Le Centre Culturel Tjibaou a célébré la fameuse poignée de main entre Tjibaou et Lafleur par des manifestations variées et originales; il a clôturé cette période de très belle manière avec le concert qui s'est tenu au Centre.
Bravo !
Mais ...
Le seul bémol que j'émets, puisque l'on évoque à travers l'art et la musique, le passé et l'avenir de Notre Pays, c'est ce slogan: "si ya pas toi, ya pas moi" !
J'ai eu beaucoup de mal avec ce slogan. Car il est doublement négatif, doublement exclusif ... A l'image des mentalités les plus répandues dans le pays; contre lesquelles nous devons tous lutter si nous voulons que la notion de "Destin Commun" ne reste pas creuse.
Ce slogan est à l'image des ces expressions négatives qui encombrent notre paysage politico-linguistique; exemples:
Celle-ci, favorite chez nos politiciens: nous sommes "condamnés à vivre ensemble" ... Eh oui, condamnés ! A croire que c'est un atavisme local né de la nature même de l'histoire de la Calédonie, définitivement ... terre de condamnés ! Et si, peut-être, nous étions quelques uns à être HEUREUX de vivre ensemble.
Celle-là, favorite chez nos syndicalistes locaux, que ce soient les leaders de l'USTKE, l'USOENC ou la CSTNC ( écoutez bien, vous verrez, enfin, vous entendrez...) qui évoquent à tours de bras "CE pays", en insistant sur le CE, comme s'ils n'en faisaient pas partie, comme s'ils n'étaient pas partie prenante de ce qui s'y joue, comme s'ils cherchaient à chaque prise de parole à mettre le plus de distance entre eux et ... leur propre pays ! ... Un peu de nationalisme que diable; parlez un peu de NOTRE Pays, qui est un peu VOTRE Pays.
Je suis peut-être un peu naïf, mais soyons cohérent !
A l'image du Destin Commun (expression positive), proposé par nos hommes et femmes politiques dans l'Accord de Nouméa pour donner du sens à notre histoire commune;
A l'image de la Citoyenneté Calédonienne (idée positive), imaginée pour rassembler des communautés qui s'affrontaient sur des bases ethniques;
A l'image de la Collégialité (concept positif) du gouvernement calédonien, inventée pour contraindre des partis politiques qui s'opposaient, à travailler ensemble;
Ne peut-on, enfin, concevoir de parler "POSITIF", CONSTRUCTIF quoi ! ?
C'est ce que j'aurais souhaiter pour illustrer le chemin parcouru en lieu et à la place du "Si ya pas toi, ya pas moi"; quelque chose comme ... "Ya toi et, Ya moi" !!!
Mais bon, le fruit n'est pas encore mûr... A dans dix ans (peut-être)!
mardi 2 septembre 2008
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
6 commentaires:
Bonjour Eric,
Oui , c'est vrai: toutes ces phrases sont d'un néagtif qui fait plutôt fuir.. j'ai pas compris le pourquoi de ces phrases!!
ça sent l'obligation, la terreur ou ne sais je encore, mais pas la notion de bonheur et d'optimiste.. comme si il fallait déjà cassé tous pleins de carcans.: ça fait très lourd!!! comme si , oui comme vous le dites, que ce pays n'est pas le leur...
bizarre!!!
enfin c'est ce que je pense..
mais c'est bien que vous l'ayez signaler... on peu ainsi mettre des mots et des sentiments sur quelque chose qu'on arrive pas à définir..
bye bye..
merci pour ce blog plein d'esprit
je crois que l'expression si y'a pas toi y'a pas moi est de kiki karé et a été reprise pour l'expo
Manola;
Notre pays est si englué dans son histoire où rapports coloniaux, vies de bagnes, strates sociales hermétiques, "réserves indigènes", affrontements sociaux et politiques, se télescopent sans retenues, que les mentalités qui en émergent ont et auront encore du mal à se concevoir autrement que négativement...C'est pour cela que nous devons aussi bien assumer ce mal d'histoire que de le dépasser pour l'ouvrir franchement dans un Grand Sourire "bien de chez nous"...Mieux que dans un "coup de gueule" auquel je cède moi-même souvent !
Merci pour votre soutien, Manola.
Laure;
Oui, Jacques Karé est à l'origine de ce slogan et je vous remercie de le rappeler; d'autant que j'avais beaucoup d'affection pour ce fils de Houaïlou-Waa Wi Luu, qui naviguait si bien entre politique, coutume, musique, culture, la sienne et l'universelle; et le connaissant(un peu), comme vous certainement, je crois que dans son esprit, comme en mathématiques, le produit de ces deux négations signifiait positivement un Grand Rire, et l'accueil...Sans réserve.
Merci pour votre appréciation,Laure.
Comme d'habitude, Eric nous fait réfléchir. Je n'avais pas réfléchi à cette expression sous cette angle, et je suis obligée de reconnaître que c'est vrai. Espérons que nous serons tous un jour heureux de vivre ensemble :-)
Tout pareil que Laure !
ça ne devait pas être le nom de la manifestation mais la disparition brutale de Jacques Karé, a inciter les utilisateurs à reprendre son expression en mémoire ! Alors ce nom finit par être beau !
Tout cela me rappelle la fois où un "autochtone" m'a dit que j'étais pas chez moi et que j'avais rien à foutre ici, je lui ai répondu cette phrase qui pourrait être un bon slogan :
"Si chui pas chez moi, t'es pas chez toi non plus !"
Ce "peuple premier" n'a pas été le premier peuple à vivre en calédonie.
Enregistrer un commentaire