leur a répondu que nous étions sur le territoire de la commune de Poindimié, qu'il avait fait un courrier et téléphoné, mais que sans réponse de la mairie de Poindimié, il ne pouvait rien faire... La mairie de Poindimié ne s'est jamais préoccupée des quelques habitants de Tchamba situés dans cette partie de sa commune ( Océa, Dogo, Eric et leur famille) ... Trop loins et recensés sur Ponérihouen, votant à Ponérihouen ...
Alors !
Eh bien Maman et Raymond ont passé la rivière avec mon aide et celle de mon oncle Yvon (73 ans), dans le courant avec de l'eau au-dessus de la ceinture, et nous sommes allés voter... pour une autre liste que la sienne !
C'est ça les élections municipales et leur enjeu.
Gauche, droite, indépendantiste, loyaliste, RPCR, FLNKS, Avenir Ensemble, et autres, que font-ils pour améliorer la vie de leurs administrés ?
Eau potable, routes, électricité, téléphone, école, santé, transport ... On en est toujours-là dans notre Brousse ... Et j'ai été frappé de lire toutes ces professions de foi remplies de généralités vides, remplies de "bonnes intentions" stériles, remplies de slogans sans sens ...
A moins que ... je me sois trompé d'élections !

jeudi 21 février 2008

Stop ou ... Encore !

Oui, "stop ou encore", je ne sais pas. je ne sais plus.
Après quelques temps sans nouveau message, je reprends la plume de mon ordinateur. Je ne sais pas si je vais poursuivre ce blog. Et je n'attends de réponse de personne, autant le dire tout de suite.
Je voulais faire cette expérience qui me laisse perplexe, finalement.
Comme dirait Jean-Raymond, cela ressemble au message dans une bouteille jetée à la mer (tout en estimant qu'il y a un public pour ce genre de "communication internautique"). Aussi, après avoir bu le contenu de la bouteille, je crois que je préfère arrêter ... "Bloguer politique" dans le vide intersidéral d'internet ? très peu pour moi ! Je préfère la bonne vieille communication, "en chair et en viande" comme on dit chez nous. La confrontation des idées et des réflexions avec des êtres humains que je peux voir, que je peux sentir (comme dirait Jean-Marie Tjibaou), que je peux toucher, avec qui je peux partager une bonne bière fraîche (dans la glacière, car au magasin elle est vendue "chaude"), avec qui je peux m'engueuler et me réconcilier l'instant d'après, bref, avec qui je partage la Vie, l'Histoire, la Terre; les vies, les histoires, les terres ... Et l'à-venir si incertain.
Alors, à côté de cela, internet, ses sites, ses blogs, c'est qui, c'est quoi ? C'est tout le monde, c'est personne ...
Et Tékitoa, d'abord, qui me lit, me commente et ... Nônponcepamoin ? Je ne te connais point, tu me connais si peu ...
Honni soit qui mal y pense! Ce n'est pas "l'outil internet" qui est en cause à mes yeux, mais cet usage-ci, celui de la communication internautique que je croyais très puissant ...
C'est très frustrant; trop ?
Ah ! Au fait, demain, est-ce que tous les internautes viendront se joindre à la grande Manif de l'USTKE à Nouméa et grossir ses rangs ? Ou bien, est-ce "la bonne vieille militance", "radio cocotier", ou encore la capacité d'organisation (qui peut intégrer internet d'ailleurs) et les convictions politiques et syndicales de ses militants qui feront la réussite dont je ne doute à aucun moment de cette Grande manif ?
Vous avez dit décalage ?
Autant de questions qui me ramène à La Question du début: Stop ou encore ?
Internet n'est pas "démocratique";
Internet n'est pas "anti-démocratique";
Internet est ... "a-démocratique";
Internet ne peut être qualifiée de quelque manière que ce soit dans le champ politique car internet peut être tout et son contraire ... Et la politique ne peut être tout et son contraire ( même si pour "un politicien qui se respecte", c'est possible; mais je ne suis pas politicien) ! J'ai donc bien envie d'arrêter de "bloguer" sur ce trou noir numérique.
Je n'en demande l'avis à personne.
Et, à demain ... Si Dieu, Marx, Procureur, Jésus, Marley, Samantha, Pot, Candide, Memmi, Gandhi, Obama, Castro, Marie, Jéronimo, Guévara, Ataï, De Gaulle, Censeur, Attila, Geneviève, Senghor, Allah, Louverture, Amin, Keynes, Juge, Freud, Einstein, Vercingétorix, Bové, Hô Chi Minh, Spectateur, Mandéla, Noël, Walker, ... me lisent encore.

jeudi 24 janvier 2008

De la sévérité partiale de l'Etat Français.

Conflit USTKE/Carsud-Province Sud (suite).
Y-a-t-il autant de poids que de mesures dans l'exercice de la justice par l'Etat Français en Nouvelle-Calédonie ? Ou encore, l'exercice de la justice par la France en Nouvelle-Calédonie, dépend-t-elle de chaque Haut-Commissaire ? De chaque procureur de la République ?
Je ne suis pas niais, l'histoire de la Nouvelle-Calédonie, comme celle de toute colonie regorge d'injustice, parce que toute situation coloniale engendre de facto l' injustice.
Je ne suis pas niais, toute justice est justice humaine, donc ... sous influence (?)
L'Accord de Nouméa est sensé être un accord de décolonisation, inscrit dans la Constitution. Alors, je regrette, les mesures prises contre les militants USTKE interpellés lors de ce conflit, elles cèdent à la facilité sans prendre en compte la nature du dit Accord !
J'ai dit ma désapprobation des dernières méthodes de l'USTKE dans ce conflit, je dis aussi mon incompréhension vis-à-vis des décisions de la Justice à l'encontre des militants du syndicat ! Ce sont des gens qui assument leurs actes, alors, pourquoi les maintenir en prison en attendant leur comparution pour les faits qui leur sont reprochés ? Craint-on qu'ils "s'évaporent dans la nature" ? Ces militants interpellés lors des affrontement et présentés à la justice, pouvaient rester en liberté pour mieux préparer leur défense; non ? Car, leur procès sera tout autant le procès d'une absence de dialogue social en calédonie ( je sais, ça fait éculé !) qu'un procès politique, car la Province Sud a amené le conflit Carsud sur ce terrain, n'en déplaise à qui de droit (l'Exécutif de la Province Sud) !
Dans le passé récent (à mon échelle de vie) il y a déjà eu nombre de cas où la sévérité de l'Etat n'a pas été aussi forte; dans le conflit des rouleurs miniers par exemple qui ont faire preuve d'une agressivité extrême vis-à-vis des forces de l'ordre à Tontouta, dans le procès des assassins de Louis TJIBAOU et de ses compagnons dans l'embuscade de Hienghène ... Deux exemples que je ne prends pas "au hasard".
A quoi tout cela va-t-il aboutir ? Personne ne peut se réjouir en Calédonie, de cette situation. Jean-Marie TJIBAOU disait, à propos de son peuple, le Peuple Kanak, au moment des "Evénements", "il ne faut pas rendre les gens gentils méchants". Bon, l'USTKE n'est pas un syndicat "gentil", ni d'ailleurs "méchant"; il défend ses idéaux et ses syndiqués avec une détermination rare; qui rend parfois ses gens ... méchants !

mardi 22 janvier 2008

Transparence ou visibilité ?

"On" a l'habitude, en politique, mais aussi pour nombre d'autres organisations ( institutions, administrations, entreprises, etc.), de parler de "transparence", comme d'une qualité majeure de la dite organisation, ou de la dite politique, bref, du dit objet ...
En Nouvelle-Calédonie, nous n'échappons pas cette règle ! Et nos politiciens de vanter à tout propos du caratère "transparent", de tel programme, de tel projet, de tel plan de financement, etc. Et, cette "transparence" pare immédiatement son objet d'une irréprochabilité indiscutable.
Bon !
Cela finit vraiment par m'irriter les oreilles.
Car, quelque chose de "transparent", on voit à travers, je dis bien à travers, l'objet lui-même, celui qui est transparent, on ne le voit pas !!! User de la transparence en politique est une belle fumisterie, une tromperie majeure.
Ne devrait-on lui préférer la visibilité ou la lisibilité ? L'objet dont on parle, pour être compris, critiqué, apprécié à sa juste valeur, doit être visible et lisible dans tous les sens de ces deux termes !
Où peut-on le VOIR, ce projet, ce programme, ce plan de financement, etc. ? Peut-on le LIRE, en termes accessibles par tout le monde (syntaxe et vocabulaire appropiés) ?
J'ai la très désagréable sensation qu'"on" se gargarise de transparence pour cacher (?) l'opacité de ces objets. A moins qu'il s'agisse de glace à fond teint ...
Dorénavant, soyez attentif à ces "objets" présentés en toute "transparence".
A bon entendeur ...

jeudi 17 janvier 2008

Scènes d'émeutes au Paradis de l'Anse Vata.

Eh oui ! Depuis ce matin 2 heures, des affrontements durs opposent les forces de l'ordre, comme on dit, aux militants de l'USTKE, à Nouméa dans la zone industrielle de Normandie, puis dans les quartiers environnants, avant de se poursuivre à la vallée du Tir, en face de la Société Le Nickel.
Il est vrai que plus rien ne m'étonne dans mon Pays. Et pourtant je me sens opressé. Les militants de l'USTKE ( Union des Syndicats des Travailleurs Kanak et des Exploités) ont affronté les forces de l'ordre autour de l'entreprise Carsud avec laquelle le syndicat était en conflit larvé depuis des mois. Grenades lacrymogènes, tirs de flashballs, VBRG (véhicules blindés anti émeutes de la gendarmerie), tout l'arsenal répressif classique. En face, les émeutiers "classiques", encagoulés, déterminés ... Et tout flambe, les esprits, les véhicules, les poubelles, les commentaires, l'escalade, la violence verbale et physique, le rapport de force verbal et physique, j'en passe et des moins bonnes !
Comment peut-on en arriver là ?
J'ai représenté l'USTKE dans des élections de délégué du personnel dans le collège des chefs d'établissement de la DDEC, sans jamais y avoir adhéré (trop jaloux de mon indépendance d'idée et d'action), par idéologie, celle de la défense des plus faibles. Je ne suis donc pas un anti-USTKE primaire comme il y en a tant en calédonie. Je suis pourtant troublé ...je suis en désaccord avec ce genre d'action, je n'accepte pas la casse gratuite de biens chèrement acquis par d'autres salariés ou petits entrepreneurs, ma voiture aurait pu être parmi celles qui ont été vandalisées ...
A quoi joue-t-on,
A quoi joue l'USTKE , parfois bornée, souvent provocatrice?
Mais aussi, à quoi joue la Province Sud, dans son entêtement imbécile, stérile et indigne, sollicitant, telle une enfant gâtée, l'intervention protectrice de l'Etat Français, tout en profitant, le mot est-il faible, de cette large autonomie acquise grâce à la lutte des Kanak ?
Et à quoi joue l'Etat Français à travers la position rigide et inappropriée de son nouveau haut-Commissaire, qui a "compris tout le monde" tout en nous rejouant une partition rétrograde, celle de la répression.
En voilà trois qui jouent aux coqs sur le dos du Peuple de Nouvelle-calédonie ... Jusqu'à quand vont-ils le bais.. ?
Il est vrai qu'aucun ne veut "baisser son froque" devant l'autre ... avec raison ou par obsession ringarde, à moins que çela fasse vraiment mal ?
"Mais, m'sieur Eric, c'est pas moi, c'est l'autre qu'a commencé !!!"
Je crois en l'ordre public garantissant la liberté de tous et chacun, je crois en une politique digne, de dialogue, d'intelligence et de progrès ( de civilisation aurait dit l'Autre), je crois en la promotion des plus faibles, laissers pour compte de cette même "civilisation" qui engrange des milliards de bénéfices, je crois en l'entreprise, vecteur incontournable de la synthèse (liberté, intelligence et progrès) et productrice de ces mêmes milliards.
Et je ne m'y retrouve plus dans ce bord.. ! Pourtant j'estime avoir acquis au prix cher une bonne boussole pour ne pas perdre le Nord dans l'Hémishère Sud où mes aïeux vivent depuis 1761 !
Oh ! Chaque citoyen a une opinion, bien sûr, que chacune des parties en présence (ou chacun des partis) essaie de flatter, histoire de préserver son pré carré..........!!!!!!!!!
Bon ! Eric, arrête de déconner et profite du soleil, de l'argent, des nan.., de la vie, quoi, ... fais l'autruche, ou à défaut l'idiot. Tu en seras plus heureux ... Imbécile !

mardi 15 janvier 2008

Terre de mort sous le soleil des tropiques.

Le 12 janvier 1985, Eloi Machoro était tué par le GIGN à La Foa; il y a 23 ans. Qui s'en souvient ? la moitié de la population de la Calédonie n'était pas née ou encore arrivée sur le Territoire ! Secrétaire général de l'Union Calédonienne, il s'était rebellé avec quelques compagnons et, tel un Ché Guévara Kanak, avait décidé de poursuivre sur le "terrain", avec les armes, une lutte pour l'indépendance qu'il fallait négocier.
Qui s'en souvient ?
Eloi Machoro a inscrit son nom au Panthéon des morts Kanak luttant pour leur liberté les armes à la main; après Ataï en 1878, Noël en 1917, et d'autres moins connus.
Qui s'en souvient ?
Je me souviens, après l'assassinat de Pierre Declerq en 1981, lui aussi secrétaire général de l'Union Calédonienne, et à qui Eloi Machoro a succédé à ce poste, je me souviens de l'enterrement de Pierre à la Conception, je me souviens qu' Eloi ne m'avait pas salué, il avait la haine, peut-être de ce que je représentais, Blanc et Colon ! Pourtant, j'étais un membre actif de l'UC, partageant avec lui, je le croyais, le même idéal: redonner au Peuple Kanak toute sa place dans son propre pays...Et légitimer notre propre place.
J'en resterais marqué pour ma vie ! Ebranlé !
Eloi a été tué 4 ans après Pierre Declerq qu'il avait remplacé ... Et je n'ai pas assité à son enterrement à Nakéti, Canala.
Je ne suis allé à nakéti, sur sa tombe, qu'en 2004 accompagnant des élèves du lycée Johanna Vakié que je dirigeais à Houaïlou. J'y ai attaché un manou.
N'oublions pas, Eloi Machoro a fait trembler la Calédonie ... Et la France aussi, soit dit sans emphase, par sa détermination, son courage et son intelligence; combien de Machoro en puissance fabrique-ton aujourd'hui, par la bêtise, l'indifférence, le manque de courage ou encore le non respect des paroles débitées par tant de politiciens ?

lundi 31 décembre 2007

2007/2008: De la désespérance à des espérances!

Merci M. FILLON! Premier ministre de la République Française.
Je comprends encore mieux la différence qu'il peut y avoir entre un homme d'état - comme Vous- et des tas d'hommes - comme M. Frogier. Ce dernier, pourtant député de la 2ème circonscription de Nouvelle-calédonie, n'a jamais su ou pu se hisser à la hauteur de cet accord historique qu'est l'Accord de Nouméa, qu'il dit avoir signé; mais l'avait-il seulement lu ? Notre Premier Ministre, lui, s'est mis tout de suite à la hauteur de la signature de l'Etat Français c'est-à-dire de la République Française, donc de la France.
Ce 20 décembre dernier a donc été un moment important, il m'a apporté un peu d'espérance quand j'errais de désespérance toute cette année 2007 ... En attendant ce qui allait sortir de ce Comité de Suivi des Signataires de l'Accord de Nouméa tenu à Matignon, sous la pésidence du premier ministre. L'Accord de Nouméa en sort consolidé. Il était temps, après dix années de tergiversations, accumulant du retard dans pratiquement tous les domaines de compétences, transférées ou non.
Des espérances donc pour l'année 2008...

mercredi 26 décembre 2007

Un nom pour notre pays.

Et un nom pour ce blog: chronique de ... Kanaky-Nouvelle-Calédonie.
"Kanaky-Nouvelle-Calédonie" est le seul nom pouvant être consensuel ! A lui seul il est reconnaissance de la préséance du peuple premier de notre pays, celui des Kanak; il exprime tout autant l'histoire de la "découverte" par les européens d'un archipel déjà peuplé qu'ils ont conquis et soumis après les insurrections de ses habitants; il est synthèse difficile, exigeante d'une reconnaissance réciproque.
Evidemment, je ne l'ai pas inventé mais je l'adopte. Après tout, dans cette même problématique, la "Papouasie-Nouvelle-Guinée", nous ouvre une piste de réflexion.
Un tel nom pour notre Pays en fera tousser plus d'un ! En particulier tous ceux qui dénient aux kanak le droit d'exister en tant que peuple ancien ayant imprimé de ses mains cette terre; tous ceux qui dénient aux colons et à leurs descendants le droit d'exister en tant que pionniers de l'histoire moderne de la Nouvelle-Calédonie...
Ce matin, passant devant la nouvelle et superbe mairie de La Foa, quatre drapeaux y flottaient:
Celui de La Foa avec son blason, celui de la Province Sud, celui de la France et enfin celui de l'Europe ! Cherchez l'erreur ... A moins que cela soit la volonté manifeste d'afficher une vision de l'avenir de CE pays, un constat consternant s'impose à mes yeux: la Nouvelle-Calédonie n'existe pas puisqu'elle n'a pas de drapeau, car pas de nom dans lequel chacun de ses habitants, et tous ses habitants pourraient se reconnaître.

samedi 15 décembre 2007

Enracinement.

Cette photo de Tchamba, dans la chaîne calédonienne, sur la Côte Est de la Nouvelle-Calédonie, qui illustre ce Blog, ne représente pas l'image idyllique trop souvent colportée des tropiques, avec la mer et les plages de sable blanc!
Non;
Elle montre quatre sapins, plantés par mon père né à Poindimié (comme son propre père), il y a longtemps (il est décédé à 84 ans en 2001). Quatre sapins plantés sur notre petite terre de Tchamba qu'il a travaillée, comme elle a été travaillée par ses parents il y a bien plus longtemps encore, cette même terre qu'ont travaillée plus avant encore les ancêtres des Kanak actuels.
Ces sapins sont les symboles de l'enracinement nécessaire pour prétendre être d'un pays...ou pour prétendre le connaître et le comprendre un peu.
Ces sapins sont le temps et la durée qui fondent la mémoire, permettent l'acculturation et conditionnent la construction de l'avenir. Rien ne se fonde sans du temps, sans mémoire de l'histoire, sans volonté aussi.
Cette mémoire, c'est un partage du temps avec d'autres, partage qui fabrique de l'histoire pour se prolonger dans une vision de l'avenir.
C'est bien ce qui a inspiré quelques éléments clés constitutifs de l'Accord de Nouméa, éléments qu'ont approuvés les citoyens calédoniens lors du référendum de mai 1998. Ces éléments sont par exemple, le corps électoral spécial, la notion de citoyenneté, la volonté de favoriser l'emploi prioritaire des citoyens de Nouvelle-Calédonie, la définition de signes identitaires ...
Alors;
Je n'arrive pas à comprendre que des politiciens, des migrants récents, des associations d'intérêts particuliers, puissent remettre en cause ces "fondamentaux" de l'Accord de Nouméa... Je n'arrive pas à le comprendre ! Je n'arrive décidément pas à comprendre que l'on puisse assimiler un Accord honoré par la République Française dans sa Constitution puisse être assimilé à de l'exclusion ... puisqu'il fonde l'avenir. Paradoxalement, je dirai même que cet Accord est une Ouverture vers l'Autre, il permet la sérénité, il fonde la sécurité, il garantit la liberté de chacun, et en particulier de ceux "qui arrivent"... Il est donc en finalité la condition du développement économique, de la liberté d'entreprendre et de circuler, de l'épanouissement de chaque individu et de toutes les communautés de Nouvelle-Calédonie.
Et;
Je tiens à témoigner pour ceux qui n'ont pas cette Mémoire de Notre Pays, que la Nouvelle-Calédonie a été pour moi qui la pratique depuis 56 ans autant Enfer que Paradis !!!
Alors;
Préservons l'Avenir en faisant preuve d'un peu d'intelligence.

lundi 10 décembre 2007

Coup de dérive.

Il est un peu tard ce soir sous le ciel du Tropique du Capricorne, et, ça ne va pas bien dans ma tête...
Le Comité des Signataires de l'Accord de Nouméa va avoir lieu en France très bientôt, le 20 décembre 2007 ( au fait ! Désolé pour ceux qui préfèrent "Métropole", mais je n'ai pas encore trouvé ce pays sur la planisphère ! Par contre "France" c'est beau et j'aime bien la "France") .
Dans quel contexte va-t-il avoir lieu, ce Comité des Signataires ?
Car, en Nouvelle-Calédonie c'est le cadet des soucis pour tout un chacun.
Ici, on ne pense plus que par l'argent. Oui! C'est le "new dream"! le nouveau rêve.
En calédonie, le "Fric" est le nouveau paradigme, c'est-à-dire le modèle conceptuel dominant.
Les riches en veulent beaucoup plus, les pauvres...en veulent un peu plus, les industriels en veulent plus pour leurs actionnaires ou leurs fonds de pensions, les politiciens en veulent plus parce qu'ils s'occupent de Nous ! Les intellectuels en veulent plus parce qu'il n'y a pas de raison qu'ils n'aient pas leur part, les syndicalistes en veulent plus par principe. Les retraités expatriés en veulent plus, car le soleil des tropiques, ça coûte cher.
Et moi ? J'en veux plus aussi, car j'ai assez ramé pour les Autres, n'est-ce-pas?
Bon, ce Comité des Signataires, à quoi pourrait-il servir ? Donc.
Avec;
Un Rassemblement-UMP, "droit dans ses bottes" qui veut tout à la fois plus de France pour la sécurité qu'elle est sensée garantir et pas trop de France quand même pour ne pas en avoir les contraintes et faire quelques petites affaires!
Un FLNKS, "droit dans ses bottes" qui veut croire que l'indépendance surgira naturellement au bout d'un parcours intitulé "Accord de Nouméa" tout en continuant à afficher haut et fort son slogan d'Indépendance Kanak Socialiste ( et Révolutionnaire (!) pour quelques uns).
Un Avenir Ensemble "droit dans ses bottes" qui n' a même pas peur d'être une "troisième voie" regroupant des leaders qui n'arrivent pas à être ensemble !!! Cherchez le comble... Pas vraiment sérieux!
Donc;
Un Comité des Signataires à la veille des fêtes de Noël et du Nouvel An, quand le souci prioritaire pour tout un chacun n'est sûrement pas cette réunion à 22000 km! Et pourtant , nos hommes et femmes politiques, autour de M. Fillon, ne pourraient-ils pas nous offrir le plus beau des cadeaux de Noël et le plus beau tous les voeux du Nouvel An, si bien exprimés par ce fameux rêve de Martin Luther King:"...le rêve que les hommes, un jour, se lèveront et comprendront enfin qu'ils sont faits pour vivre ensemble comme des frères...".
A défaut, rêvons donc que nos représentants à ce Comité de Suivi retrouvent la voie et les voix du consensus intelligent.
Mais;
Nos politiciens ne sont pas des rêveurs, ils aiment d'ailleurs à se revendiquer pragmatiques. Eh bien! Qu'ils sachent que tout homme privé de rêve est condamné...à mourir! Et c'est pour cette raison que l'on a tous besoin de ... dormir de temps à autre.

dimanche 9 décembre 2007

De la démocratie calédonienne.

La démocratie peut devenir dictature;
Lorsque la peur, l'ignorance et l'indifférence, l'arrogance et la bêtise, le racisme et le conformisme, l'orgueuil et l'envie, ou encore l'argent et le pouvoir utilisent la liberté que cette-même démocratie offre...pour imposer leurs règles.
La Nouvelle-Calédonie peut toujours devenir un paradis pour ces "anti-valeurs", ces "mauvaises herbes" comme on dit chez nous. Le microcosme calédonien leur offre trop souvent un excellent terrain (ou un terreau ?) pour s'épanouir...
Si chaque citoyen devient lui-même une parcelle de ce terrain, s'il constitue un élément de ce terreau ;
Par exemple;
Lorsqu'il n'écoute qu'une seule radio, ne lit qu'un seul journal, n'exerce pas son libre arbitre en suivant aveuglément tel ou tel parti politique ou tel ou tel syndicat; lorsqu'il est sûr de son bon droit en ométtant de prendre en compte celui de l'Autre...

samedi 8 décembre 2007

Ouverture de la chronique.

J'ai décidé d'utiliser la possibilité qu'offre internet et Google pour exprimer quelques réflexions sur mon pays, la Nouvelle-Calédonie. J'ai commis deux essais: "Nouvelle-Calédonie: quel avenir pour l'indépendance" publié en 1997 et "L'avenir de la Nouvelle-Calédonie en question(s)" publié en 2000, sous titrés " Du rééquilibrage des idées" tomes I et II aux éditions "Ile de Lumière".
Avec ces écrits, je souhaitais partager de manière originale, mon expérience de citoyen actif de la Nouvelle-Calédonie, dire aussi ma passion pour cet archipel qui m'a vu naître et pour les gens qui l'habitent, exprimer mes idées en général et mes réflexions politiques en particulier pour contribuer à un avenir plus harmonieux pour cette Terre, belle, rude et déchirée...
Mais;
Les médias, le monde politique en place, les "intellectuels" locaux ou expatriés ont fait preuve d'un ostracisme méprisant à l'égard du broussard-intellectuel-autodidacte que j'étais et que je suis toujours, si bien que très et trop peu de mes réflexions ont pu trouver un écho sur la place publique néo-calédonienne.
C'est donc à travers cette petite "chronique d'un avenir" et grâce à cette superbe invention qu'est "la toile", le WEB, que je compte émettre mes réflexions par-dessus les têtes de ceux que "les gens comme moi" agacent.